: Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
Chapitre 1 : Tendances et projections démographiques

Introduction

Les changements démographiques ont des incidences considérables sur les perspectives économiques et financières à long terme de l’Ontario. Le présent chapitre met en lumière les tendances démographiques des 20 dernières années. Il renferme aussi des projections de population pour les 20 prochaines années. Cinq grandes tendances se dégagent :

  1. La croissance démographique sera vigoureuse, mais son rythme sera modéré.
  2. L’immigration constituera une part importante et accrue de la hausse démographique.
  3. Le pourcentage de personnes âgées sera beaucoup plus élevé.
  4. Le rythme de croissance de la population en âge de travailler ralentira.
  5. Les grandes zones urbaines connaîtront le taux d’accroissement démographique le plus soutenu.

Les perspectives démographiques de l’Ontario pour les 20 prochaines années auront d’importantes conséquences économiques et financières :

  • Le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance du segment de la population en âge de travailler tempéreront la hausse de la population active de l’Ontario, ce qui pourrait limiter le rendement économique futur en l’absence de toute amélioration de la productivité.
  • Afin d’atténuer les conséquences du départ à la retraite de la génération du baby-boom, il faudra encourager la participation accrue à la vie active et l’adoption de modalités de travail flexibles.
  • La croissance et le vieillissement de la population exerceront des pressions accrues sur les dépenses du gouvernement, notamment dans le domaine de la santé.
  • Les différences régionales en matière de croissance démographique et de structure par âge poseront un défi en ce qui concerne la prestation de services gouvernementaux et nécessiteront des interventions politiques ciblées.
  • Le vieillissement de la population aura des incidences sur la composition du revenu des particuliers et leurs habitudes de dépenses. Il pourrait éventuellement freiner l’augmentation des revenus du gouvernement.
  • La vague des départs à la retraite des membres de la génération du baby-boom mettra le système de revenu de retraite du Canada à l’épreuve.

Tendances démographiques ces 20 dernières années

Ces 20 dernières années, les tendances démographiques en Ontario ont été sources de possibilités et de défis. Les principales tendances relevées au cours de cette période ont été les suivantes :

Forte croissance de la population

  • Le nombre d’habitants de la province a considérablement augmenté entre 1989 et 2009 (+3 millions de personnes).
  • Le taux de croissance démographique a été de 1,3 % en moyenne par année pendant cette période.
  • Le pourcentage de la population canadienne vivant en Ontario est passé de 37,0 % en 1989 à 38,7 % en 2009.

Croissance démographique résultant de l’immigration

  • Le solde migratoire (solde migratoire international plus solde migratoire interprovincial) a représenté 61 % de la croissance démographique de la province au cours des 20 dernières années. L’immigration a été le facteur essentiel de la hausse démographique. L’accroissement naturel de la population (naissances moins décès), qui a ralenti, a été à l’origine des 39 % restants.

Vieillissement continu de la population

Vieillissement de la population

  • Ces 20 dernières années, l’âge médian en Ontario est passé de 33 ans en 1989 à 39 ans en 2009 par suite du vieillissement de la génération du baby-boom, de la baisse du taux de fécondité et de l’accroissement de l’espérance de vie.
  • Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent maintenant 13,7 % de la population de l’Ontario (1,8 million de personnes); elles représentaient 11,2 % de la population (1,1 million de personnes) en 1989.
  • Parallèlement, la diminution du taux de fécondité a réduit le pourcentage d’enfants âgés de zéro à 14 ans dans la province. Ce pourcentage est passé de 20,1 % en 1989 à 16,9 % en 2009. Le nombre d’enfants s’est légèrement accru (2,2 millions d’enfants par rapport à 2,0 millions en 1989).
  • Les travailleurs d’âge moyen, soit les personnes ayant entre 15 et 64 ans, représentent maintenant 69,4 % de la population, soit 9,1 millions de personnes. Ce pourcentage est légèrement en hausse par rapport à 1989 (68,7 %, soit 6,9 millions de personnes).


Concentration de la croissance démographique dans les régions urbaines

Croissance dans les régions urbaines
  • Depuis 1989, 62 % de la croissance démographique dans la province a été enregistré dans la région du grand Toronto (RGT), qui comprend la ville de Toronto et les municipalités régionales de Halton, Peel, York et Durham.

