: Perspectives économiques et revue financière de l'Ontario de 2013

Introduction

Monsieur le Président, j’ai l’honneur de présenter le document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2013.

Il propose un nouveau plan visant l’emploi et la croissance qui comprend trois volets, soit investir dans les gens, investir dans l’édification d’une infrastructure moderne et soutenir un climat d’affaires dynamique et propice à l’innovation.

Notre gouvernement prend ces mesures au moment même où des forces extérieures à l’Ontario continuent de perturber notre économie.

Et où de nombreux Ontariens et Ontariennes s’inquiètent de la sécurité de leur emploi et de leur avenir.

La reprise économique faisant suite à la récession mondiale demeure incertaine.

Ce qui est certain, Monsieur le Président, c’est la détermination de notre gouvernement à aider les familles et les entreprises ontariennes à réussir.

Notre plan prévoit une nouvelle orientation pour la croissance économique.

Il est ciblé.

Il est responsable et équitable.

Et il répond aux besoins de chaque région de la province.

Monsieur le Président, nous continuerons de faire de nouveaux investissements stratégiques pour stimuler la croissance, créer des emplois, renforcer les services et aider les familles. Nous demeurons en voie d’équilibrer le budget d’ici 2017-2018. Cependant, si la conjoncture économique mondiale se détériore, provoquant une nouvelle baisse de la croissance des revenus, notre priorité est claire : notre gouvernement continuera à protéger les investissements qui favorisent la création d’emplois et aident les familles avant de s’attaquer à des cibles à court terme.

Une croissance plus vigoureuse et la création d’emplois représentent le moyen le plus sûr et le plus équitable d’augmenter les revenus et d’équilibrer le budget.

Gérer de façon responsable

L’incertitude qui règne au sein de l’économie mondiale entraîne un ralentissement de la croissance des revenus. Depuis le budget de 2010, les revenus de l’Ontario ont été inférieurs de plus de 5 milliards de dollars à ceux qui avaient été prévus.

Nous avons pris des mesures décisives pour réduire la croissance des dépenses, ce qui nous a permis de dépasser les objectifs de réduction du déficit pendant quatre années de suite, ce qu’aucun autre gouvernement au Canada n’est parvenu à accomplir.

Monsieur le Président, l’Ontario a les dépenses de programmes par habitant les plus basses au Canada.

Au cours des deux dernières années, nous avons contenu la croissance globale des dépenses de programmes à moins de 1 pour 100 tout en améliorant les services publics.

Et l’année dernière, les dépenses totales du gouvernement ont diminué pour la première fois depuis plus d’une décennie.

Nous continuerons à surveiller nos dépenses de façon responsable tout en nous assurant de mettre l’accent sur nos priorités.

Certains réclament encore aujourd’hui des compressions généralisées irresponsables qui menaceraient les écoles, les hôpitaux et l’économie de notre province, comme cela s’est produit par le passé.

Des infirmières et des infirmiers ont été congédiés à la suite de la fermeture d’hôpitaux.

Des enseignantes et des enseignants ont été congédiés, et nos enfants ont perdu un temps de classe précieux.

Il y a aussi ceux qui recyclent les mêmes idées d’il y a cinquante ans pour augmenter les impôts de façon irresponsable.

Ces approches extrêmes auraient pour effet de ralentir la croissance économique et de miner la capacité de l’Ontario d’équilibrer son budget.

Monsieur le Président, la voie que nous proposons est plus adéquate et plus équitable.

Nous protégeons les familles ontariennes tout en adoptant une approche équilibrée pour éliminer le déficit. Parallèlement, nous faisons des investissements pour aider les entreprises à se développer.

Nous continuerons à donner suite aux recommandations de la Commission de réforme des services publics de l’Ontario qui font avancer les priorités de l’Ontario tout en nous employant à réduire le rapport dette nette-PIB pour le ramener à son niveau d’avant la récession, soit 27 pour 100.

La nécessité d’un partenariat solide avec le gouvernement fédéral

Pour bâtir une société prospère et équitable, il faut que les gouvernements travaillent de façon concertée.

