Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2012

Chapitre II : Perspectives économiques

Points saillants

  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2012 :
    • à 1,9 % dans le budget de 2012;
    • à 2,0 % aujourd’hui.
  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2013 à 2,0 %.
  • En moyenne, les prévisions du secteur privé établissaient la croissance du PIB réel pour 2014 à 2,4 %.
  • Nombre d’emplois créés depuis le creux affiché pendant la récession en juin 2009 : 356 000.
    • La majorité de ces nouveaux emplois nets sont des emplois à temps plein dans des industries où le salaire est supérieur à la moyenne.

Aperçu

Malgré la conjoncture mondiale difficile, l’économie de l’Ontario continue de croître, mais à un rythme modeste. Par ailleurs, la croissance économique est de plus en plus équilibrée. Au cours des prochaines années, elle sera tributaire en grande partie des investissements des entreprises et des exportations nettes. On prévoit que l’Ontario créera près de 350 000 emplois nets d’ici 2015 et que le taux de chômage chutera à 6,8 %, après avoir atteint un sommet de 9,4 % en juin 2009. En septembre 2012, l’emploi en Ontario affichait 356 000 emplois nets de plus que lors du creux survenu pendant la récession en juin 2009.

Depuis le budget de 2012, les attentes quant à la croissance économique mondiale ont diminué. Des risques considérables pèsent sur les perspectives. La situation économique s’est aggravée en Europe, la croissance des économies de marché en émergence a ralenti, et l’économie des États-Unis demeure fragile. Cependant, les mesures qu’ont prises récemment la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont stimulé les marchés boursiers et atténué les pressions financières.

Aux fins de planification, le ministère des Finances suppose que le produit intérieur brut (PIB) réel croîtra de 2,0 % en 2012, de 1,9 % en 2013, de 2,3 % en 2014 et de 2,4 % en 20151. Des dépenses de consommation soutenues, de robustes investissements des entreprises et une reprise des échanges commerciaux nets seront le principal moteur de la croissance.

TABLEAU 2.1 Perspectives économiques de l'Ontario
(en pourcentage)
  2009 2010 2011 2012p 2013p 2014p 2015p
Croissance du PIB réel (3,2) 3,0 2,1 2,0 1,9 2,3 2,4
Croissance du PIB nominal (0,9) 5,3 4,3 3,2 3,7 4,1 4,2
Croissance de l'emploi (2,5) 1,7 1,8 0,8 1,2 1,5 1,5
Inflation de l'IPC 0,4 2,5 3,1 1,6 2,0 2,0 2,0
p = projection de planification du ministère des Finances de l'Ontario.
Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l'Ontario.

Évolution récente de l’économie

La croissance du PIB réel de l’Ontario

Le PIB réel de l’Ontario a augmenté de 8,1 % au cours des trois dernières années, soit depuis la fin de la récession au deuxième trimestre de 2009. Au deuxième trimestre de 2012, il était de 3,1 % supérieur au pic d’avant la récession.

Le PIB réel de l’Ontario a augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre de 2012 (taux annualisé de 2,1 %), après avoir affiché une croissance de 0,6 % au premier trimestre. De fortes augmentations de la production manufacturière et des exportations internationales ont été les locomotives de la croissance au deuxième trimestre. Les industries de l’automobile, des machines et du matériel ainsi que de première transformation des métaux et produits métalliques ont toutes affiché des gains solides.

Reprise de l’emploi en Ontario : emplois à temps plein

Depuis le creux survenu pendant la récession en juin 2009, 356 000 emplois nets ont été créés. Le nombre d’emplois à plein temps s’est accru de 364 700 pendant cette période, tandis que le nombre d’emplois à temps partiel a diminué de 8 700. La majorité des nouveaux emplois nets ont été créés dans des industries où le salaire est supérieur à la moyenne.

