Budget de l’Ontario 2012 : Chapitre II : Perspectives économiques et plan financier de l’Ontario
Section C : Perspectives économiques de l’Ontario

AperÇu

TABLEAU 2.5 Budget de 2012 – Les chiffres en bref
Croissance prévue du PIB réel, 2012 1,7 %
Croissance moyenne prévue selon le secteur privé, 2012 1,9 %
Croissance prévue du PIB réel, 2013 2,2 %
Nouveaux emplois nets depuis juin 2009 299 300
Nouveaux emplois nets depuis octobre 2003 508 900
Croissance du PIB réel (2011 par rapport à 2003)1 10,9 %
Croissance du revenu disponible réel des particuliers (2011 par rapport à 2003)1 23,6 %

1 Le PIB réel et le revenu disponible réel des particuliers pour 2011 sont des estimations du ministère des Finances de l’Ontario.
Sources : Statistique Canada, ministère des Finances de l’Ontario et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (mars 2012).

Après la récession mondiale, l’économie de l’Ontario est en période de croissance. Au cours des prochaines années, la croissance se poursuivra à un rythme modéré. On prévoit que l’Ontario créera 360 000 emplois nets d’ici 2015 et que le taux de chômage chutera à 6,7 %, après avoir atteint un sommet de 9,4 % en juin 2009.

Bien que des prévisions d’une croissance modeste mais soutenue constituent une prémisse raisonnable pour la planification, l’économie mondiale présente des risques considérables. La situation en Europe et aux États-Unis continue de poser des défis pour l’Ontario.

Aux fins de planification, le ministère des Finances suppose que le produit intérieur brut (PIB) réel croîtra de 1,7 % en 2012, de 2,2 % en 2013, de 2,4 % en 2014 et de 2,5 % en 20151. Des dépenses de consommation continues, de robustes investissements des entreprises dans les immobilisations et un revirement dans les échanges commerciaux nets contribueront significativement à la croissance.

TABLEAU 2.6 Perspectives économiques de l’Ontario
(en pourcentage)
   2009 2010 2011 2012p 2013p 2014p 2015p
Croissance du PIB réel (3,2) 3,0 1,8e 1,7 2,2 2,4 2,5
Croissance du PIB nominal (0,9) 5,3 4,2e 3,4 4,1 4,2 4,3
Croissance de l'emploi (2,5) 1,7 1,8 0,9 1,3 1,5 1,6
Inflation de l'IPC 0,4 2,5 3,1 1,7 2,0 2,0 2,0

e = estimation. p = projection de planification du ministère des Finances de l’Ontario.
Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Évolution rÉcente de l’Économie

Le PIB réel de l’Ontario s’est accru de 1,8 % en 2011, après une augmentation de 3,0 % en 2010. Les dépenses d’immobilisations des entreprises ont fortement contribué à la croissance l’an dernier, représentant plus de la moitié de l’augmentation totale du PIB réel. Les investissements dans les machines et le matériel ont été particulièrement robustes, augmentant de 19,8 % en 2011, après une augmentation de 15,2 % en 2010. Cette forte croissance des investissements des entreprises reflète la plus forte compétitivité fiscale de l’Ontario, notamment à la suite de l’entrée en vigueur de la taxe de vente harmonisée (TVH) en juillet 2010. La consommation des ménages a aussi fortement contribué à la croissance générale, augmentant de 2,1 %.

Graphique 2.1: Contributions à la croissance réelle de l’économie en 2011

Le PIB réel de l’Ontario s’est complètement rétabli depuis la récession mondiale de 2008-2009. Au quatrième trimestre de 2011, on estimait que le PIB réel de l’Ontario dépassait de 1,6 % le niveau où il se situait avant la récession en 2008. La croissance solide des dépenses de consommation, le fort rebond des investissements des entreprises et les mesures gouvernementales ont aidé l’Ontario à se remettre de la récession mondiale. Cependant, les exportations demeurent inférieures à leur niveau d’avant la récession.

Depuis le creux survenu pendant la récession en juin 2009, 299 300 emplois nets ont été créés. Le nombre d’emplois à plein temps s’est accru de 300 300 pendant cette période, tandis que le nombre d’emplois à temps partiel est demeuré stable. La majorité des nouveaux emplois nets ont été créés dans des industries où le salaire est supérieur à la moyenne. En février 2012, l’emploi en Ontario affichait 33 500 emplois nets de plus que lors du pic atteint en septembre 2008, avant la récession. Le taux de chômage en Ontario a aussi baissé, passant du sommet de 9,4 % atteint en juin 2009 à 7,6 % en février 2012.

