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Horizon 2025 : Une évaluation des perspectives à long terme de l'Ontario


Ontario

Horizon 2025 :
Une évaluation des perspectives
à long terme de l'Ontario

Ministère des Finances


Pour de plus amples renseignements concernant Horizon 2025 : Une évaluation des perspectives à long terme de l'Ontario, s'adresser au :

Horizon 2025
Ministère des Finances
95, rue Grosvenor, Queen's Park
Édifice Frost Nord, 3eétage
Toronto (Ontario) M7A 1Z1

ou appeler au :

Centre d'information du ministère des Finances
Demandes en français : 1 800 668 5821
Demandes en anglais : 1 800 337-7222
Téléimprimeur (ATS) : 1 800 263-7776

Pour avoir la version électronique du document, visiter le site Web du ministère à :
www.fin.gov.on.ca

On peut aussi se procurer des exemplaires du présent document à :
Publications Ontario
880, rue Bay, Toronto (Ontario)
M7A 1N8
Téléphone : 416 326-5300
Sans frais : 1 800 668-9938
Téléimprimeur (ATS) sans frais : 1 800 268-7095
Site Web : www.publications.gov.on.ca

© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario, 2005
Toronto (Ontario)

This document is also available in English under the title:
Toward 2025: Assessing Ontario's Long-Term Outlook

ISBN 0-7794-8911-X (Imprimé)
ISBN 0-7794-8912-8 (HTML)
ISBN 0-7794-8913-6 (PDF)
09-05-2M

AVANT-PROPOS

L'HONORABLE GREG SORBARA
MINISTRE DES FINANCES

Horizon 2025 : Une évaluation des perspectives à long terme de l'Ontario est la première évaluation à long terme de la situation financière et du contexte économique de l'Ontario réalisée par le gouvernement provincial. Ce rapport vise à informer les Ontariennes et Ontariens ainsi que les personnes qui s'intéressent à l'avenir de l'Ontario des défis que l'Ontario devra relever et des occasions qu'il pourra saisir au cours des 20 prochaines années.

Le présent rapport fait suite à l'engagement du gouvernement McGuinty de prendre des décisions transparentes et de rendre des comptes à la population qu'il sert. Dans le cadre de cet engagement, la Loi sur la transparence et la responsabilité financières, adoptée en 2004, prévoit l'obligation d'évaluer à long terme la situation financière de l'Ontario dans les deux années qui suivent chaque élection générale.

Horizon 2025 est le premier rapport du genre au Canada et l'un des premiers dans le monde dont l'auteur est un gouvernement infranational. Le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont récemment publié des rapports semblables axés sur le long terme.

Il est extrêmement risqué de prédire l'avenir. Il est inévitable qu'au cours des 20 prochaines années, des facteurs que personne ne peut prédire aujourd'hui influeront sur l'Ontario. L'élaboration d'hypothèses sur ce type d'imprévu dépasse la portée du présent rapport qui vise précisément à déterminer et à analyser les défis que l'Ontario devra relever et les occasions qu'il pourra saisir au cours des 20 prochaines années. Les données contenues dans le présent rapport sont les plus fiables dont nous disposons aujourd'hui.

Nous espérons que ce rapport sera lu par un large éventail de lecteurs. Il vise à la fois à informer et à susciter un débat éclairé sur les questions qui peuvent influer sur l'élaboration des politiques au cours des prochaines années. De toute évidence, le présent rapport n'est ni un énoncé de politique gouvernementale, ni un ensemble de critères décisionnels. Les lecteurs qui recherchent une analyse approfondie des politiques et des programmes actuels du gouvernement peuvent consulter diverses publications gouvernementales, dont le budget de l'Ontario, le document Perspectives économiques et revue financière de l'Ontario, les comptes publics de l'Ontario et Produire des résultats pour l'Ontario : Rapport d'étape 2004.

Les sociétés démocratiques comme l'Ontario prospèrent lorsque les prises de décisions concernant les questions de politiques publiques sont précédées par des discussions et des débats publics éclairés. Le présent rapport a pour objet d'étayer ces discussions et de façonner ces débats au moyen de renseignements fiables et d'une analyse pertinente et structurée. C'est notamment de cette façon que nous pouvons travailler ensemble à l'implantation d'une économie plus dynamique et d'une démocratie plus forte.

Enfin, j'aimerais dire jusqu'à quel point notre gouvernement apprécie le travail des hommes et des femmes de l'intérieur et de l'extérieur de notre administration qui ont participé à l'élaboration du présent rapport. La qualité de leur travail est un autre exemple concret de l'engagement de la fonction publique envers l'avenir de l'Ontario.

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS

SOMMAIRE
Méthodologie
Contenu du rapport
Défis pour l'Ontario

GLOSSAIRE


1 PROJECTIONS DÉMOGRAPHIQUES ET RÉPERCUSSIONS


Introduction
Section I : Tendances et projections démographiques
Section II : Répercussions des perspectives démographiques
Conclusion
Appendix 1A : La génération du baby-boom
Appendix 1B : Les aînés les plus âgés

2 PROJECTION À LONG TERME DE LA CROISSANCE DE L'ÉCONOMIE DE L'ONTARIO


Introduction
Section I : Projection de la croissance à long terme de l'économie de l'Ontario
Section II : Autres scénarios de croissance économique
Section III : Facteurs influant sur la croissance de l'économie ontarienne
Section IV : Facteurs externes touchant l'économie de l'Ontario
Section V : Facteurs structurels ayant une incidence sur l'avenir économique de l'Ontario
Section VI : L'infrastructure et l'économie
Conclusion
Appendix 2A : Évolution de la composition de l'économie de l'Ontario
Appendix 2B : Tableaux sur les projections économiques détaillées
Appendix 2C : Comparaison des projections du ministère des Finances avec d'autres prévisions

L'OPINION D'UN EXPERT : GLEN HODGSON, CONFERENCE BOARD DU CANADA

L'OPINION D'UN EXPERT : TOM MCCORMACK, CENTRE FOR SPATIAL ECONOMICS

3 RENFORCEMENT DE LA CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ


Introduction
Section I : Croissance de la productivité et des revenus de l'Ontario
Section II : Mesures pour renforcer la croissance de la productivité
Conclusion

4 FACTEURS INFLUANT SUR LES COÛTS FUTURS DES SOINS DE SANTÉ


Introduction
Section I : Aperçu des tendances passées concernant les dépenses de santé du gouvernement provincial
Section II : Principaux facteurs de coût du système de santé de l'Ontario
Section III : Les facteurs démographiques comme facteur de coût pour les soins de santé
Section IV : Utilisation
Conclusion

5 FINANCES INTERGOUVERNEMENTALES


Introduction
Section I : Perspectives financières fédérales-provinciales
Section II : Interaction financière entre la province et les municipalités
Conclusion

6 PERSPECTIVES FINANCIÈRES À LONG TERME DE L'ONTARIO


Introduction
Section I : Projections financières selon le scénario de référence
Section II : Répercussions financières de différents scénarios de croissance économique
Section III : Répercussions financières des hypothèses de remplacement sur les dépenses en santé
Section IV : Répercussions financières d'autres hypothèses concernant les transferts fédéraux
Conclusion
Appendix 6A : Facteurs influant sur la capacité fiscale
Appendix 6B : Tableaux des prévisions financières détaillées pour les scénarios de référence, de forte croissance et de faible croissance

REMERCIEMENTS

INVITATION À PRÉSENTER VOS OBSERVATIONS



SOMMAIRE

Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières

Le présent rapport présente, conformément à la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières, une évaluation à long terme de l'avenir économique et financier de l'Ontario. Il comprend une description des changements prévus dans l'économie et le profil démographique de la province au cours des 20 prochaines années, une description des retombées éventuelles de ces changements sur le secteur public et la situation financière de l'Ontario au cours de cette période et une analyse des enjeux financiers clés susceptibles d'influer sur la soutenabilité à long terme de l'économie et du secteur public.

