Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2011

Chapitre II : Perspectives économiques de l’Ontario

Points saillants

  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2011 :
    • à 2,6 % dans le budget de 2011;
    • à 2,0 % aujourd’hui.
  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2012 à 1,9 %.
  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2013 à 2,6 %.
  • Nombre d’emplois nets créés depuis le creux affiché pendant la récession en mai 2009 : 266 800.
    • La majorité de ces emplois sont des emplois à plein temps dont le salaire est supérieur à la moyenne.

Aperçu

Grâce à un solide leadership, l’économie de l’Ontario a surmonté la récession mondiale de 2008-2009. La faiblesse de l’économie américaine, les préoccupations que suscite la dette souveraine en Europe, la hausse des prix du pétrole et les bouleversements provoqués par le tsunami qui a frappé le Japon ont tous contribué à ralentir la croissance économique de l’Ontario en 2011. En raison de cette conjoncture difficile, on s’attend à ce que l’économie de l’Ontario progresse plus modérément que prévu.

Au cours des huit derniers mois, les prévisions de croissance économique à l’échelle mondiale ont accusé une baisse. En mars, lorsque le gouvernement a publié le budget de 2011, les prévisionnistes du secteur privé prévoyaient en moyenne une croissance de 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) réel de l’Ontario pour 2011. Cette prévision est passée à 2,0 %.

Graphique 1 : Prévisions du secteur privé revues à la baisse en ce qui a trait à l'économie ontarienne

Cette chute du taux de croissance a une incidence pour les Ontariennes et Ontariens et crée de l’incertitude. Elle a également des retombées directes sur les revenus du gouvernement et la façon dont il fait sa planification, en particulier lorsqu’il s’agit d’établir un équilibre entre la mise en oeuvre de nouveaux programmes et la protection des services publics d’une part, et l’atteinte des objectifs d’élimination du déficit d’autre part.

L’ampleur des changements est encore plus importante pour 2012. En mars 2011, les prévisionnistes du secteur privé établissaient en moyenne la croissance du PIB à 2,8 %, mais en novembre, ces prévisions étaient descendues à 1,9 %. Eu égard à cette volatilité, le gouvernement doit planifier et réagir comme il convient.

Le ministère des Finances prévoit que le PIB réel augmentera de 1,8 % en 2011, de 1,8 % en 2012, de 2,5 % en 2013 et de 2,6 % en 20141. De solides dépenses des ménages et de robustes investissements des entreprises contribueront à la croissance.

Tableau 1
Perspectives économiques de l’Ontario
(en pourcentage)
  2008 2009 2010 2011p 2012p 2013p 2014p
Croissance du PIB réel (0,6) (3,2) 3,0 1,8 1,8 2,5 2,6
Croissance du PIB nominal 0,5 (0,9) 5,3 4,0 3,7 4,4 4,5
Croissance de l’emploi 1,6 (2,5) 1,7 1,8 1,1 1,4 1,5
Inflation de l’IPC 2,3 0,4 2,5 3,2 2,0 2,0 2,0
  • p = projection de planification du ministère des Finances de l’Ontario.
  • Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Évolution récente de l’économie

Après sept trimestres consécutifs de croissance au cours desquels le PIB a progressé de 5,6 %, le PIB réel de l’Ontario a accusé une baisse de 0,3 % pendant le deuxième trimestre de 2011. Le PIB réel a également diminué dans l’ensemble du Canada (- 0,1 %) et au Québec (- 0,2 %) au cours de ce trimestre. Un certain nombre de facteurs temporaires ont contribué au ralentissement de l’économie pendant ce trimestre, notamment la perturbation des chaînes mondiales d’approvisionnement provoquée par le tremblement de terre et le tsunami dévastateurs qui ont frappé le Japon ainsi que la montée des prix du pétrole précipitée par l’agitation politique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les données économiques récentes indiquent que la croissance économique a repris au troisième trimestre de 2011. Les exportations internationales de marchandises ont augmenté de 3,8 % pendant le troisième trimestre, à la faveur de gains dans les machines et le matériel ainsi que dans les biens et les matériaux industriels. En outre, les ventes dans le secteur de la fabrication ont augmenté de 5,5 % après le creux affiché en juin. Les prévisions trimestrielles des économistes du secteur privé font toutes état d’une croissance économique régulière mais modeste pendant les deux derniers trimestres de l’année.

