Je vous remercie de votre aimable présentation.
Lorsque je déposerai le budget de l’Ontario la semaine prochaine, je soulignerai le fait que l’économie présente de nombreux signes positifs.
Nous avons affiché une croissance économique pendant cinq trimestres de suite, et la tendance se poursuit.
C’est significatif.
Pour moi, à titre de ministre des Finances, et pour les économistes qui suivent l’évolution de la province.
Pour les Ontariennes et Ontariens, la question la plus significative est d’avoir un emploi.
Un emploi qui leur permet de nourrir leur famille et de se loger.
Comme vous le savez, l’Ontario a récupéré 91 pour 100 des emplois perdus durant la récession.
Selon les données de Statistique Canada, 86 pour 100 des emplois créés sont des emplois à temps plein.
Ce sont des progrès – et nous aimerions que ces progrès continuent.
Voilà pourquoi nous nous efforçons sans relâche de donner aux entreprises les outils nécessaires pour créer encore plus d’emplois bien rémunérés.
Comme la plupart des gouvernements du monde entier, lorsque la récession a frappé, nous avons agi.
Nous avons stimulé l’économie en investissant dans l’infrastructure.
Nous avons protégé les services publics.
De concert avec les gouvernements américain et canadien, nous avons investi dans l’un des plus grands employeurs en Ontario – le secteur de l’automobile.
Nous avons investi dans de nouveaux programmes de formation afin de donner aux travailleurs licenciés les compétences dont ils ont besoin pour être concurrentiels sur le marché du travail.
Nous constatons avec plaisir que l’économie remonte la pente et que l’avenir s’annonce prometteur. Nos investissements – et le travail acharné des Ontariennes et des Ontariens – portent leurs fruits.
Nous devons aussi reconnaître que ces investissements, qui visaient à aider nos familles, ont coûté cher à notre gouvernement.
Par conséquent, nous faisons maintenant face à un défi… un défi que nous ne pouvons pas ignorer.
En réalité, il incombe à chacun de nous, peu importe l’âge, le sexe et même l’allégeance politique, de relever le défi que constituent le déficit et la dette.
Permettez-moi de vous donner un petit cours d’histoire sur la dette de l’Ontario.
Au début des années 1990, le NPD a dû faire face à de véritables défis en raison de l’économie mondiale.
Le gouvernement a réagi en augmentant la dette de l’Ontario.
À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les conservateurs sous MM. Harris et Hudak ont connu une période de croissance économique sans précédent mais ont quand même fait augmenter la dette de la province.
Dernièrement, l’Ontario, comme la plupart des territoires du monde entier, a subi un grave ralentissement économique et sa dette a augmenté.
Depuis une génération, les partis de toute allégeance politique font augmenter la dette de l’Ontario.
Chacun vous donnera ses raisons et vous expliquera pourquoi elles ont du sens – ou comme certains pourraient dire du « bon sens ».
Certains pourraient prétendre que dépenser est en soi un moyen de parvenir à une fin.
Quant à moi, je vous dirai bien entendu que les défis auxquels nous avons fait face ces deux dernières années sont plus valables que ceux auxquels mes prédécesseurs se sont mesurés.
Je ne suis pas ici aujourd’hui pour vous convaincre. Laissons l’électorat et l’histoire en décider.
Maintenant que nous avons établi que la dette présente un défi et que, pour l’instant, aucun parti politique n’est ni plus ni moins responsable que les autres à cet égard, nous devons commencer à parler des moyens à prendre pour relever le défi financier actuel.
Nous avons de l’expérience à cet égard puisque nous avons éliminé le déficit dont nous avions hérité et que nous avons équilibré le budget pendant trois années de suite avant la récession mondiale.
La croissance économique nous aidera à faire face au défi financier créé par la récession.
Voilà pourquoi nous avons fait autant d’efforts pour changer les facteurs fondamentaux de notre économie en réduisant de moitié le taux d’imposition des nouveaux investissements des entreprises.
Pourtant, la croissance économique à elle seule ne suffit pas à éliminer le déficit.
Beaucoup trop de pressions s’exercent sur le système pour que cela soit possible.
