: Allocution sur la rémunération prononcée devant les partenaires du secteur parapublic par Dwight Duncan, Ministre des Finances

Le 20 juillet 2010
Toronto, ON
Durée de l’allocution : environ 12 minutes

Version non définitive

Je vous remercie vivement de votre présence ici aujourd’hui, surtout à si bref délai de préavis.

Celles et ceux qui dispensent les services publics offerts en Ontario effectuent un travail fondamental, en contribuant à la santé et au bien-être de la province. 

Je suis très heureux de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui, vous qui jouez un rôle si important dans la prestation de ces services.

Je voulais vous rencontrer personnellement et vous entretenir de la question de la rémunération dans le secteur public – l’un des éléments clés du plan du gouvernement axé sur la gestion des dépenses et le maintien des services publics.

En tant que partenaires dans la prestation des services publics, nous avons fait beaucoup de chemin ensemble au cours des quelques dernières années.

Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 2003, la population nous a clairement manifesté son désir de voir une amélioration des services publics et de la qualité de vie des Ontariennes et des Ontariens. C’est pourquoi nous avons embauché des enseignants et réduit les effectifs des classes. Les effets se ressentent déjà dans l’amélioration des résultats des tests, et le nombre de diplômés a augmenté de 16 500 élèves par année.  Nous avons par ailleurs appuyé la création de plus de 10 000 nouveaux postes en soins infirmiers et accru le nombre de médecins de 2 295. Et c’est pourquoi 900 000 personnes de plus en Ontario ont maintenant accès à un médecin.

Lorsque nous sommes entrés en fonction, nous savions qu’il n’y avait qu’une façon de restaurer nos services publics : et c’est par un travail de collaboration avec nos fonctionnaires. 
Nous accordons une importance particulière à l’idée de faire de l’Ontario une meilleure province, et nous ne pouvons y parvenir sans l’aide de nos fonctionnaires – nos véritables partenaires.

Au début de notre premier mandat, nous avons eu la chance de connaître une période de croissance économique soutenue. Nous en avons profité pour axer nos efforts sur une croissance stratégique : ainsi, l’augmentation des dépenses affectées aux programmes et aux services n’a pas dépassé l’augmentation des revenus.

Les hausses moyennes annuelles des salaires dans la fonction publique étaient plus élevées que dans le secteur privé.

Lorsque la récession économique s’est abattue sur le monde, l’Ontario a été très durement touché. Le PIB réel a fléchi de 4,7 %.  Et les revenus fiscaux de l’Administration publique ont chuté de 12,2 %.

Mais malgré ces baisses très substantielles, le gouvernement McGuinty a choisi de protéger ce qui importait le plus aux Ontariennes et Ontariens : l’éducation, la santé et autres services publics. 

Je voyage beaucoup aux quatre coins de la province, et je suis bien conscient que le secteur public représente le principal employeur dans bien des collectivités. La protection des emplois dans les services clés contribue à assurer la survie des économies locales. Les enseignantes et les enseignants, les infirmières et les infirmiers, et autres travailleurs du secteur public contribuent activement à la prospérité des restaurants, des magasins et des garderies dans les collectivités où ils habitent, garantissant ainsi la viabilité d’un nombre d’emplois encore plus grand. 

Nous n’avons jamais mis – et ne mettrons jamais – la création d’emplois et la croissance économique en péril. Ni ne sommes-nous prêts à compromettre les services publics que les Ontariennes et Ontariens jugent naturels et qu’ils méritent.

En mars dernier, j’ai déposé notre budget 2010, qui décrit notre plan visant à réduire puis éliminer le déficit d’ici les huit prochaines années.

Des choix difficiles s’imposent si nous voulons équilibrer le budget d’ici 2017-2018, et lorsqu’on tient compte de la hausse des paiements des intérêts sur la dette pour combler le déficit, l’augmentation des dépenses liées aux programmes doit être maintenue à 2 % par année à compter de l’exercice 2009-2010.

Or, la demande en services publics continuera de s’accroître à moyen terme. Dans le secteur de la santé, on prévoit une augmentation moyenne des dépenses de l’ordre de 4,4 % de 2009-2010 à 2012-2013. Et dans le secteur de l’éducation, les dépenses devraient augmenter de 3,7 % en moyenne.

Cette croissance de la demande doit être prise en charge dans le plan fiscal existant. Pour le moment, l’Ontario ne peut se permettre que d’assurer la conservation et le maintien des services en place, et d’absorber la croissance attendue dans certains secteurs prioritaires.  Les dépenses prévues ne comprennent pas d’augmentation d’échelon de rémunération.

L’Ontario n’est pas seul dans cette situation. D’autres gouvernements aux quatre coins du monde font face à des défis budgétaires similaires. Plusieurs d’entre eux ont choisi de comprimer les services publics et de mettre à pied des milliers de travailleurs. 

En Californie, on a radicalement réduit le financement versé aux universités, augmenté le nombre d’élèves par classe, diminué la couverture des soins de santé des citoyens les plus pauvres de l’État, et fermé des bureaux administratifs pendant trois jours par mois – ce qui s’est traduit par une baisse de salaire de 14 % pour plus de 200 000 fonctionnaires. 

L’État de New York a proposé des jours de congé non rémunérés à environ la moitié de l’effectif de ses employés, une décision par la suite bloquée par une injonction judiciaire. Ils ont également proposé de couper de 1,4 milliard de dollars le financement versé aux écoles. Et ce sont là des propositions d’un parti démocrate. 