En dépit de la décélération récente de la croissance, l’économie de l’Ontario a largement surmonté la récession mondiale de 2008-2009. Au deuxième trimestre de 2011, le PIB réel de l’Ontario était tout juste 0,1 % sous le niveau où il se situait avant la récession. La croissance solide des dépenses à la consommation, le fort rebond des investissements des entreprises et les mesures gouvernementales ont tous aidé l’Ontario à se remettre de la récession mondiale. Cependant, le commerce extérieur n’a pas suivi la demande intérieure. Les exportations de marchandises ont augmenté de 39,5 % après le creux affiché pendant la récession, mais elles demeurent inférieures de 8,2 % à leur niveau d’avant la récession.

Tableau 2
Suivi de la reprise économique en Ontario
(principaux indicateurs économiques pour l’Ontario)
  Niveau
d’avant
la récession
Changement
pendant la
récession
Reprise
jusqu’à
maintenant
Comparaison
avec le niveau
d’avant la
récession
Emplois (en milliers) 6 709 (257) 267 10
+ 0,1 %
PIB réel1
(en milliards de $ de 2002)
532,4 (26,7) 26,3 (0,4)
(0,1 %)
Exportations de marchandises
(en milliards de $)
14,3 (4,9) 3,7 (1,2)
(8,2 %)
Ventes de produits
(en milliards de $)
24,0 (7,1) 4,6 (2,5)
(10,3 %)
Ventes au détail
(en milliards de $)
12,9 (1,2) 1,7 0,5
+ 4,0 %
Taux de chômage
(en pourcentage)
6,4
9,4
(hausse de 3,0)
8,1
(baisse de 1,3)
Hausse de 1,7
  • 1 Selon les Comptes économiques de l’Ontario, octobre 2011.
  • Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l’Ontario.

Au cours des deux dernières années, 266 800 emplois nets ont été créés après le creux affiché pendant la récession en mai 2009. Le nombre d’emplois à plein temps a crû de 237 900 pendant cette période tandis que le nombre d’emplois à temps partiel a augmenté de 28 900. La vaste majorité des gains réalisés au cours des deux dernières années ont été faits parmi les travailleurs qui touchent des salaires supérieurs à la moyenne. En octobre 2011, il y avait près de 10 000 emplois de plus qu’avant le pic atteint en septembre 2008, avant la récession. Le taux de chômage de l’Ontario a également baissé, passant d’un pic de 9,4 % atteint en mai 2009, pendant la récession, à 8,1 % en octobre 2011.

Graphique 2 : Reprise du marché de l'emploi en Ontario

Selon Statistique Canada, l’emploi en Ontario a fléchi dans trois des quatre derniers mois. Malgré cette baisse, l’Ontario a créé 128 400 emplois nets jusqu’à maintenant cette année, représentant plus de 45 % de tous les emplois créés au Canada. Le nombre d’emplois à plein temps a augmenté de 133 100 cette année tandis que le nombre d’emplois à temps partiel a baissé de 4 700. La création d’emplois croît plus rapidement en Ontario qu’aux États-Unis et que dans la plupart des pays du G7.

Conjoncture économique mondiale difficile

Dette souveraine en Europe

Les préoccupations concernant la dette souveraine de plusieurs pays de la zone euro représentent quelques-uns des enjeux économiques mondiaux les plus importants des deux dernières années. Bien que les risques associés à la dette publique de la Grèce soient les plus aigus, le financement de la dette d’autres États membres de l’Union européenne (UE) est également préoccupant. Les plans de sauvetage de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI) pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal de même que le renforcement récent du Fonds européen de stabilité financière pourraient contribuer à contenir le problème. Cependant, l’issue est hautement incertaine.