Graphique 2.2: Reprise de l’emploi en Ontario

Depuis juin 2009, l’Ontario crée des emplois à un meilleur rythme qu’au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans tous les États des Grands Lacs. De plus, il mène la course dans l’ensemble du pays.

Graphique 2.3: La reprise de l’emploi en Ontario est plus vigoureuse qu’aux É.-U.

Graphique 2.4: L’Ontario a recouvré un plus grand nombre 	d’emplois que les autres provinces

La nouvelle rÉalitÉ Économique

L’Ontario évolue dans un environnement économique de plus en plus difficile et on s’attend à ce que la situation se prolonge dans un avenir prévisible. Il est à noter que :

  • les économies émergentes augmentent leur part du principal marché d’exportation de l’Ontario, les États-Unis;
  • des prix du pétrole plus élevés et la valeur élevée du dollar canadien par rapport à la devise américaine nuisent à la compétitivité de beaucoup d’entreprises ontariennes.

Au cours de la dernière décennie, l’importance grandissante des économies émergentes a considérablement modifié le paysage économique mondial. Par exemple, en ce qui concerne les importations de marchandises aux États-Unis, la part de la Chine a grimpé de 8 à 18 % entre 2000 et 2011, tandis que la part de l’Ontario est passée de 11 à 7 % au cours de la même période.

Parallèlement à l’augmentation de la production industrielle des économies émergentes, notamment la Chine, la demande d’une vaste gamme de matières premières a connu une hausse considérable, ce qui a entraîné des hausses substantielles de prix. Les prix du pétrole, en particulier, ont augmenté considérablement ces dernières années. Les prix élevés du pétrole posent des difficultés pour l’Ontario parce qu’ils font augmenter les coûts pour les entreprises et les ménages. L’augmentation des prix du pétrole a aussi entraîné un renforcement du dollar canadien, posant ainsi un autre défi concurrentiel pour les entreprises ontariennes. Toutefois, avec son économie diversifiée, l’Ontario est bien placé pour faire face à ces difficultés.

Graphique 2.5: La hausse du dollar canadien et du prix du pétrole sont un enjeu

Bien que, tout compte fait, la hausse du prix des matières premières et le renforcement du dollar canadien aient constitué de nouveaux défis pour l’économie de l’Ontario, ils ont aussi entraîné de nouvelles possibilités.

Au cours des cinq dernières années, la composition et la destination des exportations ontariennes se sont diversifiées. Les prix élevés des richesses naturelles ont stimulé la croissance économique des régions du Canada riches en matières premières, notamment les provinces de l’Ouest et Terre-Neuve-et-Labrador. Entre 2005 et 2010, les exportations ontariennes de biens et de services vers les autres provinces ont augmenté de 11,7 %, tandis que les exportations internationales ont diminué de 16,1 %. Au cours de la même période, alors que les exportations de marchandises vers les États-Unis diminuaient de 28 %, les exportations vers le reste du monde ont progressé de plus de 54 %. De même, les exportations de services – notamment les services financiers, professionnels et scientifiques, et les services de transport – ont bondi d’environ 18 %, tandis que les exportations de produits ont chuté de 17 %.

Graphique 2.6: Les exportateurs ontariens se tournent vers de nouveaux marchés

Bien que l’appréciation du dollar canadien ait nui aux exportations de l’Ontario, elle a aussi fait diminuer le prix des machines et du matériel importés, ce qui offre de nouvelles possibilités aux entreprises ontariennes. De concert avec la réduction des taux d’imposition des investissements dans le cadre du Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, le coût des investissements en Ontario a baissé considérablement. Selon le rapport fDi Intelligence du Financial Times, l’Ontario est une destination de prédilection pour les investissements directs étrangers en Amérique du Nord, tout juste derrière la Californie. En 2010, la province a attiré 127 projets d’investissements directs étrangers, créant plus de 11 200 emplois. Comme on le décrit plus loin dans la présente section, les dépenses au chapitre des machines et du matériel en Ontario ont fortement rebondi depuis la fin de la récession et on prévoit qu’elles continueront de croître à un rythme rapide.

L’incertitude Économique mondiale

Au cours de 2011, l’économie mondiale a ralenti de façon inattendue en raison de l’intensification de la crise de la dette souveraine en Europe et de ses répercussions sur les marchés financiers mondiaux, la confiance des consommateurs et des entreprises et les échanges commerciaux. Les marchés des capitaux internationaux demeurent fragiles, ce qui freine la croissance économique mondiale.

