Allocution devant le Canadian Club et l'Empire Club
Le 3 mars 2009
L'Honorable Dwight Duncan,
Ministre des Finances et du Revenu
Merci Helen de cette généreuse présentation.
Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui et de voir que vous êtes venus en si grand nombre.
C'est curieux comme les ministres des Finances sont toujours tellement plus populaires en période de crise économique.
Pour reprendre les paroles de Will Rogers, il n'y a rien de plus facile au monde que de devenir populaire; le plus dur, c'est de le rester.
Vous savez, j'ai la chance d'avoir l'un des emplois les plus intéressants et les plus stimulants qu'on puisse imaginer.
Mais très franchement, les défis auxquels je suis confronté en tant que ministre des Finances sont loin d'être aussi intimidants que ceux qui affligent les familles qui perdent un emploi.
Car ce sont ceux-là les véritables défis, les véritables conséquences.
L'Ontario, tout comme le reste du monde, est aux prises avec cette dure réalité.
Le Fonds monétaire international (FMI) a précisé que : « l'économie mondiale fait face à la pire crise en 60 ans ».
Le marasme que nous connaissons aujourd'hui couvait depuis un certain temps.
Déjà en 2006, notre gouvernement évoquait les signes annonciateurs d'un ralentissement de l'économie américaine, de la hausse des prix du pétrole et de la montée du dollar canadien.
Tous ces facteurs ont nourri la crise qui a si durement frappé le monde entier à la fin de 2008.
Aujourd'hui, chacune des provinces canadiennes doit résister à des forces sur lesquelles elles n'exercent aucun contrôle.
L'ampleur et la nature des défis varient, mais le résultat est le même : la crise économique et financière sévit à la grandeur du Canada.
En tant que député de Windsor, je peux vous assurer que cette situation pèse lourdement sur nos familles et nos collectivités.
Ici, en Ontario, nous avons fait en sorte d'être mieux préparés.
Depuis notre entrée au pouvoir, nous avons investi dans les fondements mêmes d'une économie vigoureuse.
Et au cours des cinq dernières années, le gouvernement McGuinty a investi dans une économie saine et productive.
L'une après l'autre, les études vantent l'incidence marquée et positive d'un système universel de santé et d'enseignement public sur la productivité et la compétitivité.
Des travailleurs en santé se rendent au travail chaque jour. Et les investisseurs s'intéressent aux ressorts territoriaux dotés d'un système d'assurance-santé publique – cet aspect joue d'ailleurs un rôle déterminant dans les décisions d'investissement.
Au chapitre de l'éducation, nous prenons des mesures pour préparer la relève, dès le plus jeune âge, à l'économie de l'avenir.
Le rapport coûts-avantages est évident : sur le plan économique, un enseignement précoce de qualité offre des dividendes mesurables à long terme.
L'enseignement postsecondaire ouvre également de nombreux horizons et contribue grandement à la croissance économique à long terme.
Une main-d'œuvre instruite est plus productive, gagne davantage et fait preuve de plus d'innovation.
Nous avons étayé ces principes fondamentaux de sorte que l'Ontario puisse demeurer concurrentiel, tant aujourd'hui que demain.
En 2007, les secteurs manufacturier et forestier étaient en difficulté et, dans l'ensemble, l'économie ontarienne était plutôt anémique.
Cette réalité émergeait progressivement aux quatre coins de l'Amérique du Nord et dans le reste du monde.
Notre gouvernement se devait donc de prendre des mesures immédiates en fonction des conditions économiques dominantes.
C'est alors que nous avons instauré notre plan économique en cinq points dans le but de stimuler la compétitivité.
Par le biais de ce plan en cinq points, nous avons ravivé un certain nombre de mesures d'encouragement qui commencent maintenant à porter fruit.
Ce plan, le premier du genre au Canada à faire face au ralentissement actuel de l'activité économique, a permis d'investir l'équivalent de plus de 1 % du PIB.
