L'état de l'économie de l'Ontario Notes pour l'allocution de l'Honorable Dwight Duncan Ministre des Finances
L'état de l'économie de l'Ontario
Notes pour l'allocution de
l'Honorable Dwight Duncan
Ministre des Finances
Date : 3 mars 2008
Lieu : Chambre de commerce de Toronto
– Version non définitive –
Bonjour et merci.
Je tiens à remercier nos hôtes qui nous accueillent aujourd'hui.
L'état de l'économie ontarienne est une question qui nous préoccupe tous.
Et il importe de parler ouvertement de la situation à laquelle nous faisons face.
J'aimerais vous faire part des mesures prises par le gouvernement McGuinty pour répondre aux préoccupations immédiates et vous décrire le plan que nous comptons mettre en pratique en vue de gérer les défis qui nous attendent.
Tout d'abord, permettez-moi de vous exposer la situation telle qu'elle est tandis que je me prépare à déposer notre budget un peu plus tard ce mois-ci.
L'Ontario est secoué par divers défis qui semblent se liguer pour créer un climat d'incertitude que nous n'avions pas connu depuis bien longtemps.
Les effets de la situation économique aux États-Unis, de la valeur de notre dollar et des prix mondiaux du pétrole se font sentir dans toute la province : depuis les scieries de Thunder Bay jusqu'aux riches terres agricoles du sud-ouest de l'Ontario; depuis les ateliers de Windsor jusqu'aux laboratoires de haute technologie d'Ottawa; depuis nos grands centres touristiques jusqu'aux salles de conférence de Bay Street.
Aucun économiste ou chef d'entreprise de renom n'a prévu il y a un an que notre dollar serait aujourd'hui à égal ou supérieur au dollar américain.
Pas un seul gouvernement ou chef d'industrie n'imaginait en mars dernier que le prix du baril de pétrole atteindrait les 100 $ (US). Et pourtant, nous y sommes.
Tous les économistes et chefs d'entreprise à qui j'ai parlé sont étonnés de constater l'aptitude de notre économie à surmonter l'adversité face à tous ces défis externes.
En 2007, plus de 100 000 nouveaux emplois nets ont été créés en Ontario.
Des entreprises ontariennes innovatrices ont réussi à établir des relations commerciales outre-mer qui ont atténué notre dépendance face aux États-Unis.
En 2007, la croissance réelle de l'économie ontarienne a dépassé les prévisions du secteur privé, et l'Ontario est en voie de réaliser un surplus.
Les économistes du secteur privé continuent de prévoir une croissance économique réelle pour 2008 et pour 2009.
La croissance du PIB atteindra en moyenne 1,2 pour cent en 2008, passant à 2,3 pour cent en 2009.
Malgré cela, plusieurs secteurs et plusieurs collectivités ont été durement touchés par la présente conjoncture économique difficile.
Mais plus important encore, de nombreuses familles ont été dévastées par la perte d'un emploi.
Par ailleurs, d'autres collectivités éprouvent une pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
On m'a dit que le « triangle de l'innovation » – soit la région englobant Kitchener-Waterloo – avait besoin de 1 800 informaticiens.
Il ne faut pas se méprendre : notre économie poursuit sa croissance, mais à un rythme un peu plus lent.
Si les défis que je mentionnais tout à l'heure restent indépendants du contrôle de tout gouvernement, quel qu'il soit, nous pouvons et nous devons cependant concentrer nos efforts sur les éléments sur lesquels nous pouvons exercer un contrôle.
Le gouvernement McGuinty a toujours privilégié une approche prudente et équilibrée à l'égard des finances de l'Ontario.
Nous avons réalisé des investissements stratégiques en termes d'infrastructure, d'éducation et de services de santé, tout en éliminant parallèlement un déficit structurel, en remboursant la dette et en veillant à ce que notre régime fiscal soit concurrentiel.
Nous entendons continuer de faire preuve de prudence dans nos prévisions de croissance et de revenus, compte tenu du fait qu'Ottawa et la Colombie-Britannique prévoient tous deux une baisse réelle de leurs revenus pour la prochaine année.
La force de notre économie réside dans sa main-d'œuvre et ses entreprises.
Le gouvernement a un rôle important à jouer dans le maintien d'un climat apte à maximiser les emplois.
Notre tâche dans la préparation du prochain budget est claire : nous devons bâtir un Ontario plus fort en vue de la prochaine génération de croissance économique.
Ce budget se fondera sur notre exposé économique de l'automne, où nous avons laissé présager d'une conjoncture économique plutôt turbulente.
Dans l'exposé économique de l'automne, nous avons injecté plus de 3 milliards de dollars dans de nouveaux investissements, notamment 1,1 milliard de dollars en réductions des impôts des sociétés.
Cela porte le total de nos réductions d'impôt à plus de 3 milliards de dollars pour les trois prochaines années.
Permettez-moi de vous rappeler que le taux d'impôt sur le revenu des sociétés combiné en Ontario est inférieur à celui de chacun des 50 États des États-Unis.
Une fois que le gouvernement fédéral aura fini de mettre en œuvre ses réductions des impôts des sociétés en 2012, son taux de 15 pour cent sera encore supérieur aux taux actuellement en vigueur en Ontario.
En cette période particulièrement éprouvante, nous nous devons d'investir encore davantage dans notre capital humain et physique, ce qui aura pour effet de créer des emplois à court terme et de rehausser la productivité à long terme.
Des investissements dans tous les formes d'infrastructure nous permettront d'atteindre ces objectifs à court et à long terme.
Et plus important encore, les compétences de notre population active doivent correspondre à la nouvelle économie. Ce que nous possédons entre les deux oreilles constitue notre plus grand avantage concurrentiel.
La préparation des travailleurs à notre nouvelle économie sera un thème central de notre budget.
Les investissements que nous réaliserons dans ce budget s'accompagneront, dans le cas des entreprises, d'une réforme de la réglementation, et dans le cas du gouvernement, d'objectifs en termes d'efficacité des dépenses.
C'est en investissant dans notre potentiel futur que nous tirerons le plus grand parti de nos exemples de réussite passés.
Nous aidons les personnes les plus vulnérables de la province afin qu'elles puissent elles aussi participer pleinement à l'essor de notre économie.
Les Ontariennes et les Ontariens sont conscients des défis que nous réserve l'avenir et nous les aiderons à les surmonter.
Ceci dit, la population ontarienne compte sur un partenariat sans réserve de la part du gouvernement fédéral afin de nous aider à bâtir notre avenir économique.
Les Ontariennes et les Ontariens sont tout à fait disposés à faire leur part pour favoriser la croissance de l'économie canadienne tout entière, mais ils comptent aussi sur l'équité en matière d'assurance-emploi, sur une certaine forme d'aide à l'endroit du secteur manufacturier, et sur des investissements soutenus dans notre infrastructure.
Les Ontariennes et les Ontariens souhaitent que leurs gouvernements travaillent en collaboration à la réalisation de ces objectifs – tant ici en Ontario que dans le reste du pays.
Notre premier ministre se plait à dire que nous vivons dans la meilleure province du meilleur pays au monde.
Les défis économiques sont inévitables, mais ce qui importe, ce sont les mesures à prendre pour les relever, et les surmonter.
Nous avons ce qu'il faut pour transformer les défis qui nous font face en débouchés pour l'avenir.
Nous avons les cerveaux, la force et la diversité nécessaires pour affronter les bouleversements économiques.
Je suis fier d'être Ontarien, et je demeure toujours optimiste. Car, comme le disait si bien Churchill, « ça ne sert pas vraiment à grand chose d'envisager les choses autrement ».
Merci.


