: Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
CHAPITRE 2 : PROJECTIONS ÉCONOMIQUES À LONG TERME DE L’ONTARIO

INTRODUCTION

Le présent chapitre présente les perspectives macroéconomiques à long terme pour l’Ontario jusqu’en 2035. Ces projections reposent sur un ensemble d’hypothèses raisonnables qui, ensemble, déterminent la trajectoire de la production potentielle de l’économie de l’Ontario, le niveau de production le plus élevé que l’on peut soutenir sans créer de pressions inflationnistes. Ces projections à long terme ne visent pas à prédire les cycles récurrents de forte ou de faible croissance économique susceptibles de survenir au cours des 20 prochaines années, mais plutôt la moyenne ou les tendances prévues de l’économie au cours des deux prochaines décennies.

Les projections montrent une économie plus anémique que par le passé, surtout à cause de la croissance plus lente de la population en âge de travailler. Cette modération de la croissance des travailleurs disponibles représentera certes un défi considérable, mais l’Ontario pourra le relever en améliorant la capacité productive de la main-d’oeuvre par l’entremise d’innovations, de meilleures pratiques de gestion, du perfectionnement des compétences et de la majoration des investissements.
Le gouvernement de l’Ontario a établi un plan pour activer la croissance économique, créer des emplois et consolider les services qui aident les familles. Ce plan repose sur trois grandes priorités :

  • investir dans les gens;
  • investir dans une infrastructure moderne;
  • créer un climat d’affaires dynamique et propice à l’innovation.
Tableau 2.1 Perspectives économiques à long terme de l’Ontario
Croissance moyenne Chiffres réels (moyenne) Projection (moyenne)  
(en pourcentage) 1982-2013 2014-2017 2018-2022 2023-2027 2028-2032 2033-2035 2014-2035  
PIB réel 2,6 2,5 2,1 1,9 2,1 2,1 2,1  
PIB nominal 5,3 4,2 4,1 3,8 4,0 4,1 4,0  
Main-d'oeuvre 1,5 1,0 0,9 0,7 0,8 1,0 0,9  
Productivité du travail 1,2 1,0 1,1 1,1 1,2 1,1 1,1  
Emploi 1,5 1,4 1,0 0,8 0,8 1,0 1,0  
Taux de chômage 7,7 6,7 5,7 5,3 5,1 5,1 5,6  
Inflation des prix à la consommation 3,0 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0  
Nota : Les projections pour la période 2014-2017 reposent sur les hypothèses de planification actuelles du gouvernement.
Sources : Statistique Canada et ministère des Finances de l'Ontario.

Le présent chapitre examine d’abord l’économie mondiale et la conjoncture externe (p. ex., prix des produits de base, taux de change et taux d’intérêt), qui façonnent le contexte des projections économiques à long terme. La section 2 porte sur les composantes de la production économique potentielle de l’Ontario : la main-d’oeuvre disponible, la productivité et la disponibilité du capital, dans les secteurs public et privé. La section 3 présente les détails des perspectives économiques de l’Ontario. Comme la croissance future de la productivité est si cruciale pour la prospérité à long terme de la province, la section 4 examine l’incidence de différentes hypothèses relatives à la productivité du travail sur les perspectives économiques à long terme. La dernière section examine quelques‑uns des risques à long terme pour les projections économiques.

1. L’économie mondiale et la conjoncture externe

L’Ontario fait partie de l’économie mondiale intégrée. Les solides relations commerciales et financières que la province entretient avec le reste du Canada, les États-Unis et d’autres pays lui donnent accès à du capital à faible coût, à d’importants marchés d’exportation pour ses produits et à une gamme de possibilités d’investissement et d’importation. Ces relations peuvent avoir des effets positifs mais aussi des effets négatifs (p. ex., la crise financière mondiale de 2008-2009). La présente section examine certains des facteurs externes clés sur lesquels se fondent ces projections économiques à long terme.

Tableau 2.2 Hypothèses concernant les facteurs externes clés
Éléments Hypothèses
Économie mondiale La croissance mondiale du PIB réel sera de 3,1 % en moyenne par année entre 2014 et 2035. On s'attend à ce que la croissance ralentisse en Chine pour passer du taux historique d'environ 10 % par année à 6,5 % par année pendant la période de 2014 à 2035.
Économie américaine La croissance du PIB réel sera de 2,4 % en moyenne entre 2014 et 2035, comparativement au taux historique de 2,8 %.
Prix du pétrole Le prix du pétrole atteindra près de 175 $ le baril (cours nominal en dollars américains) d'ici 2035. Les prévisions supposent une hausse des prix réels à long terme.
Dollar canadien Le dollar canadien continuera de se situer entre 0,90 $US et 1,00 $US jusqu'en 2035.
Reste du Canada Le taux de croissance du PIB réel se situera à 2,2 % en moyenne pendant la période de 2014 à 2035.
Taux d'intérêt Les faibles taux d'intérêt enregistrés depuis quelque temps devraient augmenter avec le retour de l'inflation à environ 2 % en moyenne.

Les projections de cette nature ne peuvent pas quantifier les risques de bouleversements politiques mondiaux, de phénomènes météorologiques extrêmes dus au changement climatique, d’urgences sanitaires majeures comme des pandémies, de technologies perturbatrices ou d’une augmentation des conflits internationaux. L’un ou l’autre de ces facteurs, outre les autres risques imprévus, pourraient avoir des effets majeurs sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario.