En proportion du total des charges de programmes du gouvernement, le budget pour les soins de santé atteint déjà presque 45 pour 100.
Ajoutons à cela l’éducation – une priorité clé bien connue du gouvernement McGuinty et, j’ajouterais, une composante fondamentale d’une économie concurrentielle et en pleine expansion – et nous atteignons presque 70 pour 100 du total des charges de programmes du gouvernement.
Il y a différentes manières de faire plier la courbe des coûts.
Nous avons des choix – deux voies distinctes mènent à l’élimination du déficit et au remboursement de la dette.
Le premier est simple : sabrer les programmes.
On pourrait choisir de réduire les prestations pour nos citoyens à faible revenu, d’abandonner nos infrastructures et de laisser se délabrer nos universités et nos collèges.
On pourrait faire bien des coupures spécifiques.
On pourrait mettre à pied quelque 33 000 enseignantes et enseignants.
Ou réduire de 12 000 le nombre de médecins en Ontario.
Ou éliminer le financement de 37 000 postes d’infirmières et d’infirmiers.
Ou encore réduire le financement de 80 pour 100 de tous les lits dans les foyers de soins de longue durée.
L’un ou l’autre de ces choix nous ferait économiser environ 3 milliards de dollars.
Et, en passant, une somme de 3 milliards de dollars est à peu près l’équivalent d’une réduction d’un point de la TVH.
S’il s’agit de faire des compressions, la tâche est en fait assez facile.
Il suffit de trouver un programme dont le coût est élevé – la plupart se trouvent dans les secteurs de l’éducation ou des soins de santé – et de s’en débarrasser.
La majorité des coûts associés à ces programmes sont liés aux salaires.
Les salaires qui paient pour les emplois.
Les emplois et les gens.
Notre système d’éducation est maintenant reconnu comme l’un des meilleurs au monde.
Un gouvernement résolu à simplement sabrer les dépenses pourrait éliminer cet avantage d’un seul coup.
Bien entendu, réduire simplement les dépenses comporte des inconvénients.
Les compressions qu’il faudrait effectuer mineraient nos avantages concurrentiels.
Je suis fier de dire que 80 délégations de partout au monde sont venues nous visiter l’an dernier pour voir ce que nous pouvions leur apprendre.
Dans un monde concurrentiel où un grand nombre de pays en développement consacrent des milliards de dollars à leurs systèmes d’éducation, nous devons nous assurer de continuer à bâtir le meilleur système d’éducation public au monde ici même en Ontario – de la maternelle jusqu’aux études supérieures – de sorte que nos enfants soient bien préparés pour rivaliser avec les autres enfants du monde.
Des compressions dans le secteur de l’éducation feraient rater à l’Ontario l’occasion de s’assurer un avenir plus prospère, dans un monde changeant et compétitif.
Toute personne qui affirme que le budget peut être équilibré seulement par des gains d’efficience non spécifiques ne vous dit pas la vérité.
Et elle ne parle pas franchement des répercussions que ces compressions pourraient avoir sur une reprise économique fragile. Il suffit de regarder l’exemple du Royaume-Uni.
Des compressions arbitraires et générales arrêteraient net la reprise économique.
Parlons maintenant de l’autre façon de réduire le déficit.
Cette façon de faire est plus complexe que de simplement effectuer des compressions.
Si nous, en tant que gouvernement, et vous, en tant que contribuables, ne pouvons nous permettre de vivre avec un déficit permanent, l’Ontario ne peut pas se permettre de sabrer tous ses programmes et ses services.
Nous nous sommes fixé l’objectif, en ces temps difficiles, de protéger nos écoles et nos hôpitaux.
Afin d’atteindre cet objectif, nous devons continuer de trouver de nouvelles façons de faire les choses que nous faisons.
Depuis plusieurs années, le secteur public demande à ses partenaires du secteur privé d’accroître la productivité.
Maintenant plus que jamais, c’est sur le secteur public que s’exerce la pression d’accroître la productivité.
L’optimisation des ressources exige que nous cessions d’essayer de tout faire pour tout le monde afin de concentrer nos ressources sur les programmes hautement prioritaires qui influent directement sur les services de première ligne offerts à la population.