Graphique 2.7: Les perspectives économiques mondiales se sont assombries

La détérioration des perspectives financières de certains pays de la zone euro a miné la confiance en leur capacité et leur volonté de respecter leurs obligations financières. Cela a fait grimper les taux d’intérêt pour la dette de certains pays et diminuer les taux pour d’autres considérés comme des havres de sécurité.

Ces facteurs ont fait plonger la zone euro en récession, bien que la situation varie beaucoup d’un pays à l’autre. Selon les prévisionnistes du secteur privé, l’économie de la zone euro dans son ensemble affichera un recul de 0,3 % cette année.

Graphique 2.8: Recul prévu pour l’économie de la zone Euro cette année

Les effets directs de la crise que traverse la zone euro sur le commerce extérieur de l’Ontario sont minimes. Même si elles ont augmenté au cours des dernières années, les exportations de l’Ontario vers l’Europe représentent à peine plus de 12 % de l’ensemble de ses exportations internationales de marchandises. Les banques canadiennes sont peu exposées aux économies en difficulté de la zone euro. Cependant, la volatilité croissante en Europe pourrait s’étendre autour du monde puisque les marchés des capitaux sont interreliés, ce qui accroîtrait la volatilité des marchés des capitaux en Ontario. Une incertitude prolongée quant à la conjoncture économique et financière à l’échelle mondiale pourrait ralentir la croissance des principaux partenaires commerciaux de l’Ontario et entraîner une baisse des exportations ainsi qu’un ralentissement de la croissance dans la province.

La reprise parmi les économies avancées continue d’être menacée par des turbulences, la croissance devant se modérer encore au cours de l’année. La croissance des économies émergentes et en développement devrait ralentir en raison de la diminution des exportations attribuable à la faiblesse de la demande partout en Europe. Pendant ce temps, la croissance aux États-Unis montre des signes d’accélération. La croissance du PIB réel aux États-Unis est passée de 1,8 % au troisième trimestre de 2011 à un taux annualisé de 3,0 % au quatrième trimestre de la même année.

L’économie américaine

Bien que l’économie mondiale se soit affaiblie, celle des États-Unis, le plus important partenaire commercial de l’Ontario, a présenté des signes encourageants de croissance au cours des derniers mois. Après un début lent en 2011, la croissance s’est accélérée au cours de l’année. La croissance de l’emploi a affiché des tendances à la hausse. L’industrie automobile s’est renforcée depuis août dernier, la production de véhicules et de pièces augmentant de 12,1 % et les ventes de véhicules de 24,3 %. Le marché immobilier américain a également amorcé une remontée. Bien que toujours à des niveaux exceptionnellement faibles, les mises en chantier de logements ont enregistré une hausse de 9,4 % au cours du quatrième trimestre de 2011, atteignant leur plus haut niveau depuis le troisième trimestre de 2008.

Après une augmentation de 1,7 % en 2011, le PIB réel des États-Unis devrait croître de 2,3 % cette année, puis de 2,6 % en 2013 et de 3,0 % en 2014 et en 2015. On prévoit que la situation de l’emploi connaîtra une amélioration modeste, le taux de chômage devant tomber à 6,7 % d’ici 2015.

Malgré les signes positifs relevés récemment, l’économie américaine est en proie à de graves difficultés. Le compte courant et le déficit budgétaire du gouvernement sont financés par des emprunts massifs auprès du reste du monde. Le rapport dette-PIB des États-Unis a atteint 72,6 % en 2011, une hausse marquée par rapport à 2007, alors qu’il était de 42,9 %. Le taux de chômage demeure nettement au-dessus du taux inférieur à 5,0 % enregistré avant la récession. Malgré le renforcement récent du marché immobilier, le pourcentage de prêts vulnérables à une saisie demeure élevé, s’établissant à 4,4 % au quatrième trimestre de 2011.

Graphique 2.9: Affermissement de la reprise aux É.-U.

Les perspectives actuelles pour les ventes de véhicules automobiles et les mises en chantier de logements aux États-Unis demeurent positives. La croissance de ces marchés devrait favoriser une expansion économique générale soutenue. De plus, une saine expansion du secteur manufacturier, accompagnée de hausses de l’emploi et de la production, est l’indication d’une croissance économique générale aux États-Unis.

Aux États-Unis, la vente de véhicules automobiles légers devrait s’accroître et passer de 12,7 millions en 2011 à 14,3 millions en 2012, puis augmenter graduellement pour atteindre 15,4 millions de véhicules d’ici 2015. Les exportations de véhicules de l’Ontario continueront d’augmenter au cours des prochaines années. Cependant, on prévoit que la part du marché américain détenue par l’Ontario diminuera en raison de hausses de production dans des pays où les coûts de fabrication sont plus bas.