Croissance économique mondiale

Cette projection repose sur l’hypothèse selon laquelle la croissance réelle mondiale à long terme sera en moyenne de 3,1 % par année. Parmi les principales économies avancées, il y a un contraste entre certaines régions, notamment et surtout, entre les États-Unis, qui devraient afficher une croissance relativement robuste à court terme, et les autres, plus particulièrement l’Europe et le Japon, qui devraient afficher une croissance modeste à long terme. Les marchés émergents devraient normalement continuer de connaître une forte croissance économique, mais à un rythme plus lent que ce fut le cas au cours de la dernière décennie1.

À moyen terme, les économies de marché en émergence devraient moins compter sur la croissance découlant des investissements et des exportations et se tourner davantage vers la consommation intérieure à mesure que la richesse de leur population augmente. Par ailleurs, les économies avancées devraient continuer de consolider les dépenses gouvernementales et limiter la consommation intérieure, en s’appuyant davantage sur les exportations pour stimuler leur croissance. Le rythme incertain de ce rééquilibrage à l’échelle internationale représente un risque important pour les perspectives économiques mondiales.

États-Unis

On s’attend à ce que les États-Unis demeurent le partenaire commercial le plus important de l’Ontario, même si la province continue de diversifier ses échanges commerciaux en se tournant vers les économies de marché en émergence qui connaissent une croissance relativement rapide.
À moyen terme, la croissance économique américaine devrait être relativement robuste. Après cela, elle devrait suivre une trajectoire à la baisse pour atteindre son potentiel à long terme. Au cours de la période de 2014 à 2035, on s’attend à ce que l’économie américaine se développe en moyenne au rythme de 2,4 % par an. Comme les États-Unis représentent le principal marché d’exportation de l’Ontario, cela devrait favoriser la croissance économique à long terme de la province.

Les États-Unis sont bien placés pour afficher une croissance à long terme, surtout grâce à la forte augmentation de la productivité. Selon le Congressional Budget Office (CBO), la croissance économique potentielle à long terme des États-Unis devrait s’établir en moyenne à environ 2,2 % par année et être soutenue par une forte augmentation de la productivité du travail de 1,7 % par année en moyenne2. La main‑d’oeuvre américaine devrait augmenter de 0,5 % par année en moyenne pendant cette période, en baisse par rapport au taux de 0,8 % affiché entre 2002 et 2013. Le ralentissement du rythme de croissance de la population active est surtout attribuable au départ à la retraite des baby-boomers, qui fait baisser le taux d’activité global, et au plateau atteint par le taux d’activité des femmes.

Europe, Asie et marchés émergents

L’Europe sort de la récente récession, mais a toujours des défis à long terme à relever, notamment le chômage élevé et les déséquilibres budgétaires. En outre, le système financier de la zone euro demeure fragile et vulnérable à de futurs bouleversements. Cette projection repose sur l’hypothèse voulant que la croissance réelle dans l’Union européenne sera en moyenne de 1,6 % par année entre 2014 et 2035.

La croissance économique à long terme au Japon devrait être la plus faible parmi les économies avancées, s’établissant en moyenne à 0,7 % seulement par année entre 2014 et 2035. Cette situation est due au vieillissement marqué de sa population, à la délocalisation de ses entreprises manufacturières à forte productivité et à l’endettement élevé du secteur public qui se poursuit.

Les économies de marché en émergence représenteront un élément de plus en plus crucial de l’économie mondiale. La part de la production mondiale que détient la Chine devrait passer de 15 % en 2013 à 27 % d’ici 2035. Pendant cette même période, la part de l’économie mondiale que représentent les États-Unis devrait s’amenuiser et passer de 19 % à 15 %3.

La part de plus en plus grande de l’économie mondiale qui revient aux économies de marché en émergence met en relief l’importance des politiques commerciales actuelles et des investissements dans le secteur des exportations de l’Ontario pour favoriser une plus grande diversification commerciale. Entre autres choses, une plus grande intégration dans les chaînes de valeur mondiales (CVM)4 sera un élément essentiel de la capacité des entreprises de l’Ontario à tirer parti de cette tendance. Grâce à son économie diversifiée, l’Ontario est bien positionné pour profiter de ce virage de l’économie mondiale en augmentant ses exportations de biens et services dans des secteurs comme l’agroalimentaire, l’infrastructure, les sciences de la vie, les technologies des communications et de l’information, l’éducation, la fabrication de pointe et les services financiers5.

La croissance dans les marchés en émergence, particulièrement la Chine, devrait dépasser celle des économies avancées, les niveaux de productivité et de consommation dans ces marchés continuant de s’approcher de ceux des pays développés. Cependant, le vieillissement de la population, la hausse des coûts unitaires du travail et les limites de la croissance fondée sur les exportations ralentiront probablement le rythme rapide de l’expansion économique. Cette projection repose sur l’hypothèse selon laquelle les économies émergentes continueront de croître à un rythme dynamique, mais plus modéré, à long terme. En Chine, en particulier, la croissance devrait ralentir pour s’établir à 6,5 % par année en moyenne, comparativement à celle de 9,6 % enregistrée entre 1997 et 2013.

Marchés de l’énergie et des produits de base

Les prix de l’énergie et des produits de base jouent un rôle important dans les prévisions économiques à long terme. Les prix des matières premières, par exemple, produits agricoles et forestiers et métaux, sont d’importants déterminants du revenu des producteurs ontariens. Les produits énergétiques, en particulier le pétrole et le gaz naturel, représentent une dépense importante tant pour les consommateurs que pour l’industrie. En 2010, les combustibles fossiles et les produits connexes représentaient directement 4,4 % des coûts que devaient assumer les entreprises ontariennes.