Reprise de l’emploi en Ontario

En septembre 2012, l’Ontario affichait 90 200 emplois nets de plus que lors du pic atteint en septembre 2008, avant la récession, et 356 000 emplois nets de plus que pendant le creux enregistré lors de la récession, en juin 2009. Le taux de chômage en Ontario a aussi baissé, passant du sommet de 9,4 % enregistré pendant la récession en juin 2009 à 7,9 % en septembre 2012.

Depuis juin 2009, l’Ontario crée des emplois à un meilleur rythme qu’au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans chacun des États des Grands Lacs. L’Ontario a recouvré tous les emplois perdus pendant la récession, tandis qu’aux États-Unis, seulement 48,5 % des emplois perdus ont été récupérés.

La reprise de l’emploi en Ontario est plus vigoureuse

Défis sur le plan de la concurrence

La valeur du dollar canadien, qui était de 0,62 $US en janvier 2002, a dépassé la parité en septembre 2012, et cette appréciation marquée a créé d’importants défis sur le plan de la concurrence pour les exportateurs ontariens.

La valeur élevée du dollar canadien entrave

La vigueur du dollar canadien témoigne d’une forte demande à l’échelle mondiale pour les marchandises, de la faiblesse générale du dollar américain par rapport à la plupart des grandes devises et de la confiance des investisseurs internationaux envers le Canada, qu’ils voient comme un territoire sûr et stable sur le plan financier. Le Canada a connu de fortes rentrées de capitaux, reflet de sa solide situation économique et financière.

Cependant, la force du dollar canadien a eu des retombées sur le secteur manufacturier et celui du commerce international. La balance commerciale internationale s’est détériorée, passant d’un excédent de 24,6 milliards de dollars courants au troisième trimestre de 2002 à un déficit de 45,4 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2012.

Les exportations interprovinciales de l’Ontario ont augmenté de 15,6 % par rapport au creux enregistré au premier trimestre de 2009. Toutefois, le gain dans la balance commerciale interprovinciale de l’Ontario n’a que partiellement compensé sa faiblesse dans le commerce international.

La balance commerciale de l’Ontario s’affaiblit

Les exportations de marchandises de l’Ontario vers la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui connaît une expansion rapide, ont presque quadruplé au cours des dix dernières années, passant de 1,0 milliard de dollars en 2003 à 3,9 milliards de dollars en 2012. Toutefois, au cours de la même période, les importations de l’Ontario en provenance de la zone BRIC ont presque triplé pour atteindre environ 30 milliards de dollars.

Exportations de marchandises de l’Ontario vers

La vigueur du dollar canadien continuera de poser un défi pour les exportateurs ontariens. En revanche, la force de notre devise est également un avantage pour les entreprises, car elle réduit le coût des biens d’équipement importés qui permettent d’accroître la productivité. En outre, la compétitivité fiscale accrue de l’Ontario, notamment à la suite de l’entrée en vigueur de la taxe de vente harmonisée (TVH), favorise les nouveaux investissements.

Les entreprises de l’Ontario ont relevé le défi de la concurrence en investissant massivement dans les usines et l’équipement. Au cours des deux dernières années, les investissements des entreprises dans les usines et l’équipement se sont accrus de plus de 22 % ou 11,1 milliards de dollars.

Investissements réels de l’Ontario dans les machines

Incertitude économique mondiale

La croissance économique mondiale s’est affaiblie. Plusieurs économies européennes sont en récession, ce qui témoigne d’une plus grande incertitude politique et financière, de problèmes dans le secteur bancaire et de préoccupations quant à la capacité des gouvernements à atteindre leurs objectifs financiers. En septembre, la Banque centrale européenne a pris des mesures qui ont aidé à stabiliser les rendements des dettes souveraines et à atténuer les tensions financières.

La croissance économique a aussi ralenti dans certaines puissances industrialisées émergentes telles que le Brésil, la Chine et l’Inde, ce qui reflète tant un assombrissement des perspectives pour les économies avancées qu’un ralentissement de la demande intérieure.

