Juillet 2012
Le Comité directeur du Groupe de travail antifraude de l’assurance-automobile de l’Ontario souhaite obtenir les observations du public sur un certain nombre de recommandations possibles avant de remettre son rapport final au gouvernement à l’automne 2012.
Nous avons déjà entendu de nombreuses suggestions, aussi bien avant qu’après avoir publié notre rapport préliminaire en décembre dernier. Ces observations utiles, conjuguées à nos propres recherches et discussions, nous ont amenés à tirer certaines conclusions, dont la principale est que nous avons tous – consommateurs, assureurs, professionnels de la santé, avocats, parajuristes, exploitants de services de remorquage, ateliers de carrosserie automobile, professionnels de l’application de la loi et organismes de réglementation – un rôle à jouer dans la lutte contre la fraude dans le système d’assurance-automobile. Nous vous demandons maintenant de prêter attention aux politiques d’intérêt public qui contribueraient à réduire l’ampleur de la fraude organisée et de la fraude préméditée en les rendant plus difficiles à commettre et à dissimuler.
Il est difficile d’évaluer la valeur totale des fraudes. Nous savons toutefois qu’il y a eu augmentation spectaculaire et inexpliquée des demandes d’indemnités d’accident de 2006 à 2010, surtout dans la région du grand Toronto. Un examen historique global des tentatives de quantification de toutes les fraudes d’assurance (opportunistes, préméditées et organisées) a donné un large éventail d’estimations possibles variant entre 770 millions de dollars et 1,6 milliard de dollars en 2010. Malgré le manque de précision de ces estimations, les renseignements que nous possédons nous amènent à croire que de nouvelles règles et de nouveaux pouvoirs sont justifiés pour protéger le public payeur de primes et la réputation des fournisseurs de services éthiques.
Les mesures qu’a déjà instaurées le gouvernement, comme la limite de 3 500 $ imposée pour le traitement et l’évaluation de la majorité des blessures mineures, peuvent avoir contribué à réduire les paiements versés pour des traitements inutiles ou frauduleux. Les statistiques globales de fin d’année pour 2011 ne sont pas encore publiées, mais les premiers chiffres indiquent une baisse du nombre de demandes de règlement. Cependant, eu égard à l’avalanche de demandes de médiation touchant des demandes dont le bien-fondé est indéterminé à la Direction des services de règlement des différends de la Commission des services financiers de l’Ontario (CSFO), il n’est toujours pas possible de déterminer l’efficacité de ces changements. Sans égard à la réduction des coûts qui pourrait en résulter, rien ne permet de croire que les modifications contribueront à réduire de façon permanente le désir de faire des demandes de règlement injustifiées, voire illégales.
Certes, la discussion ouverte qui s’est engagée sur les enjeux et les mesures qu’ont prises les différentes parties prenantes du système nous encourage. Les assureurs, par exemple, se sont dotés de mécanismes plus efficaces pour coopérer entre eux afin de détecter les demandes d’indemnités d’accident, y compris pour dommages corporels, très suspectes. Au moyen des techniques d’analyse informatique les plus récentes, il est possible de détecter rapidement les connexions entre les demandeurs d’indemnités, les véhicules et les fournisseurs de services en mettant en commun et en analysant les données de plusieurs assureurs et plusieurs années à la fois, ce qui permet de reconnaître les activités suspectes. Ainsi, un incident qui avait autrefois échappé aux assureurs impliquait essentiellement les trois mêmes individus qui avaient déclaré les mêmes blessures après trois collisions alléguées, impliquant trois automobiles, trois conducteurs et trois assureurs différents, dans un cours laps de temps.
Des essais menés cette année au moyen de trois différents logiciels ont incité les assureurs de la majorité des conducteurs ontariens à accepter de former une nouvelle compagnie qui imposerait à ses propriétaires les coûts de fonctionnement et utiliserait un logiciel de pointe pour faire une analyse rapide des nouvelles demandes de règlement mettant en relief les plus douteuses. Cela déclencherait des recherches supplémentaires par les experts et les enquêteurs d’assurance tout en permettant le traitement efficace des demandes de règlement qui ne sont pas suspectes. Les demandes les plus suspectes pourraient être transmises aux organismes de réglementation ou à d’autres autorités d’enquête.
En outre, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) négocie actuellement une entente qui permettrait d’obtenir les signalements de fraude d’assurance des centres d’appel multilingues accessibles 24 heures sur 24 de l’Ontario Association of Crime Stoppers. Le BAC a également collaboré avec le Réseau canadien du savoir policier pour élaborer un cours en ligne visant à aider les policiers de première ligne à identifier les collisions simulées et à enquêter sur les incidents suspects.
La CSFO, l’organisme de réglementation du système d’assurance-automobile, lance également des initiatives anti-fraude :
Le gouvernement a également commandé des études, outre les travaux du Groupe de travail, pour examiner d’autres questions touchant le coût de l’assurance et le traitement des personnes blessées dans des accidents. Nous souscrivons à l’établissement de nouvelles approches fondées sur la science pour le traitement et l’évaluation des blessures qui jetteront de solides bases permettant à l’Ontario de prendre les mesures qui s’imposent pour faire en sorte que les bons praticiens fournissent les traitements appropriés.
Pourtant, d’autres changements sont nécessaires, et le public le sait. Un sondage d’opinion effectué plus tôt cette année révélait qu’une majorité de répondants étaient conscients que la fraude est un problème pour les assureurs automobile et soutiendraient des mesures gouvernementales pour régler le problème. Les assureurs et les médecins praticiens sont d’accord. Pour ces raisons, nous tendons vers des recommandations qui prévoiraient une réglementation plus large, donneraient plus de pouvoirs aux organismes de réglementation et aux assureurs pour traiter les demandes de règlement très suspectes, informeraient les consommateurs pour les aider à éviter les pratiques non recommandables et arrêteraient la circulation d’argent entre les mauvaises mains.
Nous invitons les intéressés à faire parvenir leurs observations sur les recommandations suivantes, qui sont développées dans le présent rapport et ses annexes.
Le comité directeur a conclu que la délivrance de permis aux cliniques fournissant des services de santé liés à l’assurance-automobile et la réglementation de celles-ci sont appropriées et nécessaires. Nous proposons également la réglementation des fournisseurs commerciaux de services d’évaluations médicales indépendantes. Nous n’avons pas encore arrêté de modèle précis. Il serait utile de recevoir des observations sur les points suivants :
Certaines personnes craignent que certains membres de cette industrie ne reçoivent ou ne versent des commissions pour recommandation ou n’aient des pratiques de facturation inappropriées, contribuant à la hausse des coûts de l’assurance. Nous envisageons différentes options, à savoir : une meilleure information des consommateurs, l’harmonisation des exigences municipales pour la délivrance de permis et l’établissement de normes provinciales régissant l’industrie et la délivrance de permis. Nous avons également été impressionnés par les initiatives volontaires qui ont été lancées dans la région de Halton. Nous souhaitons avoir des points de vue sur la question de savoir si ces modèles « fondés sur le marché » ou d’autres modèles pourraient constituer une solution de rechange efficace à une réglementation supplémentaire et, dans l’affirmative, ce qu’il faudrait pour en généraliser l’application.
Nous envisageons de proposer des pouvoirs accrus pour la CSFO qui l’autoriseraient à réglementer les pratiques commerciales des établissements de santé qui font des évaluations et fournissent des traitements; à exiger des renseignements et à mener des enquêtes concernant les pratiques d’un plus large éventail de membres de l’industrie de l’assurance-automobile; à évaluer si la définition d’ « actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers » doit être élargie et si les pénalités s’y rapportant ont un effet dissuasif suffisant.
Nous avons passé en revue plusieurs propositions d’assureurs. Nous sommes d’accord que les fournisseurs de soins de santé et les établissements d’évaluation ne devraient pas présenter de factures pour des traitements, des biens ou des services sans obtenir une signature du patient confirmant qu’il a réellement reçu des soins ou des évaluations. Ni eux ni les conseillers juridiques ne devraient demander aux clients de signer des formulaires sans que les soins ou les services recommandés n’y soient énumérés. Nous examinons si les assureurs ne pourraient pas interroger les clients sous serment une deuxième fois si des problèmes qu’il était impossible de prévoir à la première entrevue se présentent. Nous proposons également que les assureurs soient autorisés à demander 500 $ en guise de recouvrement de coûts aux prestataires qui ne se présentent pas à un examen médical demandé par l’assureur sans fournir de préavis suffisant ou de motifs raisonnables pour expliquer pourquoi ils ne se sont pas présentés au moment et au lieu convenus.
Nous croyons également que les assureurs doivent changer certaines de leurs pratiques. Par exemple, nous pensons que les avis que les assureurs doivent envoyer aux prestataires blessés tous les 60 jours devraient comprendre plus que la somme des factures payées en leur nom. Les prestataires devraient recevoir des relevés détaillés afin de déceler les erreurs ou les fausses déclarations qui pourraient les rendre inadmissibles aux indemnités prématurément.
Les assureurs sont assujettis à la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels concernant les titulaires de police. Bien que cette protection soit appropriée et nécessaire, la loi actuelle pourrait, dans certaines circonstances, entraver les enquêtes générales visant à détecter les fraudes. Les nouvelles mesures législatives que propose le gouvernement fédéral dans le projet de loi C-12 pourraient être utiles.
Une autre option envisagée pour l’Ontario consiste à déterminer si les dispositions sur le consentement incluses dans les demandes d’assurance-automobile et les demandes d’indemnités d’accident pourraient être modifiées d’une manière qui serait conforme aux lois sur la protection de la vie privée tout en permettant d’échanger des renseignements dans le but de détecter et de prévenir la fraude. La CSFO envisage des changements et nous élaborons une approche qui nous permettra de consulter l’industrie avant de conclure notre rapport final.
Nous examinons s’il y a lieu de recommander que les dispositions touchant l’immunité civile de la Loi sur les assurances soient élargies pour protéger les assureurs contre les poursuites civiles lorsqu’ils signalent aux organismes de réglementation ou à la police des soupçons de comportement frauduleux par leurs propres titulaires de police.
Les assureurs, les organismes de réglementation et les professionnels d’exécution de la loi y gagneraient si les consommateurs étaient mieux informés et plus alertes au potentiel de fraude dans le système de l’assurance-automobile. À cette fin, notre comité d’étude sur la participation et la sensibilisation des consommateurs a cerné un certain nombre d’occasions où il serait opportun de présenter des messages clés aux consommateurs. Nous proposons qu’un site complet soit consacré à informer les personnes blessées dans des accidents sur les indemnités offertes pour différents types de blessures, la façon de présenter des demandes de règlement et la manière de détecter et de signaler des comportements suspects ou inappropriés sur les lieux d’un accident, dans des cliniques et dans les bureaux de représentants juridiques.
L’un des avantages du marché compétitif des assurances de l’Ontario réside dans la diversité des choix qui s’offrent aux consommateurs. Cependant, ceux-ci pourraient profiter d’une plus grande information avant de choisir un assureur. Nous pensons donc que les assureurs devraient divulguer plus de renseignements au public sur la façon dont ils choisissent et supervisent leurs fournisseurs de services, notamment ceux qui font les examens médicaux indépendants.
Un nombre important des recommandations que nous examinons s’adressent à la CSFO qui est l’organisme de réglementation du système d’assurance-automobile. Les recommandations touchant la réglementation des établissements de soins de santé qui fournissent des services d’évaluation et de traitement et l’élargissement des pouvoirs d’enquête de la CSFO, si elles sont mises en œuvre, auront d’importantes répercussions sur le plan des ressources. Il est nécessaire que la CSFO ait le personnel et l’expertise requis pour s’acquitter de ces nouvelles responsabilités. À cet égard, nous suggérons que le gouvernement envisage de permettre à la CSFO d’engager du personnel, au besoin, en particulier puisque le secteur de l’assurance absorberait les coûts supplémentaires associés aux nouvelles ressources.
Dans l’ensemble, les modifications que nous envisageons devraient se traduire par des économies nettes pour le système grâce à la réduction des coûts associés aux demandes d’indemnités d’assurance frauduleuses. Les praticiens et exploitants de cliniques qui sont les plus compétents et les plus scrupuleux auraient droit à une plus grande part de la clientèle. En outre, les victimes de blessures recevraient de meilleurs soins.
Au cours des mois à venir, nous continuerons de mettre au point et de développer les questions précitées. Notre objectif est de présenter des recommandations au gouvernement et à d’autres, s’il y a lieu, à l’automne 2012.
Nous attendons avec plaisir la possibilité d’engager le dialogue concernant ces questions importantes avec les intéressés, qui peuvent présenter leurs observations au Groupe de travail par courriel à autoinsurance@ontario.ca.