À long terme, la croissance soutenue de l’économie mondiale, l’urbanisation accrue, la hausse des revenus dans les pays en développement et l’utilisation accrue des biocombustibles devraient se combiner pour favoriser une hausse à long terme de la production et des prix des denrées agricoles.

La demande croissante de gaz naturel pour le chauffage et la production d’électricité conjuguée à l’exploitation du gaz de schiste influeront sur la progression à long terme des prix du gaz naturel. Ceux-ci devraient passer de 3,7 $US par mille pieds cubes en 2013 à 7,1 $US par mille pieds cubes d’ici 2035. Ce taux annuel de croissance est plus rapide que l’inflation des prix à l’échelle de l’économie.

À longue échéance, les prix du pétrole en termes réels devraient augmenter modestement à mesure que l’extraction de la ressource devient de plus en plus coûteuse. Cependant, les nouvelles technologies énergétiquement efficaces auront pour effet d’atténuer légèrement cette hausse des prix. Cette projection repose sur l’hypothèse voulant que le prix nominal du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) augmente pour passer à 175 $US le baril d’ici 2035. En outre, on suppose implicitement que les provinces riches en ressources profiteront de la hausse des prix en accédant à de nouveaux marchés internationaux pour vendre leur pétrole.

L’indice des prix des produits de base de la Banque du Canada montre l’importance accrue du pétrole brut au cours des 40 dernières années comparativement à d’autres produits de base, au regard de la valeur de la production de tous les produits de base au Canada. Ce changement illustre dans une grande mesure la hausse des prix du pétrole depuis 2002.

Étant donné que l’Ontario est un importateur net de pétrole, son économie subit les contrecoups de la hausse du prix du pétrole qui contribuent à faire augmenter les coûts pour les entreprises et les ménages. En outre, la hausse des prix réels du pétrole tend à faire augmenter la valeur du dollar canadien, ce qui nuit au commerce international net de l’Ontario. Ces effets négatifs sont toutefois neutralisés par la demande accrue de services et de biens fabriqués en Ontario provenant des provinces exportatrices de pétrole. L’Ontario a aussi réduit son intensité énergétique au fil des ans, une tendance qui devrait se poursuivre dans l’avenir.

Les États-Unis produisent actuellement plus de pétrole brut qu’ils n’en ont produit au cours des 25 dernières années, en raison surtout de nouvelles méthodes utilisées pour extraire la ressource des formations schisteuses. Cela a amené de nombreux intervenants de l’industrie énergétique à prévoir que les États-Unis finiront par devenir un exportateur net d’énergie après avoir compté sur les importations pendant des années pour répondre à la demande intérieure. D’autres sont d’avis cependant que la production à partir de certaines de ces formations schisteuses semble diminuer beaucoup plus rapidement que la production de pétrole de façon traditionnelle. Cela a suscité beaucoup d’incertitude quant à la production énergétique à long terme des États-Unis et à l’incidence sur l’économie américaine des changements dans les prix de l’énergie.

Taux d’inflation et d’intérêt à l’échelle mondiale

Les taux d’intérêt directeurs des banques centrales sont proches d’un creux historique dans les économies avancées. Au cours des prochaines années, l’inflation devrait augmenter graduellement, à mesure que la croissance accrue de ces économies comble lentement l’écart de production qui a découlé de la crise financière mondiale de 2008‑2009. La présente projection suppose qu’à long terme, la politique monétaire fera en sorte que le taux d’inflation au Canada continue d’osciller autour de 2 % par année.

À mesure que la croissance économique mondiale se poursuivra et que l’inflation augmentera, les taux d’intérêt directeurs devraient augmenter graduellement pour atteindre les niveaux jugés « normaux » des taux d’intérêt réels à long terme. Cela prendra plus de temps dans certains pays comme le Japon et certains membres de la zone euro, témoignant du rythme plus lent de la reprise dans ces pays.

Cependant, il existe un risque, qui n’est pas explicitement pris en compte dans cette projection, que les taux d’intérêt demeurent faibles pendant une longue période. Les défenseurs de ce point de vue soutiennent que la baisse de la croissance démographique et les rendements plus faibles des nouvelles technologies réduiront la demande de nouveaux investissements et créeront un excès d’épargne à l’échelle mondiale.

Dollar canadien

À long terme, le dollar canadien devrait continuer d’osciller entre 90 cents américains et 1,00 $US. Même si la valeur du dollar canadien a chuté sous la barre des 90 cents américains récemment, la hausse prévue des prix des produits de base devrait permettre au dollar canadien de revenir dans cette fourchette.

La baisse de la valeur du dollar canadien contribue à accroître le prix des produits de consommation importés et des intrants pour les entreprises, comme les machines et le matériel. En revanche, une devise plus faible peut aider les exportateurs à être compétitifs sur les marchés internationaux.

Pour les besoins de ces perspectives à long terme, on suppose que le dollar canadien augmentera lentement pendant la période de prévision pour s’établir à une valeur juste sous le seuil de la parité d’ici 2035. Cette appréciation concorde avec la hausse continue, mais modeste, des prix des produits de base et avec un rendement légèrement supérieur, mais constant, des titres du gouvernement du Canada par rapport aux bons du Trésor américains.

Le taux de change entre les dollars canadien et américain demeure un élément essentiel de la projection économique puisque les États-Unis continueront d’être une destination importante pour les exportations ontariennes. En 2013, les États‑Unis représentaient la destination de 78 % de toutes les exportations de marchandises de l’Ontario et la source de 56 % des marchandises importées dans la province.