L’économie de la zone euro devrait ralentir cette année

Les effets directs sur l’Ontario de la crise que traverse la zone euro ont été limités. Jusqu’à présent cette année, les exportations de l’Ontario vers l’Union européenne ont augmenté de 9,9 %.

L’économie américaine

La croissance économique aux États-Unis, qui sont le plus important partenaire commercial de l’Ontario, est demeurée modeste. La croissance du PIB réel s’est établie en moyenne à un taux (annualisé) de seulement 1,6 % au cours des deux premiers trimestres de 2012, alors que les gains dans le secteur de l’emploi se sont maintenus à un niveau modéré jusqu’ici cette année. Parallèlement, les perspectives de croissance demeurent positives, grâce aux mesures récentes prises par la Réserve fédérale américaine.

Comme les ménages américains continuent à réduire leur endettement, les dépenses de consommation globales ont connu une croissance modérée, augmentant à un taux réel annuel moyen de 2,0 % au cours des deux derniers trimestres. Aux États-Unis, les ventes de véhicules automobiles ont augmenté de 14,5 % cette année; elles affichent une hausse de 65 % depuis le creux survenu pendant la récession. Les ventes de véhicules devraient connaître une croissance soutenue pour passer de 14,3 millions d’unités en 2012 à 15,4 millions d’ici 2015, ce qui représente un marché en expansion pour les exportations ontariennes dans le secteur de l’automobile.

Les ventes de véhicules automobiles légers continuent

Le marché immobilier américain a commencé à se rétablir. Jusqu’ici en 2012, les mises en chantier ont augmenté de 25,7 %, tandis que la construction résidentielle est devenue un pilier de la croissance globale. Le prix des maisons aux États-Unis a amorcé une modeste remontée, augmentant de 4,0 % entre janvier et juillet de cette année.

La production industrielle et une meilleure performance commerciale ont contribué à stimuler l’économie américaine, qui a enregistré une hausse de production de 4,2 % cette année, tandis que les exportations ont augmenté de 5,5 %.

Après une augmentation de 1,8 % en 2011, le PIB réel des États-Unis devrait s’accroître de 2,1 % cette année, de 2,0 % en 2013, de 2,8 % en 2014 et de 3,1 % en 2015. On prévoit que la situation de l’emploi connaîtra une amélioration modeste, le taux de chômage devant baisser pour passer à 6,9 % d’ici 2015.

Affermissement de la reprise aux États-Unis

Malgré ces signes positifs, des risques considérables pèsent sur les perspectives américaines. En particulier, si le Congrès et le président sont incapables d’arriver à une entente, la soi-disant « falaise fiscale » – une série de réductions des dépenses et d’augmentations des impôts automatiques et planifiées – pourrait plonger de nouveau le pays dans une récession. Bien que la plupart des observateurs croient qu’un compromis sera atteint, l’incertitude mine la confiance des consommateurs et des entreprises.

Le prix du pétrole

En 2011, l’Ontario a dépensé 20,9 milliards de dollars pour importer du pétrole brut et des produits pétroliers, les importations internationales représentant 4,2 milliards de dollars de ce montant. On prévoit que le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) s’élèvera en moyenne à 96 $US le baril en 2012, ce qui représente une légère hausse par rapport au prix de 95 $US en 2011. Les prix ont connu de l’instabilité cette année, le pétrole WTI atteignant un sommet de 110 $US à la fin de février, puis chutant de près de 30 % pour s’établir à 78 $US à la fin de juin en raison d’un assombrissement des perspectives mondiales et d’une augmentation des stocks mondiaux.