Graphique 2.10: Poursuite de la croissance des ventes de véhicules légers aux États-Unis

Même si la part des exportations de l’Ontario vers les États-Unis tend à se contracter depuis quelques années, ce pays demeure de loin le partenaire commercial le plus important de l’Ontario, et de loin. Il était la destination de près de 77 % des exportations internationales de marchandises de la province en 2011. Les exportations de véhicules et de pièces d’automobiles vers les États-Unis ont totalisé 46,6 milliards de dollars en 2011, une hausse de 2,6 % par rapport aux 45,4 milliards de dollars enregistrés en 2010. Elles représentaient 39 % des exportations de la province vers les États-Unis.

Prix du pétrole

Le prix du pétrole a augmenté en 2011, reflétant ainsi l’instabilité politique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) s’est établi en moyenne à 95 $US en 2011, soit une augmentation de 19,7 % par rapport à 2010, ce qui est légèrement inférieur au sommet de 100 $US atteint en 2008. Une augmentation des prix du pétrole se traduit par une hausse de coûts pour les consommateurs et les entreprises, ce qui peut exercer des pressions sur les budgets et entraîner une réduction des dépenses affectées à d’autres produits et services. En ce moment, les tensions avec l’Iran présentent un risque qui pousse à la hausse les prix du pétrole.

Les prévisions du secteur privé pour le prix du pétrole WTI en 2012 se situent entre 91 $US et 111 $US, avec une moyenne de 99 $US. Le ministère des Finances prévoit actuellement que le prix du pétrole brut WTI s’établira en moyenne à 100 $US en 2012, à 104 $US en 2013 et à 108 $US en 2014 et 2015.

Graphique 2.11: Les prix du pétrole demeureront élevés

Le dollar canadien

À la fin de septembre 2011, l’intensification de la crise de la dette souveraine en Europe ainsi que la détérioration des perspectives économiques mondiales et la chute des prix des matières premières ont ramené le dollar canadien sous la parité avec le dollar américain. Depuis, le dollar s’est relevé graduellement, passant d’environ 95 cents à la parité avec le dollar américain, par suite de résultats économiques positifs aux États-Unis et de la hausse des prix du pétrole. Selon les prévisionnistes du secteur privé, le dollar devrait demeurer près de la parité à moyen terme alors que les conditions économiques mondiales s’améliorent et que les prix des matières premières demeurent robustes.

Graphique 2.12: Le dollar canadien demeurera près de la parité

Marchés des capitaux

L’assombrissement des perspectives économiques mondiales et la solidité des fondements économiques du Canada ont rendu les obligations canadiennes très attrayantes aux yeux des investisseurs, causant une baisse marquée des taux d’intérêt au cours des derniers mois. Le rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada n’a jamais été aussi bas qu’à la mi-décembre 2011, alors qu’il s’établissait à 1,84 %.

Graphique 2.13 Augmentation graduelle des taux d’intérêt

Depuis septembre 2010, la Banque du Canada maintient son taux de financement à un jour à 1 %. On s’attend maintenant à ce que la Banque du Canada laisse son taux d’intérêt cible près des faibles niveaux historiques jusqu’au milieu de 2013. Les économistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux d’intérêt des bons du Trésor de trois mois s’établisse en moyenne à 0,9 % cette année, grimpe à 1,4 % en 2013 et atteigne 3,4 % d’ici 2015. Le taux de rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada devrait passer graduellement de 2,2 % cette année à 2,8 % en 2013 et atteindre 4,5 % d’ici 2015.

Le tableau qui suit résume les prévisions liées aux facteurs externes dont le ministère des Finances se sert pour faire ses prévisions de la croissance économique de l’Ontario.


TABLEAU 2.7 Perspectives liées aux facteurs externes
   2009 2010 2011 2012p 2013p 2014p 2015p
Croissance du PIB réel mondial
en pourcentage)
(0,7) 5,2 3,8e 3,3 3,9 4,7 4,8
Croissance du PIB réel des Etats-Unis (en pourcentage) (3,5) 3,0 1,7 2,3 2,6 3,0 3,0
Pétrole brut West Texas Intermediate (en $US le baril) 61,7 79,4 95,1 100,2 103,8 106,5 108,6
Pétrole brut Brent (en $US le baril) 61,7 79,6 111,3 113,6 112,4 113,1 113,6
Dollar canadien (en cents américains) 87,6 97,1 101,1 98,0 101,0 102,5 102,0
Taux des bons du Trésor de trois mois1 (en pourcentage) 0,3 0,6 0,9 0,9 1,4 2,4 3,4
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1 (en pourcentage) 3,3 3,2 2,8 2,2 2,8 3,8 4,5

e = estimation. p = projection de planification du ministère des Finances de l’Ontario fondée sur des sources externes.
1 Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : Perspectives de l’économie mondiale du FMI (septembre 2011 et janvier 2012), U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2012), New York Mercantile Exchange, Intercontinental Exchange, Banque du Canada, enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (mars 2012) et ministère des Finances de l’Ontario.

