Budget de l’Ontario 2011 : Chapitre II : Perspectives économiques et plan financier de l’Ontario
Section C : Perspectives économiques de l’Ontario

Aperçu

L’économie de l’Ontario remonte la pente à la suite de la récession mondiale et se prépare à une période de croissance soutenue.

Le rebondissement dans la création d’emplois constitue la meilleure indication pour les gens que la croissance économique de l’Ontario a repris. Pendant la récession, la province a subi une perte nette de 257 000 emplois. Jusqu’à février 2011, plus de 233 000 emplois nets ont été créés, ce qui signifie que 91 % des emplois perdus lors de la récession ont été recouvrés.

Graphique 2: Reprise de la création d'emplois

Comme cela a été le cas ailleurs au Canada et dans de nombreux pays, le gouvernement de l’Ontario a choisi d’atténuer l’impact de la récession par des investissements de stimulation à court terme dans l’infrastructure qui ont créé des emplois et contribué à rétablir la croissance. Mettant en oeuvre son plan Ontario ouvert sur le monde, le gouvernement a aussi renforcé les fondements économiques à long terme de la province en investissant dans le savoir, la compétence et l’économie verte et en améliorant radicalement la compétitivité des entreprises par l’entremise du Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance. (Pour un complément d’information sur les politiques économiques du gouvernement de l’Ontario, voir le chapitre I, section A : Un avenir meilleur).

Le produit intérieur brut (PIB) réel de l’Ontario s’est accru d’environ 2,8 % en 2010, à la suite de baisses de 0,9 % en 2008 et de 3,6 % en 2009. Le plan du ministère des Finances est basé sur une augmentation du PIB réel de l’Ontario de 2,4 % en 2011, de 2,7 % en 2012 et 2013 et de 2,6 % en 2014. Cette projection a été revue par les membres du Conseil ontarien des prévisions économiques1, qui ont tous conclu qu’il s’agissait d’hypothèses raisonnables aux fins de planification. Les hypothèses de planification utilisées par le ministère des Finances sont légèrement inférieures à la moyenne des prévisions du secteur privé quant à la croissance du PIB réel de l’Ontario qui étaient disponibles lors de la préparation du présent budget. La province connaît un rythme de croissance modeste mais soutenu, qui reflète une économie intérieure fondamentalement solide et une augmentation continue de la demande mondiale pour ses exportations.

TABLEAU 5. Perspectives économiques de l’Ontario
(en pourcentage)
  2008 2009 2010 2011p 2012p 2013p 2014p
Croissance du PIB réel (0,9) (3,6) 2,8e 2,4 2,7 2,7 2,6
Croissance du PIB nominal 0,1 (1,1) 6,1e 4,6 5,1 4,8 4,6
Croissance de l'emploi 1,6 (2,5) 1,7 1,7 1,8 1,8 1,7
Inflation de l'IPC 2,3 0,4 2,5 2,3 2,1 2,0 2,0
e = estimation du ministère des Finances de l'Ontario; p = projection de planification du ministère des Finances de l'Ontario.
Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l'Ontario.

Une reprise économique soutenue en Ontario

Les indicateurs clés de l’économie de l’Ontario tels que l’emploi et le PIB réel ont presque atteint leur niveau d’avant la récession. La reprise de la croissance a été soutenue par les solides assises de l’économie ontarienne, la hausse des exportations internationales et les vastes mesures de stimulation adoptées par le gouvernement.

Bien que l’économie remonte la pente, nombre de familles et d’entreprises ontariennes continuent de sentir les effets persistants de la récession mondiale. Le chômage demeure plus élevé qu’en 2008 et les profits des entreprises sont bien en deçà des niveaux atteints avant la récession.

Le PIB réel de l’Ontario s’est accru au cours de cinq trimestres consécutifs, soit entre le troisième trimestre de 2009 et le troisième trimestre de 2010. Au troisième trimestre de 2010, l’économie était inférieure de 1,5 % au niveau où elle se situait avant la récession. Des statistiques récentes indiquent que la reprise économique a pris de l’ampleur au dernier trimestre de 2010 et qu’elle se poursuit en 2011. Il est probable que l’économie aura dépassé les niveaux antérieurs à la récession au cours du premier trimestre de 2011.

