: Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
Chapitre 2 : Projections économiques à long terme de l'Ontario

Introduction

Les projections démographiques du chapitre précédent indiquent que la croissance économique de l’Ontario sera sérieusement mise à l’épreuve. Le ralentissement du rythme de croissance démographique et le vieillissement de la population entraîneront, à eux seuls, une croissance économique moins importante que par le passé. Voilà pourquoi il sera encore plus important de favoriser les dépenses en immobilisations et l’amélioration de la productivité à l’avenir.

Le gouvernement de l’Ontario a pris d’importantes mesures en vue de favoriser l’augmentation du stock de capital et de la productivité. Le train de mesures fiscales annoncé dans le budget de 2009 a pour effet d’abaisser de façon significative le taux effectif marginal d’imposition (TEMI)1 sur les nouvelles dépenses en immobilisations, ce qui devrait se traduire par une augmentation considérable du taux de ces dépenses et du stock de capital (voir le chapitre 4, Moderniser le régime fiscal de l’Ontario pour stimuler la création d’emplois et la croissance).

Le gouvernement de l’Ontario accroît les investissements et la productivité

De plus, les investissements du gouvernement dans l’infrastructure ne stimuleront pas uniquement la relance de l’économie à la suite de la récession mondiale, mais aussi la capacité de production de l’Ontario à l’avenir, comme cela est indiqué au chapitre 5, Combler le déficit d’infrastructure de l’Ontario. Les initiatives visant à préserver le secteur de la fabrication automobile et à attirer des investissements dans l’économie en général permettront d’accroître le stock de capital et la prospérité de la province, tandis que les politiques visant à renforcer l’éducation, la formation et l’innovation décrites dans le chapitre 6, Vers un avenir prospère et durable, appuieront l’amélioration de la productivité.

Selon les projections économiques à long terme du présent rapport, l’incidence des facteurs démographiques sera essentiellement contrebalancée par l’augmentation des dépenses en immobilisations et de la productivité.

Tableau 1
Principales variables économiques de l'Ontario
  Chiffres réels (moyenne) Projections (moyenne)
  1982-2009* 2010-2014 2015-2019 2020-2024 2025-2030 2010-2030
Croissance du PIB réel 2,6 3,1 2,6 2,4 2,3 2,6
Croissance de la population active 1,6 1,3 0,8 0,7 0,7 0,9
Augmentation du stock de capital réel 1,8 1,8 3,1 2,5 2,6 2,5
Croissance du PIB réel par habitant 1,1 1,9 1,4 1,2 1,1 1,4
* Les données de 2009 sont des estimations du ministère des Finances de l'Ontario, sauf pour la croissance de la population active.
Sources : ministère des Finances de l'Ontario et Statistique Canada.

Élaboration des projections économiques à long terme

Dans le présent chapitre, on prévoit la croissance macroéconomique de l’Ontario au cours de la période de 2010 à 2030. Ces projections sont fondées sur un ensemble d’hypothèses raisonnables quant aux facteurs qui déterminent le potentiel économique de l’Ontario et présentent l’incidence de ces hypothèses sur la croissance économique. On s’est servi du modèle macroéconomique du ministère des Finances pour élaborer ces projections économiques à long terme. Les résultats sont en grande partie conformes aux prévisions courantes faites par le secteur privé à l’égard de l’Ontario.

Ces projections à long terme ne visent pas à prédire les fluctuations cycliques qui se produiront probablement au sein de l’économie. Elles fournissent plutôt des précisions sur l’économie lorsqu’on utilise un taux moyen de croissance à long terme. Les projections mettent l’accent sur les facteurs largement acceptés qui auront une incidence sur la croissance future de l’économie, mais ne tentent pas d’examiner l’effet d’événements extrêmes, qu’ils soient positifs ou négatifs, qui pourraient se produire à un moment donné.

Dans la première section, on examine les déterminants fondamentaux de la capacité économique à long terme : la main-d’oeuvre disponible, le stock de capital et la productivité. Dans la section suivante, on se penche sur les facteurs externes clés qui ont une incidence sur les projections économiques, dont le rendement de l’économie dans d’autres territoires, les prix des marchandises, le taux de change du dollar canadien et les taux d’intérêt. On fournit ensuite d’autres détails sur les projections économiques à long terme de l’Ontario. La dernière section porte sur les risques auxquels les projections économiques sont assujetties et les perspectives de croissance économique à long terme d’autres territoires.

Capacité économique croissante de l’Ontario

L’augmentation de la main-d’oeuvre, du stock de capital et de la productivité déterminera en grande partie la capacité économique de l’Ontario sur le plan économique ou sa production potentielle.

Les projections démographiques du chapitre 1, Tendances et projections démographiques, indiquent que le nombre de personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans) augmentera plus lentement demain qu’hier. Cela sous-entend que la main-d’oeuvre disponible augmentera beaucoup plus lentement à l’avenir.

En raison du plus faible taux d’augmentation de la main-d’oeuvre prévu pour les 20 prochaines années, en soi et comparativement à la moyenne historique, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel sera de près de un point de pourcentage inférieur à l’avenir.

Le stock de capital devrait s’accroître relativement plus vite à l’avenir que par le passé en raison surtout des plus fortes dépenses des entreprises stimulées par les mesures fiscales annoncées dans le budget de 2009. Les investissements dans l’infrastructure effectués par le gouvernement favoriseront également l’efficience économique à long terme2.

Des mesures fiscales stimulent les investissements d’entreprises

On s’attend à ce que l’accroissement du stock de capital compense en grande partie l’incidence du ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre. À l’avenir, le PIB réel de l’Ontario devrait progresser à un rythme comparable à ce qui a été enregistré par le passé, si on se sert d’hypothèses uniformes à l’égard de l’augmentation de la productivité.

Main-d’oeuvre disponible

Ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre disponible

La main-d’oeuvre disponible totale dépend du nombre de personnes admissibles au marché du travail et désireuses de joindre les rangs de la population active. La population admissible au marché du travail est fondée en grande partie sur les projections démographiques présentées dans le chapitre 1. On prévoit qu’il y aura une baisse du taux de croissance du noyau de la population en âge de travailler (15 à 64 ans), ce qui fera passer sa part de la population totale de 69,4 % en 2009 à 61,5 % d’ici 2030. Ce phénomène découle du taux de natalité relativement faible en Ontario dans les années 1980 et 1990 et du fait que les baby-boomers feront graduellement partie du groupe des personnes de 65 ans et plus.