L’appréciation du dollar canadien depuis 2002 a entraîné la détérioration de la compétitivité des coûts pour l’Ontario, en particulier dans le secteur manufacturier. L’amélioration de la compétitivité représente un des défis les plus importants pour l’économie ontarienne au cours des 20 prochaines années. Le taux de change devrait demeurer aux niveaux relativement élevés enregistrés au cours des dernières années. Par conséquent, l’Ontario devra relever ses défis en matière de compétitivité en augmentant la croissance de la productivité.

Reste du Canada

Le reste du Canada demeurera un marché crucial pour les produits et services de l’Ontario6. Cette projection suppose une reprise de la croissance mondiale menée par les États-Unis ainsi que des prix des produits de base relativement élevés, deux facteurs qui devraient favoriser la croissance dans le reste du Canada.

Le taux de croissance économique réelle dans le reste du Canada devrait se situer à 2,2 % en moyenne par année entre 2014 et 2035, soit un niveau légèrement supérieur au taux de croissance économique à long terme prévu pour l’Ontario, surtout grâce aux effets positifs des prix élevés du pétrole et du gaz naturel sur d’autres économies provinciales.

2. Production économique potentielle de l’Ontario

Les économistes entendent essentiellement par croissance de la « production potentielle », la vitesse à laquelle l’économie peut croître à long terme sans faire monter le taux d’inflation. Les principaux éléments sur lesquels repose la croissance de la production potentielle à long terme sont : l’augmentation de la main-d’oeuvre (qui dépend de la croissance de la population en âge de travailler et de l’évolution des taux de chômage et d’activité); la croissance du capital privé et public (p. ex., les machines, le matériel, les usines et l’infrastructure publique); l’efficacité avec laquelle les travailleurs utilisent le capital pour la production (c’est-à-dire, la productivité des travailleurs).

Population et main-d’oeuvre disponible

Comme cela est indiqué au chapitre 1, Population et main-d’oeuvre – tendances et projections, l’un des principaux défis économiques auquel l’Ontario fait face à long terme est le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler.

La baisse graduelle du taux global d’activité, en grande partie sous l’effet du ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler pendant la plupart de la période de prévision, se solde par un rythme de croissance de la main-d’oeuvre nettement plus lent que par le passé en Ontario. Toutefois, la faible augmentation du taux de croissance de la population en âge de travailler vers la fin de la prochaine décennie commencera à inverser cette tendance. Par ailleurs, la projection est fondée sur l’hypothèse selon laquelle la valeur tendancielle à long terme du taux de chômage affichera une baisse soutenue jusqu’au milieu de la prochaine décennie7.

Capital et investissements

La disponibilité de capital, tant privé que public, et sa composition sont des facteurs déterminants pour la production économique potentielle. La croissance du stock de capital privé est conditionnée par la cadence des nouveaux investissements, lesquels sont principalement déterminés par le rendement après impôts.

Les marchés des capitaux de l’Ontario et du Canada sont bien réglementés et offrent des possibilités d’investissement qui sont sécuritaires, stables et attrayantes. Le gouvernement demeure déterminé à moderniser les lois régissant les valeurs mobilières et le cadre réglementaire pour veiller à ce que les marchés soient solides et efficaces.

Par ailleurs, pour attirer les investissements des entreprises, il faut, entre autres, entretenir, renouveler et développer l’infrastructure publique. La province a déjà effectué – et continue de réaliser – d’importants investissements en infrastructure afin de stimuler la croissance économique. Le secteur des entreprises s’attend à ce que les investissements dans l’infrastructure publique se poursuivent, particulièrement dans le domaine des transports, et ce, afin de maintenir les réseaux actuels en bon état et de les élargir en vue de répondre aux besoins futurs.

Productivité

Le taux de croissance de la productivité est un élément clé qui permet de déterminer la production économique potentielle à long terme de l’Ontario. La croissance de la productivité prendra encore plus d’importance puisqu’on prévoit un ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre.

Dans le secteur des entreprises de l’Ontario, la croissance de la productivité a été faible ces dix dernières années, le taux de croissance annuelle s’établissant à seulement 0,4 % en moyenne entre 2001 et 2011, comparativement à 1,3 % entre 1985 et 2000. Les causes de ce ralentissement sont examinées au chapitre 5, La productivité en Ontario : Défis et possibilités.

La productivité en Ontario devrait augmenter à un rythme moyen de 1,1 % par année entre 2014 et 2035, soit deux dixièmes pour cent de moins que la moyenne historique entre 1985 et 2000. La croissance de la productivité sera propulsée par l’innovation, l’adoption de meilleures pratiques, le développement de nouveaux produits et la diversification des exportations de l’Ontario vers les marchés émergents à croissance rapide. L’augmentation de la productivité du travail à long terme en Ontario sera aussi stimulée par les investissements privés continus, les investissements publics dans l’infrastructure, l’éducation, la formation professionnelle, et les nouveaux accords commerciaux.

Compte tenu de l’incertitude inhérente aux projections en matière de productivité, on trouvera plus loin dans le présent chapitre une analyse des répercussions de la productivité à faible croissance et de celle à forte croissance à l’aide de scénarios.

Rôle de l’infrastructure publique dans la croissance de la productivité

Les investissements dans l’infrastructure publique tiennent une place importante dans la croissance de la productivité et de la compétitivité à long terme. Ils favorisent la concentration de ressources économiques et offrent des débouchés plus importants pour la production et l’emploi. Par exemple, des réseaux efficaces de transport aident les entreprises à acheminer plus rapidement leurs produits et services sur les marchés, à avoir accès à des employés talentueux et à augmenter la productivité. Parallèlement, l’infrastructure sociale, telle que les hôpitaux et les écoles, améliore l’état de santé et le degré d’instruction de la population, ce qui en retour contribue à de meilleures possibilités d’emploi.

