: Budget de l’Ontario 2015 : Exposé budgétaire

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Introduction

Monsieur le Président, j’ai l’honneur de déposer le budget de l’Ontario de 2015.

Avant de commencer, je tiens à remercier mes collègues ici présents et les nombreux fonctionnaires dévoués et talentueux qui ont contribué à l’élaboration de ce budget.

Je remercie, en particulier, le sous-ministre des Finances, Scott Thompson, le sous-ministre du Conseil du Trésor, Greg Orencsak, et le sous-ministre adjoint aux Finances, Chris Giannekos, ainsi que le personnel dévoué de mon bureau.

Je tiens aussi à remercier les nombreux Ontariens et Ontariennes à qui nous avons parlé directement, dans les assemblées publiques et les téléconférences, ainsi qu’aux personnes qui nous ont donné leur avis par l’entremise de notre site Web « Discussions sur le budget 2015 ».

Pendant des dizaines d’années, Monsieur le Président, les gouvernements ont utilisé les budgets pour parler des problèmes pressants et présenter un plan d’action pour notre avenir.

Au cours de notre histoire, nous avons utilisé les budgets pour protéger nos gens contre les effets des récessions économiques, pour développer notre infrastructure ici en Ontario, pour créer des emplois et pour nous assurer d’un meilleur avenir.

Par conséquent, Monsieur le Président, à l’instar de tous les budgets précédents, ce budget est plus qu’un simple compte rendu sur les finances du gouvernement.

C’est un énoncé de la direction que nous voulons prendre et de ce que nous voulons faire, à partir de maintenant, ensemble, Ontariennes et Ontariens, pour renforcer la province.

Nous voulons tous une meilleure qualité de vie pour nous-mêmes et pour nos êtres chers.

C’est l’histoire de l’Ontario : chaque génération travaille à bâtir une meilleure société.

C’est l’une des grandes histoires de réussite du monde.

Aujourd’hui, Monsieur le Président, j’ai l’honneur de présenter le plan de notre gouvernement pour répondre maintenant aux besoins des Ontariennes et des Ontariens, et favoriser l’essor de l’Ontario, pour un avenir sûr et prospère.


Création d’emplois et croissance

Monsieur le Président, le plan de notre gouvernement pour la création d’emplois et la croissance comprend quatre grandes composantes.

Nous allons bâtir une infrastructure moderne, nous allons soutenir la formation professionnelle, nous allons contribuer à créer un climat d’affaires innovateur et dynamique, et nous assurerons la sécurité du revenu à la retraite.

De plus, Monsieur le Président, ce plan ne fera pas que créer une économie plus compétitive, il aidera également à bâtir une société juste, dotée d’un système de soins de santé solide et d’outils pour rompre le cycle de la pauvreté et soutenir les personnes ayant des handicaps.

Nous continuerons également à mettre de l’avant notre plan global pour équilibrer le budget d’ici 2017-2018.

Infrastructure moderne

Monsieur le Président, l’ingéniosité et la créativité de chaque Ontarienne et Ontarien n’a pas de limites.

Je pense ici aux docteurs Banting et Best, par exemple, qui ont inventé l’insuline.

À la docteure Emily Howard Stowe, une pionnière des droits des femmes.

Ou à Samuel McLaughlin, qui a contribué à créer notre industrie automobile.

Chacune de ces personnes, et bien d’autres, ont fait d’importantes contributions à notre culture, à notre qualité de vie et à notre économie.

Cependant, Monsieur le Président, à certains moments de notre histoire, les défis que nous avions à relever étaient trop grands pour une seule personne.

Et à ces occasions, ensemble, nous avons cherché des solutions.

Pour nous attaquer à ces défis, ensemble.

Notre histoire est émaillée d’exemples de la sorte. 

Au XIXe siècle, notre pays a été fondé, en partie, grâce aux investissements publics dans le chemin de fer national, reliant le Canada d’est en ouest et contribuant à créer une économie vigoureuse et un pays uni.

Au XXe siècle, des Ontariens ont participé à la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent, qui nous a permis de transporter nos produits sur les marchés mondiaux, créant un boom économique. 

Dans chacun de ces cas, les Canadiens ont réussi à faire, ensemble, ce que personne ne pouvait faire isolément.

Nous investissions dans nous, bâtissant ce qui était nécessaire pour assurer la vigueur et la croissance économiques, et relever les défis de l’heure.

Ensemble, nous avons bâti une infrastructure qui créait des emplois, générait la croissance et améliorait notre qualité de vie. 