Graphique 3: PIB réel d'Ontario

La création d’emplois a été forte au cours des derniers mois, l’économie ayant gagné en moyenne près de 17 000 emplois nets par mois de novembre à février. La création d’emplois en Ontario et au Canada a été très solide par rapport à la plupart des autres pays développés. Le nombre d’emplois en Ontario est proche de ce qu’il était avant la récession. Par contre, des pays tels que les États-Unis et le Royaume-Uni ont recouvré seulement une fraction des emplois perdus – 14,5 % et 38,9 % respectivement.

Graphique 4: Comparaison internationale des emplois recouvrés

L’Ontario s’en est aussi bien tiré par rapport à la plupart des autres provinces et des États américains. Depuis mai 2009, l’emploi en Ontario s’est accru de 3,6 %, un taux supérieur à celui des autres grandes provinces canadiennes et bien au-delà de tous les États américains comparables où, dans certains cas, le nombre d’emplois continue de diminuer.

Graphique 5: Croissance de l'emploi depuis mai 2009

Le taux de chômage en Ontario est passé de 9,4 % au plus fort de la récession à 8,0 %. Malgré la solide reprise de l’emploi enregistrée jusqu’ici, on constate aussi une augmentation du nombre d’Ontariennes et d’Ontariens sur le marché du travail, ce qui explique pourquoi le taux de chômage demeure bien au‑dessus des 6,5 % affichés avant la récession.

Graphique 6: Baisse du taux de chômage en Ontario

Un certain nombre de facteurs, dont le Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, ont contribué à la robustesse de la reprise économique ontarienne à la suite de la récession. Stimulés par un renforcement de l’activité économique aux États-Unis, les exportateurs ontariens ont joué un rôle clé en alimentant la reprise. Soutenues par une hausse de 35 % des exportations d’automobiles, les exportations totales de marchandises à l’échelle internationale ont augmenté de plus de 16 % l’an dernier. Les exportations vers les États‑Unis ont grimpé de près de 15 %. Jusqu’à présent, les exportations internationales de marchandises de l’Ontario ont recouvré 82,8 % des pertes subies lors de la récession.

Graphique 7: Forte reprise des exportations

Les mesures de stimulation mises en oeuvre par le gouvernement ont joué un rôle essentiel pour soutenir l’emploi pendant la récession et pour donner un coup de fouet à la reprise économique. La politique monétaire a contribué à la reprise, les banques centrales partout au monde réduisant leurs taux d’intérêt et adoptant des mesures pour permettre aux marchés des capitaux de continuer à bien fonctionner. La Banque du Canada a ramené à 0,25 % son taux cible du financement à un jour en avril 2009, procurant ainsi un degré sans précédent de stimulation monétaire à l’économie. À mesure que l’économie se rétablissait, la Banque a augmenté son taux cible du financement à un jour au cours du printemps et de l’été 2010 pour en arriver à son taux actuel d’un pour cent.

Les gouvernements ont aussi réagi en adoptant un ensemble de mesures financières visant à stimuler l’économie. En 2009-2010 et 2010-2011, le gouvernement provincial a investi 26 milliards de dollars dans l’infrastructure, notamment pour la réalisation de près de 10 000 projets de stimulation. L’Ontario et le gouvernement fédéral ont annoncé que la date butoir pour le financement des projets de stimulation admissibles serait repoussée au 31 octobre 2011. Les dépenses en immobilisations engagées par le secteur public en Ontario, à tous les paliers de gouvernement, ont augmenté de 24,7 % en 2010. On prévoit qu’elles resteront élevées en 2011 et enregistreront une hausse de 2,4 %.

Graphique 8: Relance grâce aux investissements considérables du gouvernement an 2010

Le gouvernement de l’Ontario a aussi réagi en adoptant le plan Ontario ouvert sur le monde, qui a permis de renforcer les assises économiques de la province, de favoriser un environnement propice à la création d’emplois et de protéger les écoles et les hôpitaux. Ce plan a aidé les étudiants à fréquenter les collèges et universités, permis aux travailleurs mis à pied de se recycler et fourni aux entreprises ontariennes les outils nécessaires pour créer des emplois.

La conjoncture économique mondiale

Les perspectives économiques de l’Ontario sont largement influencées par les conditions économiques et financières mondiales, particulièrement la demande de produits ontariens, les prix du pétrole, la valeur du dollar canadien et les taux d’intérêt. Le tableau qui suit résume les prévisions moyennes du secteur privé à cet égard.