On s’attend à une diminution du taux d’activité global à l’avenir, car une plus grande proportion de la population totale fera partie des personnes plus âgées, qui ont tendance à avoir des liens moins serrés avec le monde du travail. On prévoit que cette baisse sera contrebalancée en partie par une hausse du taux d’activité des travailleurs plus âgés.

Le taux d’activité des femmes au sein du marché du travail continuera d’augmenter

Les deux principales tendances touchant actuellement le taux d’activité en Ontario sont la hausse du taux d’activité des femmes de 25 à 54 ans et la légère baisse du taux d’activité des hommes du même groupe d’âge. Pour ce qui est de ces femmes en âge de travailler, on s’attend à ce que le taux d’activité passe du pourcentage actuel d’environ 82 % à approximativement 88 % en 2030, rétrécissant ainsi graduellement l’écart entre elles et les hommes du même groupe d’âge. Cette tendance est attribuable notamment aux plus hauts niveaux d’études atteints et à la part croissante des femmes célibataires. Alors que les femmes affichent un taux d’activité accru, une nouvelle tendance se dessine chez les hommes : ils passent plus de temps à l’extérieur du marché du travail ou prennent une retraite anticipée. Ces dernières années, la baisse du nombre d’hommes en âge de travailler a commencé à ralentir, et on ne s’attend pas à d’autres baisses considérables.

Augmentation du taux d’activité à mesure que la situation économique s’améliore

Pour ce qui est du taux d’activité des jeunes hommes et des jeunes femmes, il devrait remonter légèrement par rapport aux bas taux enregistrés dernièrement, au fur et à mesure que la situation économique s’améliorera. D’ici 2014, le taux d’activité des jeunes de 15 à 24 ans devrait se stabiliser en raison du nombre accru d’entre eux qui retournent aux études. Pour les personnes de plus de 65 ans, on s’attend à ce que leur taux d’activité continue à augmenter légèrement, étant donné que la population vit plus longtemps et en meilleure santé.

Stock de capital

Réductions d’impôt pour stimuler les investissements

L’accroissement du stock de capital disponible au sein de l’économie est fonction du rythme des nouvelles dépenses d’investissement. La réduction considérable du taux effectif marginal d’imposition des dépenses en immobilisations de l’Ontario devrait grandement stimuler les investissements dans les immobilisations. Le gouvernement contribue aussi à l’augmentation du stock physique de capital de la province grâce à des investissements considérables dans l’infrastructure, qui appuieront les investissements du secteur privé et renforceront encore davantage l’efficience économique.

Croissance de la productivité

La productivité est un facteur déterminant de l’amélioration du niveau de vie

La productivité décrit le lien entre les intrants matériels qui servent à la production (p. ex., capital, main-d’oeuvre, énergie et ressources naturelles) et la production. La hausse de la productivité est un facteur déterminant de l’amélioration du niveau de vie en Ontario. Une plus grande productivité signifie que les travailleurs produiront davantage et gagneront plus par heure de travail3.

L’innovation, l’investissement et l’éducation sont essentiels à la croissance de la productivité

Les principaux facteurs qui influent sur l’augmentation de la productivité sont les progrès technologiques, les investissements, les compétences et les connaissances. Les mesures prises par le gouvernement (décrites au chapitre 6) pour favoriser l’innovation, l’investissement et l’éducation contribueront toutes à la hausse future de la productivité.

Des mesures fiscales visant à augmenter les investissements et la productivité

Les projections à long terme présument que la productivité totale des facteurs (PTF) croîtra en moyenne de 1,0 % par an au cours des 20 prochaines années, tout comme au cours des trois dernières décennies. Cela nous porte à croire que l’augmentation de la PTF pourrait être plus importante que ce qui est présumé dans les présentes projections. On s’attend à ce que les mesures fiscales annoncées dans le budget de 2009 augmentent les investissements et la capacité de production à moyen et à long terme. La productivité future devrait donc augmenter à un rythme plus rapide que le rythme moyen affiché par le passé.

Les facteurs qui améliorent le niveau de vie n’augmentent pas toujours la production mesurée. Par exemple, les mesures prises à l’échelle mondiale pour lutter contre le changement climatique donneront probablement lieu à des investissements et à des arrangements à l’égard de la production qui amélioreront le niveau de vie des Ontariennes et des Ontariens, mais qui ne seront pas nécessairement pris en compte dans les mesures de la production.

Facteurs externes influant sur l’économie de l’Ontario

Le rendement de l’économie ontarienne dépend grandement de facteurs externes, tels que la croissance économique d’autres territoires, les prix des produits de base, le taux de change du dollar canadien et les taux d’intérêt. Les hypothèses utilisées pour ces facteurs externes clés qui sous-tendent cette projection économique à long terme correspondent en grande partie aux prévisions prédominantes du secteur privé.

Tableau 2
Aperçu des hypothèses : Principaux facteurs externes
Composantes Hypothèses
Économie mondiale La croissance mondiale réelle sera de 3,2 % en moyenne entre 2010 et 2030.
Économie américaine Le taux de croissance réelle sera de 2,6 % en moyenne aux É.-U. durant les 20 prochaines années, comparativement au taux historique de 2,8 %.
Reste du Canada Le taux de croissance réelle à long terme s'élèvera à 2,3 % en moyenne dans le reste du pays, comparativement au taux historique de 2,4 %.
Prix du pétrole Le cours du pétrole atteindra près de 130 $ le baril (cours nominal en dollars américains) d'ici 2030. Les projections se fondent sur une hypothèse prudente en ce qui concerne la hausse des prix réels du pétrole.
Dollar canadien Le dollar canadien continuera de se situer entre 0,90 $US et 1,00 $US jusqu'en 2030.
Inflation Le taux d'inflation à long terme oscillera autour de 2 %, ce qui correspond à la fourchette prévue par la Banque du Canada.
Taux d'intérêt Les taux d'intérêt nominaux augmenteront par rapport aux creux enregistrés récemment, mais ils resteront inférieurs à la moyenne historique.