Une augmentation de la demande mondiale de pétrole combinée à des tensions politiques continues en Afrique du Nord et au Moyen-Orient exerceront une pression à la hausse sur les prix du pétrole dans un avenir rapproché. Il y a de grandes divergences d’opinions sur l’avenir des prix du pétrole, ce qui reflète l’incertitude quant à la croissance économique et aux risques géopolitiques. On prévoit qu’en 2013, les prix du pétrole s’établiront en moyenne à 97 $US le baril, tandis que les prévisionnistes du secteur privé estiment qu’ils varieront de 90 $US à 115 $US le baril. La demande robuste des marchés émergents et les coûts élevés de la récupération des hydrocarbures devraient maintenir les prix du pétrole à des niveaux relativement élevés au cours de la période de prévision.

Les prix du pétrole demeureront élevés

Le dollar canadien

On prévoit que le dollar canadien restera à parité avec le dollar américain en 2012, ce qui représente une légère baisse par rapport aux 101,1 cents américains enregistrés en 2011. Le taux de change a été instable jusqu’à présent en 2012, plongeant à un plancher de 97,3 cents américains en juin, suite à une augmentation de l’incertitude à l’échelle mondiale et à un affaiblissement des prix des produits de base. Plus récemment, la valeur du dollar a augmenté pour atteindre un sommet de 103,3 cents américains. Selon les prévisionnistes du secteur privé, le dollar devrait se maintenir autour de la parité à moyen terme, les prix des matières premières demeurant robustes.

Le dollar canadien demeurera près de la parité

Marchés des capitaux

Les taux d’intérêt demeurent très bas parce que les banques centrales aux quatre coins du globe poursuivent des politiques accommodantes dans le but de soutenir la reprise économique. De plus, la solide situation financière dont jouit le Canada par rapport à d’autres pays, combinée à l’augmentation de l’incertitude et à un affaiblissement des perspectives économiques à l’échelle mondiale, rend les obligations canadiennes intéressantes pour les investisseurs. Le rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada n’a jamais été aussi bas qu’à la mi-juillet 2012, alors qu’il chutait à 1,58 %. À mesure que la croissance économique reprend à moyen terme, les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que les taux d’intérêt augmentent graduellement pour atteindre des niveaux plus normaux.

Les taux d’intérêt augmenteront graduellement

Depuis septembre 2010, la Banque du Canada maintient son taux cible de financement à un jour à 1 %. En moyenne, les économistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux d’intérêt des bons du Trésor de trois mois s’établisse en moyenne à 1,0 % cette année, augmente à 1,1 % en 2013 et atteigne 2,5 % d’ici 2015. Le taux de rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada devrait aussi s’élever graduellement pour passer de 1,9 % cette année à 2,2 % en 2013 et à 3,3 % d’ici 2015.

Le tableau qui suit résume les prévisions liées aux facteurs externes dont le ministère des Finances se sert pour faire ses prévisions de la croissance économique de l’Ontario.

TABLEAU 2.2 Perspectives liées aux facteurs externes
  2009 2010 2011 2012p 2013p 2014p 2015p
Croissance du PIB réel mondial
(en pourcentage)
(0,6) 5,1 3,8 3,3 3,6 4,1 4,4
Croissance du PIB réel des États-Unis
(en pourcentage)
(3,1) 2,4 1,8 2,1 2,0 2,8 3,1
Pétrole brut West Texas Intermediate
(en $US le baril)
61,7 79,4 95,1 96,0 96,5 100,5 104,0
Pétrole brut Brent
(en $US le baril)
61,7 79,6 111,3 112,5 109,3 110,7 112,4
Dollar canadien
(en cents américains)
87,6 97,1 101,1 100,0 101,0 101,5 101,5
Taux des bons du Trésor de trois mois1
(en pourcentage)
0,3 0,6 0,9 1,0 1,1 1,7 2,5
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1
(en pourcentage)
3,3 3,2 2,8 1,9 2,2 2,7 3,3
p = projection de planification du ministère des Finances de l'Ontario fondée sur des sources externes.
1 Taux d'intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : Perspectives de l'économie mondiale du FMI (octobre 2012), U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (octobre 2012), CME Group, IntercontinentalExchange, Banque du Canada, enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (octobre 2012) et ministère des Finances de l'Ontario.

