Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2010

Chapitre 2 : Perspectives économiques de l’Ontario

POINTS SAILLANTS

  • Croissance du produit intérieur brut (PIB) réel en 2010, selon les prévisions du gouvernement — 3,2 %.
  • Croissance du PIB réel en 2011, selon la moyenne des prévisions du secteur privé — 2,4 %.
  • Croissance du PIB réel en 2011, selon les prévisions prudentes du gouvernement — 2,2 %.
  • Pourcentage du PIB réel de l’Ontario recouvré depuis la récession, au deuxième trimestre de 2010 — 71 %.
  • Pourcentage des emplois perdus en Ontario durant la récession qui avait été recouvré en octobre 2010 — 75 %.

APERÇU

Même si l’économie se relève de la récession mondiale, les familles et les entreprises ontariennes subissent toujours les contrecoups de la crise financière et économique. Les principaux indicateurs économiques se sont améliorés après les creux constatés durant la récession, mais la plupart demeurent en deçà des niveaux antérieurs à la récession. Au deuxième trimestre de 2010, l’Ontario avait recouvré 71 % des pertes constatées dans le PIB réel. L’emploi a connu une solide croissance depuis la fin de la récession. En effet, l’économie ontarienne a recouvré 75 % des emplois perdus durant le déclin. Par ailleurs, les indicateurs clés dans les secteurs du commerce et de la fabrication demeurent bien en deçà des niveaux affichés avant la récession, ce qui est attribuable à la faiblesse persistante de la demande aux États-Unis, le principal marché de l’Ontario.

Graphique 1 : Progrès de la reprise économique de l'Ontario

Le ministère des Finances, par mesure de prudence, prévoit une croissance du PIB réel de 3,2 % en 2010, de 2,2 % en 2011, de 2,5 % en 2012 et de 2,7 % en 2013, ce qui est inférieur de 0,2 point de pourcentage à la moyenne des prévisions du secteur privé pour chacune de ces années.1

Tableau 1
Perspectives économiques de l’Ontario(en pourcentage)
   2007  2008  2009 2010p 2011p 2012p 2013p
Croissance du PIB réel 2,0 (0,9) (3,6) 3,2 2,2 2,5 2,7
Croissance du PIB nominal 4,2 0,1 (1,1) 5,6 4,1 4,5 4,6
Croissance de l’emploi 1,6 1,4 (2,4) 1,7 1,7 1,8 1,9
Inflation de l’IPC 1,8 2,3 0,4 2,3 2,1 2,0 2,0
  • p = projection de planification du ministère des Finances.
  • Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Les prévisions économiques pour 2010 se sont améliorées par rapport à celles qui figuraient dans le budget de l’Ontario de 2010, mais elles ont décliné pour les années suivantes, en raison surtout du fléchissement prévu de la croissance aux États-Unis. En outre, des risques importants planent sur les perspectives, en particulier les difficultés persistantes auxquelles fait face l’économie mondiale. Les principaux risques comprennent des inquiétudes relatives à la dette souveraine, les déséquilibres commerciaux et l’incertitude qui règne au sujet de la reprise économique américaine.

Graphique 2 : Évolution des prévisions du secteur privé quant à la croissance
ÉTAT DE LA REPRISE ÉCONOMIQUE EN ONTARIO

Des signes manifestes indiquent que la reprise s’est amorcée en Ontario. Les principaux indicateurs se sont améliorés par rapport aux creux enregistrés durant la récession. Après avoir diminué pendant quatre trimestres consécutifs, ayant chuté de 4,9 % entre le deuxième trimestre de 2008 et le deuxième trimestre de 2009, le PIB réel de l’Ontario a augmenté pendant quatre trimestres consécutifs, s’élevant de 3,7 %, ou de 18,6 milliards de dollars. Malgré cette amélioration, le niveau du PIB réel au deuxième trimestre de 2010 était inférieur de 1,4 % au niveau où il se situait avant la récession.