TABLEAU 6. Variables externes
Prévisions moyennes du secteur privé
  2009 2010 2011 2012 2013 2014
Croissance du PIB réel mondial (en pourcentage) (0,6r) 5,0 4,4 4,5 4,6 4,6
Croissance du PIB réel des États-Unis (en pourcentage) (2,6r) 2,8r 3,1 3,3 3,2 3,1
Pétrole brut1
(en $US le baril)
West Texas Intermediate 61,8r 79,4r 99,7 102,2 100,6 100,1
Brent 61,7r 79,6r 109,4 109,1 106,7 105,3
Dollar canadien (en cents américains) 87,6r 97,1r 100,0 99,7 99,3 98,1
Taux des bons du Trésor de trois mois2
(en pourcentage)
0,3r 0,6r 1,4 2,6 3,7 4,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement2
(en pourcentage)
3,3r 3,2r 3,5 4,1 4,7 4,9
r = réel
1 Selon les contrats à terme du pétrole brut pour la période de deux semaines prenant fin le 4 mars 2011.
2 Taux d'intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2011), Perspectives de l'économie mondiale du FMI (janvier 2011 et octobre 2010), New York Mercantile Exchange et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (mars 2011).

Les États-Unis constituent le plus important marché d’exportation pour l’Ontario, les exportations vers ce pays ayant représenté environ 80 % des exportations de la province vers l’étranger en 2010. Des indicateurs récents témoignent d’un renforcement de la croissance économique américaine. Le PIB réel a progressé de 0,7 % durant le quatrième trimestre de 2010, faisant suite à une croissance de 0,6 % au troisième trimestre. Une augmentation des dépenses de consommation aux États‑Unis et une amélioration de la balance commerciale américaine ont soutenu la hausse récente de la croissance globale du PIB.

Après une augmentation de 2,8 % en 2010, la croissance du PIB réel des États-Unis devrait s’accélérer pour atteindre 3,1 % en 2011 et 3,3 % en 2012. Poursuivant sur leur lancée, la production industrielle et les investissements des entreprises seront le fer de lance de la reprise américaine, tandis que des améliorations graduelles du niveau d’endettement des ménages soutiendront une augmentation des dépenses de consommation. La décision récente du gouvernement fédéral des États‑Unis de maintenir des baisses d’impôt et les mesures de stimulation monétaire additionnelles prises par la Réserve fédérale ont entraîné l’amélioration des perspectives économiques.

Graphique 9: Poursuite de la reprise économique aux États-Unis

L’industrie de l’automobile est un volet important de l’économie ontarienne et son rendement est lié à la demande aux États-Unis. En 2010, les ventes d’automobiles dans ce pays ont augmenté de 11 % pour atteindre 11,6 millions de véhicules, une amélioration par rapport au creux de 10,4 millions de véhicules enregistré en 2009. Les ventes de véhicules devraient se raffermir pour atteindre 13,2 millions d’unités en 2011 et continuer de s’améliorer de façon soutenue pour atteindre 14,9 millions de véhicules d’ici 2014.

Graphique 10: Augmentation prévue des ventes de véhicules légers aux Éstats-Unis

Malgré ces perspectives encourageantes, l’économie américaine demeure aux prises avec des défis de taille. La reprise dans le marché de l’emploi a été faible, ce qui pourrait entraîner une stagnation de la croissance économique et de la demande de produits ontariens aux États-Unis. De plus, le marché immobilier américain demeure fragile et continuera probablement de constituer un risque pour la croissance dans ce pays. Le déficit courant des États-Unis s’est quelque peu amélioré ces dernières années, mais il devra continuer de diminuer pour prévenir les fluctuations potentiellement déstabilisatrices des mouvements de capitaux et des taux de change internationaux. Enfin, le moment et le rythme de l’assainissement budgétaire dans ce pays pourraient aussi ralentir la croissance future.