Le tableau 2.3 présente l’estimation actuelle des répercussions qu’auraient les modifications des principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l’Ontario, en supposant que les autres facteurs externes restent inchangés. Les écarts relativement grands des répercussions reflètent le degré d’incertitude entourant les réactions estimées de l’économie à des changements dans les conditions externes.

TABLEAU 2.3 Répercussions de modifications durables aux principaux facteurs externes sur la croissance du PIB réel de l'Ontario
(augmentation en points de pourcentage)
  Première année Deuxième année
Dépréciation du dollar canadien de
0,05 $US
de 0,1 à 0,8 de 0,5 à 1,2
Diminution du prix du pétrole brut de
10 $US le baril
de 0,1 à 0,3 de 0,1 à 0,3
Augmentation de la croissance du PIB réel des É.-U. de
un point de pourcentage
de 0,3 à 0,7 de 0,4 à 0,8
Diminution des taux d'intérêt canadiens de
un point de pourcentage
de 0,1 à 0,5 de 0,2 à 0,6
Source : ministère des Finances de l'Ontario.

Perspectives de croissance économique en Ontario

Le ministère des Finances prévoit une croissance du PIB réel de l’Ontario de 2,0 % cette année. De robustes investissements du secteur résidentiel et des entreprises, une amélioration des exportations nettes et une modeste augmentation des dépenses de consommation contribueront à soutenir la croissance.

L’emploi devrait s’accroître de 0,8 % en 2012, ce qui correspond à la création de 51 000 emplois nets. Des gains modestes en matière d’emploi et de revenu soutiendront cette année une augmentation des dépenses de consommation réelles de 1,2 %. Les investissements dans le secteur résidentiel devraient augmenter de 5,0 %, compte tenu de la vigueur des mises en chantier et des activités de rénovation. On prévoit que les investissements des entreprises dans les installations et l’outillage augmenteront d’un bon 3,7 % cette année, à la faveur de la robustesse du dollar canadien et de l’amélioration de la compétitivité fiscale de l’Ontario, par suite notamment de l’adoption de la TVH. Les exportations de l’Ontario devraient augmenter de 5,4 % cette année, ce qui est légèrement plus élevé que la hausse de 3,2 % prévue pour les importations.

Prévision de croissance soutenue et mieux équilibrée

Selon les projections du ministère des Finances, l’économie de l’Ontario continuera à croître à un rythme modeste. On prévoit que le PIB réel affichera une hausse de 1,9 % en 2013, de 2,3 % en 2014 et de 2,4 % en 2015. La croissance devrait être plus équilibrée au cours de l’horizon prévisionnel que pendant la dernière décennie.

Les échanges commerciaux nets, qui s’étaient détériorés de 2001 à 2011 par suite de la forte appréciation du taux de change, devraient avoir une incidence positive sur la croissance à moyen terme. Les investissements des entreprises contribueront aussi de façon importante à la croissance, ce qui témoigne des solides assises économiques de l’Ontario, qui comprennent un régime fiscal concurrentiel, une main-d’oeuvre qualifiée et une infrastructure moderne de haute qualité. On prévoit que les dépenses de consommation contribueront plus modestement à la croissance, les ménages réduisant leur endettement et comptant sur les hausses de revenus pour financer leurs dépenses. Les dépenses des gouvernements, qui ont apporté un soutien majeur à l’économie pendant le ralentissement économique, devraient se resserrer, les gouvernements s’efforçant de rétablir l’équilibre budgétaire.

La croissance économique devrait se poursuivre

La création d’emplois en Ontario devrait s’améliorer à moyen terme, avec des hausses de 1,2 % en 2013 et de 1,5 % en 2014 et en 2015, ce qui se traduira par près de 350 000 emplois de plus en 2015 par rapport à 2011. Le taux de chômage devrait baisser pour passer à 7,6 % en 2013, puis être ramené graduellement à 6,8 % d’ici 2015 à mesure que le taux d’emploi dépassera le rythme de croissance de la main-d’oeuvre.