Entre 1945 et le début des années 1970, l’Ontario a connu une expansion rapide de son économie et de sa population, ce qui a donné lieu à des investissements dans l’infrastructure publique qui ont permis de constituer la base de l’infrastructure actuelle de l’Ontario. Au début des années 1970, on assistait à la forte baisse des investissements dans l’infrastructure publique en tant que pourcentage du PIB, et cette tendance s’est poursuivie jusqu’au début des années 2000, période où les investissements, exprimés en pourcentage du PIB, ont commencé à remonter à leurs niveaux historiques (graphique 2.8).

Depuis 2003, la province a investi presque 100 milliards de dollars dans l’infrastructure publique afin d’annuler les effets de plusieurs décennies de sous-investissement. Les investissements dans l’infrastructure publique présentent des avantages à long terme pour l’économie de l’Ontario et stimulent la productivité et la compétitivité du secteur privé.

De nombreuses études sur le lien entre infrastructure et productivité concluent que l’infrastructure publique réduit le coût de production du secteur privé. Lorsque le secteur privé dispose de plus d’infrastructure publique pour ses activités, ses coûts de production diminuent, donnant lieu à des améliorations de la productivité. Par exemple, une étude réalisée en 2009 par Statistique Canada estime qu’en moyenne 50 % de la croissance de la productivité multifactorielle du Canada dans le secteur privé, soit 10 % de la croissance de la productivité globale du travail, entre 1962 et 2006, était attribuable à l’augmentation de l’infrastructure publique8.

3. Détails des perspectives économiques de l’Ontario

Selon les prévisions à long terme du ministère des Finances, la croissance moyenne annuelle du produit intérieur brut (PIB) réel en Ontario sera de 2,1 % entre 2014 et 2035, soit un ralentissement comparativement à la croissance moyenne de 2,6 % enregistrée de 1982 à 2013. La croissance économique en Ontario devrait reprendre de la vigueur à moyen terme avant d’afficher un taux potentiel durable à long terme de 2,1 % par année.

Cette décélération, qui est attribuable à la croissance ralentie de la population source et à la baisse du taux d’activité de la main‑d’oeuvre, est compensée par le recul du taux de chômage. La croissance de la productivité de la main‑d’oeuvre devrait demeurer une composante clé de la croissance économique à long terme.

Au cours de la période de prévision, une reprise de la croissance des échanges commerciaux nets devrait partiellement compenser la croissance plus faible des dépenses des ménages et du gouvernement, et des investissements des entreprises. Les dépenses de consommation finales devraient augmenter de 2,0 % à long terme, ce qui correspond à la hausse des revenus réels. La formation brute de capital fixe devrait enregistrer une hausse de 2,4 % par année entre 2014 et 2035 grâce aux investissements tant du secteur public que du secteur privé.

Les échanges internationaux et interprovinciaux demeureront des sources importantes de croissance économique pour l’économie de l’Ontario. La mondialisation et la montée en importance des chaînes de valeur mondiale (CVM) continueront de changer la nature du commerce international. De plus en plus de produits et de services exportés sont intégrés dans la production d’autres produits et services au lieu d’être vendus directement aux consommateurs. Ces exportations comprendront de plus en plus des produits ontariens novateurs, à forte intensité de connaissances, qui sont intégrés dans les produits à forte valeur ajoutée.

À l’intérieur des CVM, les économies de marché en émergence accroîtront leur rôle en devenant le principal lieu de fabrication du monde. On prévoit qu’au cours des 20 prochaines années les économies émergentes seront parmi les marchés de consommateurs à connaître la plus forte croissance au monde. L’augmentation rapide du nombre de consommateurs à revenu élevé, qui demanderont plus de produits et de services de haute qualité, sera une importante force motrice de la fabrication mondiale et un important facteur de croissance économique régionale9. Cette croissance ouvrira des portes aux entreprises ontariennes qui pourront ainsi accroître leur participation aux CVM.

La croissance économique dans le reste du Canada et aux États-Unis favorisera aussi la hausse soutenue des exportations de l’Ontario. L’amélioration de la productivité en Ontario contribuera à atténuer les effets de l’appréciation du dollar canadien sur la compétitivité des coûts. Le montant réel des exportations de l’Ontario devrait progresser en moyenne de 2,6 % par an au cours des 20 prochaines années.

Missions commerciales de l’Ontario

Dans le cadre des missions commerciales qu’il appuie dans les principaux marchés du globe, le gouvernement fait la promotion de l’économie ontarienne en la présentant comme une source de produits et de solutions innovantes, internationalement compétitive, un emplacement stratégique pour investir et un chef de file en matière de recherche coopérative et d’innovation dans des secteurs prioritaires. Ces marchés comprennent l’Asie, l’Union européenne, la Russie, le Moyen-Orient, l’Amérique latine et les États-Unis. Récemment, l’Ontario a organisé des missions commerciales à Paris, à Stuttgart, à Tokyo, à San Francisco et en Israël.