Accroissement de la diversité démographique

  • Lors du recensement de 2006, environ 2,7 millions de personnes en Ontario ont déclaré appartenir à un groupe minoritaire visible, soit 22,8 % de la population (13,0 % en 1991).
  • Plus de la moitié des personnes appartenant à des groupes minoritaires visibles au Canada vivent en Ontario.
  • Lors du recensement de 2006, le nombre de langues maternelles dénombrées en Ontario a dépassé 200.

Perspectives démographiques pour les 20 prochaines années

La section qui suit porte sur les cinq grandes tendances qui caractériseront les perspectives démographiques de l’Ontario jusqu’en 2030. Les projections démographiques, qui ont été publiées à l’automne de 2009 et qui s’appuient sur les données tirées du recensement de 2006, sont les plus récentes projections du ministère des Finances. Les hypothèses qui sous-tendent ces projections tiennent compte, d’une part, des tendances antérieures dans tous les courants migratoires et, d’autre part, de l’évolution continue des tendances à long terme en matière de fécondité et de mortalité.

1. Accroissement démographique vigoureux mais modéré à long terme

Hausse démographique vigoureuse prévue

Entre 2009 et 2030, la croissance démographique en Ontario devrait être dynamique et s’établir à 28 %, soit près de 3,7 millions de personnes. On prévoit que d’ici 2030, la population de la province atteindra 16,7 millions de personnes. Le taux global de cet accroissement démographique est légèrement inférieur au taux de 29 % enregistré au cours des 20 dernières années.

Ces dernières années, le rythme de la croissance démographique en Ontario a ralenti par suite, d’une part, du taux d’émigration net vers le reste du Canada et, d’autre part, de la baisse du taux d’immigration dans la province par rapport à la moyenne. Cette situation est principalement attribuable au taux de croissance économique relativement plus soutenu dans les provinces de l’Ouest.

Le taux de croissance démographique devrait augmenter graduellement au cours des prochaines années et passer de 1,0 % en 2009-2010 à 1,2 % d’ici 2012-2013. Cette hausse reflète un retour aux tendances historiques de migration interprovinciale et d’immigration. Le taux annuel de croissance démographique devrait se stabiliser autour de 1,2 % jusqu’au milieu des années 2020 avant de ralentir pour s’établir à 1,1 % d’ici 2030.

Graphique 1, diagramme à barres :  Taux annuel de croissance démographique en Ontario

2. Rôle constant de l’immigration dans la croissance démographique

L’immigration favorise la croissance démographique

Le solde migratoire (solde migratoire international et solde migratoire interprovincial) continuera d’être à la base de la croissance démographique dans la province. Le pourcentage du taux annuel de croissance démographique que représente le solde migratoire devrait passer de 62 % en 2009‑2010 à 71 % d’ici 2029-2030.

L’immigration est la composante la plus importante du solde migratoire. L’immigration annuelle en tant que pourcentage de la population devrait légèrement croître au cours des prochaines années et atteindre 0,9 % de la population d’ici 2012‑2013 et rester à ce niveau jusqu’en 2030. Ce taux est légèrement inférieur au taux annuel moyen d’immigration en Ontario enregistré ces 20 dernières années, qui s’établissait à environ 1 %.

Graphique 2, graphique linéaire : Contribution de l’accroissement naturel et de la migration nette à la croissance démographique en Ontario

La part de la hausse démographique imputable à l’accroissement naturel (les naissances moins les décès) diminuera en raison du vieillissement de la population et de la baisse du taux de fécondité. Elle devrait passer de 38 % en 2009-2010 à 29 % d’ici 2029‑2030. L’accroissement naturel sera à la hausse entre 2009-2010 (50 000 personnes) et 2022-2023 (près de 66 000 personnes). Il diminuera légèrement par la suite pour s’établir à 54 500 en 2029-2030.

3. Accélération du vieillissement de la population

Tendance la plus importante : vieillissement de la population

Le vieillissement rapide de la population de l’Ontario est la tendance démographique la plus importante qui soit prévue.