Le tableau 2.8 présente l’estimation actuelle des répercussions qu’auront les modifications des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario, en supposant que les autres facteurs externes restent inchangés. Les écarts relativement grands des répercussions reflètent le degré d’incertitude des estimations portant sur les réactions de l’économie à des changements dans les conditions externes.

TABLEAU 2.8 Répercussions des modifications durables des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario
(variation en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Appréciation du dollar canadien de 0,05 $US de -0,1 à -0,8 de -0,5 à -1,2
Hausse du prix du pétrole brut de 10 $US le baril de -0,1 à -0,3 de -0,1 à -0,3
Augmentation de la croissance du PIB réel des É.-U. de un point de pourcentage de +0,3 à +0,7 de +0,4 à +0,8
Hausse des taux d'intérêt canadiens de un point de pourcentage de -0,1 à -0,5 de -0,2 à -0,6

Sources : ministère des Finances de l’Ontario.

Perspectives de croissance économique en Ontario

Le ministère des Finances prévoit une croissance du PIB réel de l’Ontario de 1,7 % cette année. La vigueur des investissements des entreprises, des dépenses de consommation modérées et l’amélioration des exportations nettes soutiendront la croissance.

L’emploi devrait s’accroître de 0,9 % en 2012, ce qui correspond à la création de 59 000 emplois nets. Des gains modestes en matière d’emploi et de revenu soutiendront de faibles augmentations des dépenses des ménages. On prévoit que les dépenses de consommation réelles augmenteront de 1,8 % cette année. Les investissements dans le secteur résidentiel devraient diminuer de 1,1 % puisqu’un ralentissement des mises en chantier et des reventes de logements est prévu. Il est prévu que les investissements des entreprises augmenteront d’un bon 5,6 % cette année, à la faveur de la robustesse du dollar canadien et de la plus grande compétitivité fiscale de l’Ontario. Les exportations de l’Ontario devraient s’élever de 2,8 % cette année tandis que les importations devraient afficher une hausse de 1,8 %.

Graphique 2.14: Prévision de croissance soutenue

Le ministère des Finances prévoit que l’économie de l’Ontario continuera à croître. On prévoit que le PIB réel affichera une hausse de 2,2 % en 2013, de 2,4 % en 2014 et de 2,5 % en 2015. La croissance devrait être mieux équilibrée qu’elle ne l’a été au cours de la dernière décennie. Les échanges commerciaux nets, qui se sont détériorés de 2000 à 2010 par suite de la forte appréciation du taux de change, devraient avoir une incidence positive sur la croissance à moyen terme. En raison des solides assises de l’Ontario – la compétitivité fiscale, un système de santé public fort, l’éducation et la formation ainsi que l’infrastructure –, les investissements des entreprises devraient apporter une robuste contribution à la croissance. Les dépenses de consommation devraient y contribuer dans une moindre mesure, les ménages s’adaptant à des taux d’endettement élevés. Les dépenses des gouvernements affectées aux biens et services, qui ont soutenu la croissance économique alors que les exportateurs étaient aux prises avec l’appréciation du dollar, devraient avoir un effet neutre sur la croissance à moyen terme, car tous les ordres de gouvernement compriment leurs dépenses afin de rétablir l’équilibre budgétaire.

La croissance économique devrait

Au cours de la période 2013-2015, la croissance de l’emploi devrait s’établir, en moyenne, à 1,5 % par année. On prévoit que le taux de chômage continuera de diminuer pour passer d’une moyenne annuelle de 7,7 % en 2012 à 6,7 % d’ici 2015.

Graphique 2.16: L’emploi continuera de croître

Graphique 2.17: Baisse du taux de chômage

Le revenu du travail devrait augmenter en moyenne de 4,0 % par année au cours de la période de 2012 à 2015. De même, le revenu des particuliers devrait connaître une croissance moyenne de 3,7 % par année pendant la même période.