Graphique 3 : Dette européenne

Les effets directs que pourrait avoir sur l’Ontario la crise de la dette dans la zone euro ne sont pas clairs. Même si elles ont augmenté au cours des dernières années, les exportations de l’Ontario vers l’Europe représentent tout juste un peu plus de 10 % de l’ensemble des exportations internationales de marchandises. Par ailleurs, les banques canadiennes ne sont guère exposées aux économies en difficulté de la zone euro. Cependant, les défis que pose la dette de l’Europe pourraient avoir des effets négatifs indirects sur l’Ontario à cause de la volatilité accrue sur les marchés de capitaux et de la perte de confiance des entreprises et des consommateurs.

Affaiblissement des perspectives économiques mondiales

Le rythme de la reprise économique en Amérique du Nord, en Europe et au Japon a ralenti de façon significative par rapport à l’an dernier. Ce ralentissement s’explique en grande partie par l’essoufflement marqué de la croissance aux États‑Unis pendant la première moitié de 2011 ainsi que par les effets du tsunami au Japon. La faiblesse des économies européennes engendrée par la crise de la dette souveraine a également contribué au ralentissement général. Les perspectives concernant les économies émergentes demeurent positives, malgré le risque majeur que représentent la baisse de la demande des exportations, la volatilité des prix des produits de base et les tensions géopolitiques.

Graphique 4 : Prévisions de croissance de l'économie mondiale revues à la baisse

Économie des États-Unis

Les perspectives économiques des États-Unis comportent un certain nombre de défis importants. La création d’emplois, notamment, a été très faible, puisque seulement 26 % des emplois perdus pendant la récession mondiale ont été retrouvés jusqu’à maintenant. En outre, le taux de chômage aux États‑Unis demeure à 9,0 %, comparativement à son niveau d’avant la récession, qui était de 4,7 %. L’activité dans le secteur du logement demeure également gravement anémique.

Selon les estimations révisées du U.S. Bureau of Economic Analysis, l’économie américaine a connu une récession plus profonde et une reprise plus lente que ce qui avait été annoncé. Par ailleurs, les prévisions du secteur privé concernant la croissance économique aux États-Unis ont été révisées à la baisse au cours des derniers mois. Par conséquent, la reprise économique est beaucoup moins robuste que ce qu’on avait prévu il y a quelques mois. Après une augmentation de 3,0 % en 2010, la croissance du PIB réel devrait, selon les prévisionnistes du secteur privé, afficher une hausse modeste de 1,8 % en 2011 et de 2,1 % en 2012.

Graphique 5 : Récession plus profonde et reprise plus lente aux É.-U.

Les perspectives concernant les ventes de véhicules automobiles et les mises en chantier de logements aux États-Unis demeurent relativement positives grâce à la croissance renouvelée qui devrait suivre le creux actuel. La croissance de ces marchés devrait favoriser une expansion économique générale soutenue. En outre, l’accroissement substantiel des ventes au détail et de la production industrielle jusqu’à maintenant cette année montre que les conditions économiques s’améliorent lentement aux États‑Unis.

Même si la part des exportations de l’Ontario vers les États-Unis tend à se contracter depuis quelques années, les États-Unis demeurent néanmoins le plus grand partenaire commercial de l’Ontario, et de loin. C’est la destination de près de 80 % des exportations internationales de marchandises de l’Ontario. Les exportations de véhicules et de pièces d’automobiles vers les États-Unis ont totalisé 45,4 milliards de dollars en 2010, représentant près de 40 % des exportations de la province vers les États-Unis.

Aux États-Unis, la vente de véhicules automobiles légers devrait s’accroître et passer de 10,4 millions de véhicules en 2009 et 11,6 millions de véhicules en 2010 à 12,7 millions de véhicules en 2011, et augmenter graduellement pour atteindre 14,7 millions de véhicules d’ici 2014. Les exportations de véhicules de l’Ontario continueront d’augmenter au cours des prochaines années. Cependant, malgré cette reprise solide, les ventes de véhicules automobiles aux États-Unis devraient demeurer inférieures aux niveaux d’avant la récession, qui s’établissaient à plus de 16 millions de véhicules.

