Le 20 octobre 2009
Bonjour et merci pour ces gentils mots de présentation.
Au cours de l’année écoulée, le monde a connu un ralentissement économique global sans précédent qui a eu des répercussions considérables sur presque tous les pays du monde entier.
L’effondrement total du système bancaire américain et mondial a été évité de justesse.
Nous avons été témoins de la restructuration de la dette de deux anciens géants de l’automobile, GM et Chrysler. Si les États-Unis, le Canada et l’Ontario n’avaient pas injecté des investissements de près de 80 milliards de dollars, ces deux importants employeurs auraient coulé.
Le Royaume-Uni — toute l’Europe — et, bien sûr, les États-Unis ont été forcés de faire face à des conséquences très graves pour leur économie.
Le Canada, l’Ontario et nos provinces sœurs n’ont pas été épargnés.
Les gouvernements du monde entier ont exhorté le FMI et l’OCDE à mettre au point d’importantes mesures de relance économique pour tenter d’éviter de plonger davantage dans la récession.
En conséquence, ce sont quasiment tous les pays qui affichent à présent une dette et un déficit plus importants que prévu.
En Ontario, nous sommes aussi confrontés à de très graves enjeux, mais je suis certain que nous nous montrerons à la hauteur de la situation.
Ne rien cacher pendant une crise est, selon moi, d’une importance capitale.
L’un des rôles les plus importants de tout ministre des Finances est d’informer les gens de l’état des finances publiques.
Comme l’a dit un jour Thomas Jefferson, « Si la population est bien informée, elle a confiance en son propre gouvernement ».
Plus tard cette semaine, je vais présenter nos plus récentes perspectives économiques pour l’Ontario ainsi qu’une revue actualisée de notre situation budgétaire.
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de ce qui nous attend, en tant que gouvernement et en tant que province, et de la manière dont nous allons faire face aux répercussions du ralentissement économique mondial.
Au cours de l’année écoulée, la récession a eu de lourdes conséquences sur l’économie mondiale d’une ampleur que personne n’avait prévue.
De nombreux pays connaissent une diminution considérable de leurs recettes et une augmentation de leurs dépenses alors que les gens se tournent de plus en plus vers leur gouvernement pour obtenir de l’aide.
La dégradation marquée de l’économie mondiale et le resserrement du crédit ont ébranlé la confiance des entreprises et des consommateurs.
L’Ontario n’est pas à l’abri de ces forces plus grandes : des emplois ont été détruits, des entreprises ont fermé leurs portes et les recettes publiques ont chuté de façon spectaculaire.
Nous commençons à voir des signes de reprise économique.
Les marchés financiers affichent des résultats encourageants.
Les consommateurs reprennent confiance. Les dépenses sont à la hausse et le marché de l’immobilier enregistre de meilleurs résultats.
La semaine dernière, le Fonds monétaire international a revu à la hausse ses prévisions concernant la croissance économique pour l’année prochaine de 3,1 pour cent par rapport à ses précédentes estimations de 2,5 pour cent.
Bien qu’elles donnent une lueur d’espoir, elles ne signifient pas grand-chose quand on est à la recherche d’un emploi.
Nous ne sommes pas encore tirés d’affaire et il y aura beaucoup à faire avant que nous ne voyions un retour complet à une forte croissance.
Les risques menaçant la reprise économique ne sont pas écartés. Nous sommes très dépendants en Ontario de la reprise aux États-Unis. La rapidité avec laquelle ils s’en remettront aura des effets importants sur les entreprises ontariennes.
Nous sommes encore à la merci de risques comme la hausse du dollar canadien, la hausse du prix du baril de pétrole et l’escalade des taux d’intérêt.
N’oubliez pas que cela fait à peine deux mois que nous notons des signes de croissance économique positive. Nous avons besoin de plus de temps qu’auparavant pour pouvoir déclarer de façon absolue la fin de la récession.
Nous pourrions fort bien connaître une période longue et laborieuse avant de voir les premiers signes d’une véritable reprise économique.
Nous savons également que le nombre des emplois et l’augmentation des recettes publiques retarderont la croissance économique.
Nous devons veiller à ce que les signes de la reprise se multiplient avant de crier victoire.
L’Ontario, comme bien d’autres, a connu une forte baisse de ses recettes publiques, surtout au cours de l’année écoulée.