Ainsi, en 2008-2009, nous avons investi près de 10 milliards de dollars dans l'infrastructure, créant quelque 100 000 emplois.
De ces investissements, plus de 7,5 milliards de dollars ont été injectés dans des projets qui sont présentement en cours.
Nous avons également apporté notre soutien à l'innovation et réduit les impôts des entreprises.
Nous avons affecté d'importantes ressources à la formation et au recyclage professionnel des Ontariennes et Ontariens en préparation d'une économie mondiale en perpétuel changement.
Nous avons aussi consolidé nos partenariats, de manière générale – avec les municipalités, avec le gouvernement fédéral, avec les peuples autochtones de l'Ontario, et avec nos partenaires des secteurs clés de l'économie.
Ce sont là les éléments fondamentaux qui formeront la base de mon prochain budget.
Au cours de notre premier mandat et de la première année de notre deuxième mandat nous avons équilibré nos budgets, réduit notre dette et réalisé des investissements historiques dans les fondements de notre économie – la santé et l'éducation.
Par ailleurs, au cours des quatre dernières années, la province de l'Ontario a connu une croissance sans précédent en termes de revenus.
En fait, la croissance des dépenses n'a jamais dépassé la croissance des revenus tandis que nous étions à la barre. On ne peut pas en dire autant de nos prédécesseurs.
Nous avons multiplié les investissements en Ontario tout en préservant un rapport dette-PIB étonnamment bas.
Depuis que nous avons équilibré le budget il y a trois ans, nous avons abaissé la dette de 3,2 milliards de dollars et diminué de 3,3 milliards de dollars la dette restante d'Hydro, tout en réduisant notre rapport net dette-PIB.
Depuis trois ans, nous avons déposé des budgets équilibrés. Et nous étions sur la voie d'un autre budget équilibré avant d'être frappés par cette crise financière.
La situation mondiale a tout changé pour tout le monde.
« Continuer comme si de rien n'était » n'est pas une solution.
Aux quatre coins du monde, les gouvernements luttent contre ce gigantesque défi.
La capacité de l'Ontario de réagir à cette réalité reste limitée par notre dimension relative – nous sommes un gouvernement infranational évoluant au sein d'une vaste économie mondiale.
Il a fallu du temps et il a fallu la complicité de certains facteurs mondiaux – d'ailleurs considérables – pour en arriver là, et il faudra du temps et de la collaboration entre tous les gouvernements pour nous en sortir.
Comme je l'ai mentionné tout à l'heure, nous avions commencé à forger des débouchés et à consolider notre économie depuis quelque temps déjà.
Mais aujourd'hui, la conjoncture est tout autre, et nous devons réagir à cette nouvelle réalité.
Et il n'y a pas de solution toute simple.
Il ne suffit pas non plus de parvenir à résister aux défis qui nous font face.
Nous devons prendre des initiatives à long terme.
Nous devons examiner les mesures immédiates qu'il nous faut prendre afin de contrer les répercussions les plus pressantes de la crise économique et les pertes d'emplois.
Et en même temps, nous devons nous assurer que l'Ontario soit prêt en vue de sa prochaine phase de croissance.
Les gouvernements doivent instaurer un climat favorable à la création d'emplois et à la compétitivité.
Et c'est ce que nous entendons faire.
La stratégie préconisée par le gouvernement McGuinty conduira notre province à la reprise économique et bien au-delà.
Le 26 mars, je déposerai le prochain budget du gouvernement.
Ce budget comportera des mesures d'incitation à la création d'emplois à court terme, ainsi qu'une stratégie axée sur la compétitivité et la croissance à long terme.
Notre stratégie aura pour effet immédiat de stimuler l'activité économique et de créer des emplois.
Les plus grands spécialistes s'entendent pour dire que les initiatives de relance économique peuvent être fort utiles, lorsqu'elles sont appliquées de manière stratégique, ciblée et opportune.