Le présent rapport est une invitation au débat lancée aux gouvernements, aux entreprises, aux universitaires, aux syndicats, aux organismes sans but lucratif, aux citoyens et à quiconque s'intéresse à l'avenir de l'Ontario.

MÉTHODOLOGIE

 

Pour élaborer les prévisions économiques et financières présentées dans le présent rapport, on a échafaudé plusieurs scénarios économiques et financiers ayant abouti à un scénario de référence. On a examiné et utilisé les tendances passées et prospectives pour avancer des hypothèses raisonnables pour l'avenir. Fait essentiel, tous les scénarios échafaudés partent du principe qu'il n'y aura pas de changement dans les politiques gouvernementales actuelles.

On a supposé qu'il n'y aurait pas de changement dans les politiques

D'autres scénarios ont également été élaborés pour examiner de possibles variantes aux hypothèses de base formulées dans le modèle de référence.

Le scénario de référence s'appuie sur un certain nombre d'hypothèses de base :
  • Les tendances passées se maintiendront.
  • Le cadre actuel des dépenses (programmes et services) et revenus publics (régimes fiscaux) restera le même.
  • Certains facteurs externes continueront d'influer sur l'Ontario : la santé des économies des États-Unis et d'autres pays, les prix du pétrole et de l'énergie, les décisions du gouvernement fédéral et les taux d'intérêt.
 

L'idée sous-tendant le scénario de référence n'est pas que les politiques ne changeront pas, mais que les prévisions à long terme ne peuvent être formulées en fonction de ce que pourraient être les politiques gouvernementales.

CONTENU DU RAPPORT

 

Le rapport comporte six chapitres qui décrivent certains des plus importants défis et enjeux auxquels l'Ontario devra faire face au cours des 20 prochaines années.

Chapitre 1 : Projections démographiques et répercussions
Principales tendances relevées

Ce chapitre présente les principales tendances démographiques enregistrées dans la province et en analyse les répercussions. Les facteurs démographiques ont une incidence importante sur les affaires de la province, notamment sur la population active, les revenus, les coûts liés aux soins de santé et les besoins en matière d'éducation.

La population devrait atteindre 15,7 millions d'ici 2025

Le chapitre fait le point sur cinq tendances démographiques importantes qui se manifesteront au cours des 20 prochaines années. On prévoit que :

  1. la population de l'Ontario augmentera de 3,1 millions de personnes, pour se chiffrer à 15,7 millions de personnes d'ici 2025;
  2. la croissance démographique sera essentiellement due à l'immigration;
  3. elle sera concentrée dans la région du grand Toronto qui devrait accueillir près de 7,7 millions de personnes d'ici 2025;
  4. la population vieillira : le pourcentage de personnes âgées augmentera rapidement, passant de 12,9 % en 2005 à 19,4 % en 2025;
  5. la croissance de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) ralentira considérablement, passant de 1,6 % en 2005-2006 à 0,2 % par année d'ici
    2024-2025).
Ralentissement de la croissance de la population active

Ce chapitre analyse aussi cinq répercussions importantes des tendances démographiques, notamment : le ralentissement de la croissance de la population active; les changements dans la composition du revenu personnel et les habitudes de consommation et les conséquences pour les revenus fiscaux; les pressions continues exercées sur les dépenses en soins de santé; l'allègement des dépenses en éducation aux paliers élémentaire et secondaire; la demande croissante en matière d'infrastructure urbaine.

Chapitre 2 : Projection à long terme de la croissance de l'économie de l'Ontario
Ce chapitre décrit en détail les principales hypothèses formulées dans le scénario de référence économique et analyse les projections en matière de croissance économique à long terme de la province. Il passe en revue les facteurs internes, externes et structurels qui ont influé, et devraient continuer d'influer, sur la croissance de l'Ontario.
On prévoit une croissance économique à long terme

Les principaux facteurs internes qui devraient influer sur la croissance économique de l'Ontario sont la croissance totale de la population active et la croissance de la productivité. Les facteurs externes comprennent l'économie des États-Unis, les prix du pétrole, le taux de change ainsi que les taux d'inflation et d'intérêt.

Des facteurs structurels généraux, échappant au scénario de référence, pourraient avoir des répercussions sur la croissance économique, notamment l'adaptation aux changements technologiques rapides, l'évolution de la structure des échanges commerciaux au Canada et dans le monde et la mondialisation soutenue des marchés financiers. Le chapitre 2 mentionne aussi brièvement plusieurs enjeux à long terme liés à l'infrastructure, notamment les transports en commun, l'offre et la demande en matière d'énergie, et l'approvisionnement en eau.
Augmentation du PIB par personne

Ce chapitre discute aussi des forces structurelles susceptibles d'influer sur l'économie ontarienne, comme la reconversion des emplois qui passeront du secteur des biens au secteur des services et la transformation rapide des secteurs d'activité. Dans ce chapitre, on explique que la croissance annuelle du PIB devrait accuser un léger ralentissement (pour s'établir à 2,3 % par année) à la suite du ralentissement de la croissance de la population active, mais que le PIB par personne devrait augmenter, passant de 38 000 $ en 2004 à 52 000 $ en 2025 (après correction en fonction de l'inflation), grâce à une productivité accrue. On prévoit que le taux de chômage, qui est actuellement de 6,6 %, tombera à 4,1 % d'ici 2025.

L'annexe 2A s'intéresse à trois secteurs choisis pour leur important potentiel en matière de croissance de l'emploi. On y démontre que l'économie de l'Ontario s'est adaptée aux formidables changements qui ont marqué les deux dernières décennies, et qu'elle est bien placée pour relever les enjeux des 20 prochaines années.

Entre les chapitres 2 et 3, le rapport nous propose l'analyse à long terme de deux experts indépendants : Glen Hodgson, économiste en chef au Conference Board du Canada, et Tom McCormack, directeur du Centre for Spatial Economics.
Contributions d'experts indépendants

Dans son essai sur les tendances économiques mondiales, M. Hodgson souligne l'importance de certains enjeux clés pour l'Ontario, notamment : la transformation démographique mondiale; la politique économique nationale; le rythme et la nature de la mondialisation; les défis qu'il faudra relever pour atteindre la durabilité des ressources et de l'environnement; les menaces diverses pour la sécurité.

M. McCormack, quant à lui, analyse ensuite les facteurs déterminants de la géographie économique de la province. Il décrit la concentration de la croissance dans la région du Golden Horseshoe et prévoit que cette tendance se maintiendra au cours des 20 prochaines années, en insistant sur la nécessité de fournir l'infrastructure qui favorisera la croissance tout en assurant une bonne qualité de vie.
Il est important d'améliorer la productivité

Les trois chapitres qui suivent décrivent les enjeux clés qui, selon les prévisions actuelles, auront d'importantes répercussions sur l'économie de l'Ontario. Ces enjeux, à savoir la productivité, les soins de santé et les finances intergouvernementales, ne sont pas les seuls qui influeront sur l'Ontario, mais ce sont ceux qui ont le plus de chances d'avoir des retombées importantes, voire fondamentales, sur les finances publiques. C'est pourquoi on les a choisis.

Chapitre 3 : Renforcement de la croissance de la productivité
Ce chapitre examine l'importance de la productivité pour l'économie ontarienne et son incidence sur le PIB. Il est important d'augmenter la productivité car, mise à part la croissance de la population active, c'est la seule façon pour l'économie de croître en termes réels. C'est aussi la seule façon d'améliorer le revenu par personne. En soulignant l'importance de la productivité, on reconnaît qu'elle peut créer des richesses et améliorer le niveau de vie.

L'innovation et l'éducation sont fortement encouragées

Ce chapitre s'intéresse aux mécanismes qui peuvent améliorer la croissance de la productivité : un système d'éducation efficace et adapté; un marché du travail souple qui aide les nouveaux diplômés et les nouveaux immigrants; des investissements commerciaux qui permettent aux entreprises ontariennes de rester compétitives; des activités de recherche et développement, notamment des liens plus étroits entre le monde universitaire et le monde des affaires; un régime fiscal concurrentiel; une infrastructure efficace. Le gouvernement, les entreprises et les universitaires contribuent tous à améliorer la productivité.