Préoccupé par la hausse rapide des coûts, le gouvernement de l’Ontario a annoncé dans son budget de 2011 la création d’un groupe de travail chargé de déterminer la portée et la nature de la fraude à l’assurance-automobile et de formuler des recommandations sur les moyens d’en diminuer l’incidence. Le Groupe de travail a été institué en juillet 2011. Il est dirigé par un comité directeur composé de cinq membres qui ne relève pas du gouvernement. Il présentera son rapport final au ministre des Finances à l’automne 2012.
En décembre 2011, le Groupe de travail a publié un rapport provisoire. Ce rapport décrivait l’évolution du système d’assurance-automobile de 1990 à 2010, énonçait quelques conclusions préliminaires du Groupe de travail sur la portée et la nature de la fraude à l’assurance-automobile, recommandait quelques mesures à prendre rapidement et décrivait, à l’intention des parties intéressées et de la collectivité en général, le programme que le Groupe de travail entendait suivre pendant le reste de son mandat.
Le présent rapport d’étape fait le point sur nos travaux depuis la publication de notre rapport provisoire. Il vise trois objectifs principaux :
Avant d’aborder ces trois objectifs, nous présentons, pour contextualiser le présent rapport d’étape, un sommaire du rapport provisoire et quelques observations générales du comité directeur1.
Le rapport provisoire2 énonçait quatre observations qui témoignaient de l’évolution de l’assurance-automobile en Ontario au cours des deux dernières décennies et qui allait façonner les travaux du Groupe de travail.
Au moment de rédiger le rapport provisoire, le Groupe de travail n’était pas suffisamment informé pour effectuer une estimation quantitative de l’ampleur de la fraude à l’assurance-automobile en Ontario. Il avait alors conclu que le chiffre de 1,3 milliard de dollars utilisé pour estimer le coût de la fraude à l’assurance-automobile en Ontario pendant un certain temps ne pouvait pas être considéré comme un indicateur mesurable de l’ampleur actuelle de la fraude.
Bien qu’il soit incapable de mesurer l’ampleur de la fraude, le Groupe de travail a établi trois catégories de fraude à l’assurance-automobile dans son rapport provisoire3 :
Fraude organisée : Plusieurs participants jouant différents rôles au sein du système d’assurance-automobile de l’Ontario créent un stratagème organisé dans le but de générer des rentrées de fonds au moyen d’un modèle d’activités frauduleuses.
Fraude préméditée : Un participant au système d’assurance-automobile de l’Ontario facture systématiquement aux assureurs des biens ou des services qu’il ne fournit pas ou fournit et facture des biens et des services qui ne sont pas nécessaires. Le participant prend part à un modèle d’activités frauduleuses, éventuellement aux dépens de victimes de collisions de véhicules automobiles ou avec leur complicité.
Fraude opportuniste : Une personne augmente la valeur de sa demande de règlement d’assurance-automobile en réclamant des indemnités ou d’autres biens et services qui sont inutiles ou n’ont aucun rapport avec la collision qui a entraîné la présentation de la demande.
Aux fins du rapport provisoire, nous avons attentivement examiné les tendances à partir des données sur les coûts des sinistres et des renseignements recueillis auprès des intervenants du secteur et des organismes de réglementation. Cet examen a donné lieu aux conclusions suivantes :
Le rapport provisoire énonce également quelques enjeux importants que le Groupe de travail examinera dans les mois à venir, notamment :
Dans notre rapport provisoire, nous faisons remarquer que cette liste n’est pas exhaustive et que, à mesure que la recherche et les discussions avec les parties intéressées se poursuivent, d’autres questions seront probablement portées à notre attention et nos priorités concernant cette liste initiale sont susceptibles de changer.
Depuis décembre dernier, le Groupe de travail continue d’écouter les parties intéressées6 et ses comités d’étude ont procédé à une évaluation ciblée du programme énoncé dans le rapport provisoire.
Il est évident que les enjeux entourant le fonctionnement du système d’assurance-automobile dans la province sont nombreux, complexes et interreliés, et qu’ils sont très visibles. Ils ont des répercussions sur le portefeuille de tous les conducteurs ontariens à cause des primes élevées. Ils ont également une incidence directe sur les personnes qui ont le malheur d’être impliquées dans de graves accidents et qui ne savent ni comment ni quand leur demande de règlement sera traitée. Qui plus est, lorsque le paiement d’indemnités d’assurance à la suite d’accidents simulés est considéré comme une entreprise lucrative, la sécurité des conducteurs est menacée.
Dans son rapport de décembre sur l’assurance-automobile, le vérificateur général de l’Ontario soulignait les répercussions que la fraude a sur les primes mais également les enjeux touchant la tarification et les services de règlement des différends que fournit la Commission des services financiers de l’Ontario (CSFO)7. Au cours des derniers mois, la CSFO a annoncé des modifications visant à assurer une gestion plus efficace de ses services de règlement des différends8 et quatre projets de loi d’initiative parlementaire ont été déposés à l’Assemblée législative de l’Ontario concernant la tarification et certains aspects de la prévention des fraudes9.
En outre, le Comité permanent des affaires gouvernementales de l’Ontario a amorcé une étude des pratiques et des tendances en matière d’assurance-automobile dans le but de faire des recommandations sur la façon de rendre les tarifs d’assurance-automobile plus abordables. L’étude relève maintenant du Comité permanent des finances et des affaires économiques.
Pendant deux jours, le Comité permanent des affaires gouvernementales a tenu des audiences sur le système d’assurance-automobile qui comprenaient un exposé de la CSFO. Après cette présentation, le Comité permanent a demandé des renseignements sur les coûts des demandes de règlement pour les six premiers mois de 2011 pour mieux comprendre l’incidence des réformes apportées au système d’assurance-automobile en septembre 2010.
Nous avons examiné les renseignements que la CSFO a présentés au Comité permanent, mais nous n’en tirons aucune conclusion. Dans sa réponse au Comité permanent, la CSFO a fait part de nombreux enjeux à prendre en considération au moment d’examiner les données, lesquels sont, à notre avis, des motifs valables de ne pas tirer de conclusions concernant les tendances dans les coûts des demandes de règlement à ce moment-ci. Ces enjeux sont les suivants :
- Source : présentation de la CSFO au greffier du Comité permanent des affaires gouvernementales le 30 mai 2012.
Il est évident que de grands pans de la communauté sont saisis de ces questions, et c’est une bonne chose. Il n’existe pas de conception parfaite qui permettrait d’atteindre les objectifs souvent contradictoires d’assurer la prestation de soins rapides et raisonnables aux prestataires, de veiller à ce que les primes soient abordables et de soutenir un marché des assurances compétitif qui offre des choix aux consommateurs et est à l’abri de la fraude et des abus. L’une des principales conclusions à laquelle nous sommes arrivés c’est que tous les intervenants du système, à savoir consommateurs, industrie, professionnels de la santé, avocats, parajuristes, exploitants de services de remorquage, ateliers de carrosserie automobile, professionnels de l’application de la loi, organismes de réglementation et gouvernements, ont un rôle à jouer dans la lutte contre la fraude à l’assurance-automobile.
La fraude a maintes conséquences. Elle fait augmenter les coûts et les primes. Elle accroît la charge de travail, les pressions et l’incertitude au sein de l’industrie, soulève des questions sur la crédibilité des demandes de règlement et empêche la prestation de l’aide nécessaire aux prestataires légitimes en déviant l’attention et les ressources ailleurs. Il en résulte une hausse des cas de médiation et d’arbitrage des demandes de règlement qui engorge le système de règlement des différends de la CSFO et crée des retards et de l’incertitude pour tous. En outre, les actions de certains peuvent semer le doute quant aux nombreux fournisseurs de services à l’industrie de l’assurance-automobile qui sont éthiques et légitimes.
Nous sommes encouragés par les réactions positives à notre rapport provisoire et les synergies qui se sont créées entre les différents acteurs du système. Nous avons observé le resserrement des partenariats existants et la volonté d’en créer de nouveaux pour combattre la fraude. Nous sommes encouragés et impressionnés par la volonté d’échanger des renseignements et les pratiques exemplaires, ainsi que par la courtoisie et les suggestions constructives qui nous sont faites à mesure que nous progressons dans nos travaux.
Le reste de la présente section présente les mesures qui ont été prises pour combattre la fraude depuis la publication du rapport provisoire ainsi que les résultats des études que le Groupe de travail a commandées.
Dans notre rapport provisoire, nous recommandions que le secteur de l’assurance mesure l’état actuel de la participation et de la sensibilisation des consommateurs. À la suite de cette recommandation, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) a fourni au Groupe de travail la possibilité de donner son avis sur les questions posées aux consommateurs dans un sondage mené par Pollara. On a demandé à un millier d’Ontariennes et d’Ontariens ce qu’ils pensaient de la fraude à l’assurance-automobile et quelle avait été leur expérience à ce chapitre10. Une majorité des consommateurs sondés :
Les résultats du sondage ont été utiles pour les délibérations du Groupe de travail et constitueront des données de base qui serviront à mesurer la réussite des futures initiatives de participation et de sensibilisation des consommateurs.
Le budget de l’Ontario de 2012 comprenait plusieurs propositions et engagements positifs concernant le système d’assurance-automobile de l’Ontario. Entre autres choses, le gouvernement :
Dans notre rapport provisoire, nous faisions la recommandation suivante :
« le gouvernement devrait accorder au surintendant [de la CFSO] le pouvoir d’imposer des pénalités administratives pécuniaires en cas de contravention aux lois et à la réglementation, comme le mentionne le budget de l’Ontario de 2011. »
Les pénalités administratives pécuniaires (PAP) sont des amendes civiles qu’un organisme de réglementation, plutôt qu’un tribunal, impose à une personne qui a commis un acte illégal. Une fois instaurées, les PAP favoriseront le respect des règlements au sein de l’industrie des assurances et donneront à la CSFO un instrument d’exécution de la loi rapide, souple et ciblé.
Par exemple, si le surintendant de la CSFO est convaincu qu’une compagnie contrevient à la Loi sur les assurances, il pourra lui imposer une PAP. Le montant de la PAP dépendra de la gravité des actions de la compagnie, mais il pourrait atteindre 200 000 $. La compagnie pourrait décider d’en appeler de la décision de lui imposer une PAP si elle juge que la pénalité est injuste ou injustifiée.
Le surintendant de la CSFO a actuellement le pouvoir d’imposer des PAP à deux genres d’institutions offrant des services financiers : les courtiers en hypothèques et les caisses populaires et credit unions. D’autres organismes de réglementation de l’Ontario et d’ailleurs peuvent également imposer des PAP.
Dans notre rapport provisoire, nous soulignons que depuis le 14 octobre 2011, le surintendant de la CSFO requiert que les chefs de la direction des compagnies d’assurance-automobile attestent personnellement et annuellement que les mesures de contrôle des coûts de l’Annexe sur les indemnités d’accident légales qu’ils ont mises en place, y compris les mesures de lutte contre la fraude et les abus, sont efficaces, sont examinées régulièrement et font en sorte que les demandeurs légitimes soient traités équitablement et conformément à la loi11. Le budget faisait également état de cette nouvelle exigence et nous comprenons que la CSFO travaille maintenant à son premier cycle d’activités de suivi, qui comprendra des rencontres avec les assureurs au sujet des attestations.
Depuis que le Groupe de travail a amorcé ses travaux, les médias ont fait état d’un certain nombre de causes criminelles dans la région du grand Toronto alléguant des fraudes à l’assurance-automobile et des infractions liées à des organisations criminelles. La plupart, voire la totalité, de ces causes sont à un stade ou à un autre du processus de justice pénale. Les membres du Groupe de travail remarquent, à la lumière de ces reportages, que les plaintes de fraude à l’assurance-automobile font l’objet de poursuites. Des enquêtes policières ont lieu, des accusations sont portées et des poursuites suivent leur cours dans le système de justice pénale. Dans certaines causes, les médias ont indiqué que l’enquête faisait intervenir un travail de coopération entre l’industrie de l’assurance, la CSFO et les services policiers.
Depuis plusieurs années, la Division du droit criminel du ministère du Procureur général établit des pratiques exemplaires pour la gestion des enquêtes importantes, qui touchent notamment les causes complexes de fraude comme les allégations de fraude à l’assurance-automobile.
Il y a 54 bureaux de procureurs de la Couronne en Ontario. Le lieu où se produit un acte criminel allégué détermine généralement lequel de ces bureaux sera chargé de la poursuite. Chaque territoire de l’Ontario a un avocat de la Couronne qui est responsable de la supervision des enquêtes importantes. Cette responsabilité comprend une évaluation continue des chances raisonnables de déclaration de culpabilité et de la question de savoir s’il y va de l’intérêt public d’aller de l’avant avec la poursuite. Les grandes causes complexes, comme les cas de fraude à l’assurance-automobile, sont confiées le plus tôt possible à un avocat de la Couronne qui s’occupe de la cause jusqu’à la fin, sauf dans des circonstances exceptionnelles.