Les prix du pétrole ont augmenté de presque 130 % depuis février 2009. Le raffermissement de la reprise économique mondiale a fait augmenter la demande de pétrole, exerçant une pression à la hausse sur les prix. L’instabilité politique récente dans les pays producteurs de pétrole en Afrique du Nord et au Moyen-Orient a fait grimper les prix encore davantage et augmenter l’incertitude quant à leur direction future. Une augmentation des prix du pétrole se traduit par une hausse de coûts pour les consommateurs et les entreprises et peut entraîner une réduction des dépenses affectées à d’autres produits et services. Comme le Canada est un producteur de pétrole important, la hausse des prix du pétrole a aussi renforcé le dollar canadien. Cependant, l’Ontario importe pratiquement tout le pétrole brut et une part importante des produits pétroliers raffinés qu’il utilise, les importations provenant d’autres provinces et de pays étrangers.

À mesure que la reprise de l’économie mondiale se poursuit, les prix du pétrole devraient continuer d’augmenter. Selon la moyenne des contrats à terme du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI)2, on prévoit que le prix du pétrole s’établira à 99,7 $US le baril en 2011, s’élèvera à une moyenne de 102,2 $US le baril en 2012 et se stabilisera à environ 100 $US le baril en 2013 et 2014. Selon les contrats à terme du pétrole brut de référence Brent3, le prix moyen devrait s’élèver à 109,4 $US le baril en 2011 et à 109,1 $US le baril en 2012, pour s’établir à une moyenne de 106,0 $US le baril en 2013 et 2014.

Graphique 11: Les prix du pétrole devraient demeurer élevés

Depuis septembre 2010, le dollar canadien s’est apprécié de façon soutenue par rapport à la devise américaine et a atteint la parité en décembre. Cette vigueur peut être attribuée à l’augmentation du prix des produits de base ainsi qu’à des taux d’intérêt plus élevés comparativement à ceux des États-Unis. De plus, la robustesse de l’économie, la solidité de la situation financière et la stabilité du système financier du Canada ont soutenu la hausse de la valeur de la devise canadienne. Selon les prévisionnistes du secteur privé, le taux de change devrait être presque à parité avec le dollar américain en moyenne au cours des quatre prochaines années.

Graphique 12: Le dollar canadien demeurera près de la partié

Un dollar plus fort fait qu’il est plus difficile pour les exportateurs ontariens de faire face à la concurrence à l’échelle mondiale et pour les entreprises canadiennes de rivaliser avec les producteurs étrangers. Cependant, la vigueur du dollar réduit le coût d’importation des machines et du matériel qui font augmenter la productivité, améliorant ainsi la position concurrentielle des entreprises ontariennes.

Bien que la tendance des taux d’intérêt canadiens ait été à la hausse au cours des derniers mois, ils demeurent faibles par rapport aux niveaux historiques. Depuis septembre dernier, la Banque du Canada maintient son taux directeur cible à 1 %, après l’avoir augmenté trois fois de 25 points de base au printemps et à l’été 2010.

Graphique 13: Augmentation des taux d'intérêt

À mesure que la reprise économique s’intensifie, on s’attend à ce que la Banque du Canada recommence à augmenter les taux d’intérêt pour qu’ils atteignent des niveaux plus normaux au point de vue historique. Les économistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux d’intérêt des bons du Trésor de trois mois s’établisse en moyenne à 1,4 % cette année et qu’il grimpe à 4,2 % d’ici 2014. Le taux de rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada devrait passer de 3,5 % cette année à 4,9 % d’ici 2014.

Les taux d’intérêt influent sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ainsi que sur les charges projetées au titre des frais d’intérêt sur la dette de la province (voir le chapitre IV, Emprunts et gestion de la dette).

Risques pour les perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau 7 illustre les répercussions des modifications des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario, en supposant que les autres facteurs externes restent stables. L’éventail relativement large des répercussions reflète les difficultés inhérentes aux prévisions de la croissance économique dans une conjoncture incertaine.

TABLEAU 7. Répercussions des modifications durables des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l'Ontario
(variation en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Appréciation du dollar canadien de 0,05 $US de -0,1 à -0,8 de -0,5 à -1,2
Hausse du prix du pétrole brut de 10 $US le baril de -0,1 à -0,3 de -0,1 à -0,3
Augmentation de la croissance du PIB réel des É.-U. de un point de pourcentage de +0,3 à +0,7 de +0,4 à +0,8
Hausse des taux d'intérêt canadiens de un point de pourcentage de -0,1 à -0,5 de -0,2 à -0,6
Source : ministère des Finances de l'Ontario.