Chapitre 4 : Facteurs influant sur les coûts futurs des soins de santé
Le secteur de la santé : un défi budgétaire

Ce chapitre traite des coûts futurs associés à la santé. Les soins de santé présentent un défi financier de taille au gouvernement de l'Ontario. Selon des hypothèses raisonnables, la part des dépenses engagées par la province pour les programmes de santé passera de 45 % (en 2004-2005) à près de 55 % (2024-2025). On prévoit que les dépenses en santé augmenteront plus rapidement que le PIB, de 6 % par année en moyenne de 2009-2010 à 2024-2025.

Les coûts liés aux soins de santé sont régis par trois facteurs : les facteurs démographiques (augmentation et vieillissement de la population), l'inflation et l'utilisation. L'utilisation désigne le taux de consommation des services de santé. Ainsi, une nouvelle découverte médicale pourrait avoir pour effet d'accroître le taux d'utilisation puisque les résidents de la province pourront se prévaloir d'un service qui n'était pas offert auparavant. Par croissance de l'utilisation, on entend l'augmentation de la consommation de biens et de services de santé qui s'ajoute aux augmentations liées au vieillissement et à la croissance de la population et à l'inflation.
Les facteurs démographiques et l'utilisation font grimper les coûts

L'argument clé de ce chapitre est que la croissance démographique et le vieillissement de la population ainsi que l'utilisation sont les facteurs déterminants des coûts. La part estimative du vieillissement dans l'augmentation annuelle moyenne prévue des dépenses publiques en santé est légèrement supérieure à 1 % (sur la croissance de 6 %). On prévoit que vers la fin des 20 prochaines années, lorsque la cohorte la plus âgée des baby-boomers atteindra 70 ans, la part de l'augmentation des dépenses attribuable au vieillissement dépassera celle attribuable à la croissance de la population. Cela s'explique du fait qu'en général, les coûts liés aux soins de santé sont plus élevés chez les personnes âgées. Par exemple, en 2002, les dépenses annuelles moyennes par personne engagées par l'Ontario au chapitre de la santé étaient de 2 238 $, comparativement à 17 052 $ pour les personnes âgées de plus de 85 ans.

L'utilisation joue un rôle majeur dans l'augmentation des coûts liés aux soins de santé, mais son taux de croissance futur est très incertain. La croissance de l'utilisation peut améliorer la vie des gens et, en général, permet d'avoir une société en meilleure santé, mais le gouvernement doit être conscient des nouveaux coûts associés aux progrès de la technologie médicale.

Chapitre 5 : Finances intergouvernementales
Pertinence du cadre financier intergouvernemental

Ce chapitre décrit le cadre financier à l'intérieur duquel opère le gouvernement de l'Ontario. Pour prévoir adéquatement la soutenabilité financière de l'Ontario, il est essentiel de discuter des rôles des partenaires financiers. Ce chapitre étudie les finances intergouvernementales dans divers secteurs : impôts, transferts, revenus et dépenses.

Les rapports financiers entre l'Ontario et le gouvernement fédéral influent et continueront d'influer de façon notable sur la situation financière de la province. Dans le chapitre 5, on prévoit que la capacité financière du gouvernement fédéral continuera de dépasser celle du gouvernement provincial, essentiellement parce que la santé est une responsabilité provinciale.

Dans ce chapitre, on avance que si les politiques actuelles restent inchangées, les transferts fédéraux diminueront, passant de 16 % des revenus totaux de l'Ontario à 13,5 % d'ici 2024-2025. On prévoit que la part des dépenses de programme de l'Ontario (au titre de la santé, de l'enseignement postsecondaire et des programmes sociaux) financée par les transferts fédéraux diminuera pour passer de 24 % à l'heure actuelle à 18 % en 2024-2025.
Importance des partenaires municipaux

Les 445 municipalités de l'Ontario reçoivent à la fois des fonds du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial en vertu de diverses ententes. Elles ont un rôle de plus en plus important à jouer dans l'avenir économique de la province. Les municipalités mettent en œuvre des initiatives économiques locales, soutiennent les programmes sociaux et entretiennent une partie de l'infrastructure publique.

Chapitre 6 : Perspectives financières à long terme de l'Ontario

Le dernier chapitre présente les projections financières clés pour l'avenir. Certaines données sont présentées sous formes de projections quinquennales qui illustrent comment la province peut, si l'économie et les politiques ne changent pas, enregistrer une succession d'excédents et de déficits budgétaires.

Tel qu'indiqué dans le budget de l'Ontario de 2005, le gouvernement compte équilibrer son budget en 2008-2009 - ou en 2007-2008 si la réserve n'est pas nécessaire. Selon le scénario de référence, la province peut s'attendre à une série d'excédents budgétaires modestes au cours de la décennie qui suivra si les finances sont gérées avec prudence. Après 2018, selon les projections et si les politiques restent les mêmes, la province risque de retomber en déficit, surtout parce que les dépenses en santé augmenteront plus rapidement que les revenus. Les résultats budgétaires sont sensibles aux différences dans les hypothèses de croissance économique.
Crises possibles

Le chapitre 6 mentionne aussi certains des facteurs qui pourraient modifier radicalement toutes les prévisions. Ce sont, notamment une pandémie, une catastrophe écologique ou une récession mondiale. Des événements favorables pourraient aussi changer en profondeur les prévisions, par exemple, une période de forte expansion économique ou une nouvelle et importante découverte permettant de réaliser des économies et d'améliorer la productivité.

Le chapitre propose pour terminer plusieurs autres scénarios portant sur les retombées éventuelles sur les finances de l'Ontario (on envisage ce qui se passerait en cas de croissance économique forte ou faible), les coûts liés aux soins de santé dans la province et les changements dans les paiements de transfert fédéraux.
De petits changements peuvent avoir des retombées positives

Les scénarios de forte croissance économique ou de faible croissance illustrent les importantes répercussions à long terme pour l'Ontario de petits changements, positifs ou négatifs, que pourraient connaître les coûts ou la croissance. D'ici la fin de la période de 20 ans, par exemple, une légère augmentation du taux de croissance de la productivité pourrait se traduire pour les Ontariennes et Ontariens par un revenu annuel réel beaucoup plus important et, pour le gouvernement, par des excédents budgétaires. Par ailleurs, une légère augmentation des coûts de santé pourrait, si aucune mesure n'est prise, entraîner des déficits budgétaires.

Défis pour l'Ontario

 

Il ne fait pas de doute que dans les 20 prochaines années, la province opérera dans un contexte différent de celui d'aujourd'hui. Selon les données contenues dans le présent rapport, l'Ontario a la capacité et les ressources nécessaires pour relever les défis des 20 prochaines années.

Toutefois, le rapport souligne l'importance des facteurs démographiques et de la croissance de la productivité. La population de l'Ontario augmente, s'urbanise et vieillit, entraînant des pressions sur les soins de santé, l'enseignement supérieur et l'infrastructure. La croissance économique sera plus difficile à maintenir car la population active aura une croissance plus lente. Pour augmenter la productivité, les secteurs public et privé devront se montrer très innovateurs. L'économie ontarienne est également soumise à d'importantes forces externes, comme la performance économique mondiale et les prix du pétrole.

Tout le monde a un rôle à jouer

Toutes les Ontariennes et tous les Ontariens ont un rôle à jouer pour relever les défis décrits dans le présent rapport. Les entreprises et les gouvernements doivent être assez souples pour soutenir, et encourager, le changement. Pour édifier et renforcer l'assise d'une économie vigoureuse, il faudra améliorer l'infrastructure permettant d'augmenter la productivité; élever le niveau d'instruction; moderniser le cadre de réglementation; continuer d'offrir un régime fiscal compétitif; administrer les finances publiques avec prudence.

Vers l'équilibre budgétaire

Les projections contenues dans le rapport soulignent l'importance d'améliorer la productivité par l'innovation. Les entreprises, le gouvernement, les organismes sans but lucratif et les universitaires doivent tous encourager l'entrepreneuriat et l'invention, améliorer les compétences nécessaires à une économie prospère et vanter les mérites de l'Ontario dans le reste du monde.