L’emploi continuera de croître
Diminution du taux de chômage

Selon les projections, le revenu du travail augmentera en moyenne de 3,7 % par année entre 2012 et 2015. De même, le revenu des particuliers devrait connaître une croissance moyenne de 3,7 % par année pendant la même période.

On prévoit que la croissance des dépenses de consommation réelles ralentira pour passer de 2,3 % en 2011 à 1,2 % en 2012. À moyen terme, les dépenses de consommation réelles devraient augmenter au même rythme que le revenu disponible réel, alors que les ménages s’efforceront de consolider et de réduire globalement leur niveau d’endettement.

Augmentations soutenues des dépenses des ménages

Selon les projections, le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Ontario s’établira à 1,6 % en 2012. Des hausses modérées du prix de l’énergie ont contribué à faire diminuer l’inflation en 2012. Jusqu’à présent cette année, l’IPC pour l’essence a augmenté de 1,5 %, par rapport à une augmentation de plus de 20 % en 2011. L’inflation des prix à la consommation devrait être modeste en 2013, compte tenu, en partie, d’une hausse du prix des aliments en raison de la sécheresse qu’a connue une grande partie de l’Amérique du Nord en 2012. Les prix à la consommation devraient augmenter de 2,0 % par année entre 2013 et 2015.

Le marché du logement en Ontario, qui a été particulièrement vigoureux pendant le premier trimestre de 2012, est soutenu par une demande solide et des taux d’intérêt hypothécaire plus bas que jamais. Cependant, les indicateurs du secteur de l’habitation ont signalé un refroidissement du marché au cours de l’été. On s’attend à ce que la demande ralentisse encore par suite de changements récents apportés aux règles concernant les hypothèques.

En ce moment, le prix moyen de revente d’une maison en Ontario est près de 40 % supérieur au prix le plus bas affiché pendant la récession en octobre 2008. L’augmentation du prix des maisons devrait ralentir à moyen terme, bien que les prévisions du secteur privé varient considérablement. Des économistes du secteur privé prévoient que les prix pourraient connaître une baisse de jusqu’à 15 % sur trois ans, tandis que d’autres prédisent qu’ils resteront relativement inchangés.

La demande de logements neufs en Ontario demeurera fonction de la croissance démographique sous-jacente, qui devrait être en moyenne de 1,2 % par année au cours des quatre prochaines années. C’est donc dire que 637 000 personnes de plus vivront en Ontario d’ici 2015 et qu’il y aura 280 000 ménages additionnels. Il devrait y avoir en moyenne 70 000 mises en chantier de logements par année entre 2012 et 2015, ce qui est conforme au taux de formation des ménages.

L’endettement des ménages canadiens continue

L’endettement croissant des ménages demeure un risque pour les perspectives du marché du logement. Des taux d’intérêt plus bas que jamais ont encouragé les ménages à augmenter leurs niveaux d’endettement et, bien que la croissance de l’endettement des consommateurs ait récemment ralenti, l’emprunt hypothécaire continue de croître à un rythme rapide. Mais, comme les taux d'intérêt devraient demeurer près de leur niveau le plus bas jusqu'en 2014, les coûts de service de la dette continuent d’être abordables.

Le logement restera abordable en Ontarioi

Les gains sur le plan de la rentabilité des entreprises, une plus grande compétitivité fiscale, y compris l’introduction de la TVH, et la chute des prix des machines et du matériel soutiendront les investissements des entreprises au cours de l’horizon prévisionnel. Après une augmentation de 19,1 % en 2010, les bénéfices des sociétés ont connu une hausse de 14,0 % en 2011 et devraient s’accroître encore de 2,8 % en 2012. Parallèlement, le prix des machines et du matériel a diminué ces dernières années, notamment en raison de la vigueur du dollar canadien. On prévoit que les investissements dans les machine et le matériel demeureront robustes, augmentant de 5,9 % en 2012 et à un taux moyen annuel de 4,4 % entre 2013 et 2015.