En 2011, la génération du baby-boom commencera à entrer dans la catégorie des personnes ayant 65 ans et plus. Le nombre de personnes âgées devrait plus que doubler, passant de 1,8 million de personnes en 2009 à 3,7 millions d’ici 2030. Le groupe d’âge le plus âgé devrait croître encore plus rapidement durant cette période. En effet, le nombre de personnes ayant 90 ans et plus devrait augmenter de 147 %. D’ici 2030, les personnes âgées représenteront 21,9 % de la population de la province, un pourcentage beaucoup plus élevé que le pourcentage actuel, qui s’établit à 13,7 %.

Le taux annuel de croissance du segment des personnes âgées devrait passer de 2,6 % en 2009-2010 à environ 3,5 % entre 2013 et 2030.

Graphique 3, graphique linéaire : Proportion de la population de l’Ontario  âgée de 0 à 14 ans, de 15 à 64 ans et de 65 ans et plus

Hausse continue de l’espérance de vie

La hausse de l’espérance de vie sous-tendra la forte croissance du nombre de personnes âgées. L’espérance de vie à la naissance est passée de 70,8 ans en 1976 à 78,9 ans en 2006 pour les hommes, et de 78,0 ans à 83,2 ans pour les femmes. D’ici 2030, l’espérance de vie pour les hommes sera de 84,4 ans, et elle sera de 87,1 ans pour les femmes.

Par suite du vieillissement de la population, l’âge médian en Ontario passera de 39 ans en 2009 à 42 ans en 2030.

4. Croissance ralentie du nombre de travailleurs d’âge moyen

Ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler

Depuis 2001, le taux de croissance du nombre de travailleurs d’âge moyen (entre 15 et 64 ans) en Ontario a ralenti. Cette tendance devrait se poursuivre à mesure que la génération du baby-boom arrive à l’âge d’or.

Au cours des 20 prochaines années, la population en âge de travailler devrait augmenter de 13,5 %, un taux d’augmentation de 0,6 % en moyenne par année. Ce taux équivaut à environ la moitié du taux enregistré ces 20 dernières années. D’ici 2030, le nombre de personnes en âge de travailler en Ontario devrait s’élever à 10,3 millions, soit 61,5 % de la population, contre 69,4 % en 2009.

Comme il est mentionné ci-dessus, le groupe des personnes âgées (65 ans et plus) augmentera beaucoup plus rapidement que par le passé et croîtra de plus de 100 % au cours des 20 prochaines années. Le nombre d’enfants ayant entre 0 et 14 ans restera relativement stable, s’établissant à environ 2,3 millions au cours de la première décennie des projections, avant d’atteindre 2,8 millions d’ici 2030. Le pourcentage d’enfants parmi la population générale passera de 16,9 % en 2009 à 16,2 % en 2015. D’ici 2030, ce pourcentage augmentera légèrement et atteindra 16,6 % à mesure que les enfants de la génération du baby-boom commenceront à avoir leurs propres enfants.

Graphique 4, graphique linéaire : Taux de croissance des groupes d’âge de la population en Ontario

5. Concentration de l’accroissement démographique dans les grandes zones urbaines

Les régions urbaines de la province continueront à connaître le taux d’accroissement démographique le plus rapide.

La moitié de la population de l’Ontario vivra dans la RGT

C’est dans la RGT que le nombre d’habitants devrait progresser le plus rapidement. En effet, près de 66 % de la hausse démographique en Ontario au cours des 20 prochaines années sera enregistrée dans la RGT. La population de la RGT devrait augmenter de près de 38 %, soit 2,3 millions de personnes, entre 2009 et 2030. Quant à lui, le pourcentage de la population de l’Ontario vivant dans la RGT passera de 46,7 % en 2009 à 50,4 % d’ici 2030.

La population de la région du Centre devrait atteindre 3,62 millions de personnes d’ici 2030, une augmentation de 27 % par rapport à 2009 (2,85 millions). Dans la région de l’Est, le taux de croissance pendant la même période s’établira à 19 %, et le nombre d’habitants passera de 1,70 million de personnes en 2009 à 2,03 millions en 2030. Quant à elle, la région du Sud-Ouest devrait compter 1,83 million de personnes en 2030, une hausse de 14 % par rapport à 2009 (1,60 million de personnes).