La province aide également les entreprises ontariennes à tirer profit des occasions d’exportation à l’étranger par l’entremise de centres de marketing à l’étranger (CME) qui les aident à entretenir des relations d’affaires internationales. Un CME vient d’ailleurs d’ouvrir à São Paulo au Brésil. L’économie de ce pays devrait générer une forte demande dans des secteurs où l’Ontario a de l’expertise, notamment dans le développement d’infrastructures, la technologie de l’information, l’agroalimentaire, l’industrie minière ainsi que les services financiers. L’Ontario compte des CME à New York, San Francisco, Mexico, Londres, Paris, Munich, Beijing, Shanghai, Tokyo et New Delhi, ainsi qu’un bureau satellite à Mumbai.

La croissance économique continue, quoique plus modérée, contribuera à faire avancer le PIB réel par habitant.

Le PIB réel par habitant a augmenté pour passer de 31 700 $ en 1981 à 46 000 $ en 2013. Le ministère des Finances prévoit que le PIB réel par habitant augmentera encore, pour passer à 57 600 $ d’ici 2035.

Le rythme de la croissance économique à long terme devrait entraîner des améliorations soutenues pour le marché du travail. On prévoit que la croissance de l’emploi en Ontario sera en moyenne de 1,0 % par année entre 2014 et 2035, et que le taux de chômage suivra une tendance à la baisse pour s’établir à 5,1 %.

4. Autres scénarios de croissance

Dans cette section, on présente deux scénarios de croissance, l’un à forte croissance et l’autre à faible croissance, qui reposent chacun sur des itinéraires différents pour la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre. Ces scénarios mettent en évidence la place importante que tient la croissance de la productivité pour la prospérité à long terme de l’Ontario.

Dans la projection du scénario de référence, la productivité de la main‑d’oeuvre à long terme augmente à un taux annuel moyen de 1,1 % entre 2019 et 2035, soit légèrement moindre que le rythme de croissance des années 1985 à 2000, mais plus soutenu que le rythme de croissance de la productivité des dix dernières années.

Scénario de forte croissance

Selon ce scénario, le niveau plus soutenu des investissements du gouvernement et des entreprises ainsi que des rendements plus élevés liés aux nouvelles technologies engendrent une croissance de la productivité de la main-d’oeuvre dont le niveau est de 0,3 point de pourcentage supérieur en moyenne au scénario de référence pour la période de 2019 à 203510. On présume aussi que le rythme de la restructuration industrielle est plus rapide que dans le scénario de référence, ce qui facilite le passage des travailleurs et la réorientation du capital vers les nouvelles industries émergentes (voir le chapitre 3, Évolution de l’économie de l’Ontario).

La hausse des investissements des entreprises découle en partie de la réaction vigoureuse du secteur privé au contexte fiscal concurrentiel de l’Ontario. De nouvelles occasions d’investissements sont aussi créées par les nouveaux accords commerciaux. Par ailleurs, comme les coûts unitaires de main-d’oeuvre devraient augmenter en Asie, l’Ontario pourra tirer parti du retour d’activités de fabrication exigeante en investissements, tant directement que grâce à des liens avec les chaînes de valeur mondiales d’Amérique du Nord. La vigueur et la stabilité du secteur financier en Ontario ainsi que l’engagement pris par le gouvernement à l’égard de la modernisation des lois et règlements régissant les valeurs mobilières devraient aussi stimuler les futurs investissements.

La hausse de la productivité prévue dans ce scénario serait aussi soutenue par la cadence robuste des investissements dans l’infrastructure. Des études révèlent que ces investissements stimulent les taux de croissance économique et les gains de productivité. Par exemple, un rapport du Conference Board du Canada de 2013 portant sur les investissements de l’Ontario dans l’infrastructure, réalisés récemment ou prévus (de 2006 à 2014), a conclu que chaque tranche de 100 millions de dollars (montant rajusté pour tenir compte de l’inflation) se traduit par une augmentation du PIB réel de 114 millions de dollars à court terme. Le rapport estime que ces investissements font progresser, à eux seuls, la capacité productive réelle de la province de 1,2 % à 3,0 % en 201411.

La hausse des investissements entraînant une plus forte productivité permettrait à l’Ontario d’élargir sa présence commerciale sur la scène internationale. L’accélération des exportations, y compris vers les marchés émergents dont l’économie est en plein essor, engendrerait à son tour une productivité accrue et des exportations encore plus dynamiques.

Enfin, la vigueur de la croissance économique ferait de l’Ontario une destination plus attrayante pour les immigrants en provenance d’autres pays ou provinces. Cela produirait un rythme accéléré de croissance démographique sous-jacente et une croissance plus forte de la main‑d’oeuvre, un facteur déterminant de la production potentielle à long terme.

Scénario de faible croissance

Le taux de croissance de la productivité en Ontario a été relativement faible au cours de la dernière décennie. Entre 2001 et 2011, la productivité de la main‑d’oeuvre dans le secteur des entreprises ontariennes a augmenté d’à peine 0,4 % par année en moyenne. Dans ce scénario de faible croissance, on présume que la productivité de la main‑d’oeuvre augmentera à un taux moyen de 0,8 % par année entre 2019 et 2035, soit 0,3 point de pourcentage de moins que le scénario de référence. Compte tenu des données historiques récentes, la croissance de la productivité risque d’être encore plus faible.

En l’absence d’importants investissements privés et publics en Ontario, la croissance future de la productivité de la main‑d’oeuvre sera probablement inférieure aux prévisions. Il s’agit d’investissements dans les technologies de l’information et des communications, les procédés de fabrication de pointe, l’extraction durable des ressources ainsi que d’investissements du secteur public dans l’infrastructure, la santé et l’éducation.