Le Canada, l’Alberta, la Colombie-Britannique, les États-Unis, le Royaume-Uni — parmi tant d’autres — ont été logés à la même enseigne. Nous avons aussi dû faire face aux conséquences de la situation financière internationale et de la récession mondiale.
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé en juillet que « […] Le ratio d’endettement des pays développés du G20 devrait atteindre près de 40 points du PIB d’ici 2014, soit une hausse jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Notre propre gouvernement fédéral, et il ne s’agit pas là de critiques, affiche un important déficit – qu’il n’avait pas prévu à peine un an plus tôt.
Plusieurs provinces canadiennes prévoient désormais d’enregistrer un déficit, alors qu’il y a moins d’un an, elles affichaient des excédents.
Les États-Unis enregistrent un déficit de près de 1,5 billion de dollars – plus de 10 pour cent de son PIB.
Selon certains économistes, les États-Unis vont devoir proposer un second ensemble d’importantes mesures de stimulation économique, ce qui va faire grimper encore davantage le déficit.
En Ontario, comme nous l’avons indiqué dans les comptes publics : le produit de l’impôt sur les sociétés a diminué en une année de 48,1 pour cent, du jamais vu — plus de 6 milliards de dollars.
En parallèle, en période de récession, la demande de services gouvernementaux augmente.
Par exemple, un plus grand nombre de personnes a droit à l’aide sociale et plus nombreux sont les gens qui ont besoin d’acquérir de nouvelles compétences. En période de ralentissement économique, les personnes comptent de manière plus importante sur les services publics.
Nous ne sommes pas les seuls à faire face à de tels enjeux. Bien qu’en Ontario, cette année, nous avons aussi subi les effets du secteur de l’automobile.
Le secteur de l’automobile en Ontario emploie directement et indirectement des centaines de milliers de personnes. L’Ontario construit plus de voitures que n’importe quel État ou province en Amérique du Nord.
C’est pour cette raison que le gouvernement McGuinty a fait des investissements nécessaires : nous avons octroyé 4 milliards de dollars pour préserver des emplois dans toute la province et maintenir notre leadership dans le secteur – pas seulement dans le secteur de la fabrication, mais aussi dans celui des pièces d’automobile, des concessionnaires, et de la réparation d’automobiles.
Nous avons choisi de sauver des milliers d’emplois, de sauver des collectivités entières du gouffre financier, et de contribuer à modeler un secteur plus allégé et beaucoup plus compétitif.
Il s’agissait des bons investissements à faire au bon moment. Nous avons utilisé nos dollars comme l’avait suggéré le FMI, comme l’avait conseillé l’OCDE – et aux niveaux que l’un et l’autre avaient recommandés. Plus important encore, nous avons dépensé nos dollars conformément aux besoins de la population de l’Ontario.
Ces investissements étaient ce qu’il convenait de faire, mais ils ont un coût.
Franchement, le ralentissement économique mondial a frappé plus tôt et plus fort l’Ontario que d’autres régions du Canada. Nous sommes aussi davantage influencés par les événements économiques aux États-Unis en raison de l’importance de nos échanges commerciaux et de la proximité de leur marché.
Beaucoup de gens oublient que nos secteurs manufacturiers et forestiers à vocation exportatrice ont fait face à une forte hausse du dollar et du prix du pétrole, alors que d’autres provinces profitaient encore de redevances de marchandises records.
Cette récession a frappé de plein fouet l’économie ontarienne.
Je m’étendrai davantage sur l’’économie lors de mon Exposé économique d’automne plus tard cette semaine.
Comme tant d’autres, nous nous débattons avec un important déficit.
Notre déficit sera proportionnel à la taille de l’économie de l’Ontario, par rapport à l’économie du Canadia. Il ne sera pas disproportionné par rapport à des entités comparables.
Dans le budget qui sera déposé au printemps prochain, nous présenterons notre plan de retour à des budgets équilibrés et de pérennité des services publics essentiels qui font partie intégrante de notre compétitivité économique.
L’Ontario, comme bien d’autres, ne s’en remettra pas en une année.
Si l’on se fie aux prévisions actuelles, il faudra attendre 2011 avant que notre économie ne retrouve les niveaux du début de 2008.
Les gouvernements du monde entier et du Canada doivent confronter la réalité selon laquelle il n’existe pas de solution miracle ou de solution instantanée aux enjeux financiers qu’y accompagnent la conjoncture économique.
Pour remettre cela dans son contexte, la taille actuelle de notre PIB est identique à celle qu’il avait en 2005. Nos recettes publiques sont aussi revenues à leurs niveaux de 2005.