Pour sa part, le gouvernement de l'Ontario est sur la bonne voie pour équilibrer ses budgets à moyen terme. Pour garder le cap et continuer d'équilibrer ses budgets à long terme, il devra maintenir sa discipline financière. Comme le souligne le rapport, la clé de la prospérité économique de la province se trouve dans l'administration judicieuse des dépenses de santé conjuguée à la fourniture de soins de qualité.

Un bel avenir économique

En conclusion, l'Ontario a un bel avenir économique grâce à sa diversité économique, à sa population instruite, à un secteur public fort et à un secteur privé florissant.

Mise en garde : Ce document résume d'importants travaux et analyses sur les principaux enjeux auxquels fait face l'Ontario, mais ce n'est pas un plan financier. Il se contente de décrire ce qui pourrait arriver et de dresser la liste des questions à surveiller à long terme. Les déclarations et prévisions formulées ici ne sont pas une garantie de performance future et comportent un certain nombre de risques et d'incertitudes difficiles à prévoir. Par conséquent, les futurs résultats et tendances risquent d'être différents de ce qui est prévu.

GLOSSAIRE

Accroissement naturel Nombre de naissances moins le nombre de décès en une année. Élément important de la croissance démographique.
Analyse de sensibilité Technique utilisée afin d'examiner de quelle façon les résultats évoluent si certaines hypothèses ou données entrées dans le modèle sont modifiées.
Capacité fiscale

Mesure quantitative des ressources qu'un gouvernement peut imposer pour dégager des revenus à des fins publiques; la capacité fiscale provinciale désigne le montant des revenus qui pourraient être perçus en vertu d'un régime fiscal représentatif.

Croissance de la productivité Augmentation de la production par unité d'un facteur de production de l'économie. Dans le présent rapport, désigne l'augmentation du PIB réel par heure travaillée. C'est une mesure importante de l'augmentation de la prospérité dans l'économie.
Dollar constant

Représentation théorique d'un dollar dont le pouvoir d'achat demeure le même chaque année, peu importe l'inflation. On l'obtient en divisant le prix en dollars courants d'un article par l'indice des prix, ce qui donne une approximation de l'évolution des prix depuis une année de référence.

Formule de financement des territoires

Transfert de fonds fédéraux aux gouvernements territoriaux afin de les aider à fournir des services publics selon une formule qui comble l'écart entre les besoins en dépenses et la capacité fiscale.

Impartition de proximité

Impartition du travail à des entreprises offrant les avantages économiques d'être situées à l'étranger tout en ayant une meilleure adaptation culturelle, linguistique et géographique avec l'organisation qui sous-traite le travail, comme les sociétés canadiennes de services à l'entreprise qui desservent des entreprises américaines et leur clientèle.

Migration nette

Différence entre le nombre de personnes d'autres pays et d'autres provinces entrant en Ontario et celles qui la quittent. Élément important de la croissance démographique.

Nominal

Se dit d'un montant exprimé en dollars sans correction pour tenir compte de l'évolution des prix causée par l'inflation ou la déflation. Ce n'est pas un bon outil de comparaison de la valeur du PIB d'années différentes; dans ce cas, on a besoin de la valeur «réelle» exprimée en dollars constants.

PIB réel

Façon d'exprimer le produit intérieur brut en supprimant les effets de l'augmentation des prix. Voir aussi «nominal» et «dollar constant».

Population source En éducation, le segment de la population totale qui fournit la majorité des élèves et étudiants inscrits aux divers niveaux du système d'éducation. Les élèves et étudiants peuvent aussi provenir d'autres groupes d'âge de la population.
Pouvoir de dépenser Capacité d'un palier de gouvernement de dépenser dans des domaines de la compétence d'un autre palier de gouvernement; concept habituellement appliqué aux dépenses fédérales dans des domaines de compétence provinciale.
Produit intérieur brut (PIB)

Valeur vénale de l'ensemble des biens et services produits par une économie en une année.

Programme de péréquation

Programme fédéral de transfert de fonds permettant à l'ensemble des provinces, peu importe leur capacité de percevoir des revenus fiscaux, de fournir des services de niveau comparable à des taux d'imposition semblables.

Ratio de dépendance

Mesure du nombre de personnes de 0 à 14 ans et de 65 ans et plus par tranche de 100 personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans).

Ratio dette-PIB

Mesure de la dette d'un gouvernement par rapport à la capacité de l'économie de servir et de rembourser la dette; dette d'un gouvernement en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) du territoire visé.

Région élargie du Golden Horseshoe

Région géographique de l'Ontario englobant la région du grand Toronto et une grande partie du centre de l'Ontario, y compris Peterborough, Waterloo, Niagara et Simcoe.

Résidents non permanents Citoyens étrangers vivant en Ontario (p. ex., étudiants étrangers, travailleurs temporaires ou demandeurs d'asile).
Scénario de référence Projection fondée sur les hypothèses les plus proches de la médiane des prévisionnistes du secteur privé ou de l'expérience passée.
Stock de capital

Valeur vénale de l'ensemble des immeubles, de la machinerie et des équipements d'un pays. Il est difficile d'estimer la valeur des immobilisations plus anciennes parce que ces dernières se déprécient et deviennent désuètes avec le temps.

Structure par âge Répartition de la population selon l'âge.
Taux d'utilisation

Mesure de l'utilisation des services gouvernementaux, tels les soins de santé, indépendante des pressions démographiques ou inflationnistes. Par exemple, augmentation du nombre de prescriptions de médicaments par personne âgée. L'évolution de l'utilisation est souvent associée aux progrès de la technologie médicale.

Transfert canadien en matière de programmes sociaux (TCPS)

Transfert de fonds fédéraux au profit de chaque province et territoire à l'appui de l'enseignement postsecondaire, de l'aide sociale et des services sociaux, notamment pour le développement de la petite enfance ainsi que pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants.

Transfert canadien en matière de santé (TCS)

Transfert de fonds fédéraux au profit de chaque province et territoire à l'appui des soins de santé.

Transfert de fonds

Paiement au comptant effectué d'un palier de gouvernement au profit d'un autre.

Vieillissement de la population

En termes démographiques, le vieillissement de la population désigne une augmentation de la proportion des personnes âgées (de 65 ans et plus) dans la population.

1 PROJECTIONS DÉMOGRAPHIQUES ET RÉPERCUSSIONS

INTRODUCTION

Les facteurs démographiques influent sur les perspectives financières

Le présent chapitre présente les tendances démographiques, parce qu'elles influent considérablement sur les perspectives financières et économiques à long terme de l'Ontario. Il traite de ces tendances au cours des 20 dernières années et propose des projections pour les deux prochaines décennies. Les principales répercussions des tendances prévues sont ensuite expliquées.

La plupart des perspectives démographiques de l'Ontario sont bien établies compte tenu de la structure par âge actuelle de la population. Cinq grandes tendances sont prévues :

  1. Croissance démographique moins rapide mais quand même importante
  2. Rôle accru de l'immigration dans la croissance démographique
  3. Concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines
  4. Croissance moins rapide de la population en âge de travailler
  5. Vieillissement de la structure par âge

Ces perspectives démographiques ont cinq grandes conséquences économiques et financières :

  1. Le vieillissement de la population et la croissance plus lente de la population en âge de travailler ralentiront la croissance de la population active de l'Ontario, ce qui pourrait faire fléchir la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel.
  2. La composition changeante du revenu personnel et les fluctuations prévues des habitudes de consommation à mesure que la population vieillira pourraient ralentir la croissance des revenus fiscaux du gouvernement.
  3. La croissance démographique et le vieillissement de la population maintiendront la tendance à la hausse des dépenses de santé.
  4. La croissance plus lente du nombre d'enfants et d'adolescents pourrait freiner les dépenses en éducation.
  5. La concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines accroîtra la demande d'infrastructure urbaine.
Le vieillissement de la population : un facteur clé Dans l'ensemble, une des principales conclusions du chapitre 1 c'est que la situation financière du gouvernement subira les pressions causées par le vieillissement de la population et la croissance plus lente de la population en âge de travailler.