La croissance de la consommation devrait cependant ralentir, à mesure que la demande refoulée par suite de la récession est comblée et que la Banque du Canada commence à relever les taux d’intérêt. Après une accélération rapide de 3,6 % en 2010, on estime que la consommation réelle a augmenté de 2,1 % en 2011 et on prévoit qu’elle ralentira encore à un taux de 1,8 % en 2012 avant de s’élever à 2,4 % en 2013.

Graphique 2.18: Augmentations soutenues des dépenses

On prévoit que le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Ontario s’établira à 1,7 % en 2012, une diminution par rapport au taux de 3,1 % enregistré en 2011. Après une hausse de 22 % en 2011, le prix annuel moyen de l’essence à la pompe devrait augmenter de 1,7 % en 2012. L’IPC de l’Ontario devrait connaître une augmentation moyenne de 2,0 % par année entre 2013 et 2015, le point médian de la fourchette cible de la Banque du Canada en ce qui concerne le taux d’inflation de l’IPC au Canada.

Les investissements des entreprises profitent d’un fort rebondissement de la croissance des bénéfices, de la réduction des impôts et de la baisse des prix. On estime qu’après une augmentation de 19,1 % en 2010, les bénéfices des sociétés ont connu une hausse de 13,8 % en 2011. Entre 2005 et 2010, le prix de l’investissement dans les machines et le matériel a diminué de 11,8 %. Le Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, comprenant la TVH, a aussi amélioré la position concurrentielle de la province et aidé à déclencher une forte reprise dans les investissements des entreprises. Les investissements réels dans les machines et le matériel ont augmenté de 15,2 % en 2010 et, selon les estimations, de 19,8 % en 2011.

On prévoit que la croissance des investissements réels dans les machines et le matériel demeurera robuste, augmentant de 6,3 % en 2012 et à un taux moyen annuel de 5,5 % entre 2013 et 2015. Les investissements réels dans la construction non résidentielle devraient s’accroître de 3,5 % par année entre 2012 et 2015.

Graphique 2.19: Gains soutenus des dépenses dans les machines et le matériel

Les gains continus dans les ventes de véhicules automobiles aux États-Unis et la croissance relativement vigoureuse de la demande des marchés en émergence soutiendront les exportations de l’Ontario. Les exportations réelles devraient augmenter en moyenne de 3,5 % par année entre 2012 et 2015, ce qui est plus rapide que la hausse de 2,8 % des importations. Cela entraînera une amélioration des échanges commerciaux nets de l’Ontario et contribuera à la croissance économique générale.

Le marché du logement de l’Ontario, qui demeure bien équilibré, est soutenu par une demande solide et des taux d’intérêt hypothécaire plus bas que jamais. On s’attend à ce que les reventes de logements ralentissent cette année, après avoir connu récemment des niveaux élevés, puis qu’elles augmentent modestement jusqu’en 2015. La montée des prix des logements devrait également être plus modeste, s’établissant en moyenne à près de 1,5 % par année de 2012 à 2015.

La demande de logements neufs en Ontario demeurera fonction de la croissance démographique, qui devrait être en moyenne de 1,2 % par année au cours des quatre prochaines années, si l’on en juge par les résultats affichés récemment. C’est donc dire que 650 000 personnes de plus vivront en Ontario d’ici 2015. Il devrait y avoir en moyenne 66 800 mises en chantier de logements par année entre 2012 et 2015.

Graphique 2.20: Le logement demeurera abordable en Ontario

L’endettement croissant des ménages demeure un risque pour les perspectives du marché du logement. Des taux d’intérêt plus bas que jamais ont encouragé les ménages à augmenter leurs niveaux d’endettement au cours des dernières années et, bien que la croissance de l’endettement des consommateurs ait récemment ralenti, l’emprunt hypothécaire continue de croître à un rythme rapide. Comme les taux d’intérêt devraient demeurer près de leur niveau le plus bas jusqu’en 2013, les coûts de service de la dette devraient être encore abordables à court terme. Cependant, la hausse de l’endettement risque de placer certains ménages dans une position vulnérable lorsque les taux d’intérêt commenceront à se relever pour atteindre des niveaux plus traditionnels.

DÉfis À long terme pour l’Ontario

De plus en plus, à travers le monde, on utilise des plans et des projections à long terme pour cerner les grands enjeux qui pourraient avoir des répercussions sur la viabilité à long terme de l’économie et du secteur public.