Le rythme de la croissance a ralenti pour se situer à 0,6 % au deuxième trimestre, une diminution par rapport au niveau de 1,4 % affiché au premier trimestre et de 1,5 % au quatrième trimestre de 2009. Les données récentes pour le troisième trimestre révèlent d’autres signes du fléchissement de la croissance de l’économie. La croissance de l’emploi a ralenti pour passer à un taux de 0,4 % (soit 27 700 emplois), après un taux de 1,2 % (soit 81 600 emplois) au deuxième trimestre. En juillet et août, les ventes au détail avaient baissé de 0,1 % par rapport au deuxième trimestre. La balance commerciale de l’Ontario s’est également détériorée; en effet, les importations de marchandises ont augmenté de 3,0 % par rapport au deuxième trimestre, alors que les exportations ont diminué de 0,8 %.

Graphique 3 : Ralentissement de la croissance du PIB réel de l’Ontario

On prévoit que la croissance du PIB réel de l’Ontario sera plus rapide en 2010 que celle des autres provinces, sauf la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador, et qu’elle sera plus forte que celle du Canada et de l’ensemble des États-Unis.

Graphique 4 : Prévisions comparatives de la croissance du PIB réel : 2010

De septembre 2008 à mai 2009, 249 700 emplois sont disparus en Ontario. Depuis mai 2009, à mesure que l’économie de la province se renforçait, le taux d’emploi a augmenté de 2,9 %, soit 186 100 emplois nets. Malgré les dures répercussions de la récession sur l’emploi, l’Ontario a recouvré 75 % des emplois perdus. Depuis mai 2009, la croissance de l’emploi a été plus forte en Ontario que dans la plupart des autres provinces et considérablement supérieure à celle des États-Unis, dans leur ensemble, et à celle de la plupart des États américains.

Graphique 5 : Remontée de l’emploi en Ontario

À l’instar de toutes les autres provinces canadiennes, l’Ontario a subi une baisse considérable d’activité dans le secteur des exportations durant la récession mondiale. Depuis, l’Ontario a repris presque la moitié du terrain perdu sur le plan des exportations de marchandises vers l’étranger, lesquelles demeurent toutefois inférieures de 18,1 % au niveau antérieur à la récession. La production automobile en Ontario s’est également améliorée pour atteindre 493 993 véhicules produits au cours du troisième trimestre de 2010, bien au-delà du creux de 280 035 véhicules enregistré durant la récession et près de 20 % de plus qu’un an auparavant.

Graphique 6 : Remontée graduelle et constante des exportations

EFFETS DES DÉFIS MONDIAUX SUR L’ONTARIO

Les perspectives économiques de l’Ontario sont grandement influencées par les conditions économiques et financières mondiales, en particulier la demande américaine, les prix du pétrole, le taux de change du dollar canadien et les taux d’intérêt. Le tableau qui suit résume les prévisions du secteur privé relativement à ces facteurs.

Tableau 2
Variables externes
Prévisions moyennes du secteur privé
   2010 2011 2012 2013
Croissance du PIB réel des États-Unis (en pourcentage) 2,7 2,5 3,2 3,0
Pétrole brut (en $US le baril) 77,9 82,6 86,6 92,6
Dollar canadien (en cents américains) 96,2 97,7 98,5 98,3
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 0,6 1,6 3,0 3,9
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 3,2 3,2 4,1 4,8
  • * Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
  • Sources : Blue Chip Economic Indicators (novembre 2010) et enquête sur les révisions du ministère des Finances de l’Ontario.
CROISSANCE INCERTAINE DE L’ÉCONOMIE AMÉRICAINE

Les États-Unis constituent le plus important marché d’exportation pour l’Ontario; en effet, les exportations vers les États-Unis représentaient en 2009 environ 80 % des exportations de la province vers l’étranger. L’Ontario a bénéficié d’une relance de l’activité économique américaine, comme l’indique une augmentation de 16,8 % des exportations au cours de l’année, laquelle découle dans une large mesure de la reprise des ventes d’automobiles aux États-Unis. Cependant, de récents indicateurs dénotent généralement un ralentissement de la croissance de l’économie américaine, et on prévoit un rythme d’expansion modeste pour l’avenir.

