Budget de l’Ontario 2010 : Chapitre II : Perspectives économiques et plan financier de l’Ontario
Section C : Perspectives économiques de l’Ontario

Aperçu

Les familles et les entreprises ontariennes subissent toujours les contrecoups de la crise financière et économique à l’échelle mondiale. Malgré la création de 91 700 emplois depuis mai dernier, l’Ontario accuse toujours 158 000 emplois en moins par rapport aux niveaux enregistrés avant la récession. Pendant les cinq années qui ont précédé la récession mondiale, près de 490 000 emplois nets ont été créés dans la province. La conjoncture économique mondiale reste cependant fragile, et cette vulnérabilité même menace la reprise économique en Ontario.

Graphique 2 : Graphique linéaire : Niveaux d’emploi en Ontario avant et après la récession

Le ministère des Finances prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 2,7 % en 2010, 3,2 % en 2011, 3,2 % en 2012 et 3,0 % en 2013. Ses projections sont légèrement inférieures ou égales à la moyenne des prévisions du secteur privé à l’égard de chaque année1. La croissance devrait se renforcer par suite de l’augmentation de la demande d’exportations ontariennes à l’échelle mondiale, des initiatives importantes que les pouvoirs publics ont mises de l’avant pour créer des emplois et relancer l’économie (voir le chapitre I, Plan de l’Ontario pour la prospérité) et des politiques gouvernementales destinées à promouvoir la compétitivité et la croissance à long terme (voir le chapitre III, Un régime fiscal et des régimes de retraite pour assurer l’avenir de l’Ontario).

Tableau 5
Perspectives économiques de l’Ontario
(en pourcentage)
  2007 2008 2009 2010p 2011p 2012p 2013p
Croissance du PIB réel 2,3 (0,5) (3,4e) 2,7 3,2 3,2 3,0
Croissance du PIB nominal 4,5 0,4 (3,5e) 4,4 5,0 5,3 5,0
Croissance de l’emploi 1,6 1,4 (2,4) 1,1 2,1 2,3 2,0
Inflation de l’IPC 1,8 2,3 0,4 1,9 2,1 2,0 2,0
  • e = estimation; p = projection de planification du ministère des Finances.
  • Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Par suite de la diminution marquée du PIB attribuable à la récession qui a sévi à travers le monde, le taux du PIB réel de l’Ontario devrait rester inférieur au niveau affiché avant la récession jusqu’au premier trimestre de 2011. Étant donné que la croissance de l’emploi a tendance à accuser un certain retard par rapport à la croissance du PIB réel, on s’attend à ce que la province ait besoin d’un peu plus de temps pour retourner au niveau d’emploi atteint avant la récession mondiale.

Graphique 3 : Graphique linéaire : Croissance du PIB réel plus rapide que celle de l’emploi

Signes de reprise économique en Ontario

Il existe des signes manifestes que l’économie de la province s’est stabilisée et que la reprise s’est amorcée. Tous les principaux indicateurs de l’Ontario se sont améliorés par rapport aux creux enregistrés durant la récession.

Tableau 6
Reprise économique après la récession
  Niveaux antérieurs à la récession Récession mondiale Reprise jusqu’à présent
Emplois (en milliers) 6 722,8 (249,7) +91,7
PIB réel (en milliards de dollars, 2002) 534,9 (25,1) +10,3
Exportations de marchandises
(en milliards de dollars)
14,3 (4,9) +1,7
Ventes de produits manufacturés
(en milliards de dollars)
24,4 (7,4) +2,7
Ventes au détail (en milliards de dollars) 12,8 (1,2) +1,0
  • Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Le PIB réel de l’Ontario a diminué pendant quatre trimestres consécutifs. Il a perdu 4,7 % de sa valeur entre le deuxième trimestre de 2008 et le deuxième trimestre de 2009. Depuis le creux de la vague, le PIB réel de la province a augmenté pendant deux trimestres consécutifs (+0,5 % pendant le troisième trimestre de 2009 et +1,6 % pendant le dernier trimestre). Malgré cette amélioration, le niveau du PIB réel est toujours inférieur de 2,8 % au niveau constaté avant la récession.