À long terme, la croissance de la population active de l’Ontario ralentira en raison du vieillissement de la population. L’augmentation du nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans devrait ralentir, passant de 14,5 % entre 2001 et 2011 à 6,6 % entre 2011 et 2021. Le taux global d’activité de la main-d’oeuvre devrait également afficher une baisse dans l’avenir à cause surtout du vieillissement de la population. Le taux d’activité chez les personnes de plus de 65 ans était de 12,6 % en 2011, comparativement à 86,1 % chez les personnes de 25 à 54 ans.

Graphique 2.21: La croissance de la main-d’oeuvre ralentira

Le vieillissement de la population est un défi de taille qui guette les Ontariennes et Ontariens à long terme. Une plus faible proportion de la population en âge d’activité maximale entravera la croissance de la capacité économique future de l’Ontario. Le vieillissement de la population nécessitera également plus de services publics, comme les soins de santé, ce qui rendra encore plus importante la prestation efficiente des services publics.

À mesure que la population de l’Ontario vieillit et que la croissance de la population active ralentit, la croissance de la productivité deviendra un facteur déterminant de la croissance économique. Entre 2001 et 2010, la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail en Ontario a ralenti, passant de 1,3 % entre 1985 et 2000 à 0,5 % entre 2001 et 2010.

Graphique 2.22: La croissance de la productivité ralentira

Au cours des années à venir, compte tenu des défis macroéconomiques et démographiques majeurs qu’il faudra relever, la prospérité de l’Ontario sera fortement liée à sa capacité d’accroître son taux de croissance de la productivité. Le gouvernement a pris des mesures, comme la réforme en profondeur de l’impôt des sociétés et la formation liée au marché du travail, qui contribuent à accroître l’investissement et la productivité en Ontario.

Changement dans les perspectives économiques

Au cours de la dernière année, la croissance économique mondiale a accusé une baisse généralisée et les perspectives se sont détériorées. Lorsque le gouvernement a publié le budget de 2011, les prévisions moyennes du secteur privé établissaient la croissance de l’Ontario à 2,6 % pour 2011. Or, la croissance réelle a été de 1,8 %. Selon les prévisions moyennes du secteur privé, le taux de croissance réelle sera de 1,9 % pour 2012, soit une baisse de presque un point de pourcentage par rapport aux prévisions d’il y a un an. Les prévisions pour 2013 ont également diminué, passant de 2,8 % l’an dernier à 2,3 %.

Graphique 2.23: Les prévisions économiques du secteur privé ont légèrement diminué

Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau suivant fournit des précisions sur les perspectives économiques du ministère des Finances pour les années 2012 à 2015.

TABLEAU 2.9 Économie de l’Ontario, de 2010 à 2015
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projection
   2010 2011 2012 2013 2014 2015  
Produit intérieur brut réel 3,0 1,8e 1,7 2,2 2,4 2,5
   Consommation personnelle 3,6 2,1e 1,8 2,4 2,5 2,5
   Construction résidentielle 8,3 5,1e (1,1) 1,0 2,2 2,3
   Construction non résidentielle (1,6) 5,6e 3,0 4,1 4,0 2,9
   Machines et matériel 15,2 19,8e 6,3 5,3 5,5 5,6
   Exportations 7,5 1,9e 2,8 3,5 3,9 3,9
   Importations 13,3 1,8e 1,8 3,0 3,2 3,1
Produit intérieur brut nominal 5,3 4,2e 3,4 4,1 4,2 4,3
Autres indicateurs économiques            
   Ventes au détail 5,4 3,0 3,0 3,7 3,9 4,2
   Mises en chantier de logements (en milliers) 60,4 67,8 64,0 63,0 69,0 71,0
   Revenu des particuliers 4,2 3,0e 2,9 3,7 4,2 4,3
   Revenu du travail 3,9 3,4e 3,2 4,2 4,3 4,3
   Bénéfices des sociétés 19,1 13,8e 4,0 4,6 4,9 5,1
   Indice des prix à la consommation 2,5 3,1 1,7 2,0 2,0 2,0
   Emploi 1,7 1,8 0,9 1,3 1,5 1,6
   Création d'emplois (en milliers) 108 121 59 89 103 108
   Taux de chômage (en pourcentage) 8,7 7,8 7,7 7,4 7,0 6,7
Facteurs externes importants            
   Produit intérieur brut réel américain 3,0 1,7 2,3 2,6 3,0 3,0
   Pétrole brut WTI (en $US le baril) 79,4 95,1 100,2 103,8 106,5 108,6
   Dollar canadien (en cents américains) 97,1 101,1 98,0 101,0 102,5 102,0
   Taux des bons du Trésor de trois mois1 0,6 0,9 0,9 1,4 2,4 3,4
   Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1 3,2 2,8 2,2 2,8 3,8 4,5

e = estimation.
1 Taux d’intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2012), New York Mercantile Exchange et ministère des Finances de l’Ontario.