SECTION 1 : TENDANCES ET PROJECTIONS DÉMOGRAPHIQUES

 
Tendances démographiques des 20 dernières années
Au cours des 20 dernières années, la croissance de la population ontarienne et sa répartition par âge ont changé. Les principales tendances répertoriées sont les suivantes :

Forte croissance de la population

  • Forte croissance de la population, qui s'est accrue de près de 3,3 millions de personnes de 1985 à 2005
    • La population a augmenté en moyenne de 1,5 % par année pendant cette période.
    • La proportion de la population canadienne qui vit en Ontario a également augmenté, passant de 36 % en 1985 à 39 % en 2005.
  • Rôle accru de l'immigration dans la croissance démographique
    • L'accroissement naturel (naissances moins décès) ne représente plus que 30 % de la croissance démographique par rapport à 52 % en 1985, et la migration nette (migration internationale nette plus migration interprovinciale nette) compte pour 70 %, par rapport à 48 % en 1985.
  • Chute du taux de fécondité
    • Le taux de fécondité a chuté sous le seuil de renouvellement des générations de 2,1 en 1972. En 1985, il s'élevait à 1,6, et il a atteint un creux historique de 1,48 en 2002 (d'après les dernières données complètes dont on dispose).
Vieillissement de la population
  • Poursuite du vieillissement de la population
    • De 1985 à 2005, l'âge médian de la population de l'Ontario est passé de 31,6 ans à 38 ans à cause du vieillissement des baby-boomers, de la baisse du taux de fécondité et de la hausse de l'espérance de vie.
    • On comptait 974 000 personnes de 65 ans et plus en Ontario en 1985 (10,5 % de la population). Ces personnes sont maintenant au nombre de 1,6 million (12,9 % de la population).
    • On comptait 1,9 million d'enfants de 0 à 14 ans en Ontario en 1985 (20,5 % de la population). Il y en a maintenant un peu moins de 2,3 millions (18,1 % de la population).
    • On comptait 6,4 millions de personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans) en 1985 (69 % de la population). Elles sont maintenant près de 8,7 millions (69 % de la population).
Croissance dans les centres urbains
  • Concentration de la croissance démographique dans les centres urbains, surtout la région du grand Toronto (RGT)
    • Environ 60 % de la croissance de la population provinciale au cours des deux dernières décennies a été enregistrée dans la RGT, qui comprend la ville de Toronto et les municipalités régionales de Halton, de Peel, de York et de Durham.
  • Accroissement de la diversité
    • D'après le recensement de 2001, 2,2 millions d'Ontariennes et d'Ontariens, soit 19 % de la population, faisaient partie d'une minorité visible, par rapport à moins de 9 % selon le recensement de 1986.
    • Près du quart de la population avait une langue maternelle autre que le français ou l'anglais, plus d'une centaine de langues étant représentées.
Perspectives démographiques pour les 20 prochaines années
Les hypothèses s'appuient sur les tendances passées

Cette section établit les hypothèses sur lesquelles reposent les projections démographiques et décrit cinq grandes tendances démographiques. Au cours des 20 prochaines années, on prévoit une accélération du vieillissement de la population qui s'est manifesté au cours des 20 dernières années ainsi que le maintien des tendances relatives à l'immigration, à la fécondité, à la mortalité et à la croissance régionale.

 

Hypothèses sur lesquelles reposent les perspectives démographiques

Le ministère des Finances de l'Ontario a établi et publié des projections démographiques en mars 2005. Les hypothèses démographiques s'appuient sur les tendances passées concernant tous les aspects de la migration et la poursuite de l'évolution des tendances à long terme concernant la fécondité et la mortalité. Voici les hypothèses employées aux fins des prévisions économiques à long terme contenues dans le présent rapport.

1. Graphique donnant un aperçu des hypothèses démographiques.

 
1. Croissance démographique moins rapide mais quand même importante
 

De 2005 à 2025, la population de l'Ontario devrait continuer de croître. Cependant, on prévoit un fléchissement du taux de croissance, qui passera de 1,3 % la première année à 0,9 % en 2024-2025, pour une moyenne annuelle de 1,1 % par année au cours de cette période. Au cours des 20 dernières années, le taux de croissance annuel moyen a été de 1,5 %.

Croissance démographique prévue

Malgré ce ralentissement prévu du taux de croissance, la population devrait augmenter presque autant d'ici 2025 qu'au cours des 20 dernières années. Selon les prévisions, elle devrait grimper de près de 25 %, soit de 3,1 millions de personnes, faisant passer la population ontarienne de 12,55 millions de personnes en 2005 à 15,66 millions de personnes en 2025.

Au cours de la première période de 10 ans, la population devrait croître en moyenne de 160 000 personnes par année. Pendant la seconde moitié de la période, cette croissance devrait être moins prononcée, s'élevant à 141 000 en 2024-2025.
  2.	Diagramme à barres illustrant le taux de croissance démographique, réel et projeté, en périodes de 5 ans de 1985-1990 à 2020-2025.
 
2. Rôle accru de l'immigration dans la croissance démographique
L'immigration : essentielle à la croissance démographique La part de la croissance démographique attribuable à l'accroissement naturel (défini comme étant les naissances moins les décès) devrait passer de 29 % en 2005-2006 à 27 % en 2024-2025. Cette baisse peut s'expliquer par la hausse des décès découlant du vieillissement de la population, qui viendra neutraliser en partie l'augmentation prévue des naissances parallèle à la croissance de la population.
  3.	Graphique illustrant les éléments de la croissance démographique, la migration nette et l’accroissement naturel, réels et prévus, de 1985 à 2025.
 

La migration nette (la différence entre le nombre de personnes qui s'installent en Ontario et le nombre de personnes qui quittent la province, en provenance ou à destination d'autres pays et provinces) devrait constituer le principal moteur de croissance démographique au cours des deux prochaines décennies. Représentant déjà 71 % de cette croissance en 2005-2006, la migration nette comptera pour 73 % d'ici 2024-2025.

125 000 nouveaux immigrants par année

L'immigration est de loin la composante la plus importante de la migration nette. Selon les projections démographiques du ministère des Finances, l'Ontario devrait accueillir 125 000 immigrants par année au cours des 20 prochaines années. Les immigrants s'installent surtout dans la région du grand Toronto (RGT) et dans les autres grands centres urbains de la province, et cette tendance devrait se poursuivre.

La migration interprovinciale nette devrait influer dans une moins grande mesure sur la croissance nette de la population en Ontario; elle devrait entraîner un gain d'environ 5 000 personnes par année d'ici 2025.
 
3. Concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines
La population de la RGT devrait atteindre près de 7,7 millions de personnes

Toutes les régions de l'Ontario ne devraient pas présenter le même taux de croissance démographique. La RGT, qui accueille actuellement 40 % des personnes qui immigrent au Canada, devrait connaître de loin la plus forte croissance, comptant pour environ 60 % de la croissance démographique prévue pour l'Ontario au cours de la période. Sa population devrait croître de 33 %, passant de 5,8 millions en 2005 à près de 7,7 millions en 2025. La proportion de la population provinciale qui habite dans la RGT devrait passer de 46 % aujourd'hui à 49 % d'ici 2024-2025.

Le Centre de l'Ontario devrait connaître une croissance de 24 %, passant de 2,7 millions d'habitants en 2005 à 3,4 millions en 2025. L'Est de l'Ontario devrait croître de 20 %, passant de 1,7 million à près de 2 millions d'habitants au cours de la même période. Le Sud-Ouest devrait présenter une croissance de 16 %, pour atteindre plus de 1,8 million d'habitants en 2025.