Aujourd’hui, alors que nous nous employons à prendre notre place sur l’échiquier économique mondial du XXIe siècle, l’Ontario fait face à de nouveaux défis que nous devons relever ensemble pour créer la croissance et les emplois.

Monsieur le Président, à l’heure actuelle, le principal obstacle à l’emploi et à la croissance dans notre province est, ironiquement, un sous-produit de notre propre réussite.

L’Ontario est une province travaillante et compétitive, axée sur le modèle « juste à temps ».

Des quantités de pièces qu’il faut apporter aux usines et de produits qu’il faut apporter au marché circulent sur nos routes et nos autoroutes.

En plus des gens qui doivent se rendre au travail, si nous voulons demeurer compétitifs.

À l’heure actuelle, la congestion routière entrave notre potentiel de croissance.

Monsieur le Président, le problème de la congestion routière n’est pas unique à Toronto.

Tout le monde, de Bowmanville à Burlington en passant par Brampton, sait qu’il est difficile de traverser la région du grand Toronto et de Hamilton (RGTH) à l’heure de pointe.

Le temps de navettage quotidien pour les résidents de Toronto et de la région est en moyenne d’environ 66 minutes. Les temps de navettage en Ontario ont augmenté de près de 12 p. 100 entre 1994 et 2010.

Le coût de la congestion pour notre économie pourrait atteindre 11 milliards de dollars par année dans la RGTH seulement.

Dans les faits, nous perdons des revenus et notre croissance en souffre.

Parce que, pendant longtemps, nous n’avons pas construit assez vite pour suivre l’évolution de nos besoins. D’un gouvernement à l’autre, les investissements dans l’infrastructure ont été remis à plus tard.

Nous ne pouvons plus nous permettre de tergiverser.

Nous devons construire. 

Monsieur le Président, la congestion infernale dans la RGTH a des répercussions dans les économies de collectivités comme Windsor, North Bay et Kingston.

Parce que nous sommes tous liés.

Et les collectivités à l’extérieur de la RGTH ont leurs propres besoins en matière d’infrastructure.

Par conséquent, tout comme nous avons uni nos forces par le passé pour bâtir d’autres projets, nous devons nous attaquer au grand défi de notre temps.

La meilleure chose à faire pour nous assurer que notre économie continue de croître et de produire des emplois, c’est de construire les routes, les ponts et les systèmes de transport en commun dont une économie du XXIe siècle a besoin.

C’est pourquoi nous avons créé le Fonds Trillium.

Pour mettre de côté les fonds nécessaires pour construire l’infrastructure dont nous avons besoin.

Les investissements publics sont importants, mais soyons clairs : il ne s’agit pas d’ajouter au gouvernement, il s’agit d’accroître les occasions. 

Nous savons que chaque dollar investi dans l’infrastructure rapporte 1,60 $ en activité économique.

Pour soutenir notre croissance, et construire ce qu’il faut pour relever les défis de notre temps, nous avons pris des mesures pour dégager la valeur de quelques-uns de nos biens provinciaux.

Monsieur le Président, vous vous souviendrez qu’en 2009, nous sommes intervenus pour sauver le secteur automobile lorsque la récession était à son point culminant afin de protéger notre économie.

C’était la bonne décision à l’époque et c’était aussi la bonne décision de nous départir de ces actions une fois la crise passée. 

Cette décision nous a permis de récolter 1,35 milliard de dollars, que nous utilisons pour construire d’autres éléments de notre province.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous avons demandé au Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, présidé par M. Ed Clark, de chercher des moyens d’optimiser la valeur d’autres biens provinciaux.

Dégager la valeur de certains biens, comme les Canadiens l’ont fait de temps à autre au cours de leur histoire, nous permet de réinvestir dans des projets infrastructurels cruciaux comme les systèmes de transport en commun.

Et de faire des investissements, aujourd’hui, qui contribueront à créer des emplois et à favoriser la croissance demain.

Monsieur le Président, le Conseil consultatif a été guidé dans son travail par trois principes :

  • protéger l’intérêt public;
  • optimiser la valeur pour la population ontarienne;
  • faire preuve de transparence.

Nous adoptons déjà deux des recommandations du Conseil.

Premièrement, nous modernisons la distribution et la vente de la bière en Ontario, pour offrir plus de choix, sans négliger notre responsabilité sociale.

Ainsi, pour la première fois dans l’histoire de l’Ontario, il sera possible de vendre de la bière dans les épiceries. Nous exécutons cette décision tout en prenant les mesures nécessaires pour maintenir notre responsabilité sociale.