Graphique 6 : Augmentation des ventes de véhicules automobiles légers aux É.-U.

Les risques pour l’économie des États-Unis demeurent élevés. Au cours de la prochaine année, les politiques financières mises de l’avant aux États‑Unis influeront probablement de façon significative sur la croissance. L’incertitude politique accrue, semblable au débat qui a eu cours pendant l’été sur le relèvement du plafond de la dette américaine, pourrait aggraver la perte de confiance des consommateurs et des entreprises. L’économie des États-Unis est également vulnérable à d’autres chocs externes, tels que les turbulences financières découlant de la situation en Europe.

Prix du pétrole

Le prix du pétrole a été très volatil au cours de la dernière année, en raison de l’incertitude géopolitique dans de nombreux États producteurs, des contraintes en matière d’approvisionnement et des changements dans les conditions économiques. Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) s’échangeait à près de 114 $US le baril à la fin d’avril, en raison des conditions serrées d’approvisionnement dues à l’instabilité politique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les prix du pétrole ont diminué pendant l’été, pour tomber en moyenne à 86 $US le baril en octobre. Selon les contrats des marchés à terme, les opérateurs s’attendent à ce que le prix du pétrole WTI s’établisse en moyenne à environ 90 $US le baril en décembre.

Le fléchissement de la demande devrait limiter l’augmentation des prix du pétrole à court terme, mais les pressions à la hausse demeurent en raison de l’incertitude quant à l’approvisionnement et de la baisse des stocks dans certaines régions du monde. Il y a différents points de vue sur la direction des prix du pétrole, mais la plupart des prévisions donnent à penser que le prix du pétrole WTI se situera dans une fourchette de 84 $US à 99 $US le baril en 2012.

Selon les prix moyens récents touchant les contrats à terme du pétrole brut, le prix du pétrole WTI devrait être en moyenne de 90 $US le baril en 2012, en baisse par rapport au prix de 2011, qui était de 94 $US le baril. Le prix du pétrole brut Brent, une autre référence, devrait s’établir en moyenne à 111 $US le baril en 2011 et descendre à 106 $US le baril en 2012.

On s’attend à ce que les prix du pétrole diminuent après avoir atteint des sommets en 2011. Cependant, la forte augmentation de la demande de pétrole dans les économies en émergence, combinée à une croissance plus modérée de la production, maintiendra les prix du pétrole à des niveaux relativement élevés. D’ici 2014, on prévoit que le prix du pétrole WTI sera en moyenne de 89 $US le baril et que le prix de référence du pétrole Brent s’établira en moyenne à 97 $US le baril.

Graphique 7 : Les prix du pétrole devraient rester éléves

Dollar canadien

Le dollar canadien s’est apprécié par rapport à la devise américaine au milieu de l’été, et valait en moyenne 104,7 cents américains en juillet 2011. En août, l’intensification des préoccupations liées à la dette européenne, conjuguée au fléchissement des perspectives mondiales et à la chute des prix des marchandises, a entraîné la dévalorisation du dollar canadien qui est revenu à une valeur inférieure à la parité. Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que, au cours des quatre prochaines années, à mesure que les conditions économiques mondiales s’amélioreront et que les prix des marchandises se redresseront, la valeur du dollar canadien se situe en moyenne juste au-dessus de la parité.

Graphique 8 : Le dollar canadien devrait demeurer près de la parité

Un dollar plus fort fait qu’il est plus difficile pour les exportateurs ontariens de soutenir la concurrence à l’échelle mondiale et pour les entreprises canadiennes de rivaliser avec les producteurs étrangers. Cependant, la vigueur du dollar réduit le coût d’importation des machines et du matériel qui font augmenter la productivité, améliorant ainsi la position concurrentielle des entreprises ontariennes.