4.	Diagramme à barres illustrant la population prévue des régions de l’Ontario en millions, pour 2005, 2015 et 2025.

Les collectivités du Nord de l'Ontario présentent actuellement une plage d'âge relativement plus élevée et une faible migration d'entrée. En raison de ces tendances, les collectivités et les districts du Nord de l'Ontario devraient connaître une croissance lente ou une baisse de population au cours des deux prochaines décennies. La population autochtone du Nord, dont le taux de natalité est élevé, pourrait contribuer à freiner légèrement le vieillissement de la structure par âge. Dans l'ensemble, la population de la région du Nord-Est devrait baisser de 7 %, soit d'environ 38 000 personnes. Dans le Nord-Ouest, la baisse prévue est de 6 %, ce qui représente environ 14 000 personnes.

 
4. Croissance moins rapide de la population en âge de travailler
Croissance plus lente de la population de 15 à 64 ans

Au cours des 20 prochaines années, la structure par âge de la population ontarienne changera considérablement. Parmi les principales tendances démographiques qui se répercuteront probablement sur la croissance de la population active et, partant, sur la croissance économique, soulignons le ralentissement prévu de la croissance de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans).

Cette population devrait croître à un taux plus faible que par le passé, soit de 17 %, relativement à 35,1 % de 1985 à 2005. Elle passera ainsi de 8,7 millions de personnes en 2005 à 10,1 millions en 2025. Par ailleurs, la proportion de la population totale qui est en âge de travailler devrait commencer à baisser en 2011, passant de 69,6 % cette année-là à 64,8 % vers 2025.

Le taux annuel de croissance de la population en âge de travailler devrait fléchir au cours de la période de prévision, passant de 1,6 % en 2005-2006 à 0,2 % d'ici 2024-2025. Pendant la seconde moitié de cette période, le nombre de personnes âgées et d'enfants devrait croître plus rapidement que celui de la population en âge de travailler.

  5.	Graphique illustrant le taux annuel de croissance par groupe d’âge, réel et projeté, de 1970 à 2025.
 

Au sein de la population en âge de travailler, le groupe des personnes de 15 à 24 ans devrait continuer de croître pendant les 10 premières années de la période de prévision, et fléchir par la suite. Le groupe des personnes de 25 à 64 ans devrait croître pendant toute la période de prévision, augmentant de 21 %.

 
5. Vieillissement de la structure par âge
La vieillissement de la population s'accélérera

Le vieillissement de la population ontarienne s'accélérera au cours des 20 prochaines années à mesure que les baby-boomers entreront dans le groupe des personnes âgées à compter de 2011. D'ici 2031, tous les baby-boomers seront des personnes âgées (voir également l'annexe A).

  6.	Quatre diagrammes à barres illustrant le cheminement des baby-boomers dans la structure par âge de l’Ontario, réel et projeté, pour 1965, 1985, 2005 et 2025.
 

Au cours des 20 prochaines années, le ralentissement prévu de la croissance du nombre d'enfants et de personnes en âge de travailler ainsi que la hausse rapide du nombre de personnes âgées entraîneront le vieillissement de la structure par âge. L'âge médian devrait passer de 38 ans en 2005 à 42,1 ans en 2025.

7.	Diagramme à barres illustrant la répartition de la population par âge, réelle et projetée, en millions, pour 1985, 1995, 2005 et 2025.

Le nombre d'enfants âgés de 0 à 14 ans devrait augmenter de 9 % seulement pendant la période de prévision, alors que la population totale connaîtra une croissance de 24,7 %. La proportion de la population qu'ils représentent passera de 18,1 % en 2005 à 15,8 % en 2025.

Le groupe des personnes âgées devrait croître le plus rapidement

C'est le groupe d'âge des personnes âgées qui devrait croître le plus rapidement; il augmentera de 88,4 %, passant de 1,61 million à 3,04 millions de personnes en 2025. La proportion de la population qui fait partie de ce groupe devrait passer de 12,9 % en 2005 à 19,4 % en 2025. Le nombre de personnes appartenant aux groupes d'âge les plus vieux (75 ans et plus) devrait également augmenter rapidement (voir l'annexe B).

Pendant la première décennie de la période de prévision, le taux annuel de croissance de la population des personnes âgées devrait passer de 2,2 % en 2005-2006 à un sommet de 4,1 % en 2011-2012. Pour le reste de la période de prévision, il devrait demeurer supérieur à 3 % par année, soit environ le triple du taux de croissance de la population totale.

Le nombre et la proportion de personnes âgées devraient continuer de croître après la période de prévision étudiée dans le présent rapport, à mesure que les dernières cohortes de baby-boomers entrent dans ce groupe d'âge et que l'espérance de vie continue d'augmenter.
 

8.	Diagramme à barres illustrant la proportion de la population appartenant aux groupes d’âge les plus âgés, réelle et prévue, pour 1985, 1995, 2005 et 2025.

Le vieillissement de la population fera augmenter le ratio de dépendance
Le ratio de dépendance augmentera

Le ratio de dépendance totale devrait passer de 45 personnes d'âge non productif pour 100 personnes en âge de travailler en 2005 à 54 personnes en 2025.

Le ratio de dépendance totale est une mesure courante de la dépendance liée à l'âge qui représente le rapport entre les personnes de 14 ans et moins et de 65 ans et plus (c'est- à-dire les personnes d'âge non productif) et celles qui ont de 15 à 64 ans (population en âge de travailler). Ce ratio est généralement considéré comme un indicateur approximatif de la capacité d'une population de subvenir à ses besoins.

Au début des années 1960, le ratio de dépendance a atteint un sommet de 68 personnes d'âge non productif pour 100 personnes en âge de travailler. Aujourd'hui, ce ratio n'est que de 45, à peu près au même niveau qu'au début des années 1980.

Dans les années 1960, le ratio de dépendance élevé était attribuable à la forte proportion d'enfants dans la population. Par contre, au cours des 20 prochaines années, la croissance de ce ratio sera alimentée par la proportion croissante de personnes âgées. Étant donné que les dépenses gouvernementales par personne (y compris les dépenses liées aux soins de santé et aux régimes de retraite) destinées aux personnes âgées pour le Canada représenteraient le double ou le triple des dépenses consacrées aux enfants, la hausse du ratio de dépendance au cours des prochaines années entraînera probablement des pressions financières croissantes pour les gouvernements.

Cependant, le ratio de dépendance totale ne permet pas de prévoir avec exactitude les pressions financières découlant du vieillissement de la population, étant donné que toutes les personnes en âge de travailler ne sont pas sur le marché du travail, que toutes les personnes âgées ne sont pas à la retraite et que tous les revenus ne proviennent pas d'un emploi.

9.	Graphique illustrant le ratio de dépendance totale, c’est-à-dire le nombre d’enfants et de personnes âgées par tranche de 100 personnes en âge de travailler, réel et projeté, de 1955 à 2025.

 
Peut-on éviter le vieillissement de la population?

Pour modifier de façon significative la structure par âge de façon sensible afin d'en neutraliser le vieillissement, il faudrait que l'immigration et le taux de fécondité soient beaucoup plus élevés.

Scénarios extrêmes relatifs au taux de fécondité et à l'immigration

Si l'indice synthétique de fécondité passait du taux de 1,5 enfant par femme employé dans notre scénario de référence au taux de 2,1 correspondant au renouvellement de la population, il en résulterait un bond du nombre annuel de naissances, qui passerait d'environ 130 000 à près de 185 000 actuellement à plus de 215 000 par année d'ici 2025. Ces naissances supplémentaires commenceraient à peine à se répercuter sur la population en âge de travailler en 2025. Cependant, le groupe de personnes en âge de travailler, c'est-à-dire de 15 à 64 ans, compterait 306 000 personnes de plus que notre scénario de référence. Le nombre accru d'enfants ferait également baisser la proportion de personnes âgées, qui passerait à 18,1 %.

Pour freiner de façon notable le vieillissement de la population, il faudrait accroître l'immigration de façon extrême, la faisant passer de 125 000 à 300 000 personnes par année pour les 20 prochaines années. La proportion de personnes âgées en 2025 serait quand même beaucoup plus élevée qu'en 2005, soit 16,4 % de la population par rapport à 12,9 %, mais inférieure à la proportion de 19,5 % prévue dans notre scénario de référence. Ce scénario d'immigration élevée ajouterait 4,3 millions de personnes à la population prévue dans le scénario de référence. Tous les groupes d'âge croîtraient beaucoup plus rapidement, notamment la population en âge de travailler.
 