Lorsqu’on dispose de ressources limitées, il est particulièrement important de distinguer les services fondamentaux des services accessoires qu’il serait bien d’offrir.
Le gouvernement devra trouver de nouvelles manières de dispenser des services publics de qualité.
Nous examinerons les services et déterminerons lesquels nous devrions continuer à offrir dans le cadre de programmes particuliers, ainsi que ceux que d’autres fournisseurs pourraient offrir de manière plus judicieuse et plus efficiente et avec de meilleurs résultats pour la population.
Nous avons appliqué cette stratégie pour notre système fiscal et nous pouvons maintenant envisager des économies de 440 millions de dollars au cours des cinq prochaines années grâce au transfert de la perception des impôts au gouvernement fédéral, tout en facilitant la tâche des gens d’affaires qui sont assujettis à des règles complexes d’imposition des sociétés et de perception de la taxe de vente.
En décembre dernier, j’ai annoncé le début d’une série de mises à jour sur les mesures que nous mettons de l’avant afin d’optimiser l’argent des contribuables.
Nous avons envisagé une foule de solutions telles que l’élimination des avantages accessoires inutiles et la mise hors service de plus de 15 000 imprimantes et serveurs.
Imaginez un peu, à notre époque où règnent les communications de haute technologie à grande vitesse, le nombre de télécopieurs qui se trouvaient dans tous les bureaux du gouvernement et qui monopolisaient des lignes téléphoniques.
Nous avons éliminé près de 1 300 lignes de télécopieurs.
Il y a deux semaines, j’ai annoncé que nous avions dépassé de 5 pour 100 notre objectif de réduction du nombre d’organismes.
Nombre des changements que nous avons apportés ont permis d’économiser relativement peu d’argent.
Pourtant, notre travail avec les organismes nous a démontré que la réforme approfondie des modes de fonctionnement du gouvernement consiste également à travailler avec ingénuité et à faire en sorte que la population puisse interagir plus facilement avec l’administration publique.
Parmi les organismes que nous éliminons, mentionnons la Société de développement de l'Ontario, la Société de développement de l'Est de l'Ontario et la Société de développement du Nord de l'Ontario.
Le gouvernement a également le Fonds de développement économique de l'Est de l'Ontario.
La semaine dernière, nous avons dissolu la Société de gestion de ce fonds.
Elle n’avait été constituée qu’en 1995.
Imaginez-vous à la tête d’une petite entreprise désireuse d’avoir accès à cet organisme.
Nous avons maintenant mis fin à la confusion et à la frustration que cette situation entraînait, et nous continuons à soutenir les petites entreprises locales dans toute la province.
Prises individuellement et comparées au budget de l’Ontario, qui s’élève à 125 milliards de dollars, ces mesures récentes peuvent sembler peu considérables.
Nous avons réussi à trouver des économies de 1,3 million de dollars en regroupant des sites Web.
En réduisant les déplacements de fonctionnaires, nous avons économisé 30 millions de dollars l’an dernier et nous réaliserons des économies supplémentaires de 10 millions de dollars cette année.
Toutefois, toutes ces économies s’additionnent.
Il nous reste des objectifs plus ambitieux à atteindre et des économies encore plus considérables à repérer.
Grâce aux mesures que nous avons appliquées au cours des derniers mois et aux nouvelles initiatives que j’annoncerai dans le budget la semaine prochaine, nous avons décelé de nouvelles économies de près de 1,5 milliard de dollars pour les trois prochains exercices.
Notre système correctionnel est l’un des secteurs où nous réaliserons des économies.
Un grand nombre de nos prisons sont vieilles.
Puisqu’elles ne sont pas efficientes, elles ne peuvent accueillir le nombre maximal de détenus.
Nous avons décidé qu’il n’était guère sensé de détenir des gens dans une prison construite dans les années 1850.
Depuis quelques années, nous construisons des prisons plus modernes, par exemple à Windsor et à Toronto.
Les nouvelles prisons se caractérisent par un rapport prisonniers-personnel beaucoup plus efficient.
Les prisons plus modernes ont donc une capacité accrue et sont plus économiques.
Grâce aux travaux de construction de ces immeubles, nous créons des centaines d’emplois.