Gains soutenus des dépenses dans les machines

Les gains continus dans les ventes de véhicules automobiles aux États-Unis et une croissance mondiale généralement plus vigoureuse soutiendront les exportations de l’Ontario. Les exportations réelles devraient augmenter en moyenne de 4,4 % par année entre 2012 et 2015, soit à un rythme supérieur à celui de 3,0 % prévu pour les importations, ce qui entraînera une amélioration des échanges commerciaux nets de l’Ontario.

Changement dans les perspectives économiques

Selon la moyenne des perspectives actuelles du secteur privé, la croissance du PIB réel de l’Ontario sera de 2,0 % en 2012, ce qui est légèrement plus élevé que le taux de 1,9 % prévu lors de la publication du budget. Pour la période allant de 2013 à 2015, les prévisions de croissance avancées par le secteur privé lors de la publication du budget ont diminué, principalement en raison d’un ralentissement de la croissance aux États-Unis et à l’échelle mondiale.

Prévisions du secteur privé : ralentissement à moyen terme de l’économie ontarienne

Comparaison avec le budget de l’Ontario de 2012

TABLEAU 2.4 Changements aux principales hypothèses économiques
Comparaison entre le budget de 2012 et l'exposé économique d'automne (EEA) de 2012
(augmentation en pourcentage)
  2012p 2013p 2014p
  Budget
2012
EEA
2012
Budget
2012
EEA
2012
Budget
2012
EEA
2012
Produit intérieur brut réel 1,7 2,0 2,2 1,9 2,4 2,3
Produit intérieur brut nominal 3,4 3,2 4,1 3,7 4,2 4,1
Ventes au détail 3,0 2,2 3,7 3,7 3,9 3,9
Mises en chantier de logements (en milliers) 64,0 77,0 63,0 65,0 69,0 68,0
Revenu des particuliers 2,9 2,7 3,7 3,8 4,2 4,1
Revenu du travail 3,2 2,5 4,2 3,9 4,3 4,3
Bénéfices des sociétés 4,0 2,8 4,6 2,1 4,9 3,0
Emploi 0,9 0,8 1,3 1,2 1,5 1,5
Création d'emplois (en milliers) 59 51 89 84 103 106
Facteurs externes importants            
Produit intérieur brut réel américain 2,3 2,1 2,6 2,0 3,0 2,8
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 100,2 96,0 103,8 96,5 106,5 100,5
Dollar canadien (en cents américains) 98 100,0 101,0 101,0 102,5 101,5
Taux des bons du Trésor de trois mois1
(en pourcentage)
0,9 1,0 1,4 1,1 2,4 1,7
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1
(en pourcentage)
2,2 1,9 2,8 2,2 3,8 2,7
p = projection de planification du ministère des Finances de l'Ontario.
1 Taux d'intérêt du gouvernement du Canada.
Sources : Statistique Canada, Société canadienne d'hypothèques et de logement, Banque du Canada, CME Group, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (octobre 2012), enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (octobre 2012) et ministère des Finances de l'Ontario.

Prévisions du secteur privé

Le ministère des Finances consulte des économistes du secteur privé et suit leurs prévisions afin de former les hypothèses de planification du gouvernement. De plus, dans le cadre du processus d’élaboration du document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2012, le ministre des Finances a rencontré des économistes du secteur privé pour discuter de leur point de vue. Tous les économistes du secteur privé envisagent une croissance continue pour l’économie ontarienne au cours de la période de prévision. En moyenne, ils prévoient une croissance de 2,0 % en 2012, de 2,0 % en 2013, de 2,4 % en 2014 et de 2,5 % en 2015.