Le vieillissement de la population n'est pas unique à l'Ontario et au Canada

L'Italie et le Japon comptent la proportion de personnes âgées la plus élevée parmi les grands pays développés, soit près de 20 %.

En général, les populations de l'Ontario et du Canada ainsi que celle des États-Unis sont relativement jeunes par rapport à celles du Japon et d'Europe. La population de l'Ontario, cependant, devrait vieillir plus rapidement que celle des États-Unis à cause surtout d'un taux de fécondité plus bas.

De nombreux pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont instauré des mesures pour faire face au vieillissement de la population, qui visent notamment à accroître la participation au marché du travail des travailleuses et travailleurs âgés :

  • Élimination des désincitations au travail pour les travailleurs âgés
  • Renforcement des incitations au travail prévues dans les régimes de retraite
  • Assouplissement de la transition entre le travail et la retraite
  • Amélioration de l'employabilité des travailleurs âgés

SECTION II : RÉPERCUSSIONS DES PERSPECTIVES DÉMOGRAPHIQUES

Répercussions d'envergure

La croissance de la population, son vieillissement et la répartition de cette croissance en Ontario ont des répercussions sociales et économiques d'envergure. La présente section décrit cinq grandes répercussions économiques et financières des tendances démographiques abordées à la section précédente :

  1. Le vieillissement de la population et la croissance plus lente de la population en âge de travailler ralentiront la croissance de la population active de l'Ontario, ce qui pourrait faire fléchir la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel.
  2. La composition changeante du revenu personnel et les fluctuations prévues des habitudes de consommation à mesure que la population vieillira pourraient ralentir la croissance des revenus fiscaux du gouvernement.
  3. La croissance démographique et le vieillissement de la population maintiendront la tendance à la hausse des dépenses de santé.
  4. La croissance plus lente du nombre d'enfants et d'adolescents pourrait freiner les dépenses en éducation.
  5. La concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines accroîtra la demande d'infrastructure urbaine.
Dans l'ensemble, la situation financière du gouvernement subira les pressions causées par le vieillissement de la population et la croissance plus lente de la population en âge de travailler.
 
1. Une croissance plus lente de la population active pourrait ralentir la croissance économique
Ralentissement de la croissance de la population active

La croissance de la population active ralentira à cause du vieillissement de la population et d'une augmentation plus lente de la population en âge de travailler. Comme il en est question au chapitre 2, une croissance plus lente de la population active pourrait ralentir la croissance globale du PIB réel en Ontario au cours de la période de prévision.

Le vieillissement de la population contribue à ralentir la croissance de la population active parce que le taux d'activité des groupes d'âge les plus vieux est sensiblement inférieur à celui des groupes d'âge jeunes. Bien que l'on s'attende à ce que la tendance à la hausse du taux d'activité des personnes âgées se maintienne, son effet est peu susceptible de contrer entièrement la baisse de l'offre de main-d'oeuvre attribuable au vieillissement de la population.

Avec le vieillissement des baby-boomers, le nombre annuel de personnes qui atteindront l'âge de 65 ans devrait dépasser le nombre de personnes qui entrent dans la population en âge de travailler (c'est-à-dire qui atteignent l'âge de 15 ans) d'ici 2017-2018. Par la suite, cette population devrait continuer de croître en raison d'une migration nette positive, mais à un rythme beaucoup plus lent.
L'immigration : essentielle à la croissance de la population active

Comme l'immigration est un élément essentiel de la migration nette, elle gagnera en importance comme source de croissance de la population en âge de travailler. Compte tenu du vieillissement de la population et de la persistance du faible taux de fécondité, les nouveaux Canadiens et Canadiennes pourraient constituer la seule source de croissance nette de la population active au cours de la prochaine décennie.

Il sera de plus en plus souhaitable d'améliorer l'intégration des nouveaux arrivants au Canada et d'encourager la participation au marché du travail du plus grand nombre possible de membres de la population en âge de travailler, y compris les travailleurs âgés.
 
2. Le vieillissement de la population se répercutera sur les revenus fiscaux

Le vieillissement de la population se répercutera sur le revenu moyen, la richesse, les dépenses ainsi que les types et les montants des taxes et impôts que paiera la population.

Changement dans la composition des revenus

La composition des revenus des personnes qui partent à la retraite change, les revenus d'emploi étant remplacés par des revenus de retraite et d'investissement. Les habitudes de consommation changent aussi en fonction de leur situation à différentes étapes de la vie. À mesure que la proportion de personnes âgées dans la population augmentera, la composition des biens et des services produits pourrait également changer. Au lieu de répondre surtout aux besoins des familles et des jeunes, ces biens et services pourraient être destinés de plus en plus aux personnes âgées. Il est prévu que les baby-boomers, à mesure qu'ils vieillissent, pourraient continuer de consacrer une proportion plus élevée de leurs revenus aux biens et services que les personnes âgées des générations précédentes.

Si l'on se fie aux tendances passées, l'accumulation d'actifs et d'investissements pourrait entraîner un enrichissement des personnes âgées pendant la période de prévision. Par exemple, les avoirs nets réels médians (actifs moins dettes) des familles de personnes âgées au Canada ont augmenté de 42 % de 1984 à 1999, alors que ceux des particuliers âgés s'est accru de 69 % au cours de la même période.

Étant donné les conséquences possibles sur les revenus des changements démographiques prévus au cours des deux prochaines décennies, on peut s'attendre à ce que les recherches sur ce sujet se multiplient au cours des années qui viennent.

Le scénario de référence du présent rapport sur les perspectives à long terme prévoit que les revenus globaux tirés de l'impôt sur le revenu des particuliers (IRP) continueront de croître. Cependant, si l'on isole l'incidence des données démographiques, une analyse donne à penser que l'impôt sur le revenu par personne pourrait diminuer. Les tendances démographiques des 20 prochaines années pourraient également freiner la croissance des revenus tirés des charges sociales comme l'impôt-santé des employeurs (ISE) de l'Ontario et exercer une pression à la baisse sur les revenus tirés de la taxe de vente au détail (TVD).

L'annexe 6A contient d'autres renseignements sur l'incidence possible des sources de revenu, de la composition des dépenses et de la mondialisation sur les revenus fiscaux.
 
3. Maintien des pressions à la hausse sur les dépenses de santé

Les facteurs démographiques continueront de compter parmi les principaux moteurs de la hausse des dépenses de santé. Mentionnons notamment l'augmentation de 3,1 millions de personnes de la population et la proportion de plus en plus grande de personnes âgées dans la population totale pendant la période de prévision.

Hausse des dépenses en santé pour les personnes âgées

Les dépenses de santé par personne du gouvernement provincial pour les personnes âgées dépassent le triple de la moyenne des dépenses pour l'ensemble de la population. Selon les données les plus récentes, les personnes âgées (qui comptent pour environ 13 % de la population) ont fait l'objet d'environ 43 % des dépenses de santé provinciales en 2002. Les coûts par personne pour les personnes très âgées (85 ans et plus) sont encore plus élevés. Le vieillissement, combiné à la croissance de la population, continuera donc d'exercer une pression à la hausse sur les dépenses de santé.

Aux chapitres 4 et 6, on prévoit que les dépenses de santé du gouvernement provincial augmenteront de 6,0 % en moyenne par année de 2009-2010 à 2024-2025, dont 2,2 % attribuable à la croissance démographique et au vieillissement de la population. Le vieillissement comptera pour la moitié de l'incidence démographique. Les autres facteurs qui influent sur la hausse des dépenses de santé dans le scénario de référence sont la hausse de l'utilisation (estimée à 1,5 % par année) et l'inflation (2,2 % par année).
 