Croissance économique mondiale

Liens plus étroits avec l’économie mondiale

Dans une économie de plus en plus intégrée, le taux de croissance à l’échelle mondiale a des incidences de plus en plus importantes en Ontario à mesure que la province intensifie ses échanges commerciaux et renforce ses liens avec les marchés aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Comme l’expérience l’a démontré au fil des ans, et tout particulièrement au cours du récent ralentissement, les événements qui se produisent au sein de l’économie mondiale peuvent avoir une incidence considérable sur l’Ontario.   

Selon les projections de IHS Global Insight, le PIB réel à l’échelle mondiale progressera à un taux moyen de 3,2 % entre 2010 et 2030. Entre-temps, les niveaux de croissance à long terme des économies émergentes telles que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (pays BRIC) devraient continuer d’augmenter plus rapidement (6,3 % en moyenne par année)4.

Tableau 3
Parts de la production mondiale – Certains pays
Parts du PIB nominal Part (%)
1990
Part (%)
2010
Part (%)
2030
Échelle mondiale 100,0 100,0 100,0
Pays du G7 60,9 52,1 34,9
États-Unis 24,6 23,6 16,8
Japon 13,0 8,7 4,2
Pays BRIC* 6,6 15,8 33,7
Chine 1,6 8,4 24,3
* Pays BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine.
Sources : IHS Global Insight World Overview, novembre 2009, et Fonds monétaire international, Perspectives de l'économie mondiale, octobre 2009.

IHS Global Insight s’attend à ce que la part de la production mondiale attribuable aux pays du G7 continue de diminuer à long terme. La part du PIB mondial que représente l’économie américaine devrait diminuer pour passer d’un peu moins du quart cette année à seulement 16,8 % d’ici 2030. En raison de son économie en pleine expansion, la Chine devrait voir sa part de la production mondiale passer à plus de 24 % d’ici 2030, devançant ainsi les États-Unis et devenant la plus grande économie au monde.

Selon Le Conference Board du Canada, l’une des tendances les plus importantes à l’échelle internationale est le fléchissement du potentiel de croissance à long terme du Japon et de nombreux pays industrialisés d’Europe de l’Ouest. Le potentiel de croissance économique – c’est‑à‑dire une croissance économique annuelle durable qui ne hausse pas l’inflation – de bien des pays industrialisés a chuté et s’établit à 2 % ou moins par année. Les réalités démographiques jouent un rôle fondamental dans ce ralentissement du potentiel de croissance. Le taux de croissance de la main-d’oeuvre est un facteur clé dans la détermination du potentiel de croissance à long terme d’un pays. Le vieillissement de la population a donc des incidences directes sur la capacité d’une région ou d’un pays donné à maintenir sa croissance économique5.

Croissance économique aux États-Unis

Les É.-U. resteront notre principal partenaire commercial

La croissance de l’économie américaine est d’une importance capitale pour l’Ontario étant donné que les États-Unis représentent le plus grand marché pour les exportations de la province. Certes, les échanges commerciaux entre l’Ontario et des territoires autres que les États-Unis devraient continuer d’augmenter, mais les États-Unis demeureront la principale destination des biens et services de l’Ontario à long terme.

La projection économique de l’Ontario présume que la croissance économique réelle des États-Unis s’élèvera à 2,6 % en moyenne par année au cours des 20 prochaines années. Même si on s’attend à ce que les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial de l’Ontario, la croissance de la demande dans d’autres marchés internationaux, comme la Chine et d’autres pays BRIC, aidera à diversifier les échanges commerciaux internationaux de l’Ontario.

Croissance économique dans le reste du Canada

Les exportations vers les autres provinces restent élevées

Les autres provinces du pays continueront d’accueillir une part importante des exportations de l’Ontario. En 2008, environ le tiers des exportations de la province a été acheminé vers d’autres provinces. La présente projection suppose que le taux de croissance économique réelle dans le reste du pays s’élèvera à 2,3 % en moyenne par année entre 2010 et 2030. À la suite d’une période où la croissance sera relativement élevée à court terme à mesure que la récession prendra fin dans les autres provinces, la croissance réelle dans le reste du pays devrait reprendre et s’établir à un peu plus de 2 % d’ici 2030.

Prix des produits de base

On peut s’attendre à ce que le dynamisme de l’économie mondiale se solde par une hausse, à long terme, du prix des produits de base, y compris le prix du pétrole.

Les prédictions concernant le prix du pétrole varient beaucoup

Dernièrement, le cours du pétrole a beaucoup fluctué, parfois de façon spectaculaire. Par exemple, le prix du baril de pétrole a atteint un record de 145 $US en juillet 2008 puis a chuté pour s’établir à moins de 34 $US en février 2009. Les perspectives quant aux tendances futures varient grandement. Certains prévisionnistes prétendent que le monde est en train d’épuiser ses réserves de pétrole et que la demande de pays nouvellement industrialisés entraînera une nouvelle hausse du prix du pétrole, qui pourrait atteindre 100 $ le baril d’ici la fin de 2010. D’autres prévisionnistes se tournent vers le passé et soutiennent que la demande est inélastique à court terme, mais que l’élévation des prix finit par se traduire par la mise en place de programmes de substitution et de conservation de l’énergie, de même que par la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

Les projections de croissance économique pour l’Ontario partent de l’hypothèse selon laquelle le prix mondial du pétrole se rapprochera de 130 $ le baril (prix nominal) d’ici 2030. En chiffres absolus (corrigés en fonction de l’inflation touchant le PIB des États‑Unis), les prévisions à long terme se fondent sur un point de vue prudent : le prix réel du pétrole augmentera et se situera autour de 84 $US (en dollars de 2005) le baril d’ici 2030, bien au-dessus du prix moyen historique.

Le prix d’autres produits de base clés devrait aussi augmenter. Le prix du gaz naturel devrait plus que doubler et passer de 4 $US le million de BTU (prix nominal) en 2009 à près de 10 $US d’ici 2030.