Malheureusement, le gouvernement fédéral a apporté aux programmes et au financement des changements qui nuisent aux Canadiennes et aux Canadiens et ont entre autres pour effet d’entraver notre compétitivité. Par exemple :

  • Pour mettre en oeuvre la Subvention canadienne pour l’emploi, un programme uniformisé conçu par Ottawa, l’Ontario devrait soustraire environ 232 millions de dollars par année des programmes de formation professionnelle qui ont fait leurs preuves.
  • Le gouvernement fédéral doit prendre un engagement durable envers les projets d’infrastructure qui stimulent la croissance économique.
  • Il doit aussi s’engager envers le développement du Cercle de feu de la même façon qu’il l’a fait envers d’autres priorités économiques régionales ailleurs au pays.

En définitive, nous avons besoin d’un partenaire fédéral solide pour aider les familles et les entreprises de l’Ontario.

Investir dans les gens

Monsieur le Président, le Régime de pensions du Canada est la base du système de revenu de retraite au pays.

Si ce régime a bien servi des générations d’Ontariennes et d’Ontariens, nous devons y apporter des améliorations maintenant, surtout au bénéfice de la classe moyenne.

Jusqu’ici, le gouvernement fédéral a résisté aux demandes faites en vue de bonifier le régime.

Cette inaction a de lourdes conséquences pour nous tous.

La population de l’Ontario, tout comme celle du Canada au demeurant, mérite que l’on fasse preuve de leadership sur cette question.

C’est la raison pour laquelle la première ministre Kathleen Wynne joue un rôle de premier plan en vue de conclure une entente pancanadienne pour bonifier le RPC.

Si aucune entente ne peut être conclue, nous entreprendrons des démarches pour trouver une solution propre à l’Ontario pour les gens de la province qui auront besoin d’un soutien accru par rapport à celui actuellement offert par le Régime de pensions du Canada.

Soutenir les familles de l’Ontario

Monsieur le Président, des services publics solides sont essentiels au succès de notre économie.

J’ai eu la chance de fréquenter les écoles publiques de l’Ontario. J’ai obtenu mes diplômes d’universités ontariennes financées par les deniers publics. J’ai travaillé dans le secteur florissant des services financiers de l’Ontario. Mes enfants sont nés dans des hôpitaux publics de la province. Le plus remarquable dans tout cela c’est que bon nombre des personnes présentes ici aujourd’hui et de nos concitoyens aux quatre coins de la province ont vécu la même expérience.

J’ai eu beaucoup de chance que mon père ait choisi le Canada. Je suis reconnaissant à l’Ontario de l’avoir accepté.

Monsieur le Président, nous avons à coeur les intérêts des Ontariennes et des Ontariens, plus particulièrement des jeunes.

Nous continuerons à mettre en oeuvre le programme de maternelle et de jardin d’enfants à temps plein et, l’année prochaine, plus de 250 000 enfants profiteront du meilleur départ qui soit dans la vie grâce à ce programme. 

Certains détracteurs demandent l’annulation de ce programme.

Monsieur le Président, pour notre gouvernement, ce n’est pas une option.

Notre plan continue à soutenir nos enfants jusque pendant leurs études postsecondaires afin de leur ouvrir la voie à des carrières satisfaisantes.

Notre Programme de réduction de 30 % des frais de scolarité de l’Ontario aide plus de 200 000 jeunes chaque année à poursuivre des études qui leur permettront d’obtenir les emplois de leur choix.

La Stratégie d’aide à l’emploi pour les jeunes aidera 30 000 jeunes de plus à trouver du travail et à entreprendre une carrière.

L’économie de l’Ontario est renforcée lorsque tous les citoyens ont la possibilité de réaliser leur plein potentiel. Notre gouvernement continuera d’être équitable et d’aider les gens qui bénéficient de l’aide sociale en éliminant les obstacles à leur participation au marché du travail.

Nous aidons aussi les personnes âgées en mettant en oeuvre une nouvelle subvention qui leur permettra de participer plus activement aux activités communautaires.

Réduire les coûts

Monsieur le Président, les nécessités de la vie moderne coûtent de plus en plus cher. Nous ne ménageons donc pas nos efforts pour en réduire les coûts et pour protéger les consommateurs ontariens.

Nous continuerons à faire avancer notre stratégie de réduction des taux d’assurance-automobile.  Nos mesures auront pour effet de réduire les taux de l’assurance-automobile en Ontario de 15 pour 100 en moyenne sur deux ans.

Et pour réduire davantage les coûts pour les conducteurs de l’Ontario, nous réduirons les frais du programme Air Pur.