4. Baisse des pressions sur les dépenses en éducation
Faible augmentation du nombre d'enfants

On prévoit que le nombre d'enfants en Ontario continuera d'augmenter très lentement au cours des 20 prochaines années. Le groupe des enfants en âge de fréquenter l'école élémentaire (4 à 13 ans) devrait baisser légèrement de 5 % d'ici 2012, à mesure que les grandes cohortes de membres de la génération de l'après baby-boom quitteront ce groupe d'âge. De 2012 à 2025, le nombre d'enfants en âge de fréquenter l'école élémentaire devrait augmenter d'environ 0,9 % par année en moyenne, par rapport à 1,1 % par année au cours des 20 dernières années. La population de ce groupe d'âge devrait passer de 1,58 million de personnes en 2005 à 1,67 million de personnes en 2025.

Le groupe des enfants en âge de fréquenter l'école secondaire (14 à 17 ans) devrait croître jusqu'en 2010, puis commencer à fléchir d'environ 9 % au cours des neuf années suivantes, avant de recommencer à augmenter lentement pour atteindre 668 000 personnes d'ici 2025, soit un peu moins que le niveau actuel de 671 000 personnes.

Le groupe des personnes de 18 à 24 ans, auquel appartiennent la plupart des étudiantes et étudiants du palier postsecondaire, devrait croître jusqu'en 2014 et atteindre un sommet supérieur de 9 % au niveau actuel. Par la suite, une baisse graduelle est prévue jusqu'en 2025, année où ce groupe sera légèrement moins nombreux qu'aujourd'hui. Sa croissance reprendra après 2025.
  10. Graphique illustrant la population source de l'effectif des établissements d'enseignement élémentaire, secondaire et postsecondaire, réelle et projetée, pour 1965, 1985, 2005 et 2025.
Tendance à la hausse de la participation aux études postsecondaires

L'effectif des écoles élémentaires et secondaires repose surtout sur le nombre d'enfants âgés de 4 à 17 ans. Cependant, le nombre de personnes âgées de 18 à 24 ans n'est qu'un déterminant parmi d'autres de l'effectif des établissements d'enseignement postsecondaire, car toutes les personnes de ce groupe d'âge ne les fréquentent pas. L'effectif postsecondaire futur devrait continuer d'être influencé par la tendance à la hausse du taux de participation aux études postsecondaires, reflétant l'importance croissante de ces études et de l'éducation permanente.

Dans l'ensemble, le ralentissement de la croissance du nombre d'enfants et d'adolescents pourrait contribuer à réduire les pressions à la hausse sur les dépenses en éducation.

En raison du vieillissement de la main-d'oeuvre et de l'évolution constante des exigences de l'économie, l'éducation permanente deviendra un élément clé des mesures que prendra l'Ontario pour faire en sorte que sa population dispose des compétences nécessaires. Les gouvernements fourniront une aide financière et du soutien administratif aux personnes qui suivent leur formation initiale, mais la demande accrue d'éducation permanente n'entraînera pas nécessairement une hausse des coûts pour le secteur public. Les coûts de l'éducation permanente seront assumés par les employeurs et les organismes sans but lucratif chargés de la formation et du recyclage de leur personnel ainsi que par les apprenantes et apprenants eux-mêmes.

Selon le scénario de référence du présent rapport sur les perspectives à long terme, les dépenses provinciales en éducation aux niveaux élémentaire, secondaire et postsecondaire devraient augmenter de 3,4 % en moyenne par année de 2009-2010 à 2024-2025, 0,2 % étant attribuable à la situation démographique, 1,0 % à l'utilisation accrue et 2,2 % à l'inflation.

 
5. Hausse de la demande d'infrastructure urbaine

L'envergure et la répartition régionale de la croissance de la population influeront sur le type d'infrastructure nécessaire dans les différentes régions de la province, qu'il s'agisse de routes, du transport en commun, des réseaux d'aqueduc, de l'électricité ou des écoles.

L'urbanisation accroît les besoins en infrastructure

L'augmentation de 3,1 millions de personnes de la population ontarienne au cours des deux prochaines décennies accroîtra elle-même la demande d'infrastructure. La croissance devrait surtout se produire dans la RGT et les autres grands centres urbains de la province, qui sont déjà plus densément peuplés que les autres.

La RGT fait partie de la région élargie du Golden Horseshoe, qui comprend également une grande partie du Centre de l'Ontario, notamment Peterborough, Waterloo, Niagara et Simcoe. La région élargie du Golden Horseshoe compte parmi les régions qui connaissent la croissance la plus rapide au Canada et en Amérique du Nord.

Outre la répartition régionale de la croissance démographique, la hausse rapide du nombre de personnes âgées se répercutera sur la demande de certains éléments d'infrastructure publique, comme les établissements de soins.

CONCLUSION

 

Dans le présent chapitre, nous avons abordé les cinq grandes tendances des perspectives démographiques : ralentissement de la croissance démographique, qui demeure néanmoins forte; croissance démographique fondée sur l'immigration; concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines; ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler; vieillissement de la structure par âge.

Nous avons également examiné cinq grandes répercussions économiques et financières de ces perspectives démographiques. Dans l'ensemble, le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler exerceront des pressions accrues sur les finances publiques.

ANNEXE 1A : LA GÉNÉRATION DU BABY-BOOM

 

La génération du baby-boom, née entre 1946 et 1965, a façonné la structure par âge de la population de l'Ontario. Au plus fort du baby-boom, vers 1960, près de 160 000 enfants naissaient chaque année en Ontario, un chiffre qui n'a pas eu d'équivalent depuis, et qui est de beaucoup supérieur aux 130 000 naissances annuelles que l'on enregistre actuellement, alors que la population a doublé.

Les grandes cohortes d'enfants des années 1950, 1960 et 1970 ont atteint l'âge de travailler de 1965 à 1985, grossissant les rangs de la population active. Au milieu des années 1980, les baby-boomers étaient dans la vingtaine ou la trentaine. Lorsque les grandes cohortes de baby-boomers ont atteint leurs meilleures années de fécondité, pendant les années 1980 et au début des années 1990, il y a eu une hausse des naissances que l'on appelle l'après baby-boom.

Aujourd'hui, les baby-boomers sont dans la quarantaine et la cinquantaine et comptent pour environ 30 % de la population de l'Ontario et 43 % de la population en âge de travailler. À compter de 2011, les plus vieux auront 65 ans, et d'ici 2031, tous seront des personnes âgées.

ANNEXE 1B : LES AÎNÉS LES PLUS ÂGÉS

 

Les personnes âgées vivent de plus en plus longtemps, et les groupes d'âge constitués des aînés les plus âgés connaissent aussi une croissance rapide.

En 1985, 384 000 personnes étaient âgées de 75 ans et plus en Ontario, soit 4,1 % de la population. En 2005, 6 % de la population faisait partie de ce groupe d'âge.

D'ici 2025, 1,32 million de personnes devraient être âgées de 75 ans et plus en Ontario (8,4 % de la population). La proportion des personnes de 85 ans et plus devrait également croître rapidement, passant de 1,4 % en 2005 à 2,1 % en 2025.

2 PROJECTION À LONG TERME DE LA CROISSANCE DE L'ÉCONOMIE DE L'ONTARIO

INTRODUCTION

Projection de référence

On trouvera dans le présent chapitre une projection de référence de la croissance macroéconomique de l'Ontario et des scénarios de forte et de faible croissance reposant sur diverses hypothèses concernant la hausse de la productivité. Il ne s'agit pas d'une prévision, mais plutôt d'un examen d'hypothèses plausibles concernant le potentiel de l'Ontario et de leurs conséquences sur la croissance de l'économie de la province1. On s'est servi de ces hypothèses pour prévoir les revenus du gouvernement, sur lesquels reposent les perspectives financières à long terme présentées au chapitre 6.

Le Conference Board du Canada, Informetrica Limited et les responsables du programme d'analyse des politiques et de l'économie de l'Université de Toronto établissent régulièrement des prévisions à long terme concernant l'économie de l'Ontario. On trouvera à l'annexe 2C un tableau comparant ces prévisions et la projection de référence du présent rapport.

Points saillants de la projection à long terme : Scénario de référence
(Taux annuel moyen en pourcentage)