Les prix du pétrole et du gaz affectent la croissance

Des prix du pétrole et du gaz plus élevés ont des répercussions négatives sur l’économie ontarienne à court terme, étant donné que l’Ontario est une province consommatrice de pétrole et de gaz naturel, et non une province productrice. La demande américaine à l’égard des exportations de l’Ontario a elle aussi tendance à diminuer en cas de hausse des prix du pétrole, du fait que les États‑Unis sont aussi un consommateur net de pétrole. Ces répercussions négatives sont légèrement moindres ici étant donné, d’une part, que le Canada, dans son ensemble, est un pays exportateur net de pétrole et, d’autre part, que l’Ontario exporte des services et des produits manufacturés vers le reste du pays, la demande de ces services et produits augmentant lorsque la croissance se raffermit dans le reste du Canada. Étant donné que la hausse du prix de l’énergie incite les ménages et les entreprises à adopter des sources d’énergie à plus haut rendement, les répercussions négatives sur l’économie s’atténuent avec le temps.

Dollar canadien

Le taux de change du dollar canadien par rapport à la devise américaine a un effet particulièrement important sur l’Ontario, car les États-Unis reçoivent plus de 80 % des exportations internationales de marchandises de l’Ontario et représentent quelque 60 % des importations de l’Ontario.

Appréciation du dollar canadien 

Ces derniers temps, la valeur du dollar canadien se situait au-dessus de 0,95 $US. Elle est semblable à ce qu’elle était avant la chute du dollar américain au début d’octobre 2008, à l’apogée de la crise financière. Les prévisionnistes du secteur privé estiment que le dollar canadien équivaudra à 96,5 cents américains en moyenne en 2010 et atteindra 98,5 cents américains en 2012.

L’appréciation prévue du dollar canadien est fonction de la hausse du prix des produits de base, de l’augmentation du déficit aux États-Unis et de la dépréciation de la devise américaine par rapport à la plupart des principales devises.

À long terme, le dollar canadien devrait continuer d’osciller entre 90 cents américains et 1,00 $US, c’est-à-dire la parité. Il est fort probable qu’à l’avenir le taux de change se situe au-dessus ou au-dessous de cette fourchette pendant de courtes périodes. Toutefois, avec le temps, le dollar canadien devrait revenir dans cette fourchette. Ces prévisions sont compatibles avec les hypothèses selon lesquelles la croissance économique sera plus forte aux États-Unis qu’au Canada au cours des 20 prochaines années et tiennent compte des contrecoups du dégagement du déficit courant considérable des États-Unis.

Inflation

L’inflation restera stable

Le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) devrait rester près du point médian de la fourchette d’inflation prévue par la Banque du Canada, qui va de 1 à 3 % entre 2010 et 2030. La stratégie de ciblage de l’inflation de la Banque du Canada bénéficie d’un appui généralisé. Le présent rapport suppose qu’on veillera, grâce à la politique monétaire, à ce que le taux d’inflation continue d’osciller autour de 2 % par année.

Taux d’intérêt

Les faibles taux d’intérêt historiques augmenteront

Dernièrement, les taux d’intérêt ont atteint des valeurs minimales historiques étant donné que les banques centrales un peu partout dans le monde, y compris la Banque du Canada, offrent des mesures de stimulation monétaire pour lutter contre la récession qui sévit à l’échelle planétaire.

Les taux d’intérêt à court terme devraient rester peu élevés à court terme. À moyen terme, ils devraient atteindre progressivement 5 % (en valeur nominale). Le taux des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada devrait passer de 3,2 % (moyenne de 2009) à 5,8 % à long terme.

Même si les taux d’intérêt devaient augmenter par rapport aux niveaux actuels, qui sont très bas, les anticipations inflationnistes, ancrées aux alentours de 2 %, devraient faire en sorte que les taux créditeurs nominaux soient bien inférieurs aux niveaux de 10 % et plus enregistrés dans les années 1980 et au début des années 1990.

Projection à long terme de la croissance de l’économie de l’Ontario

L’augmentation moyenne du PIB réel demeure stable

On prévoit que la hausse de la capacité productive et de la demande mondiale entraînera une augmentation moyenne de 2,6 % du PIB réel de l’Ontario entre 2010 et 2030, un taux comparable au taux moyen de croissance réelle de 2,6 % enregistré au cours des 30 dernières années. Cette croissance devrait être relativement forte entre 2010 et 2014 et afficher un taux moyen de 3,1 %, à mesure que l’économie se remettra de la récente récession. On prévoit également que, à moyen et à long terme, la croissance du PIB sera modérée et se situera à des niveaux potentiels viables.

Malgré le ralentissement prévu de la croissance de la main-d’oeuvre disponible, la forte augmentation des dépenses en immobilisations et de la productivité favorisera la croissance à long terme de l’économie de l’Ontario. Ce ralentissement de la croissance de la main‑d’oeuvre disponible entraînera également une baisse de la croissance de l’emploi. Toutefois, le revenu réel disponible par habitant augmentera à moyen et à long terme.

Évolution structurelle de l’économie ontarienne

La structure de l’économie ontarienne évolue sous l’effet de forces internes et externes. S’il est vrai que des facteurs externes comme la mondialisation accrue des échanges commerciaux et la libéralisation des investissements sont importants, des facteurs internes, tels que l’évolution des habitudes de consommation découlant de changements démographiques et l’importance relative croissante des secteurs à forte productivité qui requièrent des compétences élevées, jouent eux aussi un rôle essentiel. Ces vastes tendances structurelles influencent l’affectation des ressources et le rendement futur de l’économie.

Composition de l’économie intérieure

Le commerce est important pour la croissance économique

Le commerce international continuera de jouer un rôle important pour la prospérité économique de l’Ontario. L’expansion continue de l’économie mondiale et la hausse prévue de la demande de biens et services provenant des économies émergentes stimuleront la croissance des échanges mondiaux.

Au cours des années 1990, les politiques de libéralisation du commerce qui ont donné lieu à des accords, tels que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), se sont traduites par une augmentation de la part du PIB que représente le commerce international. Toutefois, depuis le début des années 2000, la hausse des prix des produits de base et du dollar a contribué à la baisse de la part du PIB que représentent les importations et les exportations.

Depuis quelques années, la croissance de l’économie est de plus en plus attribuable au secteur intérieur. Le fort accroissement de l’emploi, la hausse des revenus et la faiblesse des taux d’intérêt se sont traduits par une croissance élevée de la demande intérieure finale, particulièrement pour ce qui est des dépenses de consommation.