Le PIB réel des États-Unis a remonté de 0,4 % durant le deuxième trimestre de 2010 et de 0,5 % durant le troisième, une croissance beaucoup plus lente qu’au cours des deux trimestres précédents. Le ralentissement de la croissance de l’économie américaine découle en grande partie de l’augmentation modérée des exportations. En outre, l’activité immobilière dans le domaine résidentiel a accusé une chute marquée après la fin du programme américain de crédit d’impôt pour l’achat d’une maison survenue au printemps.

Graphique 7 : Croissance du PIB réel des États-Unis

L’économie des États-Unis devrait croître de 2,7 % en 2010 et de 2,5 % en 2011. À mesure que la reprise se raffermira, le PIB réel des É.‑U. devrait augmenter de 3,2 % en 2012 et de 3,0 % en 2013.

Les perspectives concernant la croissance de l’économie américaine se sont affaiblies depuis la publication du budget de 2010, puisque la croissance du PIB réel est inférieure de 0,4 point de pourcentage en 2010 et de 0,5 point de pourcentage en 2011 aux perspectives alors publiées. La création d’emplois aux États-Unis a été lente, ce qui a entraîné une faible croissance du revenu. Cette situation, conjuguée au resserrement des normes concernant le crédit et au ralentissement de la croissance du crédit des ménages, contribue à la baisse des dépenses de consommation et au fléchissement de la relance du marché du logement.

L’industrie de l’automobile est un volet important de l’économie ontarienne et son rendement repose fortement sur la demande aux États‑Unis. Les ventes de voitures ont diminué aux États-Unis, allant d’un sommet récent de 16,5 millions d’unités en 2006 à un creux de 10,4 millions d’unités en 2009. Le nombre d’automobiles vendues devrait augmenter pour atteindre 11,5 millions en 2010, 12,6 millions en 2011, 14,0 millions en 2012 et 14,7 millions en 2013. Cependant, la faible croissance du crédit et du revenu des ménages, l’appréciation du dollar canadien et la fin des initiatives du gouvernement américain visant à stimuler l’économie continueront à nuire à la demande de produits ontariens aux États-Unis. En outre, les problèmes qui sévissent dans le marché améric in du logement ne semblent pas près d’être réglés.

Graphique 8 : Ventes de véhicules aux États-Unis
HAUSSE DES PRIX DU PÉTROLE

L’importation de pétrole a entraîné des coûts d’environ 15 milliards de dollars en 2009 pour l’économie de l’Ontario. Les opinions divergent au sujet de l’évolution des prix du pétrole. Les prévisionnistes du secteur privé estiment, en moyenne, que les prix du pétrole seront en moyenne de 78 $US le baril en 2010 et qu’ils augmenteront régulièrement pour atteindre 93 $US le baril en 2013 à la faveur du renforcement de l’économie mondiale. À des fins de planification, les prévisions du ministère des Finances se fondent sur les contrats à terme à l’égard des prix du pétrole, lesquels indiquent une augmentation progressive des prix du pétrole brut à mesure que la reprise économique se poursuivra.2

Graphique 9 : Prix du pétrole brut
VIGUEUR DU DOLLAR CANADIEN

Le dollar canadien a monté en flèche depuis le creux de 77 cents US affiché en mars 2009, en raison d’une remontée des prix des marchandises, d’une dépréciation générale du dollar américain par rapport à la plupart des devises et de la situation économique et financière favorable du Canada parmi les nations développées. Selon les prévisionnistes du secteur privé, le taux de change devrait augmenter quelque peu, le taux annuel moyen arrivant presque à parité avec le dollar américain. Lorsque le taux de change augmente, il devient plus difficile pour les exportateurs ontariens de faire face à la concurrence à l’échelle mondiale et pour les entreprises canadiennes de rivaliser avec les producteurs étrangers. Toutefois, la hausse du dollar bénéficie aux entreprises en réduisant le coût de l’importation de machines et de matériel qui augmentent la productivité.