Mais les mesures de relance budgétaire ne peuvent à elles seules résoudre une récession.
Notre stratégie aura une portée bien plus générale.
Notre stratégie veillera à ce que l'Ontario soit prêt pour l'avenir : que notre économie continue de créer des emplois, qu'elle suscite une nouvelle phase de croissance, et que la province se démarque comme un chef de file au sein de la nouvelle conjoncture économique mondiale.
Mais je vous donnerai plus de détails le jour de la présentation du Budget. Si je vous en parlais plus longuement aujourd'hui, il faudrait que je vous passe à la déchiqueteuse.
Vous pouvez vous attendre à des investissements soutenus au niveau de l'infrastructure, des Ontariennes et des Ontariens, de la création d'idées et de l'économie verte.
Une récente étude réalisée par le Brookings Institute confirme que, non seulement le développement de l'infrastructure crée-t-il des emplois, mais il contribue également à façonner les perspectives d'emploi de demain.
Nous continuerons aussi d'investir dans les compétences et la formation.
Compte tenu de la nature dynamique de l'économie mondiale, il est primordial que nos travailleurs soient préparés en vue d'un apprentissage permanent.
La formation demeure le meilleur moyen d'aider les travailleurs à décrocher des emplois plus payants au sein d'industries en pleine évolution.
Bill Gates a récemment souligné que l'élément déterminant d'une position dominante dans le monde des affaires et la recherche innovatrice réside dans une meilleure éducation.
Le gouvernement doit sans cesse s'efforcer d'accroître son efficacité et sa productivité.
Nos dépenses seront judicieuses et nous continuerons d'appliquer les principes d'une gestion financière prudente.
Nous veillerons à ne jamais entraver la croissance par une réglementation encombrante et inutile.
Nous redoublerons d'efforts en matière de réglementation rationnelle, sans jamais compromettre l'intérêt public.
Et nous continuerons d'encourager l'innovation.
Dans cet ordre d'idées, l'économie verte occupe une grande place dans le plan à long terme de l'Ontario.
Il y a deux semaines seulement, mon collègue George Smitherman a déposé la Loi sur l'énergie verte.
Cette initiative placera l'Ontario au rang de chef de file mondial en matière d'énergie renouvelable, tout en créant 50 000 emplois au cours des deux prochaines années.
En tant qu'ancien ministre de l'Énergie, je suis tout à fait convaincu que c'est la voie à suivre.
De telles mesures innovatrices permettront à l'Ontario de se distinguer – et nous procureront un sérieux avantage concurrentiel.
Je suis également fier d'ajouter que le gouvernement McGuinty s'applique depuis pas mal de temps déjà à réduire les coûts des entreprises.
Dans le dernier budget, nous avons octroyé des allégements fiscaux sous la forme d'une réduction et d'une élimination rétroactive de l'impôt sur le capital.
Nous avons prolongé le taux d'amortissement accéléré, et nous avons accéléré la réduction des taux d'impôt scolaire applicable aux entreprises.
Nous cherchons maintenant à faire encore plus.
Nous tenons à faire encore davantage pour aider les Ontariennes et Ontariens à créer des emplois tout en soutenant la recherche et le développement - des axes créateurs de croissance à long terme.
Dans un contexte où domine une plus grande compétitivité fiscale, les entreprises sont mieux en mesure de faire affaire, de croître et d'embaucher.
Enfin, le budget de cette année nous préparera en vue de la prochaine phase de croissance.
Ce budget prendra appui sur les investissements que nous avons déjà réalisés, et il esquissera notre plan en terme d'innovation et de compétitivité pour l'avenir.
Les Ontariennes et Ontariens peuvent s'attendre à un budget qui stimule dès aujourd'hui la création d'emplois, tout en consolidant notre avantage concurrentiel de demain.