Par contre, cette situation a eu pour effet de réduire la part que représentent les exportations et les importations au sein de l’économie. En effet, celles-ci sont passées de sommets de 73 % et de 62 % du PIB nominal, respectivement, en 2000, à environ 56 % pour les deux en 2008. On prévoit que, à long terme, la part que représentent les exportations et les importations au sein de l’économie continuera de diminuer modérément pour s’établir à environ 47 % et à 44 %, respectivement, d’ici 2030.

Commerce international de l’Ontario

Moins grande dépendance à l’égard des exportations vers les É.-U.

La mondialisation et la concurrence intense constituent des défis de taille pour les exportateurs ontariens sur le marché américain. La part de marché de l’Ontario aux États-Unis diminue, comme en témoigne la tendance à la baisse de la part des exportations ontariennes par rapport aux importations américaines. Toutefois, depuis 2002, la part des exportations ontariennes, par rapport aux importations, vers d’autres pays du monde (c.-à-d. autres que les États-Unis) augmente graduellement.

  • Les exportations réelles de l’Ontario exprimées en pourcentage des importations américaines sont passées d’environ 12 % au milieu des années 1990 à environ 9 % en 2008.
  • Les exportations réelles de l’Ontario vers d’autres pays exprimées en pourcentage des importations des autres pays du monde sont passées d’environ 0,2 % au milieu des années 1990 à environ 0,35 % en 2008. Bien que la part de marché de 0,35 % de l’Ontario semble faible, elle représente quelque 50 milliards de dollars ou environ 15 % des exportations internationales totales de l’Ontario.

Les exportations réelles devraient augmenter

On prévoit que la croissance économique dans le reste du Canada, aux États-Unis et à l’échelle mondiale favorisera la hausse des exportations de l’Ontario. En effet, les exportations réelles de l’Ontario devraient augmenter de 3,0 % en moyenne par année au cours des 20 prochaines années.

Le pourcentage des exportations réelles de l’Ontario expédiées à l’étranger a oscillé autour de 70 % au cours des 10 dernières années. Toutefois, le pourcentage des exportations ontariennes vers les États-Unis est passé de 66 % en 1998 à 54 % en 2008 et continuera de diminuer pour se situer à près de 40 % d’ici 2030. Le pourcentage des exportations destinées aux autres provinces canadiennes est demeuré à près de 30 % depuis 1998 et devrait rester à ce niveau jusqu’en 2030.

On s’attend à ce que la part des exportations vers le reste du monde augmente de près du double

On prévoit que la part des exportations de l’Ontario que représentent les exportations vers d’autres pays continuera d’augmenter. On prévoit également que, d’ici 2030, plus du quart des exportations réelles de l’Ontario seront expédiées vers d’autres pays que les États-Unis, ce qui représente près du double du pourcentage actuel (15 %).

Production et échanges de biens et de services

Les services représenteront une part croissante des exportations de l’Ontario

La croissance des exportations de services est supérieure à la croissance des échanges de biens au sein de l’économie de l’Ontario. Entre 1997 et 2008, les exportations de services ontariens ont augmenté de plus de 80 % comparativement à un taux de croissance de 22 % pour les exportations de biens. Par conséquent, les services représentent désormais près de 30 % des exportations totales de l’Ontario comparativement à environ 22 % en 1998. On prévoit que cette tendance se poursuivra.

À l’instar des changements survenus dans la composition de la demande intérieure et des exportations, la production économique a elle aussi évolué. Les industries productrices de services jouent un rôle de plus en plus grand, au détriment de celles qui produisent des biens. En 2008, le secteur des services représentait 74 % du PIB réel de l’Ontario, comparativement à 65 % en 1988. On prévoit que cette tendance se poursuivra à long terme et que les services représenteront 79 % du PIB en 2030, alors que la part du PIB attribuable aux biens passera de 26 % en 2008 à 21 % en 2030.

Plus de travailleurs ontariens dans le secteur des services

Ce changement structurel au profit du secteur des services touche également le marché du travail de l’Ontario, qui offre davantage d’emplois dans les industries productrices de services que dans les industries productrices de biens. En 2009, le secteur des services employait 79 % de la main-d’oeuvre ontarienne, comparativement à 69 % en 1988.

Au sein du secteur des services, l’industrie « des services aux entreprises, des services relatifs aux bâtiments et des autres services de soutien » et celle des « services professionnels, scientifiques et techniques » ont affiché la plus forte hausse de l’emploi, soit un taux de 4 % chacune par année en moyenne depuis 1988.

Secteurs hautement spécialisés : plus grande croissance de l’emploi que les autres secteurs

La nouvelle composition de la demande et de la production a également eu un effet considérable sur la demande de main-d’oeuvre. La croissance de l’emploi dans les secteurs hautement spécialisés (qui nécessitent des études postsecondaires ou des compétences en gestion) a nettement dépassé la croissance de l’emploi dans les secteurs peu spécialisés.

L’emploi dans les secteurs hautement spécialisés a augmenté en moyenne de 1,9 % par année entre 1987 et 2008, tandis que l’emploi dans les secteurs peu spécialisés a augmenté de 1,0 % seulement (graphique 17). On prévoit que cette tendance se poursuivra à long terme, de sorte que l’emploi dans les secteurs hautement spécialisés représentera une part de plus en plus grande de l’emploi total.

Changement climatique et règlement sur le plafonnement et l’échange des droits d’émission

Objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre

En août 2007, le gouvernement de l’Ontario a présenté son Plan d’action contre le changement climatique (PACC) qui fournit un cadre pour les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Ontario. Ce plan englobe des objectifs ambitieux mais réalisables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la province :

  • d’ici 2014, 6 % de moins que les niveaux de 1990;
  • d’ici 2020, 15 % de moins que les niveaux de 1990;
  • d’ici 2050, 80 % de moins que les niveaux de 1990.

Vers une économie à faibles émissions de carbone

Les émissions de gaz à effet de serre de l’Ontario ont toujours augmenté de façon similaire à la production réelle de l’économie, mais à un rythme plus lent. Grâce au PACC, qui renferme plus de 70 initiatives gouvernementales visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à permettre la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, on pourra briser le lien historique qui existe entre les émissions et la production.