De ce point de vue, même avec une croissance modérée du PIB, cela prendra un certain temps avant que nous ne puissions crier victoire sur les enjeux financiers. Pour l’Ontario, pour le Canada, pour de nombreuses autres provinces et pour la plupart des autres pays du G20, cela se traduira par plusieurs années de déficit budgétaire.
Le défi consistant à assurer la pérennité des services publics, tout en retrouvant un équilibre financier plus ferme, est un défi que nous ne pouvons pas occulter. Toute la population ontarienne doit, ensemble, relever ce défi.
Notre gouvernement, avec l’aide de toute la population ontarienne, est prêt à le relever.
Pour pouvoir continuer à investir dans des priorités clés, tout en réduisant le déficit, nous devons nous concentrer sur nos priorités et faire des choix stratégiques mais, parfois, difficiles.
Au cours des prochains mois, le gouvernement va procéder à un examen de la prestation des services afin de s’assurer que chaque dollar est dépensé plus judicieusement.
J’aimerais pendant quelques minutes vous parler de ce que nous faisons pour aider à atténuer les effets du ralentissement sur les familles ontariennes et de la manière dont nous préparons l’Ontario à une croissance à long terme.
L’Ontario, comme bien d’autres, a investi dans un ensemble de mesures de stimulation économique axées sur la création et le maintien des emplois, les infrastructures et l’acquisition de nouvelles compétences.
C’était ce qu’il convenait de faire au moment du Budget et c’est ce qu’il convient encore de faire aujourd’hui. Pendant des décennies, les infrastructures en Amérique du Nord et en Europe n’ont pas concilié la croissance des populations et les besoins communautaires.
La preuve de l’importance d’investir dans les infrastructures n’est plus à faire. Cela permet de créer des emplois à court terme et de stimuler immédiatement les collectivités locales.
Il s’agit bien plus que de ponts et de routes – qui sont tout aussi importants – il est aussi question d’écoles, de collèges et d’universités.
Cela concerne les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée. Cela concerne l’eau et l’électricité. Et, bien évidemment, cela concerne également les routes. Si vous empruntez l’autoroute Queen Elizabeth, ou la 404, vous verrez à quoi servent aujourd’hui ces dollars.
À long terme, les investissements en matière d’infrastructure contribuent à bien préparer la province à une croissance économique soutenue.
J’ai eu l’occasion d’écouter une intervention du célèbre économiste Paul Krugman de passage à Waterloo il y a quelques semaines de cela. Il met en exergue le fait que, et je suis assez d’accord avec lui à ce sujet, cet ensemble de mesures de stimulation économique concerne aussi le secteur public dans son ensemble.
Lorsque les gens travaillent – que ce soit dans des hôpitaux, des écoles, des collèges et des universités — lorsque les gens dirigent des villes et des systèmes de transport, ils remboursent aussi des hypothèques, font leur épicerie et contribuent en règle générale à l’économie.
Pour nous sortir de la crise actuelle, nous avons besoin que les entreprises dépensent et que les personnes dépensent.
En tant que représentant élu, je sais que c’est bien plus que cela. Une récession peut avoir des conséquences à long terme sur la vie des gens.
Des parents perdent leur emploi et leurs moyens de subsistance. Des personnes âgées s’inquiètent du caractère adéquat de leur revenu de retraite.
C’est la raison pour laquelle notre gouvernement a dépensé et continue de dépenser de l’argent pour l’éducation, pour des stratégies de réduction de la pauvreté et pour l’acquisition de nouvelles compétences. Nous avons suivi le meilleur avis possible fourni par d’éminents économistes dans le monde et adopté la bonne ligne de conduite.
Pour bien préparer l’Ontario à la croissance à la fin de cette récession, nous avons proposé un vaste ensemble de mesures fiscales, parmi lesquelles la taxe de vente harmonisée (TVH) et d’autres réductions fiscales.
S’il est vrai que le passage à une taxe de vente unique sur la valeur ajoutée est une chose nouvelle pour de nombreuses personnes, l’Ontario rejoindrait plus de 130 pays et quatre de nos provinces sœurs.
La TVH réduira de manière permanente et importante les impôts des grandes et des petites entreprises à travers la province.
En même temps, les Ontariennes et les Ontariens bénéficieront d’un allégement fiscal permanent.