Il s’agit du changement le plus important fait dans la distribution et la vente d’alcool depuis la prohibition.

Deuxièmement, Monsieur le Président, nous élargissons l’actionnariat dans Hydro One par un premier appel public à l’épargne qui renforcera le rendement à long terme et dégagera des fonds valant des milliards de dollars qui profiteront aux Ontariennes et aux Ontariens.

Nous le ferons tout en protégeant l’intérêt public. 

Après l’appel public à l’épargne, le gouvernement de l’Ontario demeurera le plus grand actionnaire et il propose qu’une loi soit adoptée afin qu’aucun autre actionnaire ou groupe d’actionnaires ne soient autorisés à détenir une part de plus de 10 p. 100. 

Surtout, Monsieur le Président, la nouvelle entité Hydro One n’établira pas les tarifs d’électricité : ce rôle continuera de relever de la Commission de l’énergie de l’Ontario, un organisme indépendant.

En élargissant la propriété de Hydro One, nous pourrons investir des milliards de dollars de plus dans l’infrastructure cruciale qui stimulera notre économie.

Dans le cadre de notre plan Faire progresser l’Ontario, nous consacrerons 31,5 milliards de dollars sur dix ans aux transports en commun et à l’infrastructure cruciale partout en Ontario.

Nous améliorerons davantage le service ferroviaire de GO Transit.

Notre plan relatif au service ferroviaire express régional signifiera plus de trains ainsi que des services plus fréquents et, surtout, plus rapides.

Il signifiera que les trains GO rouleront à une fréquence de 15 minutes dans les régions clés.

Il se traduira par un service bidirectionnel offert toute la journée les jours de semaine, en soirée et les fins de semaine dans les régions clés.

Il permettra d’étendre le réseau GO – ce qui accélérera le service et facilitera les déplacements plus que jamais.

L’Union Pearson Express entrera en service ce printemps, amenant les gens du centre-ville de Toronto à l’aéroport Pearson plus rapidement.

La première phase du prolongement de l’autoroute 407 vers l’est, de Pickering à Oshawa, sera ouverte à la circulation plus tard cette année et permettra aux gens de se déplacer plus rapidement et facilement.

Cela signifiera des travaux d’infrastructure partout en Ontario.

Nous investirons environ 16 milliards de dollars dans la région du grand Toronto et de Hamilton (RGTH) et 15 milliards de dollars à l’extérieur de celle-ci.

Par exemple, nous investirons 100 millions de dollars par année afin d’aider les petites collectivités comme Burk’s Falls et Penetanguishene à construire des routes et des ponts et à créer des emplois.

Nous améliorons des routes reliant les collectivités, comme la route 11/17 entre Thunder Bay et Nipigon, et la route 7 entre Kitchener et Guelph.

Consolidant les liens au sein des collectivités et entre celles-ci.

Favorisant la circulation plus libre des personnes et des marchandises.

Soutenant, du coup, une économie forte, marquée au coin de la croissance et des emplois.

Monsieur le Président, nos investissements dans l’infrastructure de transport, et notamment dans les transports publics, s’inscrivent dans notre plan à long terme qui consiste à investir plus de 130 milliards de dollars dans l’infrastructure sur 10 ans. Il s’agira des investissements les plus importants faits dans l’infrastructure au Canada depuis que le dernier crampon a été posé en 1885 pour achever le chemin de fer du Canadien Pacifique.

Et c’est la meilleure chose que nous pouvons faire en 2015 : procurer un avenir extraordinaire à nos enfants et nos petits-enfants.

Investir dans les talents et les compétences des gens 

Monsieur le Président, certaines régions du monde basent leur compétitivité sur des coûts de main-d’oeuvre plus bas.

Nous ferons mieux.

Notre compétitivité se trouve dans nos talents, dans notre système d’éducation et dans nos compétences.

Nous savons qu’une main-d’oeuvre scolarisée est une main-d’oeuvre compétitive. 

Et que cela renforce l’économie.

Cela commence dès la petite enfance.

C’est pourquoi aujourd’hui il y a 130 000 enfants ontariens de plus dans les garderies titulaires d’un permis qu’en 2003.

C’est pourquoi nous avons augmenté le salaire des travailleurs du secteur des services de garde, nous avons investi dans le programme de la maternelle et du jardin d’enfants à temps plein, et nous avons réduit le nombre d’élèves par classe.