Le PACC est toujours en évolution. Le 3 décembre 2009, une loi a été adoptée pour permettre l’établissement d’un système de plafonnement et d’échange des droits d’émission en Ontario qui peut être lié à des systèmes émergents en Amérique du Nord et à l’échelle internationale.

Le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre dans le but d’atténuer le changement climatique aura pour effet de hausser en permanence le prix du carbone et de signaler au marché qu’il devrait mettre fin aux activités qui entraînent des émissions de carbone élevées. Les effets devraient se faire sentir davantage dans les secteurs à forte intensité d’énergie. Il sera important de surveiller et de gérer ces effets au moment où l’économie fera la transition vers un avenir se caractérisant par de faibles émissions de carbone.

Les avantages des mesures précoces l’emportent sur les coûts

Selon les preuves recueillies dans le cadre d’études sérieuses, les avantages de prendre des mesures décisives sans tarder pour atténuer le changement climatique l’emportent grandement sur les coûts engagés. En s’attaquant au changement climatique, on aide à assurer la croissance économique à long terme. Les mesures prises pour réduire les émissions sont un investissement, soit des coûts engagés aujourd’hui pour diminuer les conséquences d’un changement climatique non atténué à l’avenir. En investissant dans ces initiatives précoces, on fera en sorte que les coûts soient raisonnables tout en créant de vastes possibilités de croissance et de développement6.

Risques pour les projections économiques

Des projections fondées sur des hypothèses raisonnables  

Les projections actuelles reposent sur un ensemble d’hypothèses et de résultats économiques qui ne se réaliseront sans doute pas exactement comme prévu. Divers risques pourraient retarder la reprise de la croissance de l’économie ontarienne à long terme. Inversement, des facteurs positifs pourraient entraîner une croissance à long terme plus forte que prévu.

La croissance économique mondiale, particulièrement celle des États-Unis, pourrait être plus élevée que prévu, ce qui pourrait ramener plus rapidement l’économie ontarienne sur la voie de la croissance connue dans le passé.

Les exportations ontariennes à destination des pays autres que les États-Unis sont en hausse depuis quelques années et pourraient augmenter plus rapidement à l’avenir, accroissant ainsi la part ontarienne de leurs marchés.

Des investissements accrus stimuleraient la productivité

La croissance de la productivité pourrait être nettement plus élevée que par le passé en raison de l’augmentation des investissements découlant de politiques gouvernementales favorables, comme les réductions d’impôt pour les entreprises de l’Ontario et les investissements dans l’infrastructure.

L’accélération de l’innovation et l’adoption hâtive de nouvelles technologies pourraient non seulement augmenter la productivité des industries ontariennes au-delà de ce qui est prévu dans le présent rapport, mais aussi les transformer en chefs de file dans les secteurs émergents, stimulant ainsi la croissance du PIB et des revenus.

Les déséquilibres mondiaux attribuables aux importants déséquilibres courants, qui ne sont pas viables, continueront de poser des risques à moyen et à long terme. Pour mettre fin à ces déséquilibres, les pays exportateurs nets (particulièrement la Chine) qui ont affiché d’importants excédents dans le passé devront compter davantage sur la demande intérieure, tandis que les pays importateurs nets (particulièrement les États-Unis) devront mettre davantage l’accent sur les moyens de répondre à la demande externe7. Il est probable que la balance des paiements courants des États-Unis s’améliore si la valeur du dollar américain s’affaiblit par rapport à celle des devises de leurs principaux partenaires commerciaux. Toutefois, des déséquilibres commerciaux pourraient réapparaître, surtout si la Chine maintient son taux de change fixe par rapport au dollar américain. À long terme, pour ramener la balance des paiements courants à des niveaux plus viables, il faudra peut-être effectuer des redressements prononcés et s’attendre à une plus longue période de croissance inférieure.

La croissance de l’économie américaine : facteur clé pour l’Ontario

La croissance de l’économie américaine est un facteur déterminant pour les perspectives de croissance de l’Ontario. Si la croissance de l’économie américaine est faible, la reprise pourrait être plus lente en Ontario. Le ralentissement de l’augmentation de la main‑d’oeuvre disponible représente un risque important pour la croissance économique future prévue aux États-Unis. L’incidence du ralentissement de l’accroissement de la population et du départ à la retraite des enfants du baby-boom pourrait être contrebalancée par des taux plus élevés d’immigration. Si cela ne se produit pas, le potentiel de croissance des États-Unis sera inférieur aux prévisions.

La hausse des prix de l’énergie nuit à l’économie de l’Ontario, car elle augmente les coûts tant pour les consommateurs que pour les entreprises. En outre, des prix de l’énergie nettement plus élevés entraîneraient probablement une appréciation du dollar canadien, ce qui nuirait à la compétitivité commerciale de l’Ontario et réduirait la croissance des exportations nettes.

Autres perspectives concernant la croissance économique à long terme

Projections alignées sur les prévisions du secteur privé

En général, les projections économiques énoncées dans le présent document sont alignées sur les prévisions du secteur privé disponibles concernant la croissance à long terme de l’économie ontarienne (voir le tableau 4 ci-après).

Tableau 4
Comparaison des projections du ministère des Finances avec d'autres prévisions,
2010 à 2030, croissance annuelle moyenne (en pourcentage)
Prévisions de l'Ontario PIB réel Main-d'oeuvre Population Stock de
capital réel
Conference Board 2,7 1,1 1,4 3,0
Institute for Policy Analysis de l'Université de Toronto 2,6 0,8 1,1 3,3
Informetrica Ltd. 3,0 0,9 1,0
Centre for Spatial Economics 2,0 0,4 0,8 1,5
Moyenne 2,6 0,8 1,1 3,1
Ministère des Finances de l'Ontario 2,6 0,9 1,2 2,5

En raison de la baisse des taux de fécondité et du vieillissement de la population, on prévoit que, à long terme, le taux de croissance de la main-d’oeuvre diminuera dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il sera donc plus difficile d’afficher des taux soutenus de croissance réelle de l’économie. Les facteurs démographiques varient d’un pays à l’autre en fonction des politiques d’immigration, de la structure par âge de la population actuelle et des taux de fécondité. Les prévisions de la croissance de l’emploi à long terme dépendent dans une large mesure des hypothèses démographiques.