De septembre 2008 à mai 2009, 249 700 emplois se sont évanouis en Ontario. Depuis mai 2009, à mesure que l’économie de la province se stabilisait, le taux d’emploi a augmenté de 1,4 % (+91 700 emplois nets). L’Ontario a ainsi récupéré plus du tiers des emplois perdus durant la récession. Au cours des neuf derniers mois, la croissance de l’emploi a été plus forte en Ontario que dans la plupart des autres provinces. Elle a été considérablement supérieure à celle enregistrée aux États-Unis, dans leur ensemble, et à celle de chaque État américain.

Graphique 4 : Graphique à barres : Croissance de l’emploi depuis mai 2009

Le commerce de détail a enregistré les meilleurs résultats et recouvré près de 80 % des pertes subies pendant la récession. Une bonne partie de ces pertes ont été attribuables à la baisse marquée des ventes de voitures, qui ont chuté de 22,1 % durant la récession.

Graphique 5 : Graphique linéaire : Ventes au détail en Ontario

Les activités du secteur manufacturier de l’Ontario ont considérablement diminué durant la récession. Les ventes de produits manufacturés ont commencé à reprendre du terrain, mais elles restent inférieures de 18,9 % aux niveaux constatés avant la récession. Le taux de production de voitures est reparti à la hausse et a atteint 476 000 unités pendant le quatrième trimestre de 2009. Toutefois, il est toujours inférieur de près de 19 % aux niveaux atteints avant la récession. Quant à elles, les exportations de marchandises ontariennes vers l’étranger ont rebondi, mais elles restent inférieures de 22,3 % aux niveaux enregistrés avant la récession en juillet 2008.

Graphique 6 : Graphique linéaire : Ventes de produits manufacturés de l Ontario et exportations de marchandises ontariennes vers l étranger

Les ventes de logements ont chuté de 28,4 % pendant la récession. Cependant, au cours de la dernière année, elles se sont entièrement rétablies. Les prix des logements en Ontario ont diminué de 5,8 % durant la récession, mais ils ont augmenté depuis et atteint de nouveaux sommets.

Graphique 7 : Graphique linéaire : Ventes de logements en Ontario

Incidences considérables de la récession mondiale sur l’Ontario

Le PIB réel de l’Ontario a diminué beaucoup plus en 2009 que celui du Canada ou des États-Unis, mais cette diminution a été moins marquée que dans bon nombre de pays du G-7 (Allemagne, Italie, Japon et Royaume-Uni). En 2009, l’Ontario, dont le PIB représentait environ 40 % du PIB du Canada, a enregistré 51 % de la diminution de la production au Canada. L’ampleur de ces changements témoigne de l’importance du secteur de l’automobile, qui générait 2,6 % du PIB de l’Ontario en 2009. Ce secteur d’activité ne représentait que 0,2 % du PIB dans le reste du Canada. Le soutien que le gouvernement a accordé au secteur de l’automobile l’année dernière a permis de conserver au moins 85 000 emplois en Ontario. En 2008, l’industrie automobile appuyait directement et indirectement quelque 400 000 emplois en Ontario. La production du secteur de l’automobile en Ontario a chuté de 28,7 % en 2009.

Le taux de diminution du PIB réel de l’Ontario en 2009 n’a pas été aussi prononcé qu’au Michigan (-5,1 %), mais il a été similaire à celui d’autres États des Grands Lacs (-3,4 % en Ohio et -3,2 % en Indiana). L’affaiblissement du PIB réel a été beaucoup plus important en Ontario que dans toute autre province, sauf à Terre-Neuve-et-Labrador.

Graphique 8 : Graphique à barres : Baisse du PIB réel en 2009 — Comparaisons

Le taux d’emploi en Ontario a diminué de façon plus considérable en 2009 que dans les pays du G-7, à l’exception des États-Unis (-4,3 %). Cette situation illustre l’importance que revêt le secteur de l’automobile en Ontario et les contrecoups de la récession mondiale sur ce secteur d’activités industrielles. Certains États américains ont affiché des pertes d’emplois particulièrement importantes en 2009 : Michigan (-7,4 %), Californie (-4,6 %), Illinois (-4,9 %), Ohio (-4,2 %). L’emploi en Ontario a affiché une croissance modeste depuis mai 2009, alors que le taux d’emploi aux États-Unis a continué de diminuer.