Nous avons vu des recommandations similaires en faveur de coupures claires et nettes dans les services publics et les salaires de la fonction publique en Europe, tandis que l’Irlande, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Espagne et d’autres pays s’efforcent d’assainir leurs finances.

Ici en Ontario, nous avons pris une autre direction, et avons lancé le plan quinquennal « Ontario ouvert sur le monde » en vue de renforcer notre économie et de créer davantage d’emplois pour nos familles. Ce plan englobe des investissements soutenus dans l’éducation publique, la santé, la formation professionnelle, l’infrastructure, l’énergie propre et les technologies de l’eau propre, et autres services publics primordiaux.

Nous savons également que nous ne pouvons préserver et rehausser les services publics offerts sans mettre à exécution un plan axé sur la gestion du déficit. Et nous ne pouvons assurer cette gestion sans prendre des dispositions à l’égard du plus important montant de notre budget – la rémunération du secteur public.

C’est bien simple : 55 % – soit plus de 50 milliards de dollars – de toutes les dépenses engagées pour les programmes gouvernementaux sont versés en rémunération, directement ou par le biais de transferts. 

Le budget de 2010 expose le plan du gouvernement visant à gérer les dépenses liées à la rémunération, tant pour les employés syndiqués que celles et ceux exclus de la négociation.

Nous avons déposé une loi sanctionnant le gel des structures salariales des employés exclus des négociations pendant deux ans. 

Les représentants élus donneront d’ailleurs l’exemple, le gel des salaires des députés provinciaux ayant été prolongé d’un à trois ans, et un blocage des structures salariales du personnel politique et des employés de l’Assemblée législative exclus de la négociation a été mis en place.  

Ces mesures aideront à réaffecter jusqu’à 750 millions de dollars au maintien des services dans les écoles, les hôpitaux et autres services publics. 
En ce qui concerne les groupes représentés par des agents négociateurs, nous avons opté pour une voie qui respectera toutes les conventions collectives actuelles. 

Toutefois, les Ontariennes et les Ontariens s’attendent à ce que nous vivions selon nos moyens. 

Les familles ontariennes ont fait leur part. Elles ont ici subi mises à pied et chômage. Là, elles ont vu leurs salaires gelés mais se comptent privilégiées d’avoir un emploi. Et c’est maintenant à nous de faire notre part. Dans ma ville natale, à Windsor, la collectivité a été rapidement et durement frappée par la crise. Tout le monde connaît quelqu’un dans sa famille ou son quartier qui a perdu son emploi.
Personne ne peut se permettre une hausse de la rémunération dans les nouvelles conventions collectives jusqu’à ce que la situation financière et économique se soit davantage stabilisée. La protection des emplois et des services, tout en s’attelant à combler le déficit, doit demeurer notre objectif prioritaire de tout premier ordre. 

Lors de la négociation des conventions collectives, nous travaillerons conjointement avec vous – nos partenaires – à parapher des conventions d’une durée d’au moins deux ans sans hausse nette de la rémunération. Peu importe que les conventions collectives expirent le mois prochain, l’an prochain ou dans deux ans – tous les employeurs et tous les groupes d’employés doivent faire leur part.

Une telle structure des contrats de négociation a déjà porté fruit. 

Nous tenons à favoriser le dialogue avec vous, de sorte que de nouveaux contrats acceptables pour tous puissent être négociés à l’expiration des contrats actuels. Et comme dans toute négociation, tous les pourparlers nécessiteront un dialogue se déroulant dans le respect d’autrui. 

Nous vous invitons à nous faire part de vos points de vue, opinions et propositions sur les moyens d’unir nos efforts afin de conclure, dans le contexte budgétaire actuel, des conventions acceptables pour tous, y compris les contribuables que nous avons tous pour fonction de servir.

Je vous propose aujourd’hui de lancer un processus de consultation productif et constructif dans le cadre de vos négociations approfondies.

Et si vous êtes déjà à la table de négociation, je vous invite à marquer un temps d’arrêt…

Enfin, j’espère également que vous accepterez de suspendre l’arbitrage de différends…
afin de permettre à ces consultations de porter fruit.

À compter d’aujourd’hui, des représentants officiels du gouvernement assureront un suivi afin de mener d’autres consultations plus circonstanciées.

J’anticipe avec enthousiasme de connaître les résultats de ces consultations, ainsi que des discussions d’aujourd’hui, et tiens à vous assurer que nous abordons ce processus l’esprit ouvert.

Nous poursuivons tous les mêmes objectifs : préserver et rehausser les services publics tout en créant des emplois et en favorisant la croissance économique. 

Les Ontariennes et Ontariens s’attendent à des efforts concertés de notre part à tous. Ils comptent sur notre soutien pour tout ce qui touche leurs services d’éducation, leurs soins de santé, leurs entreprises et leurs familles. 

C’est pourquoi nous sollicitons votre aide, car nous savons que nous pouvons accomplir tellement plus en travaillant de concert avec vous, sur la base de relations de confiance et de respect mutuels. Ensemble, nous stimulerons d’économie, créerons de nouveaux emplois, attirerons de nouveaux investissements et éliminerons le déficit provincial. 

Nous vous remercions de l’engagement que vous avez pris à l’égard des Ontariennes et des Ontariens – et que vous renouvelez jour après jour dans l’accomplissement de votre travail. Vos efforts se répercuteront favorablement sur chacune et chacun des résidents de la province, aujourd’hui comme demain.  Ensemble, nous réussirons à bâtir un Ontario plus fort et plus prospère. 

Merci.