Le téléphone cellulaire est devenu un appareil de première utilité et nous allons également mettre de l’avant des mesures visant à protéger les consommateurs et à réduire les coûts des contrats de service.

Investir dans une infrastructure moderne

Monsieur le Président, nous savons qu’une infrastructure moderne contribue à stimuler la prospérité et la croissance économique.

Avant 2003, le gouvernement d’alors a fait le choix de ne pas faire les investissements nécessaires dans l’infrastructure, au détriment des familles et des entreprises ontariennes.

Avant 2003, les écoles et les hôpitaux tombaient en ruine.

Nous les avons reconstruits et nous en avons ouvert de nouveaux.

En fait, plus de 100 projets hospitaliers sont en cours de réalisation en Ontario, notamment à Thunder Bay, à London et à Cornwall.

Plus de 610 nouvelles écoles ont déjà ouvert leurs portes ou sont en voie de planification ou de construction à l’échelle de la province.

Avant 2003, nous n’étions pas toujours assurés d’avoir de la lumière. Depuis, nous avons modernisé et élargi le réseau de transport et l’approvisionnement en électricité.

De sorte que lorsqu’on appuie sur l’interrupteur, la lumière s’allume et reste allumée.

Monsieur le Président, les investissements faits dans les transports en commun, les routes, les ponts, les écoles et les hôpitaux améliorent la compétitivité de la province et rehaussent notre qualité de vie.

Ces investissements aident les entreprises à acheminer plus facilement leurs produits sur les marchés. Ils aident tous les membres de la famille à se rendre au travail ou à l’école et à revenir à la maison de manière plus sûre et plus rapide.

Dans la région du grand Toronto et de Hamilton seulement, la congestion routière coûte 6 milliards de dollars à notre économie chaque année.

L’investissement dans les transports en commun est une priorité économique qui ne peut qu’améliorer la compétitivité de la province.

Nous lancerons deux nouvelles initiatives pour financer de tels projets.

Nous entendons créer un nouveau fonds, qui sera réservé à ces importants projets d’infrastructure – le Fonds Trillium.

Les gains provenant de la vente d’actifs, par exemple la vente des actions de GM, contribueraient au financement de ce fonds.

L’Ontario serait aussi la première province canadienne à vendre des obligations vertes.

Les produits de ces obligations aideraient à financer le transport en commun et d’autres projets respectueux de l’environnement aux quatre coins de la province.

Monsieur le Président, le temps est bien choisi pour investir 35 milliards de dollars au cours des trois prochaines années dans d’importants projets d’infrastructure dans toute la province.

Ces investissements permettront également de soutenir et de maintenir plus de 100 000 emplois chaque année.

Puisque toutes les régions devraient en profiter, nous avons également établi un fonds pour aider les petites municipalités rurales et du Nord à entreprendre d’importants travaux d’amélioration des routes et des ponts locaux.

Pour stimuler l’économie dans le Nord de l’Ontario, notre gouvernement continue de jouer un rôle de premier plan dans le développement du Cercle de feu en partenariat avec les secteurs industriels concernés et les Premières Nations.

Construire dans les délais et les limites budgétaires prévus

Monsieur le Président, l’Ontario a établi des normes pour que les projets d’infrastructure soient achevés dans les délais et les limites budgétaires prévus grâce au modèle de diversification des modes de financement et de l’approvisionnement (DMFA).

Notre modèle de DMFA amélioré permettra à un plus grand nombre de sociétés ontariennes de participer à la réalisation d’un plus grand nombre de projets, comme le projet de transport en commun rapide d’Eglinton Crosstown, l’Hôpital Joseph Brant de Burlington, l’Hôpital Memorial de Cambridge et l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

En tant que chef de file de calibre international, Infrastructure Ontario entend collaborer avec les bureaux ontariens de commerce international partout dans le monde pour promouvoir l’expertise des compagnies de construction, des ingénieurs, des architectes et du secteur des services financiers de l’Ontario.

Un climat d’affaires dynamique et propice à l’innovation

Monsieur le Président, malgré l’incertitude qui règne dans l’économie mondiale, les fondamentaux de l’Ontario sont solides.

Nous avons créé un climat d’affaires stable et concurrentiel en réduisant les impôts pour les nouveaux investissements, et notamment en éliminant l’impôt sur le capital et en réduisant le taux d’imposition du revenu des sociétés.

Nous avons également proposé des mesures législatives pour alléger l’impôt-santé des employeurs pour 60 000 petites entreprises.