Et c’est pourquoi nous investissons 11 milliards de dollars sur 10 ans pour construire de nouvelles écoles et améliorer les plus anciennes.

Aujourd’hui, plus d’enfants atteignent ou dépassent les normes provinciales.

Plus d’enfants obtiennent leur diplôme d’études secondaires. 

Et plus d’adultes ont une attestation d’études postsecondaires.

Nous aidons aussi les étudiantes et étudiants à assumer le coût de leurs études postsecondaires.

L’an dernier, nous avons versé plus de 1,3 milliard de dollars en subventions et en prêts et avons aidé plus de 380 000 étudiantes et étudiants à réaliser leur rêve de faire des études postsecondaires.

Monsieur le Président, il est essentiel de nous assurer que plus de personnes ont accès aux études postsecondaires pour que notre programme de croissance soit fructueux.

C’est pourquoi nous soutenons nos instituts autochtones afin que les jeunes autochtones aient accès à une éducation et une formation postsecondaires de grande qualité.

Et c’est pourquoi nous investissons dans les métiers spécialisés pour soutenir plus de 28 000 Ontariennes et Ontariens qui se sont inscrits à des programmes de formation en apprentissage l’an dernier.

Nous soutenons le Collège Seneca qui s’est associé à Siemens Canada pour assurer la formation de la prochaine génération de travailleurs de la technologie.

C’est avec fierté que j’annonce qu’avec ce budget, nous renouvelons la Stratégie ontarienne d’emploi pour les jeunes en investissant un montant supplémentaire de 250 millions de dollars au cours des deux prochaines années.

Notre investissement total dans les programmes d’emploi des jeunes passera ainsi à plus de 565 millions de dollars au cours des deux prochaines années.

Cela se traduira par un financement continu de programmes qui permettront de mettre en oeuvre de nouvelles façons d’aider les jeunes à obtenir leur premier emploi, à trouver un mentor ou à lancer leur propre entreprise. Par exemple, dans le cadre du Programme d’accélération des affaires pour les jeunes, on fournira des conseils et des fonds de démarrage aux entreprises innovantes dirigées par des jeunes.

Pour profiter de cette croissance, nous devons continuer d’aider nos jeunes à obtenir l’éducation et la formation professionnelle dont ils ont besoin et dont notre économie a besoin.

Nous soutenons le système d’apprentissage grâce à un investissement de 55 millions de dollars qui améliorera la formation en apprentissage en classe et appuiera les programmes qui aident les jeunes à se préparer et à acquérir les compétences nécessaires pour trouver un travail d’apprenti.

L’investissement dans les talents et les compétences aide à nous assurer que nous avons les travailleurs que nous voulons et dont nous avons besoin pour la croissance économique continue. Mais nous en faisons plus.

Un climat d’affaires innovateur et dynamique

Monsieur le Président, le troisième volet de notre plan pour appuyer la croissance est de créer un climat d’affaires qui favorise une plus grande concurrence et la réussite.

Cela passe notamment par l’édification de l’infrastructure et les investissements dans l’éducation et la formation, qui constituent des dossiers prioritaires pour les dirigeants d’entreprise.

Cela signifie également des réductions d’impôt.

Ce que nous avons fait.

Notre taux combiné d’imposition sur les sociétés est inférieur à celui de tous les États américains.

Et nous obtenons des résultats.

L’Ontario est la principale destination en Amérique du Nord en ce qui a trait aux investissements directs étrangers. Cela se traduit par un plus grand nombre d’emplois, une croissance économique accrue et une meilleure qualité de vie pour nous tous. 

Toutefois, Monsieur le Président, il reste encore beaucoup à faire.

C’est pourquoi nous avons mis sur pied notre Fonds pour l’emploi et la prospérité, qui est doté de 2,5 milliards de dollars sur 10 ans et qui vise à s’associer avec des entreprises de l’Ontario pour accroître la productivité, favoriser l’innovation et soutenir les exportations.

Dans le cadre de ce programme, le fabricant de pièces d’automobiles Linamar, à Guelph, a obtenu un investissement de un demi-milliard de dollars qui permettra de créer 1 200 emplois au cours des 10 prochaines années.

Mais nous allons encore plus loin.

Nous prenons également des mesures pour créer un milieu d’affaires plus concurrentiel.

Nous augmenterons le Fonds pour l’emploi et la prospérité de 200 millions de dollars pour attirer de plus grands investissements de la part des entreprises et créer des emplois, et en étendrons l’admissibilité au secteur forestier. Nous mettrons en place une nouvelle initiative favorisant l’innovation qui réunira des gens d’affaires chevronnés afin de trouver des moyens d’aider les entreprises ontariennes en démarrage à croître.