Marchés des capitaux

Au Canada, les taux d’intérêt à long terme ont connu une baisse marquée au cours des derniers mois, le rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada n’ayant jamais été aussi bas qu’en septembre 2011, alors qu’il s’établissait à 2,2 %. Depuis septembre dernier, la Banque du Canada maintient son taux de financement à un jour à 1 %, après l’avoir augmenté trois fois de 25 points de base au printemps et à l’été 2010.

Graphique 9 : Hausse prévue des taux d'intérêt

En raison du ralentissement récent des perspectives économiques mondiales, on s’attend maintenant à ce que la Banque du Canada laisse son taux d’intérêt cible près des faibles niveaux historiques jusqu’en 2013. Les économistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux d’intérêt des bons du Trésor de trois mois s’établisse en moyenne à 0,9 % cette année et qu’il grimpe à 2,9 % d’ici 2014. Le taux de rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada devrait passer graduellement de 2,8 % cette année à 4,1 % d’ici 2014.

Le tableau qui suit résume les prévisions liées aux facteurs externes dont le ministère des Finances se sert pour faire ses prévisions de la croissance économique de l’Ontario.

Tableau 3
Perspectives liées aux facteurs externes
  2009 2010 2011p 2012p 2013p 2014p
Croissance du PIB réel mondial (en pourcentage) (0,7) 5,1 4,0 4,0 4,5 4,7
Croissance du PIB réel des États-Unis (en pourcentage) (3,5) 3,0 1,8 2,1 2,8 2,9
West Texas Intermediate1 ($US le baril) 61,7 79,4 93,6 89,7 89,5 89,2
Pétrole Brent1 ($US le baril) 61,5 79,5 111,3 106,0 101,3 96,9
Dollar canadien (en cents américains) 87,6 97,1 101,1 100,1 101,4 101,4
Taux des bons du Trésor de trois mois2 (en pourcentage) 0,3 0,6 0,9 1,1 1,8 2,9
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement2 (en pourcentage) 3,3 3,2 2,8 2,5 3,3 4,1
  • p = projection de planification du ministère des Finances de l’Ontario fondée sur des sources externes.
  • 1 Selon les contrats à terme du pétrole brut pour la période de deux semaines prenant fin le 28 octobre 2011.
  • 2 Taux d’intérêt du gouvernement du Canada.
  • Sources : U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (octobre et novembre 2011), Perspectives de l’économie mondiale du FMI (septembre 2011), New York Mercantile Exchange, IntercontinentalExchange et enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (8 novembre 2011).

Le tableau 4 présente l’estimation actuelle des répercussions des modifications des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario, en supposant que les autres facteurs externes restent stables. Les intervalles relativement larges des répercussions procèdent de l’incertitude des estimations de la façon dont l’économie réagirait à des changements dans les conditions externes.

Tableau 4
Répercussions des modifications soutenues des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario
(variation en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Appréciation du dollar canadien de
0,05 $US
− 0,1 à − 0,8 − 0,5 à − 1,2
Hausse du prix du pétrole brut de
10 $US le baril
− 0,1 à − 0,3 − 0,1 à − 0,3
Augmentation de la croissance du PIB réel des É.-U. de
1 point de pourcentage
+ 0,3 à + 0,7 + 0,4 à + 0,8
Hausse des taux d’intérêt canadiens de
1 point de pourcentage
− 0,1 à − 0,5 − 0,2 à − 0,6
  • Source : ministère des Finances de l’Ontario.

Perspectives de croissance économique de l’Ontario

Pour l’ensemble de l’année 2011, le ministère des Finances prévoit une croissance du PIB réel de l’Ontario de 1,8 %, laquelle reposera sur la hausse des dépenses de consommation et des investissements des entreprises tandis que les échanges commerciaux nets accuseront un retard par rapport à l’économie globale.