Les modifications proposées élimineraient cet impôt pour près de 90 pour 100 des entreprises ontariennes, mais certains tentent quand même de retarder l’adoption de ce projet de loi. Ce sont les petites entreprises qui en souffrent.

Monsieur le Président, les mesures que nous avons prises pour réduire les coûts ont donné aux entreprises plus de possibilités d’investir en Ontario.

Des études récentes indiquent cependant que de nombreuses sociétés ne mettent pas encore à profit ces nouvelles possibilités d’innover et d’améliorer leur productivité.

Nous aiderons les entreprises à être encore plus compétitives, en les encourageant à investir dans le renouvellement des machines et du matériel.

Les mesures envisagées pour promouvoir l’investissement de capitaux comprennent la restructuration des crédits d’impôt pour la recherche-développement afin d’encourager l’accroissement des dépenses dans ce domaine, ainsi qu’un nouvel incitatif pour les investissements faits dans des activités de formation ou du nouveau matériel.

D’autres régions du monde ont adopté avec succès des mesures de ce genre et nous évaluerons désormais nos progrès à la lumière de leurs résultats.

Monsieur le Président, notre gouvernement recherchera les idées et les pratiques exemplaires et les mettra en valeur pour attirer plus d’investissements en Ontario.

Notre gouvernement continue de travailler de concert avec les entreprises, les syndicats, les milieux universitaires, les collectivités et le secteur à but non lucratif pour créer des emplois. Nous élaborons également des stratégies sectorielles pour les principales industries de l’Ontario.

Nous prendrons des mesures ciblées pour obtenir de nouveaux investissements de sociétés internationales spécialisées dans les technologies de l’information et des communications et dans la recherche-développement.

Pour encourager l’entrepreneuriat, nous continuerons à investir dans des organisations comme Communitech, un carrefour d’innovation de Waterloo, pour aider un plus grand nombre de sociétés de technologie ontariennes à se tailler une place sur les marchés internationaux.

Notre gouvernement aide également les collectivités par l’entremise de ses fonds régionaux de développement économique afin de créer des emplois. De nouveaux investissements ont déjà été faits, notamment à North Bay, à Kingston et à Windsor.

Les emplois de l’avenir

Monsieur le Président, dans le cadre de notre plan visant à stimuler notre économie, nous sommes déterminés à créer les industries de demain.

Le Collège Centennial s’associera à Bombardier, le chef de file de la fabrication en aérospatiale au Canada. 

Le Collège Niagara élargira son programme actuel de fabrication de pointe.

Récemment, le Nord de l’Ontario a inauguré sa première faculté de droit à l’Université Lakehead, à Thunder Bay, et une école d’architecture à l’Université Laurentienne, à Sudbury.

L’Ontario possède une industrie agroalimentaire innovante qui procure plus de 740 000 emplois à l’échelle de la province. Pour en stimuler la croissance, nous avons récemment déposé un projet de loi, la Loi de 2013 sur les aliments locaux, qui soutiendrait les bons produits cultivés, récoltés et préparés en Ontario.

Toutes ces initiatives contribuent à créer, dès à présent, les emplois de l’avenir.

Conclusion

Monsieur le Président, la province est plus forte lorsque nous travaillons unis dans un Ontario solidaire.

Nous devons continuer à investir dans nos écoles et nos hôpitaux. Nous n’allons pas simplement comprimer aveuglément les dépenses, comme certains le suggèrent. De telles mesures ne pourraient que nuire aux familles ontariennes et faire reculer notre économie.

Nous ne pouvons pas nous frayer un chemin vers la prospérité en sabrant dans les dépenses, pas plus que nous pouvons arriver à la croissance à coup d’impôts.

Au lieu de cela, nous allons faire preuve de leadership.

Nous travaillerons tous ensemble unis dans un Ontario solidaire – les employeurs et les employés, les régions rurales et les centres urbains, le Nord et le Sud.

Monsieur le Président, nous prendrons des mesures pratiques et constructives pour stimuler l’économie.

Nous investirons dans notre population, nous édifierons une infrastructure moderne et nous favoriserons un climat d’affaires dynamique et propice à l’innovation pour créer des emplois en Ontario.

Monsieur le Président, tel est notre plan pour l’emploi et la croissance.

Pour un Ontario plus fort, un Ontario solidaire.

Merci, Monsieur le Président.