La population du Nord de l’Ontario, pour sa part, devrait rester relativement stable jusqu’en 2030 (+0,8 %), passant de 807 100 en 2009 à 813 300. La croissance démographique variera dans le Nord. Par exemple, le taux de croissance dans le Nord‑Est devrait être mesuré, tandis que dans le Nord-Ouest, la population devrait continuer de diminuer lentement.

Graphique 5, carte : Population des régions de l’Ontario, 2009 et 2030

Répercussions des perspectives démographiques de l’Ontario

Les perspectives démographiques de l’Ontario pour les 20 prochaines années auront d’importantes conséquences économiques et financières. Les autres chapitres du présent rapport analysent les facteurs non démographiques qui auront des incidences sur l’avenir économique de l’Ontario. Six conséquences ont un solide point d’appui démographique :

1. Limitation de l’expansion économique future par suite du ralentissement de la croissance de la population active

Croissance de la population active au ralenti

La hausse de la population active a une influence déterminante sur la croissance économique. Le vieillissement de la population de même que le ralentissement de la croissance de la population active pourraient entraîner une diminution de la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel à l’avenir.

Étant donné que le taux d’activité des personnes appartenant à des groupes d’âge plus vieux est considérablement plus faible, le vieillissement de la population contribuera au ralentissement de la croissance de la population active d’ici 2030. Comme des cohortes appréciables de personnes appartenant à la génération du baby-boom approchent de l’âge de la retraite, le nombre de travailleurs atteignant l’âge de 65 ans devrait dépasser le nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail (à 15 ans) entre 2017 et le début des années 2030. En conséquence, l’augmentation du groupe de personnes en âge de travailler résultera exclusivement de la migration nette pendant cette période.

Hausse de la productivité par suite des investissements des entreprises

Encourager une hausse plus rapide de la productivité peut contrebalancer, en partie, les incidences du ralentissement de la croissance de la population active. Les investissements des entreprises représentent l’un des principaux moteurs de l’augmentation de la productivité du travail. De nouvelles usines, du nouveau matériel et de nouvelles technologies peuvent permettre aux entreprises et aux travailleurs de fabriquer de meilleurs produits et en plus grand nombre. Les mesures fiscales que le gouvernement McGuinty a adoptées dernièrement, comme la taxe de vente harmonisée (TVH) et les réductions des taux d’imposition du revenu des sociétés à partir du 1er juillet 2010, diminueront de beaucoup le fardeau fiscal sur les nouveaux investissements des entreprises, améliorant ainsi la capacité concurrentielle de l’Ontario. Il est prévu que ces mesures fiscales, conjuguées à d’autres modifications fiscales récentes, entraîneront une augmentation des investissements dans les immobilisations en Ontario qui totalisera 47 milliards de dollars entre 2010 et 20201.

Les réductions fiscales stimuleront les investissements dans les immobilisations

Même si l’Ontario a mis en place des bases solides pour assurer la prospérité de demain, il est crucial que les gouvernements, les employeurs et les travailleurs continuent de collaborer et de mettre en oeuvre des mesures pour favoriser la hausse constante de la productivité.

2. Promotion de l’accroissement de l’activité sur le marché du travail et de l’adoption de modalités de travail flexibles

La participation accrue des travailleurs plus âgés, des immigrants, des femmes et des jeunes au marché du travail pourrait atténuer en partie les incidences du départ à la retraite de la génération du baby-boom et la perte de leur expérience au sein du monde du travail.

Des politiques et des initiatives en milieu de travail qui encouragent des modalités de travail plus flexibles applicables à tous les segments de la population en âge de travailler peuvent servir à accroître la participation au marché du travail. Par exemple, l’instauration de retraites progressives peut inciter les travailleurs spécialisés à rester plus longtemps sur le marché du travail, à temps plein ou à temps partiel. L’adoption de politiques favorisant une meilleure conciliation travail-famille est une autre possibilité. Ces initiatives sont particulièrement importantes dans les secteurs d’emploi où l’âge moyen est élevé et où il y a pénurie de main-d’oeuvre, comme nombre de professions de la santé ou de métiers spécialisés, et dans le domaine de l’éducation de la petite enfance.