Le moyen de superviser les grandes causes complexes peut varier d’un territoire à l’autre dans la province, selon les circonstances et les besoins locaux. Deux des territoires les plus grands et les plus occupés à l’intérieur de la RGT (Toronto et Peel) ont pris une mesure supplémentaire en fournissant un soutien local continu, sur demande, à l’unité des crimes financiers et de lutte contre la fraude de leur service de police pour les enquêtes relatives à ces causes.
En outre, l’Ontario a constitué le Groupe consultatif des affaires importantes qui fournit des ressources et de l’aide à l’échelle de la province pour les grandes poursuites complexes.
En ce qui concerne la formation, le ministère du Procureur général fournit une formation continue aux avocats de la Couronne relativement à un large éventail d’infractions criminelles, dont la fraude et d’autres genres de crimes financiers. Par exemple :
Les fraudeurs de l’assurance-automobile peuvent cibler d’autres organismes d’indemnisation comme la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) ou le Régime d’assurance-santé de l’Ontario en plus des compagnies d’assurance-automobile. Les organismes de réglementation du système d’assurance-automobile et de l’extérieur devraient échanger des renseignements et coordonner leurs enquêtes pour que les fraudeurs ne puissent pas continuer d’abuser de différents systèmes d’indemnisation en Ontario.
Nous avons eu plusieurs discussions avec la CSPAAT afin de mieux comprendre les possibilités de coordination entre la CSPAAT et la CSFO. Nous sommes extrêmement encouragés par la volonté des deux organismes d’échanger des renseignements sur leurs pratiques actuelles concernant la fraude et la façon dont ils peuvent améliorer celles-ci en se coordonnant.
En faisant fond sur ces progrès au cours des mois à venir, nous espérons trouver des moyens d’aider la CSFO et la CSPAAT à apprendre l’une de l’autre pour réduire la fraude. Nous croyons en particulier qu’en échangeant plus de renseignements, ces deux organismes pourraient réduire encore plus la fraude.
Tout comme les organismes de réglementation et d’autres entités gouvernementales doivent collaborer en matière de prévention de la fraude, les organismes extérieurs au gouvernement doivent également travailler de pair. Le sondage Pollara commandé par le BAC a révélé que les Ontariennes et Ontariens ne savent pas exactement avec qui communiquer pour signaler une fraude à l’assurance-automobile. Nous avons donc invité l’Ontario Association of Crime Stoppers à rencontrer notre comité d’étude sur la participation et la sensibilisation des consommateurs pour discuter de ce qu’a fait Échec au crime pour encourager les particuliers à signaler les activités suspectes.
Après avoir observé l’intérêt de notre comité d’étude pour l’application du modèle d’Échec au crime dans l’industrie de l’assurance, le BAC a engagé Échec au crime hors du contexte du Groupe de travail. Des discussions sont en cours afin de créer un protocole d’entente entre les deux organismes pour faire d’Échec au crime la ligne officielle de signalement des activités criminelles dans le domaine de l’assurance. Ce faisant, l’industrie de l’assurance pourrait tirer parti de la grande reconnaissance et de la réputation d’Échec au crime et de son service multilingue accessible 24 heures sur 24. Nous nous réjouissons de cette collaboration et espérons qu’elle pourra inciter plus de consommateurs à s’engager dans le processus de prévention de la fraude et donnera lieu à une plus grande collaboration entre les groupes intéressés à réduire la fraude.
Le Système de demandes de règlement pour soins de santé liés à l’assurance-automobile (DRSSAA) est un système électronique de transmission des formulaires de demande de règlement entre les assureurs et les établissements de soins de santé en Ontario. De nombreux groupes en ont reconnu le potentiel antifraude, dont le gouvernement, les professionnels de la santé et l’industrie de l’assurance. Nous avons mis sur pied un comité d’étude sur l’utilisation du Système DRSSAA pour lutter contre la fraude afin de regrouper ces entités dans le but de trouver des moyens d’utiliser le Système DRSSAA pour lutter contre la fraude.
La collaboration entre les différents membres du comité d’étude sur le Système DRSSAA a permis de faciliter trois initiatives antifraude :
Le Professional Credential Tracker (PCT) a été mis à l’essai une première fois auprès d’un échantillon de l’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario. Un second essai a été fait auprès d’un échantillon de l’Ordre des psychologues de l’Ontario.
Les deux groupes échantillons ont été sondés après la conclusion de chaque essai. Le sondage auprès du second groupe échantillon a révélé ce qui suit :
Dans le rapport provisoire, nous recommandions que le comité d’étude sur le Système DRSSAA envisage d’autres moyens d’utiliser le Système comme outil antifraude. Nous sommes encouragés par les progrès réalisés relativement à nos recommandations et par les efforts de collaboration entre l’industrie de l’assurance, les professionnels de la santé et le gouvernement membres du comité d’étude sur le Système DRSSAA qui ont permis ces progrès.
L’investissement dans la technologie ne se limite pas au développement du Système DRSSAA pour lutter contre la fraude. Nous avons fait remarquer dans le rapport provisoire qu’un groupe de compagnies avaient mis à l’essai une initiative antifraude qui a recours à des outils d’analyse poussée des données pour cerner les demandes de règlement qui peuvent être frauduleuses.
L’industrie de l’assurance a fait des progrès encourageants relativement à cette initiative depuis la publication du rapport provisoire. Le projet a dépassé le stade du projet pilote et d’autres compagnies se sont greffées à la liste des participants. Les compagnies collaborent maintenant avec le BAC à une stratégie de mise en œuvre qui permettra à la technologie d’être pleinement utilisée comme outil antifraude. Le plan consiste à élaborer et à mettre en œuvre une solution à l’échelle de l’industrie, qui sera soutenue par les Services d’enquête du BAC et d’autres organismes du secteur des services financiers, pour détecter et prévenir la fraude à l’assurance par l’utilisation d’outils d’analyse poussée qui identifieraient les fraudeurs qui ciblent de multiples assureurs.
Les assureurs envisagent de saisir les renseignements sur les demandes de règlement dans une base de données qui sont ensuite cotées au moyen d’une analyse des réseaux sociaux et de modèles de prévision pour établir des liens suspects entre les demandes de règlement présentées à différents assureurs. Les renseignements qui laissent supposer une activité frauduleuse seront ensuite confirmés par une enquête plus approfondie menée par le BAC de concert avec les assureurs membres.
Nous soutenons cette initiative et croyons qu’elle a le potentiel de cerner la fraude organisée et la fraude préméditée au moment opportun. Nous en analysons les différents aspects plus bas dans notre examen des résultats de la recherche qui a été faite sur l’ampleur de la fraude et des enjeux visant à faciliter la détection de la fraude.
L’industrie a également augmenté les efforts qu’elle déploie pour mobiliser et informer les consommateurs au sujet de la fraude à l’assurance. Par exemple, le BAC a utilisé le Mois de prévention de la fraude (mars) pour lancer une campagne antifraude qui a fait l’objet d’une couverture dans des publications largement distribuées de l’industrie et des communautés; participer à des panels de l’industrie et à des événements communautaires; diffuser des communiqués et utiliser les médias sociaux.
Nous sommes encouragés par l’engagement dont fait preuve l’industrie pour réduire la fraude et par les partenariats créés à cette fin.
La police régionale de York, le BAC et le Réseau canadien du savoir policier (RCSP) ont joint leurs forces pour élaborer un cours de formation en ligne pour les policiers de première ligne. Ce cours, intitulé Identifying Staged Collisions, illustre au moyen de vidéos les types les plus courants de collisions simulées et décrit les différents signes, indicateurs et comportements qui peuvent caractériser une collision simulée. Le RCSP et le BAC offrent le cours gratuitement aux policiers du Canada jusqu’au 31 décembre 2012 après quoi des frais modestes seront demandés pour recouvrer les coûts.
En outre, le Collège de police de l’Ontario, de concert avec l’Ontario Traffic Council, a élaboré et lancé un cours destiné aux agents de circulation en mars 2012. Ce cours porte sur différentes questions, notamment les collisions simulées et les enquêtes sur les fraudes impliquant des véhicules automobiles, et a été élaboré pour aider les policiers de première ligne et leurs superviseurs. Le Bac a fait une présentation à un premier groupe d’étudiants.
Nous présentons ici trois grandes recherches que nous avons commandées. Deux sont terminées depuis peu et la troisième est en cours. Ces trois recherches nous aident à façonner nos travaux.
Comme nous l’avons indiqué dans notre rapport provisoire, le BAC a engagé Juricomptabilité KPMG pour mener une étude visant à évaluer l’ampleur de la fraude à l’assurance-automobile en Ontario. Cette étude a été remise au Groupe de travail et est accessible en ligne12.
Pendant de nombreuses années, et dans bien des contextes, des observateurs ont indiqué que le coût de la fraude à l’assurance-automobile en Ontario s’établissait à 1,3 milliard de dollars par année. Dans notre rapport de décembre 2011, nous mettions en doute la crédibilité de ce chiffre, et nous avons perçu l’étude de KPMG comme une occasion de jeter un regard neuf sur l’ampleur du problème. Nous avons également engagé Ernst & Young pour fournir au Groupe de travail une évaluation indépendante de la méthodologie et des résultats de KPMG13.
L’étude de KPMG concluait qu’il n’y a pas de renseignements suffisants pour obtenir une estimation précise et statistiquement valable de la valeur de la fraude à l’assurance-automobile en Ontario. Cependant, l’étude présentait un large intervalle de l’ampleur de la fraude et estimait que le coût pouvait représenter entre 9 et 18 % des coûts annuels des demandes de règlement, ce qui en 2010 se serait établi entre 769 millions de dollars et 1,56 milliards de dollars. KPMG a calculé l’incidence de cette estimation sur la prime moyenne d’assurance-automobile dans la province et a établi qu’elle se situait entre 116 $ et 236 $ en 201014.
L’approche que KPMG a adoptée consistait à examiner l’information disponible d’un large éventail de sources, notamment d’études menées par d’autres en Ontario, au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. KPMG a également analysé trois projets de preuves de concept différents exercices que des groupes d’assureurs ont menés récemment et qui consistaient à appliquer des techniques d’analyse poussée des données à des échantillons de demandes de règlement pour cerner des cas suspects de fraude. L’étude de KPMG évalue les renseignements disponibles et souligne les difficultés très réelles que comporte l’établissement d’une seule estimation, significative et crédible, de l’ampleur de la fraude.
KPMG a surtout utilisé des études d’analyse des données, qui combinent les renseignements sur les demandes de règlement des compagnies participantes et des outils grandement perfectionnés qui permettent de relever les habitudes suspectes entre les demandes de règlement afin d’établir une estimation de l’ampleur de la fraude organisée en Ontario. Son rapport souligne que ces études ont été entreprises par des assureurs pour évaluer l’utilisation de technologies perfectionnées d’identification des cas de fraude dans leur entreprise et non à des fins de recherche. Même si les études d’analyse des données n’étaient pas conçues à des fins de recherche, KPMG a pu extrapoler les résultats de deux des trois études pour évaluer l’ampleur de la fraude organisée. Cependant, il est important de souligner que les limites de la conception étaient telles que, selon KPMG, les extrapolations sous-estimaient constamment la véritable ampleur de la fraude organisée. Tout en reconnaissant le problème de la sous-estimation, ainsi que l’importance de fournir une certaine quantification, KPMG a souligné que, sur la base de l’examen de ces études, la valeur de la fraude organisée en Ontario était d’au moins 175 à 275 millions de dollars en 2010. KPMG concluait, au regard des études d’analyse des données, qu’elles constituent un examen significatif et bien structuré qui donne une estimation de qualité, mais inférieure à la réalité, de la fraude organisée à l’assurance-automobile en Ontario15.
En tirant ses conclusions concernant la fraude organisée, KPMG a noté de nombreuses raisons expliquant pourquoi à son avis les chiffres sur l’ampleur de la fraude organisée en Ontario étaient sous-estimés16. Ces raisons comprenaient ce qui suit :
Comme il en est fait mention précédemment, le Groupe de travail a également retenu les services d’Ernst & Young pour faire une évaluation indépendante du travail de KPMG. Ernst & Young a fait une évaluation préliminaire du rapport de KPMG dans laquelle il souscrivait à l’idée que la fraude organisée était probablement plus importante que ce que laisse entrevoir les études d’analyse des données utilisées par KPMG.
En outre, Ernst & Young a indiqué que le rapport de KPMG peut sous-estimer dans une mesure importante l’ampleur de la fraude globale à l’assurance-automobile en Ontario parce qu’il ne tient pas compte de la fraude préméditée dont la valeur, selon Ernst & Young, pourrait s’établir entre 130 millions de dollars et 260 millions de dollars par année. En combinant cette estimation de la fraude préméditée avec la valeur sous-estimée de la fraude organisée, on obtient un chiffre se situant entre 305 millions de dollars et 535 millions de dollars par année pour la fraude organisée et préméditée à l’assurance-automobile en Ontario, ce qui en soi devrait également être considéré comme une sous-estimation.