TABLEAU 2.5 Prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB réel de l'Ontario
(en pourcentage)
  2012 2013 2014 2015
BMO Marchés des capitaux (octobre) 2,0 1,8
Central 1 Credit Union (octobre) 2,1 1,9 2,2 2,6
Centre for Spatial Economics (juin) 2,1 2,3 1,8 2,1
Marchés mondiaux CIBC (octobre) 2,1 1,8 2,2 2,3
Conference Board du Canada (juillet) 2,1 2,3 2,9 2,5
Groupe Desjardins (septembre) 2,1 2,0 2,5 2,5
IHS Global Insight (juillet) 1,8 1,9 2,2 2,4
Valeurs mobilières Banque Laurentienne (octobre) 2,0 1,9
Banque Nationale (juin) 1,8 1,7
RBC Groupe financier (septembre) 2,2 2,3
Groupe Banque Scotia (septembre) 1,8 1,7
Groupe financier Banque TD (septembre) 1,9 1.8 2,4
Université de Toronto (juillet) 2,1 2,1 2,9 3,0
Moyenne selon l'enquête sur les prévisions du secteur privé 2,0 2,0 2,4 2,5
Hypothèse de planification de l'Ontario 2,0 1,9 2,3 2,4
Sources : enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (octobre 2012) et ministère des Finances de l'Ontario.

Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Le tableau suivant fournit des précisions sur les perspectives économiques du ministère des Finances pour les années 2012 à 2015.

TABLEAU 2.6 Économie de l'Ontario, de 2010 à 2015
(variation en pourcentage)
  Chiffres réels Projection
  2010 2011 2012 2013 2014 2015
Produit intérieur brut réel 3,0 2,1 2,0 1,9 2,3 2,4
Consommation personnelle 3,6 2,3 1,2 1,9 2,4 2,4
Construction résidentielle 8,3 5,2 5,0 (1,6) (1,1) (0,5)
Construction non résidentielle (1,6) 5,6 6,3 3,8 3,3 1,9
Machines et matériel 15,2 18,7 3,1 4,9 6,1 4,4
Exportations 7,5 1,7 5,4 3,9 4,2 4,1
Importations 13,3 2,4 3,2 2,6 3,2 3,0
Produit intérieur brut nominal 5,3 4,3 3,2 3,7 4,1 4,2
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail 5,4 3,6 2,2 3,7 3,9 4,2
Mises en chantier de logements (en milliers) 60,4 67,8 77,0 65,0 68,0 70,0
Revenu des particuliers 4,2 3,1 2,7 3,8 4,1 4,2
Revenu du travail 3,9 3,4 2,5 3,9 4,3 4,3
Bénéfices des sociétés 19,1 14,0 2,8 2,1 3,0 3,1
Indice des prix à la consommation 2,5 3,1 1,6 2,0 2,0 2,0
Emploi 1,7 1,8 0,8 1,2 1,5 1,5
Création d'emplois (en milliers) 108 121 51 84 106 106
Taux de chômage (en pourcentage) 8,7 7,8 7,8 7,6 7,1 6,8
Facteurs externes importants            
Produit intérieur brut réel américain 2,4 1,8 2,1 2,0 2,8 3,1
Pétrole brut WTI (en $US le baril) 79,4 95,1 96,0 96,5 100,5 104,0
Dollar canadien (en cents américains) 97,1 101,1 100,0 101,0 101,5 101,5
Taux des bons du Trésor de trois mois1 0,6 0,9 1,0 1,1 1,7 2,5
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement1 3,2 2,8 1,9 2,2 2,7 3,3
1 Taux d'intérêt du gouvernement du Canada (en pourcentage).
Sources : Statistique Canada, Société canadienne d'hypothèques et de logement, Banque du Canada, U.S. Bureau of Economic Analysis, Blue Chip Economic Indicators (octobre 2012), CME Group, enquête sur les prévisions du ministère des Finances de l'Ontario (octobre 2012) et ministère des Finances de l'Ontario.

1 Selon les données disponibles le 5 octobre 2012.