Graphique 9 : Graphique à barres : Incidences de la récession sur l’emploi en 2009

Répercussions des défis que pose la conjoncture économique mondiale pour les perspectives de l’Ontario

Les perspectives économiques de l’Ontario sont grandement influencées par les conditions économiques et financières mondiales, notamment la demande américaine, les prix du pétrole, le taux de change du dollar canadien et les taux d’intérêt. Le tableau qui suit résume les prévisions du secteur privé à cet égard.

Tableau 7
Variables externes
Prévisions moyennes du secteur privé
  2010 2011 2012 2013
Croissance du PIB réel des États-Unis (en pourcentage) 3,1 3,0 3,4 3,2
Pétrole brut (en $US le baril) 79,1 85,6 92,3 101,3
Dollar canadien (en cents américains) 96,1 97,5 97,0 96,4
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 0,6 2,2 3,5 4,3
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 3,7 4,2 4,8 5,1
  • * Taux d’intérêt du gouvernement du Canada
  • Sources : Blue Chip Economic Indicators (mars 2010) et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (12 mars 2010).

Croissance de l’économie américaine

Les États-Unis, qui commencent à se remettre de l’une des pires récessions de leur histoire, représentent le marché extérieur le plus important de l’Ontario, achetant environ 80 % des exportations internationales de la province. Les entreprises américaines accroissent leurs investissements et les dépenses des consommateurs sont à la hausse. Même si les investissements dans le secteur résidentiel ont augmenté durant la deuxième moitié de 2009, les derniers indicateurs donnent à penser qu’ils restent faibles. La baisse des investissements dans ce secteur aux États-Unis continuerait d’avoir des incidences négatives sur l’industrie forestière en Ontario.

Le PIB réel des États-Unis devrait croître de 3,1 % en 2010, de 3,0 % en 2011 et de 3,3 % par année, en moyenne, en 2012 et en 2013. Dernièrement, le Canada et les États-Unis ont conclu une entente aux termes de laquelle les États-Unis ont renoncé aux dispositions « Buy American » de la American Recovery and Reinvestment Act of 2009.

Cette entente permettra aux entreprises ontariennes de participer aux projets d’infrastructure américains et d’avoir accès à divers marchés de travaux publics des collectivités et des États américains, dont la valeur approximative s’élève à près de 65 milliards de dollars américains.

Les ventes d’automobiles aux États-Unis devraient augmenter et atteindre 11,7 millions d’unités en 2010 (+12,5 %). Elles devraient continuer de progresser et se chiffrer à 13,2 millions d’unités en 2011 et à 14,7 millions d’unités, en moyenne, en 2012 et en 2013. Même si on s’attend à ce que les ventes de voitures aux États-Unis prennent un nouvel essor, elles demeureront bien en deçà du sommet atteint en 2007 (16,1 millions d’unités). La faible croissance du crédit à la consommation et du crédit aux entreprises qui perdure aux États-Unis, l’appréciation du dollar canadien et la fin des initiatives gouvernementales visant à stimuler l’économie vont probablement nuire à la demande américaine de produits ontariens. En outre, le niveau de l’emploi aux États-Unis baisse toujours et le taux de chômage reste élevé (autour de 10 %), le plus haut taux depuis 1983. En conséquence, la reprise américaine devrait être plus faible que pendant les périodes ayant suivi les récessions antérieures.

Graphique 10 : Graphique à barres : Croissance du PIB réel aux États-Unis

Hausse des prix du pétrole

Une croissance plus soutenue à l’échelle du monde accroît le prix des produits de base. Le prix du pétrole est passé de moins de 34 $US le baril en février 2009 à plus de 83 $US en janvier 2010. Dernièrement, le prix du pétrole oscillait autour de 80 $US le baril. Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent, en moyenne, à ce que les prix du pétrole passent de 79 $US le baril en 2010 à 101 $US le baril en 2013. Les points de vue sur les prix du pétrole sont très diversifiés, ce qui témoigne de l’incertitude qui règne concernant l’offre et la demande. Pour des fins de planification, les prévisions du ministère des Finances se fondent sur les contrats à terme à l’égard des prix du pétrole en date du 10 mars 2010. Les prix du pétrole devraient passer de 82 $US le baril en 2010 à environ 86 $US le baril en 2011 pour atteindre 87 $US le baril, en moyenne, en 2012 et 2013.