L’augmentation considérable de l’endettement des ménages par rapport à leurs revenus au cours des dernières années représente également un risque pour la reprise économique au Canada. L’augmentation de l’endettement des ménages a coïncidé avec une tendance à la baisse des taux d’épargne des particuliers. Une fluctuation soudaine ou marquée de la conjoncture économique, par exemple une hausse considérablement plus élevée des taux d’intérêt, pourrait placer certains ménages dans une situation financière vulnérable.

Perspectives de croissance économique soutenue en Ontario

Le ministère des Finances prévoit que l’économie de l’Ontario continuera, au cours des quatre prochaines années, à afficher une bonne croissance soutenue par des hausses des dépenses des ménages, une hausse marquée des investissements des entreprises dans les immobilisations et une amélioration graduelle de la balance commerciale de l’Ontario. Les économistes du secteur privé sont unanimes à prévoir une croissance économique forte et soutenue en Ontario en 2011 et au cours des prochaines années.

Graphique 14: Croissance du PIB réel en Ontario

On s’attend à ce qu’une forte croissance aux États-Unis soutienne la hausse de la demande internationale pour les exportations de l’Ontario. Les ventes d’automobiles aux États‑Unis devraient augmenter, ce qui stimulera la demande pour les véhicules et les pièces de fabrication ontarienne. La demande accrue de produits de base, de produits industriels et de machines et de matériel sur la scène mondiale, notamment de la part des marchés émergents, favorisera les échanges commerciaux de l’Ontario avec le reste du monde. Les exportations réelles devraient augmenter de 4,9 % en 2011 et poursuivre leur croissance à un rythme stable jusqu’en 2014.

Graphique 15: Augmentation des exportations réelles de l'Ontario

Au cours des dernières années, les exportations de l’Ontario ont connu une évolution considérable, tant sur le plan de leur composition que sur celui de leur destination. Entre 2005 et 2010, les exportations internationales de l’Ontario ont diminué de 15 %, mais les exportations de marchandises de la province vers d’autres provinces ont augmenté de plus de 15 %. Au cours de la même période, les exportations de marchandises vers les États‑Unis ont diminué de 28 %, tandis que les exportations à destination de pays autres que les États‑Unis ont progressé de plus de 54 %. De même, les exportations de services, notamment les services financiers, les services professionnels et scientifiques, les services d’informatique (incluant les services-conseils) et les services de transport, ont bondi de plus de 18 %, alors que les exportations de produits ont chuté de 14 %. Cette diversification accrue de la composition des exportations ontariennes devrait se poursuivre au cours de la période prévisionnelle.

Graphique 16: Les exportateurs ontariens se tournent vers de nouveaux marchés

La situation des entreprises devrait s’améliorer et favoriser une augmentation vigoureuse et soutenue des bénéfices des sociétés, lesquels devraient croître de 12,2 % en 2011 et, en moyenne, de 6,8 % par année entre 2012 et 2014.

Cette hausse des bénéfices des sociétés favorisera les investissements des entreprises au cours de l’horizon prévisionnel, d’autant plus qu’elle sera conjuguée à l’augmentation de la demande à l’échelle internationale et à l’accroissement de la compétitivité fiscale par suite de l’adoption du Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, qui inclut la taxe de vente harmonisée (TVH). À ce propos, voir le chapitre III, Un régime fiscal et des régimes de retraite pour assurer l’avenir de l’Ontario. Les investissements réels des entreprises dans les machines et le matériel ont bondi de plus de 10 % au cours du troisième trimestre de 2010, la hausse trimestrielle la plus forte depuis 1998. On s’attend à ce que les investissements dans les machines et le matériel continuent d’afficher une croissance vigoureuse, soit un taux de 7,1 % par année, en moyenne, de 2011 à 2014.

Graphique 17: Reprise vigoureuse de l'investissement dans les machines et le matériel

Le niveau de l’emploi devrait augmenter de 1,7 % en 2011; ce taux de croissance devrait se stabiliser à 1,8 % en moyenne, par année, de 2012 à 2014. En 2014, il devrait y avoir près de 500 000 emplois de plus qu’en 2010. On prévoit que le taux de chômage se situera en moyenne à 8,2 % en 2011 et qu’il diminuera progressivement pour atteindre 6,7 % d’ici 2014.