Nous prolongerons également le Programme de réduction des tarifs d’électricité pour le secteur industriel du Nord.

Cet investissement annuel permanent de 120 millions de dollars aidera les grandes industries du Nord de l’Ontario à réduire leurs coûts énergétiques et à accroître leur compétitivité.

Nous continuons aussi à soutenir la croissance et l’innovation dans l’industrie agricole et agroalimentaire de l’Ontario au moyen d’initiatives qui appuient les agriculteurs et les producteurs.

Notre collaboration avec ce secteur a déjà donné des résultats importants.

Entre 2013 et 2014, le secteur agroalimentaire a créé plus de 17 000 emplois nets. Le nombre d’emplois dans le secteur a atteint plus de 780 000, et les exportations ont augmenté de 5,5 % pour se chiffrer à presque 12,5 milliards de dollars.

Nous aidons également les entreprises en réduisant les formalités administratives. Depuis 2008, nous avons éliminé 17 % des exigences réglementaires qui constituaient des entraves à la croissance des entreprises des particuliers.

Nous contribuons également à la création d’un régime coopératif de réglementation des marchés de capitaux.

La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et l’Ontario, en concertation avec le gouvernement fédéral, ont tous souscrit à un tel régime.

Cela renforcera les marchés financiers du Canada en offrant une protection accrue aux investisseurs, en renforçant le secteur des services financiers au Canada et en gérant les risques sur nos marchés des capitaux.

Les prochaines étapes de cette nouvelle initiative nationale seront annoncées plus tard cette année.

L’Ontario a également fait figure de proue dans l’établissement du tout premier centre des échanges en renminbi (RMB) en Amérique du Nord et du Sud.

Le RMB, soit la monnaie chinoise, est actuellement la deuxième devise en importance dans les échanges commerciaux à l’échelle mondiale.

Ce centre, qui est autorisé par la banque centrale de Chine, permettra aux banques et aux autres agents de concevoir et de proposer des services financiers et d’échange en RMB à leurs clients.

Le centre des échanges en RMB stimulera encore davantage les occasions d’affaires, les échanges et le développement des entreprises dans la province. 

Changement climatique

Monsieur le Président, pour lutter contre le changement climatique, qui est l’un des plus grands défis que doit relever l’humanité, l’Ontario impose une limite sur les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre par l’entremise d’un système de plafonnement et d’échange qui protégera l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons ainsi que la santé de nos enfants et petits-enfants.

L’Ontario entend adhérer au système de plafonnement et d’échange instauré dans le cadre de la Western Climate Initiative. En vertu de ce système, les entreprises se verraient attribuer des quotas d’émission de gaz à effet de serre et pourraient vendre toute portion inutilisée dont elles n’auraient pas besoin en raison de leur propre efficience.

De bonnes politiques en matière d’environnement constituent de bonnes politiques en matière d’économie. La réduction du recours aux combustibles fossiles créera des emplois dès maintenant, stimulera l’innovation et contribuera à assurer notre prospérité durant les années à venir.

Sécuriser la retraite

Notre quatrième pilier, Monsieur le Président, est de faire en sorte que tous et toutes puissent jouir d’une retraite sûre.

Nous lançons un régime de retraite ontarien qui contribuera à assurer la sécurité financière de tous les Ontariens et Ontariennes au moment de leur retraite. La sécurité de la retraite est un élément nécessaire au maintien d’une économie solide.

Après avoir passé sa vie à contribuer à l’économie, une personne qui prend sa retraite ne devrait pas à avoir à faire face à l’incertitude financière.

Plus de la moitié des travailleurs et travailleuses de l’Ontario ne bénéficient pas d’un régime de retraite d’employeur.

Trop d’entre eux risquent de ne pas épargner suffisamment.

Un faible niveau d’épargne-retraite pose un risque pour nous tous.

C’est la raison pour laquelle nous créons un régime de retraite ontarien.

Le Régime de retraite de la province de l’Ontario (RRPO), tout comme les soins de santé et des écoles de qualité, est un moyen d’accroître notre avantage stratégique en attirant et en conservant la main-d’oeuvre compétente dont les entreprises ont besoin.

Nous allons de l’avant en créant l’organe chargé de l’administration du RRPO. Nous créons également les régimes de pension agréés collectifs volontaires.

Ces deux initiatives renforceront la sécurité de la retraite et contribueront à soutenir la prospérité économique pendant les années à venir.