Les niveaux plus faibles d’investissements du secteur privé pourraient être attribuables à certaines conditions qui sont indépendantes de la volonté des entreprises ontariennes, comme la faible croissance des principaux partenaires commerciaux de la province, le rendement décroissant des innovations technologiques (surtout dans le domaine des ressources et des combustibles fossiles) ou l’incertitude économique et géopolitique, et notamment le risque d’une crise financière mondiale.

Dans l’éventualité d’une croissance plus faible de la productivité, l’Ontario serait probablement incapable d’inverser la tendance à la perte de sa compétitivité, qui est attribuable à l’appréciation du dollar canadien depuis 2002 et à l’émergence d’une infrastructure mondiale de la production à faible coût. Si l’Ontario n’améliore pas considérablement sa compétitivité des coûts relatifs, les exportations, la production, l’emploi, le taux salarial et d’autres revenus afficheront tous une baisse.

Si sa croissance économique était plus faible, l’Ontario attirera moins de travailleurs venus de l’étranger et d’ailleurs au Canada.

Conséquences des autres hypothèses en matière de croissance de la productivité

D’ici la fin de la période de prévision, le PIB réel de l’Ontario devrait s’établir à 993 milliards de dollars (en dollars de 2007). Selon le scénario de forte productivité, le PIB réel devrait atteindre 1 071 milliards de dollars (7,9 % de plus que le scénario de référence), tandis que selon le scénario de faible productivité, le PIB réel devrait augmenter pour s’établir à 920 milliards de dollars (7,3 % de moins que le scénario de référence). Les autres scénarios illustrent le fait que de petites variations du taux annuel de croissance de la productivité peuvent engendrer des différences considérables quant à la taille de l’économie à long terme et, implicitement, à la croissance du revenu et des dépenses des ménages, aux revenus du gouvernement et aux dépenses de programmes.

5. Risques pour les perspectives

Les projections à long terme de ce chapitre reposent sur un ensemble d’hypothèses raisonnables et sur des résultats économiques probables. Toutefois, chacune des hypothèses aurait pu être différente si la conjoncture économique mondiale avait été autre. Par conséquent, la situation économique de l’Ontario à long terme pourrait bien être meilleure ou pire que ce qui figure dans la projection de référence. Tel qu’indiqué précédemment, il n’est pas possible de quantifier les risques d’événements imprévus qui pourraient avoir de fortes répercussions sur les perspectives à long terme de l’économie de l’Ontario. La présente section met en lumière trois risques importants touchant les prévisions : le changement technologique, la concurrence des marchés émergents et l’inégalité croissante des revenus.

Changement technologique

Même si le rythme apparent de l’évolution technologique s’est accéléré avec l’avènement d’Internet, des téléphones intelligents et de la biotechnologie, les avantages de ces progrès ne se sont pas accompagnés d’une accélération de la croissance économique. De plus, même si la croissance s’accélère en Ontario grâce aux nouvelles technologies, il est à craindre que cela se traduise par une diminution des besoins en main-d’oeuvre (p. ex., robotique), ce qui entraînera une baisse de la demande au chapitre des emplois.

Par conséquent, le risque considérable qui menace la future croissance économique de l’Ontario dépend de la nature du ralentissement apparent du rendement des progrès technologiques, à savoir si ce ralentissement est permanent ou temporaire. Il reste aussi à voir si l’Ontario, le Canada et d’autres économies avancées sont capables de rattraper les États-Unis sur le plan de la croissance de la productivité. Si, à l’avenir, l’Ontario arrivait à combler le retard, ce rattrapage se traduirait par une amélioration marquée des projections économiques.

Concurrence des marchés émergents

Alors que le monde développé traverse une période prolongée de croissance économique relativement faible, les économies émergentes d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient continuent à prendre de l’expansion à un rythme relativement soutenu. L’Ontario pourrait donc saisir cette occasion pour diversifier ses produits d’exportation afin de tirer parti de ces marchés en croissance rapide. Par ailleurs, la province continuera à tirer parti du vaste choix de produits d’importation à coût relativement faible.

Toutefois, il est à craindre que la province ne puisse pas profiter pleinement de la croissance des économies émergentes surtout si l’Ontario ne propose pas à ces pays les biens et services qui les intéressent, à un coût concurrentiel. L’Ontario pourrait aussi être dans l’impossibilité de saisir ces occasions en raison de circonstances indépendantes de sa volonté. Par exemple, il se pourrait que nombre d’entreprises ne puissent accéder aux marchés émergents en plein essor à cause des règles régissant les licences et la propriété étrangère.

Inégalité croissante des revenus

Selon certaines études économiques récentes, l’inégalité croissante des revenus pourrait avoir une incidence défavorable sur la croissance économique. L’inégalité croissante des revenus est principalement due à la hausse rapide des revenus du travail que touchent les personnes au niveau supérieur de la distribution des revenus. On croit que le changement technologique, la mondialisation et l’évolution des normes sociales ont contribué à la montée de l’inégalité des revenus. Si l’inégalité des revenus en Ontario est demeurée largement inchangée depuis dix ans, son évolution future est incertaine. Il est important de faire attention aux effets de l’inégalité des revenus, car, à un moment donné, l’écart entre les revenus peut contribuer à l’instabilité sociale et nuire à la croissance économique. Par ailleurs, si les politiques visant à atténuer l’inégalité sont bien intentionnées, elles peuvent involontairement réduire les incitations à investir, et nuire à la productivité et à la croissance.