Ernst & Young a également indiqué qu’à son avis, l’estimation de la fraude opportuniste faite par KPMG par rapport aux demandes d’indemnités non associées aux blessures pourrait être améliorée.
Par conséquent, le rapport d’Ernst & Young concluait que si ces questions étaient abordées de façon exhaustive, l’estimation du coût de l’assurance-automobile établie par KPMG serait raisonnable. Nous aurons un rapport plus complet d’Ernst & Young, que nous encouragerons le gouvernement à rendre public, avant de présenter nos recommandations finales.
Pour mieux comprendre comment d’autres territoires de compétence s’occupent de la fraude à l’assurance-automobile, le Groupe de travail a retenu les services de Deloitte pour mener une série d’analyses des pratiques antifraude dans six territoires autres que l’Ontario, à savoir l’Alberta, la Colombie-Britannique, la Floride, le Massachusetts, New York et le Royaume-Uni. Ces analyses consistaient à cerner et à examiner brièvement les renseignements publics et portaient principalement sur le travail des trois comités d’études du Groupe de travail. Chaque comité d’étude a élaboré une série de questions concernant son propre mandat17 et Deloitte a utilisé ces questions pour orienter son évaluation du matériel disponible dans les territoires pertinents.
Deloitte a présenté trois rapports au Groupe de travail, un pour le sujet d’intérêt de chaque comité d’étude. Les résumés de chaque rapport sont accessibles en ligne sur le site Web du ministère des Finances18.
Dans notre rapport provisoire, nous mentionnons que la délivrance de permis aux cliniques qui fournissent des services de santé dans le système d’assurance-automobile, et la réglementation de ces cliniques, constitue une question importante sur laquelle le Groupe de travail se penchera. Pour nous aider dans ce travail, nous avons retenu les services de Willie Handler and Associates, un cabinet de consultants ayant une expertise considérable dans le domaine de l’assurance-automobile en Ontario. Son rapport provisoire19 nous a aidés à façonner notre position sur la délivrance de permis aux établissements qui fournissent des services de santé aux demandeurs d’indemnités d’assurance-automobile et aux compagnies d’assurance et la réglementation de ces établissements. La prochaine section du présent rapport présente notre point de vue actuel sur cette question, pour examen et observations.
Le rapport provisoire présentait une liste des grandes questions que devait examiner le Groupe de travail. Cette liste consistait en un synopsis de questions grandement publicisées plutôt qu’en un plan de travail exhaustif. Le fait de présenter ces enjeux dans un rapport public a encouragé les parties intéressées à nous donner des renseignements pertinents et utiles. Nous attendons avec plaisir la possibilité de poursuivre ce dialogue à mesure que nous élaborerons nos recommandations à inclure dans notre rapport final.
Les pages qui suivent s’appuient grandement sur les conclusions et les recommandations des trois comités d’étude qui ont aidé le Comité directeur. Nous apprécions les conseils et les observations des nombreux fonctionnaires, représentants d’organismes et particuliers qui nous aident. Leur participation est non seulement précieuse, elle est également essentielle à notre travail. Cependant, il importe de souligner que les conclusions et les recommandations contenues dans le présent rapport sont celles des cinq membres indépendants du comité directeur, et que nous en assumons l’entière responsabilité.
Les renseignements ci-dessous sont présentés en guise de fondement à d’autres observations en prévision de notre rapport final présenté à l’automne 2012. Nous avons hâte de recevoir les observations des particuliers et des groupes intéressés sur les enjeux et les orientations que nous établissons, et nous avons l’intention de présenter le présent rapport et de fournir des occasions d’en discuter dans les semaines à venir.
Les enjeux présentés ci-après et nos idées sur la façon de les aborder sont influencés par une série de conclusions sur la fraude à l’assurance-automobile que nous partageons, et nous croyons qu’il sera utile d’énoncer quelques-uns des principaux éléments qui façonnent notre approche. Ces enjeux sont les suivants :
Ces conclusions générales façonnent notre façon de penser aux enjeux et aux recommandations que nous ferons en définitive. Au moment d’examiner la mise à jour qui suit sur chacun des enjeux, nous demandons au lecteur de se rappeler de la tendance générale de notre approche.
Nous sommes convaincus qu’un régime de délivrance de permis et de réglementation touchant les cliniques de santé qui traitent les demandeurs d’indemnités d’assurance-automobile est approprié, voire nécessaire. Nous avons également reçu des observations pertinentes de professionnels de la santé, de l’Alliance of Community Medical and Rehabilitation Providers, de la Coalition Representing Health Professionals in Automobile Insurance Reform et des Ordres de réglementation des professionnels de la santé de l’Ontario.
Nous examinons si le régime réglementaire que nous recommandons pour les cliniques de santé pourrait également s’appliquer aux autres entreprises commerciales qui font des évaluations médicales indépendantes, aux assureurs et aux demandeurs d’indemnités.
Même si nous n’avons pas tiré de conclusions sur un modèle précis à recommander, nous nous entendons généralement sur certains objectifs de base et caractéristiques opérationnelles qui devraient orienter notre décision.
Nous voyons quatre objectifs qu’un régime de délivrance de permis et de réglementation devrait atteindre : la transparence, la reddition de comptes, la vérification et les pénalités.Transparence : Nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de limiter la propriété d’une clinique à un professionnel de la santé réglementé, mais les cliniques qui œuvrent dans le domaine de l’évaluation ou du traitement des victimes d’accidents de la route devraient être transparentes. Il serait peut-être souhaitable d’instaurer des critères d’aptitude21 pour les propriétaires de cliniques comme ceux qui s’appliquent actuellement aux propriétaires éventuels d’une institution financière réglementée. La transparence permettra également de mettre en lumière les questions de conflits d’intérêts (réels ou éventuels). Par exemple, les avocats ou les parajuristes qui représentent des demandeurs d’indemnités d’assurance-automobile devraient-ils être autorisés à être propriétaires de cliniques de réadaptation? Les médecins qui dirigent des patients vers des programmes de réadaptation devraient-ils être autorisés à diriger ces patients vers des cliniques dont ils sont propriétaires et, le cas échéant, quel régime de divulgation devrait être instauré pour faire en sorte que les demandeurs soient bien informés de conflits d’intérêts éventuels? Un facteur important dont il faut tenir compte dans un régime de délivrance de permis est la façon de traiter de tels conflits d’intérêts.
La transparence s’applique également aux pratiques commerciales. En particulier, pour ce qui concerne les évaluations médicales indépendantes, nous examinons si la réglementation des fournisseurs de services d’évaluation devrait exiger la divulgation des frais payés aux professionnels de la santé réglementés pour les évaluations.
Reddition de comptes : Le régime que nous proposerons visera à réglementer les pratiques commerciales des cliniques titulaires d’un permis afin de décourager la fraude et de la détecter là où elle se produit. Dans le cadre de la présente initiative, nous ne proposons pas de recommander de réglementer les titres professionnels ou les méthodes des professionnels de la santé réglementés qui fournissent des évaluations ou des traitements. C’est ce que font déjà les ordres professionnels. Cependant, nous comprenons, d’après les discussions que nous avons eues avec les représentants des Ordres de réglementation des professionnels de la santé de l’Ontario que les ordres professionnels ont tendance à concentrer leurs ressources limitées davantage sur les questions de réglementation qui concernent directement les soins et la sécurité des patients plutôt que sur les pratiques commerciales des professionnels de la santé réglementés. Nous croyons que le régime recommandé devrait comprendre un élément clair de reddition de comptes et exiger la nomination d’une personne qui serait chargée de voir à l’intégrité des processus commerciaux à l’intérieur de la clinique. Comme on nous l’a proposé, cette personne ne serait pas nécessairement le propriétaire mais bien un professionnel de la santé réglementé lorsque le propriétaire n’en est pas un.
Vérification : Nous nous attendrions à ce que le propriétaire ou un professionnel de la santé désigné atteste régulièrement l’intégrité des pratiques commerciales des cliniques titulaires d’un permis. Nous nous attendrions également à ce que des dossiers soient conservés et accessibles pour inspection afin de vérifier ces attestations.
Pénalités : Lorsque les processus commerciaux ne sont pas adéquats, il devrait y avoir toute une gamme de pénalités possibles. Il pourrait s’agir d’ordonnances de cesser et de s’abstenir, de la suspension des droits de facturation en vertu du Système DRSSAA, de l’imposition de restrictions quant au droit d’une personne d’être propriétaire d’une clinique et des poursuites criminelles ou civiles s’il y a lieu.
Nous tentons de déterminer si la CSFO devrait être chargée de la mise en œuvre et de la supervision du régime de délivrance de permis et de réglementation que nous recommandons. À mesure que nous étudions cette initiative, nous tenons compte de la nécessité d’établir un équilibre de manière à ne pas surcharger les praticiens indépendants, les petites cliniques et les cliniques dont la principale activité n’est pas liée à l’assurance-automobile. Nous accueillons les suggestions sur la façon de rendre un tel régime aussi efficient que possible pour toutes les parties concernées sans perdre l’efficacité globale.
Dans le rapport provisoire, nous avons établi un certain nombre d’autres aspects de la réglementation que nous avons l’intention de poursuivre. Nous les avons regroupés en trois grands secteurs :
Depuis la publication du rapport provisoire, nous avons continué de recueillir des renseignements sur l’industrie du remorquage et le rôle qu’elle joue dans le système d’assurance-automobile de l’Ontario. Nous avons constaté que la surveillance et l’application de la loi entourant les activités de remorquage en Ontario ne sont pas cohérentes à l’échelle de la province, ce qui crée de l’incertitude chez les consommateurs et des possibilités que les fraudeurs, et les conducteurs de dépanneuses eux-mêmes, peuvent exploiter. Les questions soulevées comprennent la participation de certains exploitants de services de remorquage à la création ou à la fabrication de fausses demandes de règlement, à l’imposition de frais de remorquage exorbitants et aux pratiques de sollicitation ou de recommandation inappropriées (p. ex., se faire payer une commission pour l’orientation de consommateurs vers un établissement de soins, un atelier de carrosserie automobile ou un fournisseur de services juridiques particulier). Des préoccupations ont également été soulevées concernant la sécurité du public lorsque certaines dépanneuses se font concurrence pour arriver les premiers sur les lieux d’un accident.
Le Groupe de travail a demandé au comité d’étude sur les méthodes de réglementation d’examiner les solutions possibles pour réduire le potentiel de pratiques qui peuvent frauduleusement faire grimper les coûts de l’assurance, tout en reconnaissant le rôle important que l’industrie du remorquage joue lorsqu’il faut enlever rapidement les véhicules endommagés des routes, prévenant du coup les collisions secondaires et les embouteillages.
Le comité d’étude a mis sur pied un comité interministériel spécial pour recueillir des renseignements et mener une analyse de l’industrie du remorquage. Il poursuit la recherche et l’analyse sur la valeur d’une réglementation plus étendue et d’un certain nombre d’approches réglementaires et non réglementaires, dont :
À l’intérieur de chacune de ces catégories, un nombre limité de propositions spécifiques ont été relevées pour être soumises à une consultation et à une discussion supplémentaires. Ces propositions sont décrites à l’annexe 3.
Le moyen de défense le plus efficace contre la fraude organisée et la fraude préméditée consiste à éliminer rapidement et efficacement l’accès des fraudeurs aux rentrées de fonds. Nous croyons que la CSFO est bien placée pour cela et, avec des ressources et des pouvoirs accrus, elle pourrait être plus efficace que maintenant.
Nous sommes encouragés de voir que le gouvernement a demandé à l’Assemblée législative d’accorder à la CSFO le pouvoir d’imposer des pénalités administratives pécuniaires. Comme il en a été fait mention précédemment, nous envisageons également de recommander que la CSFO ait le pouvoir de délivrer des permis aux cliniques qui offrent des services de santé liés à l’assurance-automobile et aux fournisseurs commerciaux d’évaluations médicales indépendantes, et de les réglementer, ainsi que d’imposer des pénalités administratives liées à l’accès au Système DRSSAA dans des circonstances inappropriées. Nous continuons également d’évaluer d’autres aspects.
Premièrement, nous évaluons si la gamme de pouvoirs est assez claire pour éviter toute ambiguïté quant à l’étendue des pouvoirs de la CSFO. La loi actuelle parle de personnes « qui effectuent des opérations d’assurance », que certains interprètent comme signifiant des entités et des personnes qui fournissent des services aux compagnies d’assurance. Il semble approprié de clarifier la formulation afin de préciser de qui la CSFO peut exiger des renseignements, qui elle peut examiner et qui elle peut pénaliser pour pratiques malhonnêtes et mensongères. Nous croyons que le filet devrait être plus large plutôt que plus étroit et nous avons l’intention de faire des recommandations à cet égard dans notre rapport final. Dans le même veine, nous examinons la portée des renseignements que le surintendant peut obtenir.