Graphique 10 : Dollar canadien

TAUX D’INTÉRÊT

Les taux d’intérêt des prêts aux entreprises et aux consommateurs demeurent remarquablement bas. La Banque du Canada a augmenté son taux directeur de financement à un jour pour le porter à un pour cent, alors qu’il était de presque zéro plus tôt cette année, mais on s’attend à ce qu’elle le maintienne à ce niveau jusqu’en 2011 avant d’augmenter à nouveau les taux d’intérêt. On prévoit que la Banque du Canada continuera, à moyen terme, d’augmenter les taux d’intérêt pour les porter à des niveaux plus normaux. Les taux d’intérêt influent sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ainsi que sur les charges prévues au titre de l’intérêt sur la dette de la province. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le chapitre 4 Emprunts et gestion de la dette.

Graphique 11 : Taux d’intérêt
RISQUES FINANCIERS À L’ÉCHELLE MONDIALE

Les conditions financières demeurent instables à l’échelle mondiale. Plus tôt cette année, les investisseurs des marchés des capitaux ont ressenti des inquiétudes croissantes au sujet de la viabilité de la dette souveraine dans un certain nombre de pays européens. Ces pays ont fait face à une hausse des coûts d’emprunt, ce qui a entraîné la volatilité des marchés des capitaux mondiaux. Bien que la volatilité se soit amoindrie ces derniers mois lorsque ces pays ont annoncé des mesures pour réduire les déficits budgétaires et qu’ils ont reçu un soutien financier de l’Union européenne, une grande incertitude continue de régner au sujet de leur capacité d’assumer le financement de leur dette.

Au Canada, la crise financière mondiale a eu un effet considérablement moindre que dans d’autres pays, ce qui a favorisé des coûts d’emprunt relativement peu élevés et une solide croissance du crédit. En même temps, la remontée des prix des marchandises à l’échelle mondiale, conjuguée aux solides assises économiques du Canada, a accru l’attrait des actifs financiers canadiens pour les investisseurs étrangers, ce qui a maintenu les taux des obligations à un bas niveau et favorisé la hausse du dollar canadien. La prime de risque que les banques exigent pour se prêter les unes aux autres, plutôt que de détenir des bons du Trésor sans risque du gouvernement du Canada, est revenue près des niveaux historiquement normaux.

Graphique 12 : Diminution du risque de crédit au Canada

Le numéro d’octobre 2010 de l’Enquête auprès des responsables du crédit publié par la Banque du Canada fait état d’une amélioration continue des conditions du crédit aux entreprises, et ce pour le quatrième trimestre de suite. La croissance du crédit des ménages a ralenti mais demeure positive, grâce à des coûts d’emprunt peu élevés. Cependant, en raison de la hausse de l’endettement des ménages par rapport à leurs revenus, certains ménages pourraient avoir de plus grandes difficultés à s’acquitter de leurs dettes à l’avenir à mesure que les taux d’intérêt augmenteront. En outre, comme les ménages dépenseront plus en intérêts, ils disposeront de moins d’argent à consacrer à des produits et services.

RÉPERCUSSIONS DES CHANGEMENTS TOUCHANT LES FACTEURS MONDIAUX

Le tableau 3 présente les répercussions des changements pouvant survenir dans les principaux facteurs externes sur la croissance de l’économie ontarienne. L’étendue de la fourchette illustre les incertitudes et les risques touchant les perspectives économiques ontariennes.

Tableau 3
Répercussions des changements soutenus aux principales hypothèses sur la croissance du PIB réel de l’Ontario
(diminution en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Appréciation du dollar canadien de 0,05 $US 0,1 à 0,8 0,5 à 1,2
Augmentation du prix mondial du pétrole brut de 10 $US le baril 0,1 à 0,3 0,1 à 0,3
Diminution de la croissance du PIB réel des É.-U. de un point de pourcentage 0,3 à 0,7 0,4 à 0,8
Augmentation des taux d’intérêt canadiens de un point de pourcentage 0,1 à 0,5 0,2 à 0,6
  • Source : ministère des Finances de l’Ontario.

PERSPECTIVES DE REPRISE ÉCONOMIQUE EN ONTARIO

Une croissance modérée mais soutenue est prévue pour l’économie ontarienne. Cette perspective est fondée sur la croissance continue des marchés d’exportation de l’Ontario et sur la demande accrue touchant les produits et services de consommation ainsi que les logements. La compétitivité fiscale croissante de l’Ontario découlant du Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance favorisera l’investissement des entreprises et la création d’emplois.