À l'échelle mondiale, et d'un océan à l'autre du Canada, les gouvernements luttent afin de parvenir à maintenir les services et limiter les répercussions de cette violente crise économique mondiale.
Il en va de même pour l'Ontario.
Confrontés à des revenus en baisse et à une crise mondiale qui frappe durement nos entreprises, les gouvernements aux quatre coins du monde doivent assumer un déficit.
L'été dernier, l'Alberta prévoyait un surplus de 8,5 milliards de dollars, mais son gouvernement vient récemment d'annoncer que, cette année seulement, il anticipait désormais un déficit de 1,4 milliard de dollars.
L'automne dernier, le gouvernement du Canada tablait sur des années de surplus, mais en janvier dernier, il a reconnu qu'un déficit de 64 milliards de dollars était à prévoir au cours des deux prochaines années.
Dernièrement, bien des gens ont formulé différentes hypothèses quant à l'ampleur du déficit qu'affichera l'Ontario.
Plusieurs chiffres ont été avancés – presque tous dans les dizaines.
Nous présenterons nos prévisions les plus plausibles dans le budget.
Toutefois, je peux d'ores et déjà vous dire que le déficit composé de l'Ontario pour l'année en cours et l'année suivante sera de l'ordre de 18 milliards de dollars.
Sur la base de nos revenus et du ratio déficit-PIB, il s'alignera sur celui du Canada et d'autres territoires comparables.
Compte tenu de ces paramètres, le déficit sera inférieur à celui enregistré aux É.-U., et assurément plus bas que ce que l'Ontario avait connu au début des années 1990.
Un déficit n'est pas une chose à prendre à la légère. Mais en cette période particulièrement difficile, c'est une nécessité.
Lorsque je présenterai nos chiffres d'ici quelques semaines, je dévoilerai par la même occasion un plan et un échéancier que nous appliquerons afin de sortir l'Ontario de ce déficit.
Au cours des cinq dernières années, nous avons démontré notre engagement envers une gestion responsable des finances, et nous possédons une fiche enviable en termes de réduction du déficit.
Cette expérience et cet engagement se révéleront d'autant plus importants au cours des mois et des années à venir.
Notre budget s'articulera autour de la croissance.
Notre budget portera aussi sur la conservation et la création d'emplois à court terme, et sur l'affermissement de la compétitivité de l'Ontario à long terme.
Notre budget cherchera à répondre aux défis que nous affrontons aujourd'hui et à entraîner l'Ontario dans sa prochaine phase de croissance.
Notre budget fera ressortir toute l'importance d'un gouvernement concurrentiel et d'une gestion responsable des finances.
Notre budget conduira l'Ontario vers un redressement financier et une relance de la croissance économique.
Nous passerons à travers cette période difficile.
Nous devrons faire des choix difficiles.
Il nous faudra tous unir nos efforts.
Cela ne se fera pas du jour au lendemain.
À tous les paliers et à l'échelle du monde entier, les gouvernements devront s'atteler à collaborer ensemble.
Il faudra travailler dur et instaurer une transformation fondamentale dans notre façon de livrer concurrence, ici même en Ontario tout comme à l'étranger.
J'ai confiance que dans quelques années, nous pourrons jeter un regard rétrospectif sur cette période, et que nous nous féliciterons d'avoir fait les bons choix et d'en être ressortis plus forts.
J'ai confiance, car je suis conscient de ce que nous avons été capables d'accomplir par le passé.
J'ai confiance, en raison des compétences et de la productivité de notre main-d'œuvre, de la créativité de nos entreprises, et de l'esprit d'entreprenariat qui imprègne notre société.
L'économie ontarienne en ressortira grandie, plus saine et plus forte.
Nos enfants hériteront d'une province offrant un niveau de vie élevé, où règnent une approche humanitaire envers les plus vulnérables et des possibilités sans bornes de réaliser tout ce qu'ils entreprennent d'accomplir.
Merci.
-FIN-