Vigueur du dollar canadien

Le dollar canadien s’est apprécié considérablement au milieu de 2009, passant de moins de 77 cents américains en mars à plus de 97 cents américains en octobre. Cette appréciation résultait de la hausse du prix des produits de base, de la stabilisation des économies du monde entier et de la dépréciation généralisée du dollar américain. Récemment, la valeur du dollar canadien oscillait autour de 97 cents américains. Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux de change reste élevé à moyen terme.

Graphique 11 : Graphique linéaire : Dollar canadien

Hausse des taux d’intérêt

Les résultats de l’enquête auprès des responsables du crédit de la Banque du Canada indiquent que les conditions du crédit aux entreprises se sont stabilisées pour ensuite s’améliorer légèrement. Il s’agit là de la première amélioration depuis le début de la crise du crédit au milieu de 2007. En effet, le crédit aux entreprises, et en tout premier lieu le financement axé sur les marchés, a recommencé à progresser. Le crédit aux ménages a connu une expansion rapide par suite de la baisse des taux d’intérêt et de la reprise de l’activité sur le marché du logement.

Les taux d’intérêt des prêts aux entreprises et aux consommateurs sont remarquablement bas. Dans certains cas, ils n’ont jamais été aussi bas. La Banque du Canada s’est engagée à ne pas modifier la fourchette de son taux de financement à un jour jusqu’au milieu de l’année. La plupart des prévisionnistes s’attendent à ce que la Banque hausse ses taux d’intérêt plus tard cette année. Au cours des prochaines années, les taux d’intérêt devraient recommencer à grimper pour se rapprocher des taux plus normaux en vigueur avant la crise. Il se pourrait que les taux d’intérêt s’élèvent plus rapidement et atteignent des valeurs supérieures aux valeurs prévues. Les taux d’intérêt influent sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ainsi que sur les frais d’intérêt sur la dette de la province (voir le chapitre IV, Emprunts et gestion de la dette).

Graphique 12 : Graphique linéaire : Taux d’intérêt

Incidences sur l’Ontario des modifications aux facteurs internationaux

Le tableau 8 présente les conséquences de variations de chacun des principaux facteurs externes sur la croissance de l’Ontario en présumant que les autres facteurs externes ne changent pas. La grande fourchette illustre à quel point il est difficile de prédire le rendement économique, d’où une certaine incertitude et des risques pour les perspectives économiques ontariennes.

Tableau 8
Répercussions de modifications durables aux principales hypothèses sur la croissance du PIB réel de l’Ontario
(augmentation en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Dépréciation du dollar canadien de 0,05 $US 0,1 à 0,8 0,5 à 1,2
Diminution du prix mondial du pétrole brut de 10 $US le baril 0,1 à 0,3 0,1 à 0,3
Augmentation de la croissance du PIB réel des É.-U. de un point de pourcentage 0,3 à 0,7 0,4 à 0,8
Diminution des taux d’intérêt canadiens de un point de pourcentage 0,1 à 0,5 0,2 à 0,6
  • Source : ministère des Finances de l’Ontario.

Perspectives de reprise économique en Ontario

Les exportations de l’Ontario sont en hausse par suite de la reprise économique aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Le redémarrage général des ventes d’automobiles s’est traduit par un revirement brusque des exportations ontariennes de voitures. La demande accrue de produits de base, de produits industriels et de machines et matériel, notamment de la part des pays émergents en Asie, favorisera les échanges commerciaux de l’Ontario avec les autres pays. De plus, la croissance de l’économie d’autres provinces stimulera les exportations interprovinciales. Néanmoins, même si les conditions économiques s’améliorent, le volume des exportations ne devrait dépasser le sommet atteint antérieurement qu’à partir du milieu de la décennie. Les exportations réelles devraient augmenter de 5,0 % en 2010 et de 4,5 % par année, en moyenne, de 2011 à 2013 par suite de l’amélioration de la conjoncture économique à l’échelle du monde.

Graphique 13 : Graphique linéaire : Croissance des exportations de biens et de services

La situation des entreprises, qui s’est beaucoup aggravée l’année dernière, devrait s’améliorer et favoriser une augmentation vigoureuse des bénéfices des sociétés, lesquels devraient croître de 13,6 % par année, en moyenne, de 2010 à 2013. Cette hausse des bénéfices, conjuguée à l’augmentation de la demande à l’échelle internationale et à l’accroissement de la compétitivité fiscale par suite de l’adoption du plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, devrait favoriser les investissements des entreprises dans les années à venir. Par exemple, on s’attend à ce que les investissements dans les machines et le matériel augmentent de 6,9 % par année, en moyenne, de 2010 à 2013. Quant à eux, les investissements dans la construction non domiciliaire devraient croître de 5,5 % par année, en moyenne, de 2010 à 2013.

