Allocution de l'honorable Mike Harris premier ministre de l'Ontario

ALLOCUTION DE L'HONORABLE MIKE HARRIS
PREMIER MINISTRE DE L'ONTARIO

21 juillet 1995

Lors de mes voyages partout dans la province au cours des derniers mois, la population de l'Ontario m'a fait savoir ce qu'elle pense vraiment.

La province est sur la mauvaise voie et il est grand temps de remédier à la situation.

Cette inquiétude nous a été confirmée après les élections, lorsque le Conseil des ministres a été mis au courant pour la première fois de l'état dans lequel se trouvaient les finances publiques. Ce matin, nous voulons partager cette information avec vous.

Le situation financière de la province n'est pas reluisante. Elle est même dans un état critique.

Comme vous l'entendrez bientôt de la bouche même du ministre des Finances, le gouvernement précédent a laissé la province dans un état encore plus pitoyable qu'il ne l'avait indiqué en avril dans son exposé économique.

Nous avons appris que les recettes projetées en avril dans l'exposé économique du gouvernement NPD étaient gonglées. Les dépenses, quant à elles, sont de loin supérieures à ce qui a été publié et elles ont été comptabilisées inadéquatement.

L'effet combiné des recettes exagérées et des dépenses incontrôlées signifie qu'au lieu de réduire le déficit, comme il prétend l'avoir fait, l'ancien gouvernement a légué aux Ontariennes et Ontariens un déficit plus imposant que celui de l'exercice précédent.

Pour un nouveau gouvernement comme le nôtre, il serait facile de montrer du doigt le désordre dont nous avons hérité, de consacrer tout notre temps la première année à faire des reproches et à blâmer les autres.

J'ai l'intention aujourd'hui de vous laisser savoir que nous avons compris le message que vous nous avez communiqué le 8 juin dernier. La population de l'Ontario ne nous a pas élus pour que nous nous croisions les bras.

Elle nous a fait savoir que le statut quo est inacceptable.

Il est inacceptable pour les hommes et les femmes qui travaillent et qui ont peine à joindre les deux bouts, alors que le gouvernement gaspille l'argent si durement gagné que les contribuables lui versent en impôts.

Il est inacceptable pour les parents qui sont inquiets de l'avenir de leurs enfants.

Il est inacceptable pour notre gouvernement.

Sans mesures de contrôle, les dépenses irresponsables de nos deux prédécesseurs mettent en danger la stabilité financière de notre province.

La population de l'Ontario nous a élus pour que nous changions le statut quo, apportions des solutions à nos problèmes et remettions la province sur la voie de la prospérité. Nous avons demandé à faire ce travail, on nous l'a accordé et nous en acceptons la responsabilité.

Dans quelques instants, mon collègue le ministre des Finances vous donnera les détails des mesures que nous prenons pour remettre les choses en ordre au cours des huit prochains mois de l'exercice.

Certaines de ces mesures ne plairont peut-être pas aux groupes d'intérêts spéciaux, mais les contribuables de la province comprendront qu'elles sont nécessaires parce que le gouvernement vit au-dessus de ses moyens.

Nous n'avons pas pris des décisions faciles, ni à la légère. Mais en travaillant ensemble et en misant sur les atouts de la province, l'Ontario sera en mesure d'atteindre son plein potentiel et d'assurer ainsi un avenir plus prometteur.

L'exercice visant à mettre de l'ordre dans nos finances n'est pas une fin en soi, mais plutôt un point de départ pour faire redémarrer notre économie et faire renaître les occasions de toutes sortes et la confiance dans notre province.

Nous, Ontariens et Ontariennes, avons tous un rôle à jouer. Nous devons tous faire des sacrifices si nous voulons tirer profit des avantages qui découleront d'une économie florissante.

Nous faisons des choix difficiles mais les choix que, de toute évidence, nous devons faire.

Les choix que nous devons faire pour faire renaître la confiance dans notre économie et créer des emplois.

Les choix que nous devons faire pour redonner l'espoir aux personnes qui sont sans emploi ou qui reçoivent de l'aide sociale.

Les choix que nous devons faire pour ouvrir des avenues à nos enfants.

Les choix que nous devons faire pour bâtir l'avenir que nous souhaitons et redonner un sentiment de fierté à l'endroit de notre province.

Je cède maintenant la parole au ministre des Finances, l'honorable Ernie Eves, qui vous donnera les détails des mesures annoncées aujourd'hui.

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