Selon un rapport récent de la Banque TD sur la croissance potentielle du Canada, la « vitesse de croisière » à long terme de l’économie devrait ralentir, passant d’environ 3 % par année en moyenne au cours des 20 dernières années à environ 2 % par année entre 2009 et 2019. La majeure partie de ce ralentissement se produira au cours des prochaines années en raison notamment des effets de la récente récession. Toutefois, la croissance potentielle sera nettement plus lente au-delà de 2012 comparativement au rythme enregistré avant 2008. Même en tenant compte de la tendance à la baisse de l’accroissement de la population au cours de la prochaine décennie, on prévoit que le taux du PIB réel par habitant – un indicateur du niveau de vie – augmentera en moyenne d’environ 1 % par année jusqu’en 2019, soit la moitié du taux de 2 % enregistré au cours des 20 dernières années8.

D’autres avis quant aux perspectives à long terme indiquent des tendances similaires

L’Université de Toronto a elle aussi publié un rapport sur les perspectives à long terme de l’économie canadienne. Selon ce rapport, à long terme, les projections indiquent que la croissance du PIB commencera à diminuer et que cette période s’accompagnera de possibilités de croissance (découlant surtout du ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre) et de hausses faibles, mais constantes, des revenus réels. Les projections à long terme révèlent une contribution plus importante provenant des dépenses d’investissement non liées au logement attribuable en partie à un régime fiscal plus favorable aux investissements (harmonisation de la taxe de vente et réduction des taux d’imposition des sociétés), ce qui explique en partie le taux prévu de croissance de la productivité du travail de 1,6 % par année9.

Le Conference Board du Canada a établi des prévisions à long terme portant sur l’économie canadienne. Selon cet organisme, le ralentissement de l’accroissement de la population et les effets du vieillissement de la population restreindront la croissance de la main-d’oeuvre et influenceront considérablement la composition du revenu et les habitudes de dépenses. Comme les enfants du baby-boom les plus âgés sont maintenant au début de la soixantaine, le marché du travail est sur le point de connaître une vague massive de départs à la retraite qui ne fera que s’accentuer au cours des 20 prochaines années. Même si les hypothèses les plus optimistes en matière d’immigration se concrétisent, cette situation entraînera un ralentissement majeur de la croissance de la main-d’oeuvre, ce qui affaiblira la croissance du PIB. Toutefois, malgré l’effet négatif des tendances démographiques sur l’économie, le taux de croissance demeurera autour de 2 % en raison des investissements considérables dans les machines et le matériel et les technologies, ainsi que de l’utilisation, par les entreprises, d’un plus grand nombre de travailleurs hautement qualifiés et de procédés de production innovateurs10.

Tableau 5
Comparaison des projections du secteur privé du Canada,
2010 à 2030, croissance annuelle moyenne (en pourcentage)
Prévisions canadiennes PIB réel Main-d'oeuvre Population Stock de
capital réel
Conference Board 2,2 0,7 1,0 2,9
Global Insight 2,4 0,8 1,0 1,1
Institute for Policy Analysis de l'Université de Toronto 2,4 0,7 1,1 3,6
Informetrica Ltd. 2,0 0,6 0,8
Centre for Spatial Economics 2,0 0,5 0,9 1,6
Moyenne 2,2 0,7 1,0 2,3

Dans son énoncé de 2009 sur la situation financière à long terme, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a déclaré que le vieillissement de la population entraînera probablement un ralentissement de la croissance économique, car la population en âge de travailler sera relativement moins élevée11.

De même, en Australie, on prévoit que l’accroissement de la population ralentira et que le taux de croissance sera d’environ 0,8 % par année pour les 40 prochaines années. Cette situation est surtout attribuable à la chute des taux de fécondité depuis les années 1970 – les effets de la fécondité sur la population se font sentir pendant longtemps – qui n’est contrebalancée qu’en partie par la hausse de l’espérance de vie. Par conséquent, on prévoit que le taux de croissance moyen du PIB réel diminuera et sera de 2,4 % par année12.