Les exportations de l’Ontario sont en hausse par suite de la reprise économique aux États-Unis et ailleurs dans le monde. La demande accrue de marchandises, de produits industriels et de machines et matériel, notamment de la part des pays émergents en Asie, favorisera les échanges commerciaux de l’Ontario avec le reste du monde. De plus, la croissance de l’économie des autres provinces stimulera les exportations interprovinciales. Les exportations réelles devraient augmenter de 10,6 % en 2010 et de 4,6 % par année, en moyenne, de 2011 à 2013, à la faveur de l’amélioration de la conjoncture économique mondiale.

Graphique 13 : Croissance des exportations de biens et services

La situation des entreprises, qui s’est beaucoup aggravée l’année dernière, devrait s’améliorer et favoriser une augmentation vigoureuse des bénéfices des sociétés, lesquels devraient s’accroître de 8,7 % par année, en moyenne, de 2010 à 2013. Cette hausse des bénéfices, conjuguée à une demande accrue à l’échelle mondiale et à une plus grande compétitivité fiscale, favorisera le renforcement de l’investissement des entreprises au cours des prochaines années. On s’attend à ce que les investissements dans les machines et le matériel augmentent en moyenne de 8,4 % par année de 2010 à 2013, tandis que les investissements dans la construction non résidentielle devraient croître en moyenne de 4,7 % par année.

Graphique 14 : La TVH favorise les investissements dans les machines et le matériel

Les investissements importants du secteur public dans les immobilisations continuent de soutenir la relance économique en Ontario. Après un accroissement marqué en 2009 (14,0 %), les dépenses en immobilisations de tous les ordres de gouvernement en Ontario devraient progresser encore de 16,4 % en 2010. Ce niveau de dépenses est le deuxième en importance à l’échelle de toutes les provinces et il est de beaucoup supérieur à la moyenne nationale (9,9 %). Pour de plus amples renseignements sur les investissements du gouvernement de l’Ontario dans l’infrastructure, veuillez consulter le chapitre 1, Ontario ouvert sur le monde.

Graphique 15 : Les investissements importants effectués par les gouvernements en 2010 favorisent la reprise économique

Les prix des logements en Ontario ont remonté après le déclin de l’économie, dépassant même les sommets antérieurs. Les faibles taux d’intérêt et une forte demande de base ont favorisé un tel essor. Comme l’Ontario n’a pas connu l’explosion du marché du logement que l’on a constatée dans d’autres territoires avant la crise financière mondiale, les prix ne sont pas tombés d’aussi haut durant la récession. Depuis le creux affiché durant la récession, les prix des logements existants ont augmenté de 22 % en Ontario et sont actuellement d’environ 10 % supérieurs au niveau antérieur à la récession. Les prix des logements aux É.-U. ont augmenté de 8 % depuis le creux, mais ils sont encore de 28 % inférieurs au sommet enregistré, tandis que les prix au Royaume‑Uni ont augmenté de 11 % et sont encore de 12 % inférieurs au sommet.

Graphique 16 : Hausse modeste des prix des logements en Ontario

Une forte demande de base et un marché du logement fondamentalement stable appuieront une saine croissance des ventes et des prix des logements à moyen terme. On s’attend à ce que les ventes augmentent d’une moyenne de 1 % par année entre 2010 et 2013 tandis que les prix devraient s’élever de près de 2 % par année, en concordance avec l’indice global d’inflation. L’augmentation du nombre de ménages entraînera une hausse de la demande de logements neufs, ce qui favorisera la reprise graduelle des mises en chantier, qui devraient passer de 60 000 unités en 2010 à 68 000 unités d’ici 2013.