Graphique 18: Un demi-million d'emplois prévus

La hausse du niveau d’emploi soutiendra de fortes hausses du revenu du travail. Ce dernier devrait augmenter de 4,3 % en 2011 et sa croissance devrait se situer en moyenne à 4,7 % au cours de la période de 2012 à 2014. On prévoit une croissance du revenu des particuliers de 4,2 % en 2011 et de 4,5 % en moyenne de 2012 à 2014. La croissance du revenu des particuliers dépassera la croissance annuelle moyenne des prix à la consommation prévue à 2,1 % pour la période de 2011 à 2014.

La hausse de l’emploi et des revenus stimulera la croissance des dépenses des ménages. Les dépenses réelles de consommation devraient croître de 2,7 % en 2011 et les ventes au détail, de 4,1 %. À moyen terme, les dépenses de consommation réelles devraient augmenter chaque année de 2,6 % en moyenne de 2012 et 2014, tandis que les ventes au détail devraient croître de 4,1 % en moyenne.

Les prévisionnistes du secteur privé estiment que le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Ontario s’établira à 2,3 % en 2011, une faible diminution par rapport au taux de 2,5 % en 2010. Ce taux devrait ensuite osciller autour de 2,0 % en moyenne de 2012 à 2014, le point médian de la fourchette de la Banque du Canada en ce qui concerne le taux d’inflation de l’IPC au Canada.

Selon les prévisionnistes du secteur privé, les ventes d’habitations devraient ralentir en 2011, par rapport à leur rythme très rapide l’an dernier, mais elles devraient reprendre de la vigueur d’ici 2013. Les hausses des prix des habitations devraient être plus modérées, soit en moyenne de 1 % entre 2011 et 2014. La croissance démographique continuera à soutenir la demande pour les habitations neuves, et on prévoit que le nombre de mises en chantier atteindra 68 600 unités d’ici 2014.

Graphique 19: Hausse du nombre de mises en chantier de logements

Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau suivant présente en détail les perspectives économiques du ministère des Finances de 2011 à 2014.

TABLEAU 8. Économie de l'Ontario, de 2009 à 2014
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projection
  2009 2010 2011 2012 2013 2014
Produit intérieur brut réel (3,6) 2,8e 2,4 2,7 2,7 2,6
Consommation personnelle 0,1 3,1e 2,7 2,5 2,8 2,5
Construction résidentielle (8,1) 9,9e (0,6) 2,6 3,5 2,8
Construction non résidentielle (18,4) 5,4e 8,9 5,6 5,4 4,2
Machines et matériel (19,0) 10,1e 10,8 5,2 6,5 6,1
Exportations (13,2) 11,2e 4,9 5,4 4,6 3,6
Importations (10,8) 15,1e 4,2 4,5 3,8 3,4
Produit intérieur brut nominal (1,1) 6,1e 4,6 5,1 4,8 4,6
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail (2,5) 5,0 4,1 4,3 4,0 3,9
Mises en chantier de logements (en milliers) 50,4 60,4 58,6 63,8 66,5 68,6
Revenu des particuliers (0,2) 4,0e 4,2 4,4 4,6 4,5
Revenu du travail (1,0) 4,0e 4,3 4,7 4,8 4,6
Bénéfices des sociétés (13,6) 15,1e 12,2 9,2 5,9 5,2
Indice des prix à la consommation 0,4 2,5 2,3 2,1 2,0 2,0
Emploi (2,5) 1,7 1,7 1,8 1,8 1,7
Création d'emplois (en milliers) (164) 108 116 118 126 120
Taux de chômage (en pourcentage) 9,0 8,7 8,2 7,7 7,1 6,7
Facteurs externes importants            
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 61,8 79,4 99,7 102,2 100,6 100,1
Produit intérieur brut réel américain (2,6) 2,8 3,1 3,3 3,2 3,1
Dollar canadien (en cents américains) 87,6 97,1 100,0 99,7 99,3 98,1
Taux des bons du Trésor de trois mois* 0,3 0,6 1,4 2,6 3,7 4,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* 3,3 3,2 3,5 4,1 4,7 4,9
e = estimation.
* Taux d'intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
Sources:Statistique Canada, Société canadienne d'hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2011) et ministère des Finances de l'Ontario.