Monsieur le Président, la consolidation de ces quatre piliers économiques ne constitue pas une fin en soi.

Nous prenons toutes ces mesures parce qu’une économie forte nous permet de créer une société juste.

Soins de santé

Un élément clé de cette société juste est notre système de santé.

Les Ontariennes et Ontariens sont aussi compatissants qu’ils sont compétitifs.

Et notre système de santé en est la preuve.

Non seulement permet-il de fournir avec compassion des soins à tous nos citoyens, il constitue un avantage concurrentiel dans l’économie mondiale d’aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle nous consolidons ses assises.

Depuis 2003, nous avons embauché 5 600 médecins et 24 000 infirmières supplémentaires.

Nous avons réduit les temps d’attente.

Nous avons fait en sorte que 94 p. 100 de la population ontarienne ait accès à des soins de santé primaires.

Et nous avons annoncé une augmentation de salaire de 4 $ de l’heure sur trois ans pour les préposés aux services de soutien à la personne.

Nous allons maintenant encore plus loin.

Nous savons que 30 p. 100 des personnes en Ontario seront aux prises avec un problème de santé mentale ou de dépendance au cours de leur vie.

Et nous savons que dans 70 p. 100 des cas, ces problèmes font leur apparition durant l’enfance.

Nous avons donc commencé à nous attaquer à ce problème en aidant 50 000 enfants et jeunes à obtenir des services de santé mentale et de traitement des dépendances.

La prochaine étape de la stratégie de santé mentale et de lutte contre les dépendances inclut des investissements de 138 millions de dollars sur trois ans à compter de 2014-2015.

En outre, nous élargirons et améliorerons les soins à domicile et en milieu communautaire intégrés tout en continuant à gérer les coûts des soins de santé.

Monsieur le Président, nous sommes toujours résolus à maintenir et à améliorer le système de santé de l’Ontario financé par les deniers publics, qui demeure un exemple de soins professionnels et compatissants pour le monde entier.

Stratégie de réduction de la pauvreté

Monsieur le Président, créer une société juste signifie donner à tous et à toutes la chance de réussir.

Aider les gens à sortir de la pauvreté est une mesure sensée, tout comme financer notre système de santé au profit de tous est une mesure sensée.

Parce que quand chacun de nous réussit, c’est nous tous qui réussissons.

C’est pourquoi, depuis 2003, nous nous sommes engagés à verser plus de 4 milliards de dollars pour réparer les logements abordables et en construire de nouveaux.

C’est pourquoi, en 2014,  nous avons lancé notre deuxième Stratégie de réduction de la pauvreté, échelonnée sur cinq ans. Cette stratégie vise à rompre le cycle de la pauvreté en s’attaquant à ses causes profondes.

En aidant les enfants et les jeunes.

En aidant les gens à se trouver des emplois intéressants.

En nous engageant à réaliser notre ambitieux objectif de mettre fin à l’itinérance.

Et en réformant l’aide sociale afin d’aider plus de gens à intégrer le marché du travail.

En 2013 et 2014, nous avons augmenté les taux de l’aide sociale pour les bénéficiaires du programme Ontario au travail et du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées. Dans le présent budget, nous annonçons une augmentation des taux d’aide sociale pour la troisième année de suite.

Combattre la violence et le harcèlement sexuels

Cette année, Monsieur le Président, nous avons également pris des mesures pour combattre la violence et le harcèlement sexuels et améliorer le soutien offert aux survivants.

Nous avons lancé un nouveau plan intitulé « Ce n’est jamais acceptable » afin d’éliminer les causes profondes de la violence sexuelle, comme les attitudes et comportements malsains et l’inégalité de genre.

Et, Monsieur le Président, grâce à l’éducation et à des dispositions législatives plus musclées visant le milieu de travail, nous changerons notre province à jamais et pour le mieux en nous attaquant à un problème qui dure depuis trop longtemps.

Car, chaque Ontarienne et Ontarien a le droit de se sentir en sécurité et respecté.

Bonne gestion financière

Monsieur le Président, il n’est pas possible de créer une société juste pour tous si les finances de l’Ontario ne sont pas gérées de façon judicieuse. 

C’est pourquoi notre gouvernement travaille avec diligence et continue de dépasser ses objectifs financiers année après année.

Ainsi, Monsieur le Président, nous continuerons à faire preuve de détermination, et de discipline, en travaillant de concert avec les entreprises et les consommateurs pour atteindre nos objectifs jusqu’à ce que nous arrivions à équilibrer le budget.