Les dépenses importantes engagées par le secteur public dans les immobilisations continuent de soutenir la relance économique en Ontario. L’accroissement des dépenses en 2009 a été vigoureux (+14,0 %). Les dépenses en immobilisations de tous les ordres de gouvernement en Ontario devraient progresser de 16,4 % en 2010. Ce niveau de dépenses est le deuxième en importance à l’échelle de toutes les provinces et il est de loin supérieur à la moyenne nationale (9,9 %). Pour un complément d’information sur les investissements du gouvernement de l’Ontario dans l’infrastructure, y compris les investissements records en 2009-2010 et les investissements encore plus importants en 2010-2011, consulter le chapitre I, Plan de l’Ontario pour la prospérité.

Graphique 14 : Graphique à barres : Relance grâce aux investissements considérables du gouvernement en 2010

Le marché du logement devrait être vigoureux en 2010. On s’attend à ce que le niveau des reventes de logements croisse de 5 % en 2010 pour baisser de 10 % en 2011 par suite de l’augmentation des taux hypothécaires moyens. Il devrait augmenter à nouveau de 4 % en moyenne par année en 2012 et en 2013. En conséquence, l’appréciation du prix des logements devrait être modérée dans les années à venir et tourner autour de 2,4 % par année, en moyenne, de 2010 à 2013. La demande de nouveaux logements attribuable à la hausse démographique favorisera la reprise graduelle des mises en chantier, qui devraient passer de 58 000 unités en 2010 à 72 000 unités en 2013.

Graphique 15 : Graphique linéaire : Création prévue de plus d’un demi-million d’emplois

Le niveau de l’emploi devrait augmenter de 1,1 % en 2010. Cet accroissement devrait osciller autour de 2,1 % en moyenne, par année, de 2011 à 2013. En 2013, il devrait y avoir 504 000 emplois de plus qu’en 2009. Le taux de chômage devrait se stabiliser à 9,1 % en 2010, le taux de création d’emplois croissant au même rythme que le nombre de demandeurs d’emploi. Les prévisions du gouvernement à l’égard de la situation de l’emploi en Ontario sont compatibles avec celles du secteur privé. Elles intègrent les avantages du plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance et d’autres initiatives gouvernementales visant à appuyer les emplois et l’économie. À moyen terme, le taux de chômage en Ontario devrait diminuer pour s’établir à 6,8 % en 2013.

Le revenu du travail devrait être en hausse de 2,7 % en 2010 et de 5,1 % par année, en moyenne, de 2011 à 2013 par suite de l’amélioration soutenue de la situation de l’emploi. L’activité vigoureuse du secteur du logement et la hausse des revenus stimuleront la croissance ferme des dépenses des ménages. Les dépenses réelles de consommation devraient croître de 2,2 % en 2010 et s’accélérer par la suite pour atteindre 2,7 % par année, en moyenne, de 2011 à 2013.

Les prévisionnistes du secteur privé croient que le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Ontario s’établira à 1,9 % en 2010 et à 2,1 % en 2011. Ce taux devrait ensuite osciller autour de 2,0 % en moyenne en 2012 et en 2013, le point médian de la fourchette de la Banque du Canada, qui va de 1 à 3 %.

Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau qui suit renferme des précisions sur les perspectives économiques du ministère des Finances, de 2010 à 2013.