L’annexe 4 contient une brève description d’un certain nombre de dispositions réglementaires que nous envisageons à cet égard et au sujet desquelles nous demandons des observations.
Deuxièmement, nous examinerons les actes ou pratiques qui sont actuellement définis comme malhonnêtes ou mensongers ainsi que les pouvoirs du surintendant de mener des enquêtes sur eux et d’imposer les pénalités appropriées. Les dispositions régissant les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers s’appliquent aux personnes qui fournissent des biens ou des services payables en vertu du système d’assurance de l’Ontario, à savoir les fournisseurs de biens et de services de santé, les fournisseurs de services juridiques ainsi que les fournisseurs de services de remorquage, d’entreposage et de réparation. Les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers concernant les fournisseurs de biens et de services (sauf les fournisseurs de services juridiques autorisés en vertu de la Loi sur le Barreau, à savoir les avocats et les parajuristes) comprennent ce qui suit : demander un paiement pour des biens et des services qui n’ont pas été fournis, solliciter, accepter ou verser une commission pour recommandation et exiger des frais exorbitants comparativement aux prix demandés pour des biens ou des services semblables. Les autres actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers qui s’appliquent aux fournisseurs de biens et de services de santé et aux fournisseurs de services juridiques (y compris ceux qui sont autorisés en vertu de la Loi sur le barreau) comprennent l’utilisation de formulaires non approuvés et le fait de ne pas signaler un conflit d’intérêts lorsqu’ils sont tenus de le faire (voir l’annexe 5 pour de plus amples détails).
Nous aimerions recevoir des observations sur la question de savoir si les dispositions sur les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers devraient s’appliquer plus globalement, notamment à tous les fournisseurs de services juridiques, y compris ceux qui sont autorisés en vertu de la Loi sur le Barreau, comme les avocats et les parajuristes.
Nous voulons nous assurer que l’éventail de pratiques est aussi large que possible et que les pénalités qui y sont associées sont appropriées et découragent les comportements frauduleux. L’annexe 5 contient une description des dispositions réglementaires que nous examinons à cet égard.
Troisièmement, nous croyons généralement que la CSFO devrait jouer un rôle plus actif dans les enquêtes et les poursuites relatives aux infractions en vertu de la loi qui la régit. Cette approche à l’exécution de la loi devrait également s’appliquer à l’imposition de pénalités administratives, Outre les ressources adéquates et appropriées, une approche plus active nécessitera l’obtention de renseignements au moment opportun concernant les demandes de règlement suspectes ou les activités illégales. Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’industrie est à mettre sur pied une organisation qui utilisera les données sur les demandes de règlement des compagnies d’assurance pour identifier les cas suspects qui peuvent indiquer une fraude organisée ou préméditée. Nous chercherons des moyens de faire en sorte que la CSFO ait un accès suffisant, au moment opportun, à ces renseignements pour pouvoir prendre des mesures efficaces. Nous sommes également impressionnés par le cadre d’enquête et de poursuites que la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) a instauré et nous cherchons des moyens de favoriser l’échange des renseignements pertinents concernant les activités suspectes entre la CSFO, la CSPAAT et peut-être le Régime d’assurance-santé de l’Ontario également.
La sensibilisation et le comportement des demandeurs d’indemnités peuvent jouer un rôle dans la lutte à la fraude. Un demandeur bien informé est plus susceptible de défendre ses propres intérêts et de repousser les tentatives faites pour l’attirer dans des situations frauduleuses et abusives.
Le rapport provisoire indiquait que nous examinerions un certain nombre de recommandations faites par l’industrie de l’assurance pour aider à décourager et à traiter la fraude, celles liées aux relations entre les assureurs et les demandeurs d’indemnités. Le comité d’étude sur les méthodes de réglementation a examiné la liste mise de l’avant par l’industrie et le comité directeur a examiné et, dans certains cas, modifié les conclusions du comité d’étude.
À ce stade-ci, nous sommes prêts à recommander des changements réglementaires dans six secteurs, énoncés et brièvement décrits ci-dessous. Nous sommes également prêts à prendre en considération d’autres aspects qui pourraient nous être suggérés.
Dans notre rapport provisoire, nous laissions entendre que nous examinerions si une unité d’enquête spéciale, pour déposer des accusations criminelles, serait logique pour l’Ontario. Comme nous l’avons indiqué précédemment, le moyen le plus rapide et le plus efficace de lutter contre la fraude à l’assurance-automobile consiste à prendre des mesures pour freiner les rentrées de fonds pour les auteurs de fraude organisée ou préméditée. L’utilisation accrue d’une technologie perfectionnée permettant d’analyser un volume important de renseignements provenant de demandes de règlement de multiples assureurs représente un outil de détection puissant permettant de cerner les cas possibles de fraude organisée et de fraude préméditée.
Nous croyons qu’il peut être plus efficace de concentrer nos recommandations relatives à l’exécution de la loi sur les infractions provinciales. Nous croyons que c’est exactement ce que feront les mesures que nous examinons en ce qui concerne les capacités d’enquête et d’exécution de la loi de la CSFO et l’utilisation du Système DRSSAA comme outil pour lutter contre la fraude. Il existe également quelques questions supplémentaires qui, à notre avis, devraient être abordées en ce qui a trait à la protection de la vie privée et à la responsabilité éventuelle des assureurs concernant le signalement des demandes de règlement très suspectes, questions que nous développerons dans la prochaine section.
Nous comprenons que le gouvernement ne dirige pas la police dans les affaires opérationnelles et que la police mène une enquête indépendante et exerce un pouvoir discrétionnaire indépendant pour déterminer si elle a des motifs raisonnables et probables de porter des accusations. Nous sommes encouragés par les mesures que les responsables de l’exécution de la loi de l’Ontario ont prises récemment et par la collaboration avec l’industrie qui semble avoir joué un rôle dans certaines de ces mesures. Nous croyons que des initiatives supplémentaires pourraient renforcer la collaboration qui existe maintenant et que de telles mesures pourraient être mises en œuvre rapidement et efficacement.
Deux aspects en particulier pourraient faciliter les enquêtes sur les actes criminels. Le premier concerne le transfert de preuves des enquêteurs des compagnies d’assurance, du BAC ou de la CSFO aux organismes d’exécution de la loi tandis que le second se rapporte à la participation des avocats de la Couronne de la province.
L’industrie a déterminé que les ressources policières représentent un défi lorsqu’il s’agit de signaler à la police une fraude alléguée à l’assurance pour enquête car la police doit prioriser les cas selon un certain nombre de critères. Cependant, certains corps de police ont des services qui fournissent un soutien spécialisé pour ce genre de crime. Ainsi, la Direction de la lutte contre l’escroquerie de la Police provinciale de l’Ontario est chargée des enquêtes sur le crime organisé majeur, qui peut comprendre des organisations criminelles qui commettent des fraudes à l’assurance-automobile. La Direction de la lutte contre l’escroquerie a des liens avec d’autres services policiers et les avocats de la Couronne qui sont disponibles pour donner des conseils juridiques avant que des accusations ne soient portées, sur demande. Certains grands services policiers peuvent avoir des unités qui s’occupent de ce genre de crime. Par exemple, les Services policiers de Toronto ont une unité des crimes financiers, la Police régionale de Peel a un bureau des fraudes et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a une Section des infractions commerciales qui enquête sur les fraudes majeures.
Les services policiers peuvent unir leurs forces pour mener des enquêtes spécifiques qui touchent plusieurs territoires. En outre, la Police provinciale de l’Ontario, les Services policiers de Toronto et d’autres corps de police sont parties prenantes du Groupe spécial interpolices (dirigé par la GRC) pour les enquêtes sur le crime organisé.
Grâce aux synergies créées par le Groupe de travail, et en particulier, le comité d’étude sur la prévention, la détection, les enquêtes et les mesures d’application, les corps de police de la province, y compris la Police provinciale de l’Ontario, peuvent explorer la faisabilité d’une collaboration qui serait un exemple de pratique exemplaire de manière à faciliter le transfert de preuves dans ces cas. Une stratégie pourrait être envisagée pour améliorer les preuves fournies à la police pour fins d’enquête ainsi que l’identification des grands réseaux de fraudeurs. Une telle stratégie pourrait :
Nous croyons qu’il serait utile que les corps de police, en particulier dans la RGT et avec le concours de la Police provinciale de l’Ontario, explorent la possibilité d’élaborer une stratégie de coopération pour sensibiliser le public, assurer les interventions nécessaires pour appliquer la loi et favoriser l’exécution de la loi en fonction de priorités tactiques. Nous espérons que dans notre rapport final, nous pourrons indiquer qu’une telle initiative est en cours.
Des représentants de l’industrie de l’assurance ont exhorté le gouvernement à établir un bureau d’enquêtes et de poursuites relatives à la fraude à l’assurance composé de poursuivants du ministère du Procureur général de manière à assurer l’uniformité chez les procureurs de la Couronne pendant toute la durée d’une cause.
Notre système en Ontario n’est pas conçu et n’a pas les ressources nécessaires pour fournir de tels procureurs de la Couronne « spécialisés », sauf en de rares et exceptionnelles circonstances. Les procureurs de la Couronne et la police ont des rôles distincts à jouer dans les enquêtes et les poursuites criminelles. La séparation des fonctions d’enquête et de poursuite de l’État est un important mécanisme de protection qui assure l’impartialité et l’équité de l’administration de la justice pénale.
Depuis plusieurs années, la Division du droit criminel du ministère du Procureur général établit des pratiques exemplaires pour ce qui est de la gestion des grandes enquêtes, qui comprennent les grandes causes complexes de fraude, comme certaines allégations de fraude à l’assurance-automobile. Lorsqu’il y a de bonnes chances de déclaration de culpabilité et qu’il est dans l’intérêt public d’aller de l’avant, de telles causes sont confiées le plus tôt possible à un procureur de la Couronne et tous les efforts nécessaires sont faits pour garder le même procureur jusqu’à la conclusion de l’affaire, sauf en des circonstances exceptionnelles.
Même si nous ne croyons pas que des procureurs de la Couronne « spécialisés » sont requis ou essentiels, nous reconnaissons que les enquêtes prennent du temps, que des avocats de la Couronne sont disponibles pour conseiller la police avant que des accusations ne soient portées, au besoin, et qu’une fois les accusations portées, la continuité du travail des procureurs de la Couronne est importante. Nous exhortons le ministère du Procureur général à continuer d’assurer cette continuité, lorsque c’est possible, et particulièrement dans les grandes affaires complexes de fraude.
Pour que les enquêtes et l’exécution de la loi relatives à la fraude organisée et à la fraude préméditée soient efficaces, il est crucial de cerner tôt les cas suspects. Nous avons mentionné à plusieurs reprises le pouvoir de l’analyse des données pour identifier les organisations et les réseaux lorsque des fraudeurs ciblent plus d’une compagnie d’assurance. L’analyse des données est utilisée avec succès comme outil d’identification de la fraude depuis quelque temps aux États-Unis et au Royaume-Uni, et le rapport de recherche de KPMG reconnaît que les trois exercices de validation ont donné des résultats extrêmement positifs. Nous croyons qu’il est grandement souhaitable que l’industrie s’empresse de mettre en place l’organisation, la gouvernance et la gestion nécessaires pour assurer l’utilisation efficace de ce puissant outil antifraude.
L’industrie a un certain nombre de défis à relever et doit notamment déterminer s’il est souhaitable de faire en sorte que la base de données commune soit aussi exhaustive que possible. Idéalement, tous les assureurs décideraient de participer.
Il faudra également régler quelques questions d’intérêt public pour rendre cet outil d’identification de la fraude le plus efficace possible.
La première de ces questions concerne la législation en matière de protection de la vie privée et la possibilité de trouver les moyens appropriés de permettre la mise en commun des données pour identifier la fraude, tout en respectant les aspects essentiels de la protection de la vie privée. Cette question a été un sujet de préoccupation important dans les exercices de validation et a limité la participation à ces exercices et leur efficacité. Le projet de loi C-12, qui modifierait la législation fédérale sur la protection de la vie privée, en l’occurrence la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, contient des dispositions qui faciliteraient la participation aux activités de détection de la fraude. Le projet de loi a franchi l’étape de la première lecture et son avancement procurerait un degré utile de certitude.
Une solution possible envisagée en Ontario consiste à examiner si les dispositions relatives au consentement enchâssées dans les demandes d’assurance-automobile et les demandes de règlement en cas de collision pourraient être modifiées d’une manière qui serait conforme à la législation en matière de protection de la vie privée tout en procurant une plus grande certitude quant à la capacité d’échanger des renseignements pour la détection et la prévention de la fraude. La CSFO envisage des modifications et nous nous employons à élaborer une approche qui nous permettrait de consulter l’industrie avant de conclure notre rapport final.