Les conséquences du ralentissement économique actuel sur les régimes de retraite privés et l’épargne peuvent aussi modifier les projets de retraite, à court terme, de certains travailleurs plus âgés.

Immigration : élément clé de la croissance de la population active

L’immigration constituera un élément essentiel de l’accroissement constant de la population active et de l’enrichissement des compétences de la main-d’oeuvre ontarienne. Il sera toujours important d’attirer les immigrants les meilleurs et les plus qualifiés en Ontario. Dans ses considérations de politiques générales, le gouvernement devra se concentrer sur l’aide à accorder aux immigrants pour faciliter leur intégration sans heurts dans le marché du travail et sur l’amélioration de la reconnaissance des titres et diplômes étrangers.

La main-d’oeuvre hautement spécialisée de l’Ontario constitue l’un des principaux avantages économiques de la province. Le gouvernement et les entreprises devront continuer de constituer un bassin de travailleurs créatifs et souples afin de conserver leur avantage concurrentiel sur la scène internationale. Pour ce faire, il faudra encourager la formation professionnelle, l’apprentissage continu et l’optimisation des connaissances des travailleurs plus âgés.

3. Augmentation des pressions sur les dépenses du gouvernement, notamment les dépenses de santé, par suite de l’accroissement et du vieillissement de la population

Accroissement de la demande de soins de santé par suite du vieillissement de la population

Étant donné que la population de la province augmentera de 28 % d’ici 2030 et que le nombre de personnes âgées sera au moins multiplié par deux (plus d’une personne sur cinq en Ontario sera une personne âgée), les pressions sur les dépenses du gouvernement, notamment les dépenses de santé, ne feront que s’accroître.

La moyenne des dépenses de santé par habitant du gouvernement provincial est environ trois fois plus élevée pour les personnes âgées que pour la population dans son ensemble. Afin de préserver la qualité des soins de santé pour les personnes âgées, le gouvernement devra améliorer les modes de prestation des services tout en se concentrant sur les méthodes de maîtrise et de gestion des coûts.

Le gouvernement est en train de faire des investissements stratégiques pour continuer de transformer le secteur des soins de santé afin de répondre aux besoins futurs de la population ontarienne. Par exemple, il a entrepris de moderniser l’infrastructure de la santé, d’améliorer l’accès au système de soins de santé, de réduire les temps d’attente et d’assurer la promotion de la santé et la prévention des maladies. Ces cinq dernières années, les dépenses dans le domaine de la santé ont augmenté de 6,5 % en moyenne par année. À l’heure actuelle, le gouvernement investit 0,42 $ de chaque dollar consacré aux programmes dans ce secteur.

Le défi que représentent les dépenses de santé de même que d’autres pressions sur les dépenses associées à la croissance démographique et au vieillissement de la population soulignent le besoin pour le gouvernement d’assurer la solidité des fondements de la croissance future de l’économie. Pour ce faire, il effectue des investissements stratégiques dans l’éducation, la formation professionnelle, l’infrastructure et l’environnement, et réduit les impôts des particuliers et des entreprises.

4. Adoption d’interventions gouvernementales ciblées pour contrer les différences régionales en matière d’accroissement démographique et de structure par âge

Pressions accrues sur l’infrastructure par suite de la croissance démographique

Le nombre d’habitants de l’Ontario devrait augmenter de près de 3,7 millions de personnes d’ici 2030. Cette hausse démographique s’accompagnera de pressions importantes sur tous les types d’infrastructure, dont les transports, l’éducation, les soins de santé, la production d’énergie électrique, la gestion de l’eau et l’environnement. Le chapitre 5, Combler le déficit d’infrastructure de l’Ontario, aborde ces enjeux.

Les différences régionales dans le rythme de la croissance démographique soulèveront des défis en matière de prestation de services gouvernementaux.

La croissance démographique dans les collectivités de la région élargie du Golden Horseshoe, qui englobe la RGT et une bonne partie du Centre de l’Ontario, se poursuit à un rythme soutenu et la demande en matière d’infrastructure urbaine, notamment les transports en commun, sera importante. Il faudra procéder à des interventions politiques qui permettront de gérer cette croissance.