Graphique 10 : Contributions à la croissance du PIB réel en 2011

L’emploi devrait s’accroître de 1,8 % en 2011, ce qui correspond à la création de 120 000 emplois nets. La bonne performance du secteur de l’emploi et la hausse des revenus personnels ont favorisé l’augmentation des dépenses des ménages. Les ventes au détail devraient s’élever de 3,4 % cette année tandis que les mises en chantier de logements devraient afficher une hausse de 12,7 %. On s’attend à ce que les investissements des entreprises s’accroissent de 15,7 % cette année, à la faveur de l’appréciation du dollar canadien et de la plus grande compétitivité fiscale de l’Ontario.

Cependant, la conjoncture externe difficile et, notamment, la faiblesse de l’économie américaine devraient contribuer à une maigre augmentation de 2,8 % des exportations de l’Ontario cette année. Les importations devraient s’accroître de 4,2 % en 2011. Par conséquent, le commerce extérieur net aura une incidence négative sur la croissance.

Le ministère des Finances prévoit que l’économie de l’Ontario continuera à croître. On prévoit que le PIB réel affichera une croissance de 1,8 % en 2012, 2,5 % en 2013 et 2,6 % en 2014. La demande intérieure devrait demeurer un facteur important de cette croissance, grâce à l’augmentation des dépenses des ménages, à la solidité du marché du logement et aux investissements importants des entreprises. Cependant, la croissance de la demande à l’échelle internationale, en particulier aux États-Unis, devrait être modeste, ce qui limitera la hausse des échanges commerciaux nets de l’Ontario pendant la période de prévision.

Graphique 11 : Croissance du PIB réel de l'Ontario

Au cours de la période 2012-2014, la croissance de l’emploi devrait s’établir, en moyenne, à 1,3 % par année. On prévoit que le taux de chômage continuera de diminuer pour passer d’une moyenne annuelle de 7,9 % en 2011 à 6,9 % d’ici 2014.

Graphique 12 : Hausse de l'emploi
Graphique 13 : Baisse du taux de chômage

Le revenu du travail devrait augmenter en moyenne de 4,1 % par année au cours de la période de 2012 à 2014. De même, le revenu des particuliers devrait connaître une croissance moyenne de 4,1 % par année pendant la même période.

Les gains au chapitre de l’emploi, la croissance du revenu des particuliers et la faiblesse relative des taux d’intérêt favoriseront la hausse continue des dépenses des ménages pendant la période de prévision. On s’attend à ce que les dépenses de consommation réelles augmentent de 2,3 % cette année et en 2012.

Graphique 14 : Gains soutenus dans les dépenses des ménages

La montée des prix de l’essence à la pompe, découlant de la hausse des coûts du pétrole, a grandement contribué à faire augmenter l’indice des prix à la consommation (IPC) en 2011. Cependant, on s’attend à ce que cette tendance se renverse en 2012 alors qu’une baisse du prix moyen de l’essence contribuera à une inflation plus modérée des prix à la consommation. L’IPC de l’Ontario devrait connaître une augmentation moyenne de 2,0 % par année entre 2012 et 2014, le point médian de la fourchette cible de la Banque du Canada en ce qui concerne le taux d’inflation de l’IPC au Canada.

La hausse des bénéfices des sociétés et la plus grande compétitivité fiscale découlant du Plan fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance, et notamment de la taxe de vente harmonisée (TVH), favorisent une forte croissance des investissements des entreprises. Les bénéfices des sociétés ont affiché une hausse de 19,1 % en 2010 et devraient augmenter de 7,3 % de plus en 2011. Les entreprises de l’Ontario ont réagi en augmentant leurs investissements réels dans les machines et le matériel de 15,2 % en 2010 et, selon les estimations, de 17 % en 2011. On s’attend à ce que les investissements dans les installations et l’outillage augmentent en moyenne de 6,2 % par année entre 2012 et 2014.

Graphique 15 : Hausse soutenue des dépenses des entreprises dans les machines et le matériel

Les gains continus dans les ventes de véhicules automobiles aux États-Unis et la croissance relativement vigoureuse de la demande des marchés en émergence soutiendront les exportations de l’Ontario. Les exportations réelles devraient augmenter de 2,8 % en 2011 et de 2,6 % en 2012.