Graphique 17 : Près d’un demi-million d’emplois prévus

Le niveau de l’emploi devrait augmenter de 1,7 % en 2010, une augmentation par rapport au pourcentage de 1,1 % prévu dans le budget de 2010. Le taux de chômage devrait se situer en moyenne à 8,8 % en 2010, une baisse par rapport au taux de 9,0 % enregistré en 2009, car le nombre d’emplois créés devrait dépasser le nombre de personnes cherchant du travail. L’augmentation du nombre d’emplois devrait atteindre une moyenne annuelle de 1,8 % entre 2011 et 2013, ce qui représente 480 000 emplois de plus en 2013 qu’en 2009. Les prévisions du gouvernement provincial à l’égard de la situation de l’emploi en Ontario correspondent à celles du secteur privé.

Une solide augmentation des emplois au cours de l’exercice a contribué à une plus grande croissance des dépenses que prévu. On estime actuellement que les ventes au détail auront augmenté de 4,5 % en 2010, une hausse par rapport au pourcentage de 3,9 % prévu dans le budget de l’Ontario de 2010. De la même façon, les dépenses réelles de consommation devraient avoir augmenté de 2,8 % en 2010, une hausse par rapport au pourcentage de 2,2 % prévu dans le budget de l’Ontario de 2010. On prévoit que les ventes au détail augmenteront en moyenne de 4,1 % par année de 2011 à 2013 et que, globalement, les dépenses de consommation réelles augmenteront en moyenne de 2,4 % par année.

On prévoit que le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Ontario s’établira à 2,3 % en moyenne en 2010, après une augmentation de 0,4 % en 2009. Selon les économistes du secteur privé, le taux d’inflation de l’IPC de l’Ontario devrait se situer à 2,1 % en 2011. En 2012 et 2013, il devrait se situer en moyenne à 2,0 % annuellement, ce qui est le point médian de la fourchette cible de la Banque du Canada, qui va de 1 à 3 %.

DÉTAILS DES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’ONTARIO

Le tableau qui suit montre les détails des perspectives économiques du ministère des Finances pour les exercices de 2010 à 2013.

Tableau 4
Économie de l’Ontario, de 2008 à 2013
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projections
  2008 2009 2010 2011 2012 2013
Produit intérieur brut réel (0,9) (3,6) 3,2 2,2 2,5 2,7
Consommation personnelle 2,7 0,1 2,8 2,4 2,5 2,4
Construction résidentielle (3,1) (8,1) 10,5 (2,5) 4,3 4,0
Construction non résidentielle (2,5) (18,4) 2,6 5,1 5,8 5,3
Machines et matériel 0,3 (19) 8,0 12,0 7,4 6,4
Exportations (6,2) (13,2) 10,6 5,0 4,5 4,2
Importations (2,1) (10,8) 13,2 5,2 4,0 3,9
Produit intérieur brut nominal 0,1 (1,1) 5,6 4,1 4,5 4,6
Indicateurs du marché du travail            
Emploi 1,4 (2,4) 1,7 1,7 1,8 1,9
Création d’emplois (en milliers) 94 (161) 114 113 124 130
Taux de chômage (en pourcentage) 6,5 9,0 8,8 8,4 7,8 7,2
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail 3,9 (2,5) 4,5 4,1 4,2 4,0
Mises en chantier de logements (en milliers) 75,1 50,4 60,0 57,0 62,0 68,0
Revenu des particuliers 2,7 (0,2) 3,4 4,1 4,5 4,7
Revenu du travail 2,9 (1,0) 4,0 4,2 4,7 4,8
Bénéfices des sociétés (10,9) (13,6) 17,0 4,9 7,5 6,0
Indice des prix à la consommation 2,3 0,4 2,3 2,1 2,0 2,0
Facteurs externes importants            
Pétrole brut (en $US le baril) 99,6 61,8 79,2 87,9 89,8 90,2
Produit intérieur brut réel américain 0,0 (2,6) 2,7 2,5 3,2 3,0
Dollar canadien (en cents américains) 93,7 87,6 96,9 98,0 98,5 98,5
Taux des bons du Trésor de trois mois* 2,3 0,3 0,6 1,6 3,0 3,9
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* 3,6 3,3 3,2 3,2 4,1 4,8
  • *Taux d’intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
  • Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators et ministère des Finances de l’Ontario.