Nous prévoyons que le déficit s’élèvera à 8,5 milliards de dollars en 2015-2016, ce qui en ferait le déficit le plus bas depuis le début de la récession mondiale.

Nous prévoyons que le déficit se chiffrera à 4,8 milliards de dollars en 2016-2017 et que nous atteindrons l’équilibre budgétaire en 2017-2018.

L’économie diversifiée et résiliente de l’Ontario nous aidera à y parvenir.

L’économie ontarienne devrait croître à un rythme vigoureux, soutenu par un dollar canadien plus concurrentiel, l’accélération de l’économie américaine et la baisse des prix du pétrole.

On s’attend à ce que l’économie de l’Ontario affiche une croissance de 2,7 p. 100 en 2015.

Par ailleurs, depuis le creux de la récession en juin 2009, l’Ontario a enregistré une hausse nette des emplois de plus de 500 000, soit un nombre supérieur à celui des emplois perdus.

Les trois quarts de ces nouveaux emplois se trouvent dans des secteurs où les salaires sont supérieurs à la moyenne.

Plus de 83 p. 100 de ces emplois sont dans le secteur privé, et 94 p. 100 sont des emplois à temps plein.

Cela démontre, Monsieur le Président, que notre province est sur la bonne voie.

Faire que chaque dollar compte

Bien que la croissance économique soit un signe positif, elle ne constitue pas le seul élément de notre approche.

Monsieur le Président, nous avons également maintenu le cap sur la maîtrise des dépenses.

L’exercice 2014-2015 marque la sixième année de suite où les dépenses des programmes devraient être inférieures aux prévisions.

En outre, au cours des quatre dernières années, la province a contenu la croissance annuelle moyenne des dépenses des programmes à 1,5 p. 100, soit sous le taux d’inflation de l’IPC, et ce, sans sabrer les services essentiels.

Nous faisons en sorte que chaque dollar compte.

Nous n’avons pas contenu les dépenses en réduisant aveuglément, comme certains l’auraient fait. Nous y sommes parvenus grâce à un examen minutieux des programmes.

J’aimerais d’ailleurs souligner l’excellent travail de ma collègue la ministre Deb Matthews, présidente du Conseil du Trésor.

Nous avons mis en place un processus pluriannuel de planification et d’affectation.

Nous examinons chaque poste budgétaire, considérant chacun des programmes et des services offerts par le gouvernement.

Chaque programme fait l’objet d’un regard neuf. Et au fil de cet exercice, nous nous posons les questions suivantes :

Ce programme est-il toujours pertinent? Est-il efficace? Est-il viable?

Nous prenons en considération toutes les activités du gouvernement dans le but d’optimiser le rendement des deniers publics.

Notre approche fonctionne.

Nous avons le taux de dépenses de programmes le plus bas par habitant parmi tous les gouvernements provinciaux du Canada.

Et nous accomplissons cela tout en maintenant des services sociaux, de santé et d’éducation solides.

Mais nous devons garder le cap.

Nous avons, par exemple, réorganisé le système de justice pour la jeunesse : il y a maintenant moins de jeunes détenus en milieu fermé qu’en 2003 à la suite de l’orientation des jeunes contrevenants qui présentent un risque plus faible vers des programmes communautaires.

Nous avons changé le financement de la santé, passant d’un système axé sur les fournisseurs de soins à un système axé sur les patients.

Et, cette année, nous irons encore plus loin.

Nous réorganiserons la façon dont nous achetons, délivrons et facturons les médicaments en vertu du Programme de médicaments de l’Ontario, ce qui permettra à la population ontarienne d’économiser plus de 200 millions de dollars par année.

Nous ciblerons davantage le soutien fiscal aux entreprises afin d’en accroître l’efficacité, ce qui nous permettra, encore là, d’économiser 165 millions de dollars par année d’ici 2017-2018.

Monsieur le Président, nous continuons de contenir la rémunération dans le secteur public, et aucuns nouveaux fonds ne sont prévus au titre des hausses des traitements.

Nous avons déjà obtenu un certain succès avec l’Association des employées et employés gestionnaires, administratifs et professionnels de la couronne de l’Ontario (AEEGAPCO), qui représente les travailleurs professionnels de la fonction publique.

Et nous négocions avec tous nos partenaires pour nous assurer que nous pouvons continuer à offrir des services publics solides tout en gérant la rémunération du secteur public de façon responsable.