La Loi de 2005 sur les zones de croissance constitue le cadre de mise en oeuvre de la vision du gouvernement axée sur la création de collectivités prospères et plus fortes grâce à une meilleure gestion de la croissance dans les régions de l’Ontario. Ce cadre orientera les décisions en ce qui concerne un vaste éventail d’enjeux, dont les transports, la planification de l’infrastructure, l’aménagement du territoire, la forme urbaine, le logement, le patrimoine naturel et la protection des ressources.

Quelques collectivités rurales et éloignées de la province sont en train de se dépeupler. Les interventions et initiatives du gouvernement visant à attirer des possibilités de développement économique et des emplois dans ces régions resteront capitales. Le maintien d’un niveau équilibré de services gouvernementaux dans ces collectivités deviendra un enjeu politique certain.

Variation régionale des schémas de croissance

La variation des schémas de croissance de groupes d’âge particuliers dans les régions nécessitera aussi des interventions gouvernementales appropriées. Certes, le nombre d’enfants dans la province devrait augmenter dans son ensemble jusqu’en 2030, mais il devrait diminuer dans bien des régions. En conséquence, les effectifs scolaires seront à la hausse dans certaines régions, mais à la baisse dans d’autres.

De plus, le rythme du vieillissement de la population ne sera pas le même dans toutes les régions. Par exemple, les plus grandes pressions sur les dépenses de santé s’exerceront probablement dans les banlieues, notamment dans la RGT. Dans les zones suburbaines, le nombre de personnes âgées devrait croître beaucoup plus rapidement que dans les régions rurales et éloignées, où le nombre de personnes âgées est déjà plus élevé que la moyenne.

5. Incidences éventuelles du vieillissement de la population sur les revenus publics

Le vieillissement rapide de la population de la province aura des incidences sur la composition du revenu personnel et entraînera une modification des habitudes de consommation. Ces deux éléments pourraient à leur tour avoir des répercussions sur les revenus fiscaux de la province.

Règle générale, le pourcentage du revenu qu’une personne âgée tire de ses régimes de retraite et de ses placements est plus élevé que le pourcentage qu’elle tire d’un revenu d’emploi, lequel représente en moyenne moins de 10 % du revenu des personnes âgées. Ces diverses sources de revenu sont assujetties à des taux d’imposition réels différents. En effet, les revenus tirés d’un régime de retraite et de placements génèrent des revenus fiscaux potentiellement moindres pour le gouvernement.

Il existe cependant un éventuel facteur atténuant : les avoirs et les placements de la génération du baby-boom (ayant entre 44 et 63 ans en 2009) sont généralement supérieurs à ceux des générations antérieures. Cette accumulation d’une plus grande richesse pourrait appuyer des niveaux plus élevés de dépenses chez les personnes âgées.

Le vieillissement de la population s’accompagne d’une modification de leurs habitudes de consommation. La demande de services (soins de santé, voyages, etc.) a tendance à croître alors que la demande de biens de consommation (nouveaux logements, vêtements, etc.) tend plutôt à diminuer. Ces modifications peuvent elles aussi avoir des contrecoups négatifs sur les revenus fiscaux.

6. Mise à l’épreuve du système canadien de revenu de retraite par suite du départ à la retraite des membres de la génération du baby-boom

Réforme du système de revenu de retraite de l’Ontario

Le départ à la retraite imminent de membres de la génération du baby-boom et le ralentissement prévu de la croissance de la population active auront des incidences importantes sur le système de revenu de retraite du Canada. Le gouvernement de la province a entrepris de réformer son système de pensions. Il a déposé récemment la Loi de 2009 modifiant la Loi sur les régimes de retraite, qui occupe une place importante dans le plan du gouvernement McGuinty visant à renforcer et à moderniser le système de pension d’employeur de l’Ontario. Elle fait partie intégrante du processus à étapes multiples visant à réformer considérablement le système de retraite pour la toute première fois dans la province en plus de 20 ans.

Le gouvernement propose également la tenue d’un sommet national sur le caractère adéquat du système de revenu de retraite, qui ferait suite à la rencontre fédérale-provinciale-territoriale tenue en décembre 2009 au cours de laquelle les ministres des Finances ont convenu de trouver ensemble d’éventuelles solutions.