La seconde question concerne la responsabilité civile. Des représentants de l’industrie ont dit craindre que la divulgation d’activités suspectes à d’autres assureurs, à des organismes de réglementation comme la CSFO et aux responsables de l’exécution de la loi ne les expose à des poursuites civiles. Ils ont demandé qu’on envisage d’améliorer les dispositions d’immunité civile lorsque les assureurs traitent des demandes de règlement très suspectes.
La Loi sur les assurances de l’Ontario prévoit une immunité civile en lien avec les divulgations et les déclarations faites à certaines entités nommées. L’article 446 prévoit ce qui suit :
446. La personne qui de bonne foi fait, au Tribunal, au surintendant, à un employé de la Commission ou à une autre personne qui agit en vertu de la présente loi, une déclaration ou une divulgation orale ou écrite relative aux fonctions de la personne à qui la déclaration ou la divulgation est faite, ne doit pas être tenue responsable dans une instance civile qui en résulte.
L’analyse des territoires de compétence menée par Deloitte a relevé plusieurs territoires où il existe des dispositions d’immunité. Aucune ne prévoit d’immunité générale, mais elles prévoient une protection dans un plus large éventail de circonstances que celles prévues à l’article 446 de la Loi sur les assurances. Nous envisageons de recommander que l’article 446 de la Loi soit examiné en vue d’en élargir la portée par l’ajout d’un paragraphe qui pourrait prévoir l’immunité en cas de divulgation à des personnes ou des entités prescrites concernant la fraude à l’assurance.
Une plus grande immunité pourrait faciliter les enquêtes policières, ce qui représenterait un avantage supplémentaire. Des représentants de services policiers ont fait valoir au comité d’étude sur la prévention, la détection, les enquêtes et les mesures d’application que, outre les ressources limitées associées aux grandes enquêtes complexes sur la fraude, il se peut aussi qu’il y ait un manque de preuves suffisantes pour étayer l’ouverture d’une enquête. Par exemple, la rédaction de mandats ou d’ordonnances de communication peut demander beaucoup de ressources et exiger des preuves que, selon ce qu’on nous a dit, les compagnies d’assurance hésitent à fournir à la police de crainte d’être exposées à des poursuites civiles. L’amélioration des dispositions de la Loi sur les assurances portant sur l’immunité civile pourrait régler cette préoccupation.
Des consommateurs informés sont essentiels à la prévention de la fraude dans le système d’assurance-automobile de l’Ontario. Les victimes de collision qui comprennent bien leur police d’assurance-automobile et savent à quoi s’attendre en cas d’accident sont décidément moins susceptibles d’être exploités par des fraudeurs. La sensibilisation active des consommateurs pour qu’ils puissent détecter la fraude et éviter d’être utilisés dans une fraude sera un élément important de notre stratégie antifraude globale.
Nous avons l’intention de recommander dans notre rapport final que les partenaires clés du système d’assurance-automobile de l’Ontario, y compris le gouvernement, l’industrie et les organismes de réglementation, déposent et soutiennent une stratégie globale axée sur les consommateurs. Celle-ci aurait pour but d’informer les consommateurs et de les faire participer plus activement aux décisions relatives à l’assurance-automobile qui les touchent, notamment en leur donnant des moyens de comprendre et de combattre la fraude à l’assurance-automobile.
Le comité d’étude sur la participation et la sensibilisation des consommateurs élabore actuellement les éléments de cette stratégie globale qui comprendrait trois éléments clés :
Chacun de ces éléments est examiné ci-dessous.
Le comité d’étude a relevé un certain nombre d’occasions d’apprentissage pour les conducteurs lorsqu’ils sont les plus susceptibles d’assimiler les renseignements essentiels au sujet de l’assurance-automobile et de la fraude à son endroit. Ces occasions comprennent ce qui suit :
Il est important d’informer les consommateurs sur ce qu’ils peuvent faire lorsqu’ils sont témoins de ce qui semble un comportement frauduleux. Le comité d’étude examine les canaux existants que les consommateurs intéressés à communiquer leurs préoccupations pourraient utiliser. En outre, l’industrie poursuit des partenariats possibles avec des organismes existants pour mettre en commun leurs efforts afin de faciliter la dénonciation par des particuliers en Ontario. En outre, il y a d’autres solutions possibles pour améliorer la dénonciation par la législation ou la réglementation. Par exemple, le projet de loi 41, déposé par la députée Amrit Mangat, contient des dispositions visant à protéger les dénonciateurs contre les représailles. Il a franchi l’étape de la deuxième lecture à l’Assemblée législative et nous continuerons d’en surveiller l’évolution pendant son étude par le Comité permanent des affaires gouvernementales.
Une fois entièrement élaboré, cet élément de la stratégie permettra d’établir ces occasions, la nature des renseignements qui pourront être divulgués et les mécanismes de divulgation. L’ébauche d’une matrice illustrant l’évolution de cet élément de la stratégie est présentée à l’annexe 6.
À mesure que cet élément de la stratégie continue d’évoluer, du contenu sera élaboré pour les occasions d’apprentissage clés relevés par le comité d’étude. Le contenu devra être élaboré en tenant compte de deux facteurs clés :
La mise en œuvre et la tenue d’un site Web spécialisé constitue le deuxième élément de la stratégie globale. Dans le rapport provisoire, nous demandons que le comité d’étude examine l’idée de créer un site Web qui pourrait fournir des renseignements importants aux conducteurs de l’Ontario et aux victimes d’accident.
Le comité d’étude a élaboré une ébauche de plan du site qui présente les renseignements qui pourraient être fournis dans un tel site. Le plan du site est fondé sur les objectifs du comité d’étude d’informer les consommateurs sur :
Le site Web contiendrait des liens vers des renseignements existants et pertinents sur le gouvernement et l’industrie de l’assurance ainsi que vers d’autres sites Web appropriés en plus de donner de nouveaux renseignements au besoin. Afin de générer du trafic et de promouvoir le site Web, tous les documents d’information élaborés dans le cadre de la stratégie générale de communication comprendraient un lien vers ce site ou donnerait des renseignements à son sujet. Le diagramme ci-après présente sous forme de schéma le contenu possible du site :
Le comité d’étude examine actuellement un certain nombre de questions clés :
Nous accueillons avec plaisir les réactions des organismes de l’industrie qui donnent des renseignements aux consommateurs et des consommateurs eux-mêmes concernant l’approche du comité d’étude relativement à cette question. Le comité directeur a demandé au comité d’étude de faire des recommandations sur ces questions et de les présenter au Groupe de travail d’ici la fin de juillet.
Dans le cadre de la stratégie de participation et de sensibilisation des consommateurs, nous envisageons de recommander la divulgation obligatoire par les compagnies de certains renseignements qui aideront les consommateurs à prendre leurs décisions d’achat. À l’heure actuelle, il est relativement facile pour les consommateurs de comparer les prix lorsqu’ils veulent se procurer une assurance-automobile. Cependant, il y a peu de renseignements conviviaux qui aideraient les consommateurs à trouver comment une compagnie traiterait une demande de règlement, le cas échéant.
Nous songeons à demander aux compagnies de divulguer sur leur site Web des renseignements qui aideraient les clients éventuels à comprendre comment le processus de traitement des demandes de règlement fonctionne. Nous examinons de nouvelles exigences concernant la divulgation d’un minimum de renseignements sur les sites Web des compagnies concernant :
Nous ne le dirons jamais assez : la fraude a des répercussions sur tout le monde et nous croyons que chacun de nous a un rôle à jouer dans la lutte contre la fraude. L’information est essentielle pour permettre aux consommateurs de jouer ce rôle. Le genre de renseignements que nous envisageons d’exiger aidera les consommateurs à prendre leurs décisions d’achat et à mieux comprendre ce qu’ils peuvent attendre s’ils sont impliqués dans un accident. Il aidera également toutes les personnes engagées dans l’industrie à cerner les « pratiques exemplaires » dans l’espoir qu’avec le temps, elles relèvent la barre de manière à rendre les choses plus difficiles pour les personnes qui se livrent à la fraude organisée ou préméditée.
Nous accueillons les observations sur cette initiative proposée et, en particulier, les suggestions sur d’autres renseignements dont la divulgation pourrait être utile.
Notre rapport final contiendra des recommandations pour la mise en œuvre de la stratégie de participation et de sensibilisation des consommateurs exposée ci-dessus, y compris notre point de vue sur les responsabilité de la mise en œuvre, les ressources et la nécessité de procéder périodiquement à une évaluation de la stratégie pour faire en sorte qu’elle soit bien ciblée et qu’elle favorise l’optimisation des ressources.
La présente section présente un certain nombre d’autres questions qui ont été portées à notre attention pendant nos travaux.
Aux termes du Code de la route, les personnes impliquées dans une collision de véhicules automobiles qui se solde par des blessures ou des dommages doivent signaler l’accident au service de police le plus proche. Ce dernier doit recueillir l’information pour le registrateur des véhicules automobiles.
Un conducteur impliqué dans une collision lorsque les dommages sont supérieurs à 1 000 $ peut signaler la collision à un centre de déclaration des collisions (CDC), un établissement constitué pour aider les conducteurs à signaler les collisions lorsque leur véhicule a subi des dommages mais que personne n’a été blessé.
On retrouve deux modèles de centres de déclaration des collisions en Ontario : ceux qui sont administrés par les services policiers et ceux qui sont administrés par une société privée, Accident Support Services International (ASSI), qui recueille les renseignements nécessaires lorsque la police a délégué cette fonction. Les assureurs privés paient des droits à ASSI pour accéder aux rapports d’accident et ASSI doit se conformer à la législation sur la protection de la vie privée lorsqu’elle échange des renseignements avec les assureurs.
Les CDC administrés par ASSI utilisent un certain nombre d’outils pour aider à détecter la fraude à l’assurance-automobile, et notamment une base de données appelée Collision Reporting and Occurrence Management System (CROMS). La base de données CROMS conserve des renseignements concernant la propriété du véhicule, les permis de conduire et les certificats d’assurance de responsabilité ainsi que des photos numériques et les mesures des collisions signalées.
Les CDC administrés par les services policiers n’ont pas accès à la base de données CROMS, mais ASSI a indiqué qu’elle était disposée à la rendre accessible à tous les services policiers gratuitement. Nous comprenons que chaque corps de police devrait déterminer s’il a besoin de la base de données CROMS et la mesure dans laquelle il serait réalisable de l’utiliser. Il faudrait évaluer les répercussions juridiques et financières ainsi que les implications sur le plan des politiques, mais nous sommes encouragés par la volonté d’ASSI de partager cet important outil antifraude et nous incitons toutes les parties à continuer de travailler ensemble pour améliorer l’efficacité des CDC à lutter contre la fraude.
Le Groupe de travail a également été informé que le ministère des Transports (MTO) a un projet en cours qui remplacera les formulaires papier de déclaration des collisions par un système électronique conçu pour recevoir les déclarations des témoins, des conducteurs et des agents de police ainsi qu’une variété de documents dont des photographies et des diagrammes. Le projet, qui devrait être terminé à l’automne 2012, permettra le transfert électronique des rapports de collision et offrira une application Web que les services policiers intéressés pourront utiliser au poste et, ultérieurement, dans l’auto-patrouille pour la saisie directe des données sur les collisions. L’objectif est de fournir un système de déclaration électronique souple qui peut répondre aux besoins de nombreux intervenants tout en permettant la saisie d’une plus grande quantité de renseignements sur les collisions que ne le permettent les formulaires papier utilisés actuellement. Le MTO collabore avec les services de police et les intervenants à la mise au point de cet outil.
Le Groupe de travail a reçu des observations de M. Lawrence Gold, qui parlait de l’usage abusif des droits que confère la Loi sur le privilège des réparateurs et des entreposeurs (LPRE) de placer un privilège sur des véhicules entreposés afin de demander des frais excessifs. Nous avons entendu dire que l’Association du barreau de l’Ontario a mis sur pied un comité qui s’occupe de la réforme de la LPRE et qui a l’intention de recommander au gouvernement des modifications possibles à la loi plus tard cette année.
Le Groupe de travail a reçu un certain nombre d’observations concernant les titres de compétences et les qualifications des personnes qui fournissent des examens médicaux indépendants aussi bien aux demandeurs d’indemnités qu’aux compagnies d’assurance. En général, ces observations tendaient à déplorer le manque d’objectivité et de fondement scientifique de ces évaluations, en particulier celles qui portaient sur les blessures des tissus mous et la douleur chronique. Nous avons entendu dire que le caractère antagoniste du système favorise les « interventions musclées » plutôt que l’« objectivité » par les évaluateurs, qu’ils représentent les demandeurs d’indemnités ou les compagnies d’assurance.
Les recommandations faites au Groupe de travail touchaient un large éventail de sujets, dont les suivants :
Même si nous croyons que les normes de compétence et de responsabilité sont de bonnes choses, les grandes questions liées aux qualifications, aux normes et aux compétences des évaluateurs médicaux indépendants n’entrent pas dans notre mandat et nous ne sentons pas que nous avons les compétences nécessaires pour faire des recommandations à cet égard.