Tableau 9
Économie de l’Ontario, de 2008 à 2013
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projections
  2008 2009 2010 2011 2012 2013
Produit intérieur brut réel (0,5) (3,4e) 2,7 3,2 3,2 3,0
Consommation personnelle 2,6 0,3e 2,2 2,5 3,0 2,7
Construction résidentielle (2,3) (8,0e) 4,0 3,3 4,0 2,2
Construction non résidentielle (6,3) (10,7e) 1,3 6,2 7,1 7,4
Machines et matériel 1,3 (16,7e) 4,7 8,1 7,9 7,1
Exportations (6,3) (14,5e) 5,0 4,4 4,5 4,5
Importations (2,8) (14,4e) 6,7 4,4 3,7 3,8
Produit intérieur brut nominal 0,4 (3,5e) 4,4 5,0 5,3 5,0
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail 3,5 (2,5) 3,9 4,6 4,7 4,6
Mises en chantier de logements (en milliers) 75,1 50,4 58,0 60,0 70,0 72,0
Revenu des particuliers 3,8 (0,4e) 3,3 4,3 4,8 5,0
Revenu du travail 4,2 (0,9e) 2,7 4,6 5,2 5,4
Bénéfices des sociétés (14,5) (38,8e) 31,0 10,5 9,0 5,5
Indice des prix à la consommation 2,3 0,4 1,9 2,1 2,0 2,0
Marché du travail            
Emploi 1,4 (2,4) 1,1 2,1 2,3 2,0
Création d’emplois (en milliers) 94 (161) 73 139 155 138
Taux de chômage (en pourcentage) 6,5 9,0 9,1 8,5 7,6 6,8
Facteurs externes importants            
Pétrole brut (en $US le baril) 99,6 61,8 82,1 85,7 86,9 87,9
Produit intérieur brut réel américain 0,4 (2,4) 3,1 3,0 3,4 3,2
Dollar canadien (en cents américains) 93,7 87,6 96,0 97,5 98,0 98,0
Taux des bons du Trésor de trois mois* 2,3 0,3 0,6 2,2 3,5 4,3
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* 3,6 3,3 3,7 4,2 4,8 5,1
  • e = estimation.
  • * Taux d’intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
  • Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators et ministère des Finances de l’Ontario.

Prévisions du secteur privé

Le ministère des Finances interroge des prévisionnistes du secteur privé pour déterminer les hypothèses qu’il convient d’utiliser pour la planification. Selon ces prévisionnistes, le PIB réel de l’Ontario devrait augmenter, en moyenne, de 3,0 % en 2010, de 3,2 % en 2011, de 3,2 % en 2012 et de 3,0 % en 2013. Toutefois, les opinions varient grandement parmi les prévisionnistes. Le Conference Board du Canada est le plus optimiste, prévoyant une croissance de 3,5 % en 2010 et de 3,6 % en moyenne de 2011 à 2013, tandis que IHS Global Insight est le plus pessimiste, prévoyant une croissance de 2,3 % seulement en 2010 et de 3,3 % en moyenne de 2011 à 2013.

Tableau 10
Prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB réel de l’Ontario
(en pourcentage)
  2010 2011 2012 2013
BMO Marchés des capitaux (mars) 2,8 3,0
Centre for Spatial Economics (janvier) 2,9 3,6 3,2 3,2
Marchés mondiaux CIBC (mars) 2,8 2,7
Conference Board of Canada (janvier) 3,5 3,7 3,9 3,1
Groupe Desjardins (février) 2,6 2,8 2,0 2,5
IHS Global Insight (janvier) 2,3 3,2 3,4 3,3
RBC Groupe financier (mars) 3,3 4,1
Groupe Banque Scotia (mars) 3,2 2,5
Groupe financier Banque TD (mars) 3,2 3,0
Université de Toronto (janvier) 3,1 3,4 3,3 2,9
Moyenne selon l’enquête sur les prévisions du secteur privé 3,0 3,2 3,2 3,0
Hypothèse de planification de l’Ontario 2,7 3,2 3,2 3,0
  • Sources : ministère des Finances de l’Ontario et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (12 mars 2010).

Pour faire en sorte que les projections économiques soient raisonnables et responsables, le ministère des Finances consulte beaucoup les prévisionnistes du secteur privé. Le Conseil ontarien des prévisions économiques a été créé dans le cadre de la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières. Il a pour mission de fournir des conseils sur les hypothèses et projections macroéconomiques. Le ministre des Finances a rencontré les membres du Conseil et d’autres prévisionnistes du secteur privé dans le cadre du processus de préparation du budget de 2010. On a demandé aux membres du Conseil de passer en revue les hypothèses économiques du ministère des Finances en février 2010. Tous les membres du Conseil ont fourni une lettre indiquant que les prévisions étaient raisonnables. À la suite de cet examen, des modifications mineures ont été apportées aux prévisions économiques afin d’assurer leur compatibilité avec les révisions aux prévisions du secteur privé en date du 12 mars, date à laquelle les hypothèses économiques ayant servi à l’établissement du budget ont été arrêtées définitivement.