Prévisions du secteur privé

Le ministère des Finances tient compte des opinions des prévisionnistes du secteur privé pour informer le gouvernement des hypothèses convenant à la planification. Selon ces prévisionnistes, le PIB réel de l’Ontario devrait augmenter, en moyenne, de 2,6 % en 2011, de 2,8 % en 2012, de 2,8 % en 2013 et de 2,7 % en 2014.

TABLEAU 9. Prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB réel de l'Ontario
(en pourcentage)
  2011 2012 2013 2014
BMO Marchés des capitaux (mars) 2,9 2,6
Central 1 Credit Union (février) 2,8 2,6 2,3 2,9
Centre for Spatial Economics (janvier) 2,9 3,3 2,4 1,9
Marchés mondiaux CIBC (février) 2,3 2,7
Conference Board du Canada (février) 2,1 2,7 3,5 2,9
Groupe Desjardins (mars/décembre) 2,6 2,5 2,5 2,5
IHS Global Insight (janvier) 2,6 2,9 2,9 2,8
RBC Groupe financier (mars) 3,1 3,1
Groupe Banque Scotia (mars) 2,8 2,3
Groupe financier Banque TD (mars) 2,9 2,4
Université de Toronto (février) 2,1 3,2 3,4 3,3
Moyenne selon l'enquête sur les prévisions du secteur privé 2,6 2,8 2,8 2,7
Hypothèse de planification de l'Ontario 2,4 2,7 2,7 2,6
Sources : enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (mars 2011) et ministère des Finances de l'Ontario.

Pour faire en sorte que les projections économiques soient raisonnables et responsables, le ministère des Finances consulte beaucoup les économistes du secteur privé. Le ministre des Finances a rencontré des économistes du secteur privé dans le cadre du processus de préparation du budget de 2011. De plus, le Conseil ontarien des prévisions économiques, qui a été créé dans le cadre de la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières, a passé en revue les hypothèses économiques du ministère des Finances en mars 2011. Le Conseil ontarien des prévisions économiques se compose de Peter Dungan, Programme d’analyse des politiques et de l’économie, Université de Toronto; de Glen Hodgson, Conference Board du Canada; et d’Ernie Stokes, Centre for Spatial Economics. Les membres du Conseil conviennent à l’unanimité que les hypothèses sont raisonnables.

Comparaison des données avec celles du budget de l’Ontario de 2010

TABLEAU 10. Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre les données des budgets de 2010 et de 2011
(variation en pourcentage)
  2010 2011 2012
Budget
2010
Chiffres
réels
Budget
2010
Budget
2011
Budget
2010
Budget
2011
Produit intérieur brut réel 2,7 2,8e 3,2 2,4 3,2 2,7
Produit intérieur brut nominal 4,4 6,1e 5,0 4,6 5,3 5,1
Ventes au détail 3,9 5,0 4,6 4,1 4,7 4,3
Mises en chantier de logements (en milliers) 58,0 60,4 60,0 58,6 70,0 63,8
Revenu des particuliers 3,3 4,0e 4,3 4,2 4,8 4,4
Revenu du travail 2,7 4,0e 4,6 4,3 5,2 4,7
Bénéfices des sociétés 31,0 15,1e 10,5 12,2 9,0 9,2
Emploi 1,1 1,7 2,1 1,7 2,3 1,8
Création d'emplois (en milliers) 73 108 139 116 155 118
Facteurs externes importants            
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 82,1 79,4 85,7 99,7 86,9 102,2
Produit intérieur brut réel américain 3,1 2,8 3,0 3,1 3,4 3,3
Dollar canadien (en cents américains) 96,0 97,1 97,5 100,0 98,0 99,7
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 0,6 0,6 2,2 1,4 3,5 2,6
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 3,7 3,2 4,2 3,5 4,8 4,1
e = estimation du ministère des Finances de l'Ontario.
* Taux d'intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : Statistique Canada, Société canadienne d'hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2011) et ministère des Finances de l'Ontario.

 

1 Selon les données disponibles le 4 mars 2011.
2 À des fins de planification, les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario se fondent sur la moyenne des contrats à terme du pétrole brut pour la période de deux semaines prenant fin le 4 mars 2011.
3 On estime qu’en 2010, de 20 à 25 % de l’approvisionnement en pétrole brut de l’Ontario était basé sur le prix de référence du pétrole brut Brent, tandis que le reste des importations ontariennes était basé sur le prix de référence nord-américain du pétrole brut West Texas Intermediate.