Nous croyons que nos recommandations concernant la réglementation des sociétés qui offrent des évaluations médicales indépendantes et la divulgation par l’industrie de l’information sur la façon dont les évaluateurs sont choisis favoriseront une plus grande transparence et une plus grande responsabilisation du système. Nous envisageons également, dans le contexte de ce cadre réglementaire, d’exiger des organisations qui effectuent des évaluations médicales indépendantes une attestation confirmant que tous les médecins examinateurs sont qualifiés et respectent leur champ de compétence.
Dans tout le présent rapport, nous discutons de politiques antifraude qui élargiraient le rôle de la CSFO dans le système de l’assurance-automobile de l’Ontario, tout en comprenant que toute expansion du rôle de la CSFO serait inefficace sans les ressources nécessaires. De nouvelles initiatives antifraude ne donneront pas de résultats significatifs sans un financement et des effectifs suffisants pour les mettre en œuvre.
Un nombre important des recommandations que nous examinons s’adressent à la CSFO qui est l’organisme de réglementation du système d’assurance-automobile. Les recommandations touchant la réglementation des établissements de soins de santé qui fournissent des services d’évaluation et de traitement et l’élargissement des pouvoirs d’enquête de la CSFO, si elles sont mises en œuvre, auront d’importantes répercussions sur le plan des ressources. Il est nécessaire que la CSFO ait le personnel et l’expertise requis pour s’acquitter de ces nouvelles responsabilités. À cet égard, nous suggérons que le gouvernement envisage de permettre à la CSFO d’engager du personnel, au besoin, en particulier puisque le secteur de l’assurance absorberait les coûts supplémentaires associés aux nouvelles ressources.
Au cours des mois à venir, nous continuerons de mettre au point et de développer les questions précitées. Notre objectif est de présenter des recommandations au gouvernement et à d’autres, s’il y a lieu, à l’automne 2012.
Nous attendons avec plaisir la possibilité d’engager le dialogue concernant ces questions importantes avec les intéressés, qui peuvent présenter leurs observations au Groupe de travail par courriel à autoinsurance@ontario.ca.
En outre, nous prévoyons rencontrer les parties intéressées pour discuter des enjeux que nous avons cernés dans le présent rapport. Les particuliers et les groupes intéressés à nous rencontrer sont priés de présenter leurs observations à l’adresse de courriel ci-dessus d’ici le 17 août 2012.

| Acronyme | Nom complet |
|---|---|
| ACAMD | Association canadienne des assureurs par marketing direct |
| BAC | Bureau d’assurance du Canada |
| Barreau | Barreau du Haut-Canada |
| CSFO | Commission des services financiers de l’Ontario |
| IBAO | Insurance Brokers Association of Ontario |
| MFO | Ministère des Finances de l’Ontario |
| MPG | Ministère du Procureur général |
| MSC | Ministère des Services aux consommateurs |
| MSCSC | Ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels |
| MSSLD | Ministère de la Santé et des Soins de longue durée |
| ORPSO | Ordres de réglementation des professionnels de la santé de l’Ontario |
| SIMA | Société d’indemnisation en matière d’assurances IARD |
Le comité d’étude sur les méthodes de réglementation, au nom du Groupe de travail, poursuit la recherche et l’analyse sur la valeur d’une plus grande réglementation et d’un plus grand éventail d’options réglementaires et non réglementaires qui s’appliqueraient à l’industrie du remorquage, y compris :
Des options réglementaires plus larges sont examinées, certains intervenants ayant soulevé des préoccupations supplémentaires concernant la protection des consommateurs et la sécurité routière.
L’annexe 3 donne des précisions sur certaines des options envisagées qui serviront de base à d’autres consultations. On a demandé au comité d’étude de présenter ses recommandations au Groupe de travail avant la fin de juillet.
Les services policiers régionaux de Halton tiennent une liste d’entreprises de remorquage présélectionnées qu’elles recommandent aux consommateurs qui ont besoin de services de remorquage. Les consommateurs sont dirigés vers la première entreprise disponible en fonction d’une rotation des entreprises disponibles. Ce genre de programme peut contribuer à éviter la concurrence entre les exploitants de services qui arrivent les premiers sur les lieux d’un accident et accroît la confiance des consommateurs lorsqu’ils doivent choisir un service de remorquage.
Pour être admissibles au programme, les exploitants de services de remorquage doivent présenter une demande et satisfaire à différentes exigences concernant :
Les modifications proposées ci-dessous pourraient accroître le pouvoir du surintendant d’obtenir plus de renseignements :
(i) Élargir le genre de personne à qui la CSFO peut demander des renseignements. Ajouter le pouvoir de demander des renseignements à des personnes non titulaires d’un permis et d’examiner ces personnes. Cette mesure permettrait de régler une ambiguïté dans la loi quant à savoir si le surintendant peut demander des renseignements à des personnes non titulaires d’un permis ou qui avaient déjà été titulaires d’un permis, et examiner ces personnes, par exemple dans le cadre d’enquêtes sur des allégations d’activités non autorisées en cours ou passées. La législation albertaine en matière d’assurances comprend des dispositions semblables.
(ii) Élargir le genre de personne qui doit fournir des renseignements au surintendant, sur demande. Il pourrait s’agir, par exemple, d’une filiale, d’un apparenté ou de la société mère du titulaire d’un permis ou d’une autre personne qui effectue des opérations d’assurance, d’un ancien ou d’un actuel administrateur, vérificateur, dirigeant, employé ou créancier du titulaire de permis ou de la société mère du titulaire de permis, ou encore d’une autre personne prescrite. La législation albertaine en matière d’assurances comprend des dispositions semblables.
(iii) Élargir le genre de renseignements que le surintendant peut demander en vertu du paragraphe 31 (1) et des personnes assurées en vertu du paragraphe 31 (2). Il pourrait s’agir de tout autre renseignement que le surintendant juge appropriés dans les circonstances et de renseignements prescrits « concernant toute autre question, activité ou information pouvant être prescrite ». La liste actuelle des renseignements que l’on peut demander aux termes des alinéas 31 (1) a) à c) est relativement limitée : renseignements concernant les contrats, les règlements ou les expertises et les activités relatives à l’assurance. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques contient des dispositions semblables.
(iv) Permettre au surintendant de préciser les délais et la forme de la divulgation. Par exemple, préciser que les renseignements demandés doivent être présentés dans les délais et de la manière prescrite par le surintendant ou son délégué. Les dispositions actuelles de la loi ne prévoient aucun pouvoir portant spécifiquement sur les délais ou la forme, qui pourraient toutefois être implicites. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques contient des dispositions semblables.
(v) Élargir l’article 29 pour que le pouvoir de demander des renseignements ne se limite pas aux assureurs mais au même groupe de personnes à qui s’applique l’obligation de fournir des renseignements en vertu du paragraphe 31 (1). D’un point de vue purement pratique, la CSFO doit pouvoir demander des renseignements aux fournisseurs de soins de santé tout autant qu’aux assureurs lorsqu’elle mène des enquêtes. À l’heure actuelle, ce pouvoir se limite aux assureurs. La législation albertaine en matière d’assurances comprend des dispositions semblables.
(vi) Prévoir un processus rapide de règlement des différends liés aux demandes de renseignements. Permettre au surintendant de demander à la cour ou au Tribunal des services financiers, dans un court délai, une ordonnance exigeant d’une personne qu’elle fournisse les renseignements demandés. La législation albertaine en matière d’assurances comprend des dispositions semblables.Les modifications proposées ci-dessous pourraient accroître le pouvoir du surintendant d’enquêter sur les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers, d’imposer les pénalités voulues et d’appliquer les dispositions connexes de la Loi sur les assurances.
Pouvoir d’enquêter sur des actes ou des pratiques malhonnêtes ou mensongers (art. 440)
(i) Préciser que le pouvoir « de prendre les mesures qui […] s’imposent afin de remédier à la situation » prévu à l’alinéa 441 (2) c) comprend le pouvoir d’ordonner la « restitution ». De temps à autre, le remède approprié dans une situation donnée consiste à ordonner au contrevenant de rembourser la victime, par exemple lorsqu’une personne qui n’est pas titulaire d’un permis vend de l’assurance-automobile à un membre du public. À l’heure actuelle, seul un tribunal peut ordonner la restitution en vertu du paragraphe 447 (5) de la Loi.
(ii) Élargir le pouvoir d’enquêter sur les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers commis par des personnes qui effectuent des opérations d’assurance pour qu’il s’applique spécifiquement aux personnes non titulaires d’un permis.
Le même problème se pose concernant les enquêtes sur les personnes qui ne sont pas titulaires d’un permis dans le cas de l’article 440 que dans celui de l’article 31, dont il est question à l’annexe 4. Dans les deux cas, le pouvoir d’enquêter, ou de demander des renseignements, est lié au fait d’être une « personne faisant des opérations d’assurance », ce qui est ambigu et semble exclure les personnes qui ne sont pas ou ne sont plus titulaires d’un permis, comme nous en avons parlé pour l’article 31. Le fait qu’une personne possède ou non un permis ne devrait pas être pertinent à la capacité d’enquêter et d’appliquer la loi. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques contient des dispositions semblables.
(iii) Élargir le genre de « personne » que le surintendant peut examiner et au sujet de laquelle il peut enquêter pour déterminer si elle se livre à des actes ou à des pratiques malhonnêtes ou mensongers afin d’inclure les personnes prescrites dans des circonstances prescrites, c’est-à-dire pas seulement une « personne faisant des opérations d’assurance ». Cette proposition donnerait plus de souplesse pour enquêter sur les personnes qui ne ressortissent pas au pouvoir du surintendant parce qu’elles ne sont pas considérées comme « faisant des opérations d’assurance » mais qui ont un lien étroit avec l’industrie de l’assurance, p. ex., les fournisseurs de soins de santé qui traitent les demandeurs d’indemnités d’accident légales.
On notera, par exemple, que les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers que prescrit le Règl. de l’Ont. 7/00 comprennent « la fourniture de biens ou de services au demandeur d’indemnités d’accident légales ou […] tout autre paiement prévu par un contrat d’assurance ou à son profit ». Cependant, comme les personnes qui fournissent ces biens ou ces services ne sont pas toutes des personnes « faisant des opérations d’assurance en Ontario » (p. ex., fournisseurs de soins de santé, exploitants de services de remorquage, etc.), il n’existe actuellement aucun pouvoir d’examiner ces personnes, ou de mener des enquêtes à leur sujet, pour déterminer si elles se livrent à des actes ou à des pratiques malhonnêtes ou mensongers (ni de leur demander des renseignements en vertu de l’article 31), même si elles sont responsables d’une partie importante des coûts du système d’assurance. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques contient des dispositions semblables.
(iv) Prévoir un pouvoir précis pour permettre au surintendant de demander un « engagement » exécutoire de se conformer. Bien qu’un tel engagement ne soit pas à strictement parler un instrument d’« enquête », l’un des instruments de réglementation ou d’exécution de la loi qu’utilise le plus souvent utilisé par le surintendant, souvent à la suite d’un examen ou d’une enquête, c’est l’ « engagement ». La législation albertaine en matière d’assurances comprend des dispositions semblables.
Pouvoir de procéder à l’examen d’un assureur, d’un agent ou d’un expert d’assurance en vertu de la partie XIX, Examen et interrogatoire [art. 442 à 444]
Cette partie régit l’examen et l’interrogatoire prévus dans la Loi et elle est la principale source du pouvoir d’enquête et d’examen. En vertu de cette partie, une personne qui veut obtenir un permis doit faciliter les examens. Elle confère au personnel de la CSFO le pouvoir de se rendre au lieu d’affaires pour obtenir des renseignements, interroger des dirigeants et des employés, obtenir les livres et les registres, entrer dans les locaux non résidentiels, obtenir des mandats de perquisition, etc.
Les modifications proposées ci-dessous pourraient accroître les pouvoirs d’examen et d’interrogatoire :
(v) Élargir ou préciser la liste des choses que le surintendant peut exiger ou inspecter dans un examen. Par exemple, remplacer les mots « de documents ou d’objets » à l’alinéa 444 (1) b) par : d’argent, d’objets de valeurs, de documents et de registres pertinents du titulaire de permis, de la personne ou de l’entité qui fait l’objet de l’examen. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques, la Loi de 2002 sur le courtage commercial et immobilier et d’autres lois contiennent des dispositions semblables.
(vi) Donner au surintendant le pouvoir d’utiliser tout système d’extraction ou de stockage des données en place. Par exemple, prévoir au paragraphe 444 (1) le pouvoir d’utiliser tout appareil ou système de stockage, de traitement ou d’extraction des données utilisé en lien avec les activités de la personne ou de l’entité pour produire de l’information. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques contient des dispositions semblables.