Prévisions du secteur privé

Le ministère des Finances consulte des économistes du secteur privé et suit leurs prévisions afin de former les hypothèses de planification du gouvernement. Tous ces économistes prévoient une croissance continue pour l’économie ontarienne en 2012 et pendant les trois prochaines années. Selon la moyenne des prévisions du secteur privé, l’économie ontarienne devrait afficher une croissance de 1,9 % en 2012, de 2,3 % en 2013, de 2,5 % en 2014 et de 2,6 % en 2015. Dans le cadre du processus d’élaboration du budget de 2012, le ministre des Finances a rencontré des économistes du secteur privé pour obtenir leur point de vue. En outre, des membres du Conseil ontarien des prévisions économiques, qui a été créé aux termes de la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières, ont examiné les hypothèses économiques du ministère des Finances en février 2012. Les membres du Conseil ont convenu à l’unanimité que les hypothèses sont raisonnables.

TABLEAU 2.10 Prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB réel de l’Ontario
(en pourcentage)
  2012  2013 2014 2015
BMO Marchés des capitaux (mars) 2,0 2,2
Central 1 Credit Union (février) 2,3 2,8 2,2 3,2
Centre for Spatial Economics (janvier) 2,1 2,4 2,2 2,5
Marchés mondiaux CIBC (mars) 1,9 1,9
Conference Board du Canada (février) 1,9 2,8 2,6 2,5
Groupe Desjardins (février/décembre) 1,7 2,1 2,5 2,5
IHS Global Insight (janvier) 1,7 2,5 2,6 2,4
Valeurs mobilières Banque Laurentienne (décembre) 1,4 1,6
Banque Nationale (mars) 1,7 1,9
RBC Groupe financier (décembre) 2,3 2,3
Groupe Banque Scotia (mars) 1,8 1,9
Groupe financier Banque TD (janvier/février) 1,7 2,3 2,4 2,3
Université de Toronto (février) 1,5 2,7 3,2 3,0
Moyenne selon l'enquête sur les prévisions du secteur privé 1,9 2,3 2,5 2,6
Hypothèse de planification de l'Ontario 1,7 2,2 2,4 2,5

Sources : enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (mars 2012) et ministère des Finances de l’Ontario.

Comparaison avec le budget de l’Ontario de 2011

Les prévisions de croissance sont plus basses que prévu dans le budget de 2011. La croissance plus lente que prévu de l’Ontario procède d’une reprise économique plus faible aux États-Unis ainsi que d’une plus grande incertitude entourant les perspectives économiques mondiales.

TABLEAU 2.11 Changements aux principales hypothèses économiques
Budget de 2012 par rapport au budget de 2011
(variation en pourcentage)
  2011 2012p 2013p
  Budget
2011
Chiffres réels
2011
Budget
2011
Budget
2012
Budget
2011
Budget
2012
Produit intérieur brut réel 2,4 1,8e 2,7 1,7 2,7 2,2
Produit intérieur brut nominal 4,6 4,2e 5,1 3,4 4,8 4,1
Ventes au détail 4,1 3,0 4,3 3,0 4,0 3,7
Mises en chantier de logements (en milliers) 58,6 67,8 63,8 64,0 66,5 63,0
Revenu des particuliers 4,2 3,0e 4,4 2,9 4,6 3,7
Revenu du travail 4,3 3,4e 4,7 3,2 4,8 4,2
Bénéfices des sociétés 12,2 13,8e 9,2 4,0 5,9 4,6
Emploi 1,7 1,8 1,8 0,9 1,8 1,3
Création d'emplois (en milliers) 116 121 118 59 126 89
Facteurs externes importants            
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 99,7 95,1 102,2 100,2 100,6 103,8
Produit intérieur brut réel américain 3,1 1,7 3,3 2,3 3,2 2,6
Dollar canadien (en cents américains) 100,0 101,1 99,7 98,0 99,3 101,0
Taux des bons du Trésor de trois mois1 (en pourcentage) 1,4 0,9 2,6 0,9 3,7 1,4
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1 (en pourcentage) 3,5 2,8 4,1 2,2 4,7 2,8

e = estimation. p = projection de planification du ministère des Finances de l’Ontario.
1 Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : Statistique Canada, Société canadienne d’hypothèques et de logement, Banque du Canada, New York Mercantile Exchange, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (mars 2012) et ministère des Finances de l’Ontario.

1 Selon les données disponibles le 6 mars 2012.