Au moins 93 pour cent de la population ontarienne bénéficieraient d’une diminution de l’impôt des particuliers. Nous avons également proposé une réduction permanente de la taxe de vente et de l’impôt foncier concernant les contribuables à revenu faible et moyen.
Ces réductions d’impôt permettront d’accroître la progressivité du système fiscal de l’Ontario.
Des économistes comme Hugh Mackenzie ou Jack Mintz ont mis en exergue les avantages d’une telle initiative.
À l’instar des gouvernements du monde entier, nous étions prêts à relever le défi posé par cette récession. Les investissements que nous avons effectués sont adaptés au contexte d’une économie mondiale précaire.
À l’instar des gouvernements du monde entier, nous avons dû faire en sorte que les personnes continuent à travailler. Nous avons dû veiller à ce que le secteur ontarien de l’automobile survive et soit en position de se développer.
À l’instar des gouvernements du monde entier, nous avons dû investir pour créer des emplois, pour aider les collectivités, et pour améliorer nos services publics qui sont essentiels.
Ce qui importe ici, c’est que nous avons posé des gestes immédiats pour aider l’Ontario à traverser la récession.
À l’instar des gouvernements du monde entier, à mesure que nous sortons de cette récession, nous allons devoir nous débattre avec un déficit plus important que prévu et assurer la pérennité de nos services publics essentiels.
Cet enjeu sera aussi difficile à relever que la récession en tant que telle.
Le gouvernement McGuinty ne recule pas devant les défis.
Comme l’a dit un jour John Kenneth Galbraith, « Tous les grands dirigeants ont un point en commun : la volonté d’affronter sans équivoque les grandes angoisses de leur peuple à leur époque ».
Nos premières années au pouvoir se sont concentrées sur la reconstitution des services publics. Nous avons investi dans nos écoles, dans notre système de santé, dans nos collèges et nos universités, et dans l’environnement.
À présent, avec la perspective de la reprise économique, nous devons nous concentrer sur la pérennité des services publics.
Le défi consistant à assurer la pérennité des services publics ne commencera qu’avec la relance économique.
Nous devons prendre les devants en maintenant la croissance de notre économie et en veillant à la pérennité de nos services publics qui sont si importants pour notre compétitivité sur l’échiquier international.
Au fur et à mesure que nous sortons de cette récession, et nous en sortirons, nous devrons nous pencher sur notre déficit et notre dette.
De concert avec l’ensemble de la population ontarienne, notre gouvernement fera preuve de leadership, de détermination et adoptera, pour ce faire, une approche équilibrée et fondée sur des principes.
Nous nous concentrerons nettement sur nos priorités : la santé et l’éducation, et notamment sur la journée complète d’apprentissage destinée aux jeunes enfants de quatre et cinq ans.
Et à mesure que nous prendrons des décisions difficiles à l’avenir, les Ontariennes et les Ontariens peuvent être certains que ces décisions seront éclairées par nos valeurs d’équité, en ciblant les personnes qui en ont le plus besoin et en investissant dans le futur.
Nous continuerons de redoubler d’efforts pour que les Ontariennes et les Ontariens en aient encore davantage pour leur argent.
L’Ontario grandira et prospérera après la récession.
Nous disposons d’une population active bien éduquée et hautement qualifiée; nous avons un système de santé de qualité – et ce sont là des avantages économiques incontestables.
Pas plus tard que cet été, Toyota a annoncé une extension de son usine de Cambridge, en Ontario. Quand on leur a demandé pourquoi ils avaient choisi Cambridge, ils ont répondu que c’était en raison de la qualité de la main-d’œuvre ontarienne.
Nous comptons également, ici en Ontario, la présence importante d’entreprises du 21e siècle en pleine croissance – dans les services financiers, la technologie de l’information, le secteur de la création et du divertissement, pour ne citer que quelques exemples – qui, malgré le ralentissement économique, continuent d’engager du personnel.
Notre Loi sur l’énergie verte fait désormais de nous un chef de file en encourageant l’adoption d’une économie verte.
L’Ontario a une belle force d’âme – en tant que population et en tant que province.
Nous avons déjà connu des temps difficiles, et nous en connaîtrons d’autres, mais l’Ontario, à la fin, prospère toujours et va toujours de l’avant.
Quand nous serons sortis de cette crise, car nous en sortirons, l’Ontario en ressortira grandi; l’Ontario en ressortira meilleur; et l’Ontario en ressortira plus fort.
Merci.