Qui plus est, Monsieur le Président, nous continuerons à nous assurer que toutes les entreprises respectent leurs obligations fiscales, ce qui a généré jusqu’ici 600 millions de dollars pour la province.

Dans le présent budget, nous proposons des façons nouvelles et améliorées de lutter contre l’économie souterraine et l’évitement fiscal.

Nous proscrirons les dispositifs de suppression électronique des ventes, qu’on appelle des camoufleurs de vente, qui permettent aux entreprises de dissimuler les ventes et de déclarer des revenus moindres.

Un leadership national pour un Ontario plus fort et un Canada plus fort

Monsieur le Président, à maintes reprises, notre première ministre, Kathleen Wynne, a fait preuve d’un leadership solide sur la scène nationale, lorsque c’était nécessaire, relativement à des questions comme l’énergie, les obstacles au commerce interprovincial et le changement climatique.

Les Ontariennes et Ontariens paient 11 milliards de dollars de plus au gouvernement fédéral qu’ils ne reçoivent en transferts et services fédéraux.

Nous subissons cette inégalité du programme de péréquation depuis de nombreuses années maintenant.

Cela s’explique par le fait que l’Ontario est un fier partenaire de la fédération et nous croyons qu’il faut faire notre part pour que notre nation reste forte.

Cela dit, Monsieur le Président, l’Ontario a besoin du gouvernement fédéral à titre de partenaire solide pour renforcer son économie.

J’ai dit plus tôt que le grand défi économique de notre temps est de construire l’infrastructure.

Les provinces et les territoires assument 46 p. 100 de toutes les sommes investies par les gouvernements dans l’infrastructure et les municipalités environ 40 p. 100, alors que le gouvernement fédéral investit à peine 14 p. 100.

Monsieur le Président, si le gouvernement fédéral veut un Canada plus fort, il doit investir sa juste part dans les projets qui renforcent l’économie de l’Ontario.

Il doit également aider à développer le Cercle de feu pour stimuler la croissance économique et créer des emplois. 

Notre gouvernement est déterminé à investir 1 milliard de dollars dans la construction de l’infrastructure, dont l’infrastructure de transport, dans cette région.

Nous avons besoin d’un partenaire fédéral dans cette initiative, Monsieur le Président. 

Les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015

Monsieur le Président, cet été, nous accueillerons les Jeux panaméricains et parapanaméricains.

On s’y prépare depuis des années.

Ce sera l’événement multisport le plus important jamais tenu au Canada.

Nous accueillerons plus de 10 000 athlètes, entraîneurs et dignitaires qui participeront ou assisteront à 51 compétitions sportives tenues dans plus de 40 emplacements en Ontario.

Cet événement aussi favorisera l’essor de l’Ontario.

Les Jeux attireront plus de 250 000 touristes, contribueront à créer plus de 26 000 emplois et feront augmenter notre produit intérieur brut de 3,7 milliards de dollars.

Ce sera un événement d’été emballant.

Qui plus est, il laissera un héritage dans les secteurs du logement, du transport, de l’accessibilité, des loisirs et de l’éducation qui perdurera pendant des décennies.

Le moment est venu de favoriser l’essor de l’Ontario

Monsieur le Président, un budget sert à deux choses :

Il présente un sommaire de nos finances et exprime nos aspirations pour notre avenir.

Notre gouvernement est résolu à favoriser l’essor de l’Ontario.

À faire sa part dans la création d’une économie moderne et compétitive qui crée des emplois et la croissance.

Le meilleur moyen d’y arriver est de travailler ensemble, en tant qu’Ontariennes et Ontariens, à construire l’infrastructure qui profite à chacun de nous.

À cette fin, nous devrons faire certaines choses différemment.

Nous devrons confier à d’autres une partie de ce que nous avons bâti par le passé.

Pour que, ensemble, nous puissions bâtir ce dont nous avons besoin pour un avenir solide.

C’est ce que les Ontariennes et Ontariens ont toujours fait.

Nous avons toujours fait ce genre de choix, ensemble.

Nous avons toujours eu le courage de relever les défis difficiles.

La confiance nécessaire pour saisir les nouvelles occasions.

Et l’assurance que, en travaillant ensemble, il n’y a rien que nous ne puissions accomplir.

Aujourd’hui, Monsieur le Président, le moment est venu d’entreprendre les plus importants travaux d’infrastructure de l’histoire de l’Ontario.

Avec courage, avec confiance et avec assurance.

Pour favoriser l’essor de l’Ontario.

Merci, Monsieur le Président.