Le marché du logement de l’Ontario demeure bien équilibré, soutenu par de solides assises économiques et des taux d’intérêt hypothécaire plus bas que jamais. Les reventes de logements devraient ralentir en 2012 et 2013 après les niveaux élevés enregistrés en 2010 et 2011. La montée des prix des logements devrait également être plus modeste, s’établissant en moyenne à près de 3 % par année de 2011 à 2014.

La demande de logements neufs en Ontario demeurera fonction de la croissance démographique, qui devrait être en moyenne de 1,2 % par année au cours des trois prochaines années, si l’on en juge par les résultats affichés récemment. C’est donc dire que 490 000 personnes de plus vivront en Ontario d’ici 2014. En outre, il devrait y avoir plus de 70 000 mises en chantier de logements par année d’ici 2014.

Graphique 16 : Le nombre de mises en chantier reste élevé

L’endettement croissant des ménages demeure un risque clé pour les perspectives. Des taux d’intérêt plus bas que jamais ont contribué à l’endettement des ménages au cours des dernières années. Comme les taux d’intérêt devraient demeurer près de leur niveau record jusqu’en 2013, les coûts de service de la dette devraient demeurer abordables à court terme. Cependant, le relèvement de l’endettement risque de placer certains ménages dans une position vulnérable lorsque les taux d’intérêt commenceront à augmenter pour atteindre des niveaux plus traditionnels.

Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau suivant présente en détail les perspectives économiques du ministère des Finances de 2011 à 2014.

Tableau 5
Économie de l'Ontario, de 2009 à 2014
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projection
  2009 2010   2011 2012  2013  2014 
Produit intérieur brut réel (3,2) 3,0 1,8 1,8 2,5 2,6
Consommation personnelle 0,2 3,6 2,3 2,3 2,6 2,7
Construction résidentielle (8,7) 8,3 3,8 1,8 2,1 1,8
Construction non résidentielle (11,4) (1,6) 11,0 3,9 5,6 5,4
Machines et matériel (18,5) 15,2 17,0 7,6 6,0 5,9
Exportations (12,6) 7,5 2,8 2,6 4,0 3,8
Importations (10,4) 13,3 4,2 1,6 3,2 3,0
Produit intérieur brut nominal (0,9) 5,3 4,0 3,7 4,4 4,5
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail (2,5) 5,4 3,4 4,0 3,9 4,3
Mises en chantier de logements (en milliers) 50,4 60,4 68,1 65,3 66,1 70,3
Revenu des particuliers 0,2 4,2 3,3 3,1 4,5 4,7
Revenu du travail (0,6) 3,9 3,7 3,6 4,3 4,4
Bénéfices des sociétés (14,9) 19,1 7,3 6,0 5,5 4,8
Indice des prix à la consommation 0,4 2,5 3,2 2,0 2,0 2,0
Emploi (2,5) 1,7 1,8 1,1 1,4 1,5
Création d'emplois (en milliers) -164 108 120 76 94 105
Taux de chômage (en pourcentage) 9,0 8,7 7,9 7,7 7,3 6,9
Facteurs externes importants            
Produit intérieur brut réel américain (3,5) 3,0 1,8 2,1 2,8 2,9
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 61,7 79,4 93,6 89,7 89,5 89,2
Dollar canadien (en cents américains) 87,6 97,1 101,1 100,1 101,4 101,4
Taux des bons du Trésor de trois mois* 0,3 0,6 0,9 1,1 1,8 2,9
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* 3,3 3,2 2,8 2,5 3,3 4,1
  • * Taux d'intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
  • Sources : Statistique Canada, Société canadienne d'hypothèques et de logement, Banque du Canada, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (octobre et novembre 2011), New York Mercantile Exchange et ministère des Finances de l'Ontario.