Lorsque ces prisons modernes et efficientes seront prêtes, nous pourrons y transférer les détenus des prisons vétustes et non efficientes.
Les économies que nous réaliserons en réduisant le nombre de prisons et en aménageant des établissements plus efficients pourront être réaffectées à des initiatives de lutte contre le crime.
Ces économies pourront être investies dans les services policiers et d’aide aux victimes.
Il ne s’agit là que d’un exemple de la manière dont nous transformons les modes opérationnels du gouvernement.
Nous continuerons à éliminer les chevauchements.
On ne peut trouver de nouvelles possibilités d’optimisation des ressources du jour au lendemain.
Ceux qui soutiennent que c’est facile ne vous disent pas la vérité.
Une véritable réforme de l’administration publique exige que l’on s’ouvre aux nouvelles idées provenant de toutes les sources : les syndicats, les entreprises, la gauche, la droite, le secteur parapublic et le secteur privé.
Le déficit et les défis que pose la dette de l’Ontario sont bien réels.
La question n’est pas : « Devons-nous régler ces problèmes? »
Mais bien : « Comment pouvons-nous les régler? »
Les généralisations concernant le « gaspillage » sont faciles à faire, mais elles ne font rien pour équilibrer le budget.
De telles affirmations sont courantes lorsqu’on entend procéder à des réductions d’impôts inconsidérées qui ne font pas partie d’un plan ciblé visant à créer des emplois et à stimuler la croissance.
Ceux d’entre nous qui parlent d’éliminer le déficit, de rétablir l’équilibre budgétaire et de rembourser la dette ont la responsabilité d’expliquer à la population des idées précises sur la manière de réaliser ces objectifs.
On ne peut économiser 3 milliards de dollars en réduisant la consommation de papier ou les déplacements, en ayant moins recours à des experts-conseils et en éliminant des organismes.
Je le sais fort bien, car nous avons déjà appliqué ces mesures.
Dans le budget que nous présenterons la semaine prochaine, j’en dirai davantage sur les finances de l’Ontario et sur notre plan visant à éliminer le déficit.
Peu de temps après cela, le vérificateur général publiera un rapport dans lequel il indiquera si ce plan est raisonnable ou non. Nous avons fait adopter une loi pour qu’il en ait la possibilité avant des élections.
Toutes ces mesures font partie d’un dialogue continu que les Ontariens et Ontariennes méritent d’avoir.
On doit accorder une attention particulière à ce dialogue, qui doit être équitable et transparent.
Ce dialogue doit se poursuivre et nous sommes déterminés à le faire.
À cet échange se greffe la responsabilité d’expliquer quelles valeurs motivent nos choix.
Notre gouvernement se fait le champion des services publics.
Les Ontariennes et Ontariens veulent que leurs enfants reçoivent la meilleure éducation qui soit, pour qu’ils aient la chance d’obtenir plus tard de bons emplois bien rémunérés.
Ils veulent un système public de soins de santé fiable qui sera là quand ils en auront besoin.
Bien sûr, ces services nous aident et nous soutiennent en tant que société, mais ils sous‑tendent également la compétitivité de notre économie.
Pour réaliser ces objectifs, il faut une approche équilibrée.
Voilà pourquoi les investissements stratégiques que nous faisons aujourd’hui pour renouveler notre infrastructure et protéger nos systèmes de santé et d’éducation produisent les résultats nécessaires pour édifier une économie forte.
L’Ontario a récemment fait face à divers défis.
En Ontario, nous savons relever nos manches et triompher de l’adversité.
Nous faisons face à un autre défi fort réel et je ne doute pas un instant que nous saurons le relever avec brio.
Nous avons un plan pour réaliser nos objectifs.
La mise en oeuvre de ce plan exigera encore beaucoup d’efforts au cours des prochaines années.
En travaillant côte à côte, nous protégerons nos écoles.
Nous protégerons nos hôpitaux.
Nous éliminons le déficit.
Nous établissons une économie vigoureuse et compétitive qui crée des emplois et fera en sorte que l’Ontario continuera à remporter des succès exceptionnels sur la scène économique mondiale.
Merci.