Tableau 6
Principales variables économiques de l'Ontario (Résultats)
Taux de croissance moyens Chiffres réels (moyenne)
  1982-1989 1990-1994 1995-1999 2000-2004 2005-2009 1982-2009
Produit intérieur brut réel 3,9 0,4 4,3 2,9 0,6 2,6
Consommation des ménages 3,9 0,8 3,4 3,5 2,6 3,0
Biens 3,5 (0,2) 3,9 3,3 2,2 2,6
Services 4,3 1,8 3,0 3,7 2,9 3,3
Construction résidentielle 7,3 (8,2) 3,4 6,5 (1,6) 1,9
Construction non résidentielle 6,3 (11,6) 7,9 (2,6) (1,6) 0,1
Machines et matériel 7,9 (0,2) 11,1 1,8 (0,1) 4,4
Exportations 4,9 3,8 7,9 2,1 (3,7) 3,1
Importations 6,1 3,1 7,4 2,8 (1,9) 3,7
Produit intérieur brut nominal 9,9 2,2 5,6 4,8 2,0 5,4
Autres indicateurs économiques            
Ventes au détail* 5,5 4,3 3,2
Mises en chantier de logements
(en milliers)
73,3 52,6 50,8 79,7 68,7 65,9
Revenu des particuliers 9,7 2,6 4,3 4,5 3,6 5,4
Marché du travail            
Taux de participation (%) 68,6 67,6 65,8 67,8 67,8 67,6
Main-d'oeuvre 2,2 0,3 1,6 2,4 1,2 1,6
Emploi 2,4 (0,7) 2,4 2,3 0,7 1,5
Taux de chômage (%) 7,5 9,4 7,9 6,6 7,0 7,7
Productivité            
PIB réel par habitant 2,2 (1,0) 3,0 1,4 (0,4) 1,1
PIB réel par employé 1,5 1,1 1,9 0,6 0,0 1,1
Prix            
Indice des prix à la consommation 5,7 2,4 1,8 2,5 1,6 3,1
* Les données sur les ventes au détail avant 1991 ne sont pas disponibles.
Tableau 7
Principales variables économiques de l'Ontario (Projections)
Taux de croissance moyens Projection (moyenne)
  2010-2014 2015-2019 2020-2024 2025-2030 2010-2030
Produit intérieur brut réel 3,1 2,6 2,4 2,3 2,6
Consommation des ménages 2,5 2,8 2,2 2,1 2,4
Biens 2,5 2,1 1,8 1,8 2,1
Services 2,5 3,3 2,4 2,3 2,6
Construction résidentielle 3,5 1,6 2,1 1,4 2,1
Construction non résidentielle 7,9 1,3 2,2 2,6 3,4
Machines et matériel 9,9 2,2 3,0 3,1 4,4
Exportations 3,8 2,9 2,8 2,7 3,0
Importations 4,6 2,8 2,7 2,7 3,2
Produit intérieur brut nominal 5,0 4,5 4,7 4,6 4,7
Autres indicateurs économiques          
Ventes au détail 4,0 4,6 4,2 4,2 4,3
Mises en chantier de logements
(en milliers)
65,0 75,7 78,9 83,7 76,2
Revenu des particuliers 4,2 4,6 4,6 4,7 4,5
Marché du travail          
Taux de participation* (%) 67,0 66,4 65,1 62,7 65,4
Main-d'oeuvre 1,3 0,8 0,7 0,7 0,9
Emploi 1,9 1,0 0,8 0,7 1,1
Taux de chômage* (%) 8,0 5,2 5,2 5,0 5,8
Productivité          
PIB réel par habitant 1,9 1,4 1,2 1,1 1,4
PIB réel par employé 1,1 1,6 1,6 1,6 1,5
Prix          
Indice des prix à la consommation 1,7 1,9 2,0 2,1 1,9
* La colonne 2025-2030 indique uniquement les taux d'activité et de chômage pour la fin de la période.
Tableau 8
Principales hypothèses concernant l'économie de l'Ontario (Résultats affichés)
  Chiffres réels (moyenne)
  1982-1989 1990-1994 1995-1999 2000-2004 2005-2009 1982-2009
PIB réel du reste du Canada 2,5 1,8 3,2 3,0 1,6 2,4
Déflateur du PIB du reste du Canada 3,9 2,1 1,3 3,1 2,7 2,8
PIB réel des É.-U. 3,5 2,4 4,0 2,6 1,1 2,8
Déflateur du PIB des É.-U. 3,6 2,8 1,7 2,2 1,2 0,9
Taux de change (cents américains) 78 81 70 69 89 78
Taux des bons du Trésor de 90 jours (%) 10,3 7,7 4,8 3,4 2,7 6,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada (%) 10,5 8,8 6,4 5,2 3,9 7,2
Taux des bons du Trésor américains de 90 jours (%) 7,8 4,7 5,0 2,6 2,8 4,9
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement américain (%) 10,1 7,3 6,1 4,8 4,1 6,9
Prix du pétrole WTI américain ($US le baril) 20 19 31 71 35*
Prix du gaz naturel américain ($US par million de BTU) 1,8 2,2 4,7 7,4 4,0*
* Moyenne historique 1990-2009
Tableau 9
Principales hypothèses concernant l'économie de l'Ontario (Projections)
  Projection (moyenne)
  2010-2014 2015-2019 2020-2024 2025-2030 2010-2030
PIB réel du reste du Canada 2,9 2,2 2,1 2,1 2,3
Déflateur du PIB du reste du Canada 2,2 1,9 1,9 1,9 2,0
PIB réel des É.-U. 2,8 2,6 2,7 2,5 2,6
Déflateur du PIB des É.-U. 1,5 1,8 1,7 1,7 1,7
Taux de change (cents américains) 96 98 99 99 98
Taux des bons du Trésor de 90 jours (%) 2,9 4,6 5,0 5,0 4,4
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada (%) 4,6 5,5 5,8 5,8 5,4
Taux des bons du Trésor américains de 90 jours (%) 2,6 4,5 4,7 4,7 4,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement américain (%) 4,4 5,3 5,5 5,5 5,2
Prix du pétrole WTI américain ($US le baril) 83 94 107 123 103
Prix du gaz naturel américain ($US par million de BTU) 6,4 7,6 8,5 9,5 8,1

1   Le TEMI est une mesure globale de l’impôt s’appliquant à un dollar supplémentaire de revenu provenant d’un nouvel investissement dans les immobilisations. (Se reporter au chapitre 4.)

2   Les investissements effectués par le gouvernement de l’Ontario dans l’infrastructure et leurs avantages à long terme pour la croissance économique sont décrits au chapitre 5.

3   Dans le présent document, sauf indication contraire, le terme « productivité » renvoie à la « productivité totale des facteurs » (PTF ou productivité multifactorielle), qui mesure le changement de production réelle par unité des intrants de production combinés (main-d’oeuvre, matériaux et capital). La productivité du travail mesure la production réelle par unité de facteur travail. La PTF, quant à elle, porte sur une combinaison d’intrants de production et est généralement considérée comme une mesure plus globale du progrès et de l’efficience technologiques en général.

4   IHS Global Insight, novembre 2009.

5   Le Conference Board du Canada, Canadian Outlook Long-Term Forecast 2009: Economic Forecast, juin 2009, p. ii.

6   Pour obtenir des renseignements détaillés sur les avantages de prendre des mesures sans tarder, se reporter à la publication de HM Treasury, Stern Review: The Economics of Climate Change, octobre 2006.

7   FMI, Perspectives de l’économie mondiale, octobre 2009.

8   « A New Normal: Canada’s Potential Growth During Recovery and Beyond », TD Economics, novembre 2009, p. 1.

9   Université de Toronto, Long Term Outlook for the Canadian Economy: National Projection Through 2040, étude de politique du PEAP 2009-4, octobre 2009, p. i.

10 Le Conference Board du Canada, Canadian Outlook Long-Term Forecast 2009: Economic Forecast, juin 2009, p. ii.

11 New Zealand Treasury, Challenges and Choices: New Zealand’s Long-term Fiscal Statement, octobre 2009, p. 10.

12   Australian Treasury, Intergenerational Report, avril 2007, p. 31.

Table des matières