(vii) Élargir la liste des choses qui peuvent être enlevées pendant un examen. Par exemple, tout appareil de stockage, de traitement ou d’extraction des données utilisé pour produire de l’information. À l’heure actuelle, la Loi dispose que la personne chargée de l’examen a le pouvoir d’enlever « les documents ou les objets […] afin d’en tirer des copies ou des extraits » [voir al. 444 (1) c)]. Par conséquent, seuls les documents papier sont visés actuellement, ou la disposition est ambiguë, alors que dans certains cas il est nécessaire d’enlever des disquettes, des disques durs ou d’autres pièces d’équipement pour obtenir des renseignements. De nombreuses autres lois, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques, prévoient ce pouvoir.
(viii) Élargir l’obligation de fournir de l’aide autre que l’ouverture des livres comptables et la facilitation de l’examen tel que le prévoit le paragraphe 443 (3). Par exemple, répondre aux questions ou fournir de l’aide de la manière et dans le délai que précise le surintendant ou son délégué. Ce pouvoir est prévu dans la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques.
(ix) Exiger des enquêteurs qu’ils prouvent leur pouvoir de faire l’examen, sur demande. De nombreuses lois prévoient l’obligation pour les enquêteurs de s’identifier, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques.
(x) Préciser qu’une personne qui fait un examen ne peut pas utiliser la force pour entrer dans des locaux pour les inspecter sans mandat tout en précisant que la personne qui exécute le mandat peut utiliser toute force raisonnable. Cette clause est standard dans les lois qui confèrent des pouvoirs d’enquête, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques.
(xi) Préciser qu’un mandat de perquisition délivré aux termes du paragraphe 444 (3) peut autoriser une personne non seulement à perquisitionner pour enlever « des documents ou des objets […] pour en tirer des copies ou des extraits », mais également à exercer une partie ou la totalité des pouvoirs d’examen que confère le paragraphe 444 (1), y compris le pouvoir d’utiliser du matériel de stockage de données et de questionner une personne sur des questions pertinentes. Les modifications éventuelles décrites aux points (v), (vi) et (vii) élargiraient les pouvoirs d’examen prévus au paragraphe 444 (1). Par exemple, elles autoriseraient la personne qui fait un examen à utiliser tout appareil de stockage, de traitement ou d’extraction des données pour produire de l’information. La portée des mandats de perquisition visés au paragraphe 444 (3) devrait concorder avec la portée des examens pour que la personne qui fait une perquisition soit en mesure de produire les mêmes renseignements qu’une personne qui fait un examen.
(xii) Élargir ou modifier le pouvoir d’obtenir un mandat d’entrée de manière qu’il soit disponible non seulement lorsque l’accès est refusé, mais également s’il existe des motifs raisonnables de croire que l’accès sera refusé. Supprimer l’obligation de démontrer des motifs raisonnables et probables lorsque l’accès a déjà été refusé.
Les dispositions de la Loi portant sur le mandat de perquisition et le mandat d’entrée [par. 444 (3) et (4)] sont rarement utilisées dans les faits et sont désuètes. Une possibilité serait de récrire ces dispositions en utilisant la nouvelle terminologie, mais cela n’est ni requis, ni recommandé. Cependant, même si ces dispositions ne sont pas récrites, il serait logique de prévoir qu’un mandat d’entrée soit disponible lorsqu’on pense que l’accès aux locaux sera refusé. En outre, dans la foulée de lois semblables, il ne devrait pas être nécessaire de prouver qu’il existe des motifs raisonnables et probables de croire que l’accès sera refusé si l’accès a déjà été refusé. De nombreuses autres lois, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques, contiennent des dispositions semblables.
(xiii) Prévoir le pouvoir d’autoriser des personnes ayant des connaissances spéciales, spécialisées ou professionnelles à accompagner et à aider la personne qui exécute le mandat. Cette clause est standard dans les lois qui confèrent des pouvoirs d’enquête, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques.
(xiv) Prévoir le pouvoir de saisir des objets non précisés. Ce pouvoir, commun lui aussi dans d’autres lois, permettrait à une personne qui se trouve légalement dans un endroit en vertu d’un mandat de perquisition, ou dans l’exercice de ses fonctions sans mandat, de saisir n’importe quel objet à sa vue si elle a des motifs raisonnables de croire qu’il contient des preuves liées à une infraction à la Loi ou à ses règlements. La Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques et la Loi de 2002 sur le courtage commercial et immobilier contiennent des dispositions semblables.
(xv) Prévoir que l’exécution d’un mandat d’entrée se fera entre 6 h et 9h, sauf indication contraire de l’ordonnance. Ce genre de disposition est courant dans d’autres lois semblables, dont la Loi de 2006 sur les maisons de courtage d’hypothèques, les prêteurs hypothécaires et les administrateurs d’hypothèques.
Pouvoir d’appliquer les dispositions actuelles régissant les actes ou les pratiques malhonnêtes ou mensongers (art. 3, Règl. 7/00)
(i) Élargir le genre de personne ou de fournisseur de services à qui les dispositions actuelles régissant les actes ou les pratiques malhonnêtes ou mensongers s’appliquent. Par exemple, cette mesure ferait en sorte que les dispositions régissant les actes ou les pratiques malhonnêtes ou mensongers soient appliquées uniformément à tous les fournisseurs de services juridiques, y compris les avocats et les parajuristes autorisés en vertu de la Loi sur le Barreau.
Voici quelques exemples d’actes ou de pratiques malhonnêtes ou mensongers :
Dans le cas des collisions survenues le 1er septembre 2010 ou après, l’obligation de divulguer les conflits d’intérêts en vertu de l’AIAL s’applique uniquement aux assureurs.
Dans le cas des collisions survenues le 1er novembre 1996 ou après mais avant le 1er septembre 2010, l’AIAL exige la divulgation des conflits d’intérêts dans les circonstances suivantes :
| Occasion d’apprentissage | Objectif | Mécanisme possible de prestation |
|---|---|---|
| Visite à un centre de déclaration des collisions (CDC) |
|
|
| Au moment de recevoir un traitement médical |
|
|
| Présentation d’une demande de règlement d’assurance-automobile |
|
|
| Remorquage d’un véhicule |
|
|
| Achat ou renouvellement d’une police |
|
|
| Cours de conduite et apprentissage sur l’assurance |
|
|
| Renouvellement d’un permis de conduire ou de l’immatriculation |
|
|
| Dénonciation |
|
|
| Nouvelles et événements d’intérêt public |
|
|
| Intervenant | Niveau de présentation Groupe de travail, comité directeur ou les deux |
|---|---|
| 1. Able Translations | Groupe de travail |
| 2. Accident Support Services International | Groupe de travail |
| 3. Alliance of Medical and Rehabilitation Providers | Groupe de travail |
| 4. Andrew Shaul, psychologue | Comité directeur |
| 5. Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes | Comité directeur |
| 6. Association du barreau de l’Ontario | Groupe de travail |
| 7. Association of Canadian Car Rental Operators | Comité directeur |
| 8. Barreau du Haut-Canada | Groupe de travail |
| 9. Bureau d’assurance du Canada | Les deux |
| 10. Canadian Association of Special Investigation Units | Comité directeur |
| 11. Canadian Society of Medical Evaluators | Comité directeur |
| 12. Coalition Representing Health Professionals in Automobile Insurance Reform | Comité directeur |
| 13. Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail | Comité directeur |
| 14. Direction de la lutte contre l’escroquerie de la Police provinciale de l’Ontario | Les deux |
| 15. Dominion of Canada, Compagnie d’Assurance Générale | Les deux |
| 16. Dr John Clifford | Comité directeur |
| 17. Échec au crime | Groupe de travail |
| 18. Insurance Brokers Association of Ontario | Groupe de travail |
| 19. Insurance Fraud Group | Les deux |
| 20. Lawrence Gold, expert en entreposage de véhicules | Groupe de travail |
| 21. Michael Seaton, expert en commercialisation numérique | Groupe de travail |
| 22. National Insurance Crime Bureau | Les deux |
| 23. Ontario Trial Lawyers Association | Groupe de travail |
| 24. Ordres de réglementation des professionnels de la santé de l’Ontario | Groupe de travail |
| 25. Panel de services policiers (Peel, Hamilton, région de York) | Groupe de travail |
| 26. Provincial Towing Association of Ontario | Groupe de travail |
| 27. RBC Assurances | Groupe de travail |
| 28. Robin Ingle, Ingle Insurance | Groupe de travail |
| 29. State Farm Insurance | Les deux |
| 30. Système de demandes de règlement pour soins de santé liés à l’assurance-automobile | Comité directeur |
| 31. Ville de Toronto (Permis et exécution) | Groupe de travail |
Footnotes
1 La structure du Groupe de travail est présentée à l’annexe 1. De nombreux fonctionnaires et représentants de groupes d’intérêt ont contribué aux travaux du Groupe de travail, par l’entremise de ses trois comités d’étude et lors de réunions du Groupe de travail. Le comité directeur indépendant de cinq personnes les remercie pour leur apport et leurs conseils, mais tient à indiquer clairement que les opinions, les conclusions et les recommandations contenues dans le présent rapport sont celles du comité directeur seulement.
2 Le rapport provisoire est accessible à http://www.fin.gov.on.ca/fr/autoinsurance/interim-report.html.
3 Pour une description plus détaillée des trois catégories de fraude et quelques exemples, voir le rapport provisoire aux pages 43 à 46.
4 Rapport provisoire, p. 23.
5 Rapport provisoire, p. 24.
6 Une liste des particuliers et des groupes qui ont présenté des observations au Groupe de travail et à ses comités d’étude figure à l’annexe 7.
7 Le rapport du vérificateur général est accessible en ligne à : http://www.auditor.on.ca/fr/rapports_fr/fr11/301fr11.pdf.
8 La CSFO tient le public au courant des modifications apportées aux processus de règlement des différends à http://www.fsco.gov.on.ca/fr/drs/pages/mediation-backlog-initiatives.aspx.
9 Le projet de loi 41, déposé par la députée Amrit Mangat, vise la fraude directement. Les projets de loi 43 et 71, déposés par le député Mario Sergio, et le projet de loi 45, déposé par le député Jagmeet Singh, proposent de nouvelles règles de tarification pour le système d’assurance-automobile. Le projet de loi 45 a été rejeté par un vote par appel nominal le 7 juin 2012. Le 7 mars 2012, le projet de loi 43 a été adopté en première lecture. Le 22 mars 2012, le projet de loi 41 était adopté en deuxième lecture et renvoyé au Comité. Le 26 avril 2012, le projet de loi 71 était adopté en deuxième lecture et renvoyé au Comité. La version intégrale de ces projets de loi est accessible dans le site Web de l’Assemblée législative de l’Ontario (www.ontla.ca).
10 Les résultats du sondage Pollara sont disponibles à http://www.ibc.ca/fr/Insurance_Crime/index.asp ]
11 Rapport provisoire, page 49.
12 http://www.ibc.ca/fr/Insurance_Crime/index.asp
13 L’évaluation d’Ernst & Young est également accessible à : www.fin.gov.on.ca/fr/autoinsurance/forensic-ey.html.
14 Rapport de KPMG, p. 58
15 Rapport de KPMG, p. 53.
16 Rapport de KPMG, p. 52-53.
17 Les sujets d’intérêt des trois groupes d’étude sont la prévention, la détection, les enquêtes et les mesures d’application; les méthodes de réglementation du système d’assurance-automobile; la participation et la sensibilisation des consommateurs.
18 Les trois sommaires sont disponibles à
http://www.fin.gov.on.ca/fr/autoinsurance/juris-pdie.html
http://www.fin.gov.on.ca/fr/autoinsurance/juris-rp.html
http://www.fin.gov.on.ca/fr/autoinsurance/juris-cee.html
19 http://stage.fin.gov.on.ca/en/autoinsurance/regulatory-model.html [PLACEHOLDER: TO BE REPLACED WITH UPDATED URL WHEN RELEASED PUBLICLY]
20 Voir, par exemple, le rapport de KPMG à la p. 59.
21 De façon générale, ces critères servent à évaluer l’aptitude des propriétaires éventuels d’institutions financières réglementées. Ils englobent un examen des antécédents d’affaires des requérants, de la solidité de leur plan d’affaires et des motifs pour lesquels ils souhaitent exercer l’activité en question. Ils servent aussi à déterminer si le requérant est suffisamment intègre et a un caractère approprié. Ces critères permettent d’éviter que les principaux actionnaires d’une institution réglementée ne représentent une faiblesse pour celle-ci. Voir La réforme du secteur des services financiers canadien, Finance Canada (1999), http://www.fin.gc.ca/finserv/docs/finservrept_f.pdf, p. 17.
22 Voici des exemples d’organismes d’application désignés : Office de la sécurité des installations électriques, Conseil de l’industrie du tourisme, Conseil ontarien de l’immobilier, Conseil ontarien du commerce des véhicules automobiles.
23 Un conflit d’intérêts peut exister si la fourniture de biens ou de services peut procurer à une personne ou à un apparenté un avantage financier direct ou indirect.