PRÉVISIONS DU SECTEUR PRIVÉ

Le ministère des Finances interroge des prévisionnistes du secteur privé pour déterminer les hypothèses qu’il convient d’utiliser pour la planification. En moyenne, ces prévisionnistes estiment que le PIB réel de l’Ontario augmentera de 3,4 % en 2010, de 2,4 % en 2011, de 2,7 % en 2012 et de 2,9 % en 2013. L’écart des prévisions est assez important pour 2011. Le RBC Groupe financier est le plus optimiste, prévoyant une croissance de 3,2 %, et le Groupe marchés mondiaux de la CIBC, le plus pessimiste, prévoyant une croissance de 1,7 % seulement.

Tableau 5:
Prévisions du secteur privé concernant la croissance
(en pourcentage)
  2010 2011 2012 2013
BMO Marchés des capitaux (novembre) 3,4 2,3
Centre for Spatial Economics (juillet) 3,7 2,9 2,5 2,4
Marchés mondiaux CIBC (septembre) 3,4 1,7 2,6
Conference Board du Canada (octobre) 3,5 2,6 3,0 3,5
Desjardins Group (October & September) 3,4 2,5 2,0 2,5
Groupe Desjardins (octobre et septembre) 3,5 3,0 3,1 2,8
IHS Global Insight (juillet) 3,5 3,2
Groupe Banque Scotia (novembre) 3,5 2,0
Groupe financier Banque TD (septembre) 3,2 1,9 2,6
Université de Toronto (octobre) 3,2 1,8 3,1 3,2
Moyenne selon l’enquête sur les prévisions du secteur privé 3,4 2,4 2,7 2,9
Hypothèse de planification de l’Ontario 3,2 2,2 2,5 2,7
  • Sources : ministère des Finances de l’Ontario et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (8 novembre 2010).

Pour établir des projections économiques de manière raisonnable et responsable, le ministère des Finances consulte beaucoup les prévisionnistes du secteur privé. Le Conseil ontarien des prévisions économiques a été créé dans le cadre de la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières. Il a pour mission de fournir des conseils sur les hypothèses et projections macroéconomiques. Le ministre des Finances a rencontré les membres du Conseil et d’autres prévisionnistes du secteur privé dans le cadre du processus d’élaboration du document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2010.

COMPARAISON AVEC LES PRÉVISIONS DU
BUDGET DE L’ONTARIO DE 2010

Tableau 6
Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre les données de l’exposé économique d’automne
(EEA) de 2010 et celles du budget de 2010 (variation en pourcentage)
  2010 2011 2012
  Budget 2010 EEA 2010 Budget 2010 EEA 2010 Budget 2010 EEA 2010
Produit intérieur brut réel 2,7 3,2 3,2 2,2 3,2 2,5
Produit intérieur brut nominal 4,4 5,6 5,0 4,1 5,3 4,5
Ventes au détail 3,9 4,5 4,6 4,1 4,7 4,2
Mises en chantier de logements (en milliers) 58,0 60,0 60,0 57,0 70,0 62,0
Revenu des particuliers 3,3 3,4 4,3 4,1 4,8 4,5
Revenu du travail 2,7 4,0 4,6 4,2 5,2 4,7
Bénéfices des sociétés 31,0 17,0 10,5 4,9 9,0 7,5
Emploi 1,1 1,7 2,1 1,7 2,3 1,8
Création d’emplois (en milliers) 73 114 139 113 155 124
Facteurs externes importants            
Pétrole brut (en $US le baril) 82,1 79,2 85.7 87,9 86,9 89,8
Produit intérieur brut réel américain 3,1 2,7 3.0 2,5 3,4 3,2
Dollar canadien (en cents américains) 96,0 96,9 97,5 98,0 98,0 98,5
Taux des bons du Trésor de trois mois* 0,6 0,6 2,2 1,6 3,5 3,0
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* 3,7 3,2 4,2 3,2 4,8 4,1
  • *Taux d’intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
  • Sources : Blue Chip Economic Indicators et ministère des Finances de l’Ontario.
  • 1Ces prévisions sont fondées sur les données disponibles au 10 novembre 2010.
  • 2Selon la moyenne des contrats à terme pour la semaine prenant fin le 5 novembre 2010.