Prévisions du secteur privé

Le ministère des Finances consulte des économistes du secteur privé et suit leurs prévisions afin de former les hypothèses de planification du gouvernement. Dans le cadre du processus d’élaboration du document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario, le ministre des Finances a rencontré des économistes du secteur privé pour obtenir leur point de vue. Ces prévisionnistes comprenaient des membres du Conseil ontarien des prévisions économiques, qui a été créé aux termes de la Loi de 2004 sur la transparence et la responsabilité financières. Tous ces économistes prévoient une croissance continue pour l’économie ontarienne pendant le reste de 2011 et les trois prochaines années. Selon la moyenne des prévisions du secteur privé, le PIB réel de l’Ontario devrait augmenter de 1,9 % en 2012, de 2,6 % en 2013 et de 2,7 % en 2014.

Tableau 6
Prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB réel de l’Ontario
(en pourcentage)
  2011 2012 2013 2014
BMO Marchés des capitaux (novembre) 2,1 1,9
Central 1 Credit Union (novembre) 2,1 1,8 2,6 3,3
Centre for Spatial Economics (novembre) 2,3 2,1 2,2 1,7
Marchés mondiaux CIBC (novembre) 2,0 1,8 2,3
Conference Board du Canada (octobre) 1,8 2,2 3,3 2,7
Groupe Desjardins (octobre et septembre) 2,0 1,9 2,5 2,5
IHS Global Insight (novembre) 2,0 1,8 2,5 2,8
Valeurs mobilières Banque Laurentienne (septembre) 1,8 1,9
Banque Nationale (octobre) 2,1 1,6
RBC Groupe financier (septembre) 2,3 2,4
Groupe Banque Scotia (novembre) 2,0 1,5
Groupe financier Banque TD (septembre) 2,3 2,1 2,7
Université de Toronto (octobre) 1,8 1,8 3,0 3,2
Moyenne selon l’enquête sur les prévisions du secteur privé 2,0 1,9 2,6 2,7
Hypothèse de planification de l’Ontario 1,8 1,8 2,5 2,6
  • Sources : enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l’Ontario (8 novembre 2011) et ministère des Finances de l’Ontario.

Comparaison des données avec celles du budget de l’Ontario de 2011

Les prévisions de croissance sont plus basses que prévu dans le budget de 2011. La croissance plus lente que prévu de l’Ontario procède d’une reprise économique plus faible aux États-Unis ainsi que d’une plus grande incertitude entourant les perspectives économiques mondiales.

Tableau 7
Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre les données de l'exposé économique d'automne (EEA) de 2011 et celles du budget de 2011
(variation en pourcentage)
  2011 2012 2013
  Budget
2011
EEA
2011
Budget
2011
EEA
2011
Budget
2011
EEA
2011
Produit intérieur brut réel 2,4 1,8 2,7 1,8 2,7 2,5
Produit intérieur brut nominal 4,6 4,0 5,1 3,7 4,8 4,4
Ventes au détail 4,1 3,4 4,3 4,0 4,0 3,9
Mises en chantier de logements (en milliers) 58,6 68,1 63,8 65,3 66,5 66,1
Revenu des particuliers 4,2 3,3 4,4 3,1 4,6 4,5
Revenu du travail 4,3 3,7 4,7 3,6 4,8 4,3
Bénéfices des sociétés 12,2 7,3 9,2 6,0 5,9 5,5
Emploi 1,7 1,8 1,8 1,1 1,8 1,4
Création d'emplois (en milliers) 116 120 118 76 126 94
Facteurs externes importants            
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 99,7 93,6 102,2 89,7 100,6 89,5
Produit intérieur brut réel américain 3,1 1,8 3,3 2,1 3,2 2,8
Dollar canadien (en cents américains) 100,0 101,1 99,7 100,1 99,3 101,4
Taux des bons du Trésor de trois mois* (en pourcentage) 1,4 0,9 2,6 1,1 3,7 1,8
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement* (en pourcentage) 3,5 2,8 4,1 2,5 4,7 3,3
  • * Taux d'intérêt du gouvernement du Canada.
  • Sources : New York Mercantile Exchange, Blue Chip Economic Indicators (mars, octobre et novembre 2011) et ministère des Finances de l'Ontario.

 

 

  • 1Selon les renseignements disponibles jusqu’au 8 novembre 2011.