Plus tôt, dans le cadre des initiatives nationales visant à examiner le système de revenu de retraite du Canada, le ministère des Finances de l’Ontario a demandé à Bob Baldwin, un expert dans le domaine des régimes de retraite, de passer en revue diverses composantes de notre système de revenu de retraite et de se pencher sur la capacité du système de fournir un revenu de retraite sûr aux personnes âgées du Canada d’aujourd’hui et de demain.

Les points saillants de l’Étude de recherche sur le système canadien de revenu de retraite2 de M. Baldwin, publiée en décembre 2009 lors de la rencontre fédérale-provinciale-territoriale des ministres des Finances, sont résumés ci-dessous.

Étude de recherche sur le système canadien de revenu de retraite de Bob Baldwin

Points saillants :

Le système canadien de revenu de retraite repose sur trois piliers :

  1. le Programme de sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti et des programmes provinciaux (Régime de revenu annuel garanti, etc.);
  2. le Régime de pensions du Canada (RPC) et le Régime de rentes du Québec (RRQ);
  3. les régimes de retraite d’employeur administrés par le secteur privé et les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER).

Les personnes âgées comprises dans la moitié inférieure de la répartition du revenu des personnes âgées comptent beaucoup sur le revenu tiré de la Sécurité de la vieillesse, du Supplément de revenu garanti et du RPC/RRQ, qui est indexé sur l’inflation, alors que les personnes ayant un revenu plus élevé comptent plus sur des régimes de retraite d’employeur administrés par le secteur privé et des REER. Les premier et deuxième piliers permettent aux personnes touchant la moitié d’un revenu moyen de remplacer au moins 70 % de leur revenu de préretraite et de conserver leur niveau de vie pendant leur retraite. Les personnes dont le revenu de préretraite était plus élevé ont besoin d’un revenu tiré du troisième pilier pour atteindre cet objectif.

Règle générale, le système canadien de revenu de retraite est efficace et il permet à la plupart des personnes âgées d’obtenir un revenu égal à au moins 80 % de leur revenu antérieur à la retraite. Le taux de pauvreté chez les personnes âgées au Canada compte parmi les plus bas au sein des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En fait, il a diminué depuis les années 1970, passant d’environ 35 % à approximativement 5 %, d’après la mesure de faible revenu (MFR) de Statistique Canada. Même si la deuxième moitié du XXe siècle s’est caractérisée par une amélioration considérable du revenu des personnes âgées au Canada, le taux de pauvreté chez les femmes séparées ou veuves est toujours considérablement plus élevé. Une minorité importante de personnes âgées touchant un revenu moyen et plus élevé connaissent elles aussi une réduction de leur revenu, qui tombe en deçà de 60 % de leur revenu antérieur à la retraite.

Si l’on se tourne vers l’avenir, il y a tout lieu de croire que les régimes actuels répondront bien aux besoins d’un bon nombre de personnes âgées. Cependant, d’importantes questions subsistent. La capacité relative de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti d’empêcher la pauvreté et d’aider les personnes âgées à conserver le niveau de vie qu’elles avaient avant leur retraite peut être limitée si la croissance du salaire réel reprend et que les avantages sociaux demeurent indexés en fonction des prix. La protection en matière de régime de pension d’employeur a diminué et la transition d’un régime de pension à prestations déterminées à un régime de retraite à cotisation déterminée soulève des préoccupations concernant la prévisibilité des revenus de retraite.

Même si les mécanismes provinciaux d’examen du système de retraite d’employeur comme la Commission ontarienne d’experts en régimes de retraite tracent un parcours pour l’avenir de ces régimes, on peut toujours s’interroger sur les mesures que les gouvernements peuvent ou devraient adopter afin d’améliorer le système de revenu de retraite pour les personnes âgées de demain. Le statu quo est une option. Il s’agit toutefois d’une option qui pourrait imposer à une minorité importante de gens ayant des revenus moyens et élevés une baisse de niveau de vie à la retraite.

1  Jack M. Mintz, Ontario’s Bold Move to Create Jobs and Growth, School of Public Policy, Université de Calgary, novembre 2009.

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