Graphique 16 : Graphique à barres : Amélioration des prévisions de croissance en Ontario pour 2010 depuis l automne 2009

Les prévisions du secteur privé concernant la croissance économique en Ontario se sont améliorées depuis la publication de Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2009 l’automne dernier. Les 10 prévisionnistes qu’a consultés le ministère des Finances ont tous relevé leurs projections de croissance économique en 2010 pour l’Ontario. La moyenne des projections de croissance du PIB réel passe maintenant de 2,4 % à 3,0 %. Les projections de croissance ont été relevées dernièrement par suite de la vigueur accrue de l’économie américaine et de l’amélioration du marché du travail en Ontario. Les prévisions du secteur privé en ce qui concerne la croissance du PIB réel devraient s’améliorer par suite du dynamisme des dernières données. En conséquence, les prévisions du ministère constituent une assise prudente pour la planification financière.

Comparaison des données avec celles du budget de l’Ontario de 2009

Tableau 11
Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre les données des budgets de 2009 et de 2010
(variation en pourcentage)
  2009 2010 2011
  Budget
2009
Chiffres
réels
Budget
2009
Budget
2010
Budget
2009
Budget
2010
Produit intérieur brut réel (2,5) (3,4e) 2,3 2,7 3,3 3,2
Produit intérieur brut nominal (2,4) (3,5e) 3,6 4,4 4,7 5,0
Ventes au détail (1,0) (2,5) 3,8 3,9 4,0 4,6
Mises en chantier de logements (en milliers) 50,0 50,4 55,0 58,0 65,0 60,0
Revenu des particuliers 0,6 (0,4e) 3,6 3,3 4,6 4,3
Revenu du travail 0,3 (0,9e) 3,2 2,7 4,2 4,6
Bénéfices des sociétés (24,8) (38,8e) 9,5 31,0 8,2 10,5
Emploi (2,0) (2,4) 0,8 1,1 1,6 2,1
Création d’emplois (en milliers) (135) (161) 54 73 107 139
Facteurs externes importants            
Pétrole brut (en $US le baril) 47,3 61,8 55,5 82,1 60,4 85,7
Produit intérieur brut réel américain (2,6) (2,4) 1,9 3,1 3,4 3,0
Dollar canadien (en cents américains) 80,0 87,6 85,0 96,0 88,0 97,5
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 0,6 0,3 1,1 0,6 3,1 2,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 2,9 3,3 3,3 3,7 4,4 4,2
  • e = estimation.
  • * Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
  • Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators et ministère des Finances de l’Ontario.

Comparaison des données avec celles de l’exposé économique d’automne de 2009

Tableau 12
Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre les données du budget de 2010 et les données de l’exposé économique d’automne (EEA) de 2009
(variation en pourcentage)
  2009 2010 2011
  EEA
2009
Chiffres
réels
EEA
2009
Budget
2010
EEA
2009
Budget
2010
Produit intérieur brut réel (3,5) (3,4e) 2,0 2,7 3,0 3,2
Produit intérieur brut nominal (3,8) (3,5e) 3,6 4,4 4,7 5,0
Ventes au détail (3,5) (2,5) 3,6 3,9 4,1 4,6
Mises en chantier de logements (en milliers) 48,5 50,4 50,0 58,0 60,0 60,0
Revenu des particuliers (0,7) (0,4e) 2,6 3,3 4,4 4,3
Revenu du travail (1,2) (0,9e) 2,1 2,7 4,4 4,6
Bénéfices des sociétés (38,9) (38,8e) 23,5 31,0 14,4 10,5
Emploi (2,6) (2,4) 0,6 1,1 2,3 2,1
Création d’emplois (en milliers) (171) (161) 40 73 152 139
Facteurs externes importants            
Pétrole brut (en $US le baril) 61,2 61,8 78,5 82,1 81,8 85,7
Produit intérieur brut réel américain (2,5) (2,4) 2,5 3,1 3,1 3,0
Dollar canadien (en cents américains) 88,0 87,6 95,0 96,0 96,0 97,5
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 0,3 0,3 0,7 0,6 2,4 2,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 3,3 3,3 3,8 3,7 4,3 4,2
  • e = estimation.
  • * Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
  • Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators et ministère des Finances de l’Ontario.
  • 1 Ces prévisions se fondent sur les données disponibles le 12 mars 2010.