Annexe I : Changement climatique

Le changement climatique menace l’environnement naturel et bâti ainsi que la viabilité à long terme de l’économie de l’Ontario. L’utilisation de combustibles fossiles pour produire de l’énergie et de la chaleur et pour alimenter les transports, les activités agricoles, la mise en décharge de déchets et l’activité industrielle, sont autant de pratiques qui contribuent au changement climatique. En Ontario, le changement climatique a de nombreux effets, notamment les suivants : augmentation du stress sur l’infrastructure causée par les phénomènes météorologiques extrêmes; demande accrue de services d’urgence; prolongation des périodes de végétation en agriculture et baisse du niveau de l’eau des lacs. Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) fait le lien entre l’apparition d’événements météorologiques extrêmes et le changement climatique. Selon le BAC, le coût de ces événements pour les assureurs canadiens s’élevait à 1,6 milliard de dollars en 201112 et, d’après les premières estimations, les coûts pour 2013 pourraient s’élever à 3,2 milliards de dollars.

En Ontario, au Canada et partout dans le monde, on élabore et met en oeuvre des politiques et des programmes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les gouvernements se concentrent également sur le développement durable afin d’aider les industries à demeurer compétitives dans l’économie émergente sobre en carbone.

En 2007, le gouvernement de l’Ontario a établi le Plan d’action contre le changement climatique (PACC), qui énonce un cadre de mesures visant à réduire les émissions totales de GES de l’Ontario et à favoriser une économie durable, propre et sobre en carbone. Plus précisément, le plan comprend des cibles de réduction des émissions de GES en Ontario :

  • d’ici 2014, réduction de 6 % par rapport à 1990;
  • d’ici 2020, réduction de 15 % par rapport à 1990;
  • d’ici 2050, réduction de 80 % par rapport à 1990.

Les mises à jour du PACC se font régulièrement par des rapports décrivant les progrès de la province relativement aux initiatives existantes et nouvelles.

Les estimations actuelles concernant la réduction des émissions donnent à penser que l’Ontario a atteint environ 90 % de sa cible de 2014 et 60 % de celle de 2020. Une part importante de la réussite de l’Ontario à réduire ses émissions peut être attribuée à l’élimination de la production d’électricité à partir du charbon et aux investissements dans les sources d’énergie propre. L’élimination des centrales au charbon en Ontario est la plus importante mesure de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à être instaurée en Amérique du Nord à ce jour.

La province fait des progrès importants dans plusieurs secteurs clés, dont le développement de sources d’énergie plus propres, l’expansion du transport en commun, les mesures d’encouragement au développement durable et la protection des espaces verts.

L’Ontario continue d’élaborer un programme de réduction des émissions de GES et de bâtir une économie propre qui attire les investissements, soutient la création d’emplois et protège l’environnement. La province est en cours de consultations au sujet d’un mandat en ce qui a trait aux carburants diesels plus verts. L’Ontario prévoit également être la première province canadienne à vendre des obligations vertes pour financer des projets infrastructurels ayant des avantages environnementaux dans toute la province. L’investissement dans l’infrastructure est une priorité économique qui accroîtra la compétitivité et la productivité de la province en plus d’améliorer la qualité de vie.

En 2011, le gouvernement a lancé Faire face au changement climatique : Stratégie d’adaptation et plan d’action de l’Ontario, dont les objectifs sont, entre autres, de réduire les pertes de vie, de biens et de ressources, d’éviter les investissements insoutenables et de tirer parti des possibilités économiques. Le document propose un cadre d’intervention dans des secteurs clés comme l’évaluation de la vulnérabilité de l’infrastructure, le renforcement du réseau de routes d’hiver, l’intégration de la gestion des risques de l’entreprise dans les pratiques agricoles et l’élaboration de directives pour la gestion des eaux pluviales.

Le fait d’agir tôt pour réduire les émissions de GES diminuera le coût global de réduction de la pollution et aidera l’Ontario à afficher une croissance économique à long terme viable sur le plan de l’environnement. Les investissements liés au changement climatique et les politiques connexes peuvent aussi contribuer à atténuer l’incidence sur la compétitivité, tout en créant de nouveaux débouchés dans l’économie verte.

Annexe II : Plan énergétique à long terme de l’Ontario

Fournir de l’électricité propre, fiable et abordable fait partie du plan économique de l’Ontario pour l’emploi et la croissance.

Investissements pour moderniser le réseau d’électricité de l’Ontario

Depuis 2003, les lignes de transport et de distribution ont été modernisées sur plus de 10 000 kilomètres, et plus de 11 milliards de dollars ont été investis dans ces réseaux rien que par Hydro One, notamment pour le projet de renforcement de la ligne de transport de Bruce à Milton. Par ailleurs, environ 12 000 mégawatts (MW) provenant de centrales neuves et remises en état ont été ajoutés au réseau, ce qui correspond à des investissements de plus de 21 milliards de dollars. Aujourd’hui, l’Ontario est un chef de file mondial en matière de technologie énergétique, d’innovations et de solutions de réseaux d’électricité intelligents.

Vers un bilan équilibré

En décembre 2013, l’Ontario a publié la mise à jour de son Plan énergétique à long terme et a annoncé la politique intitulée Priorité à la conservation de l’énergie qui est axée sur l’atténuation des tarifs plutôt que sur des investissements majeurs dans la production ou le transport d’électricité afin de maîtriser les coûts pour les consommateurs. Il faudra donc rechercher des options à moindre coût pour répondre aux besoins en matière d’électricité, quand et là où ces besoins se feront sentir. D’autres initiatives seront aussi requises afin de réduire les augmentations des coûts d’électricité, aujourd’hui et à l’avenir. Comparativement au plan précédent, le Plan énergétique à long terme de 2013 devrait réduire les hausses de coût prévues d’un montant cumulatif de 16 milliards de dollars à court terme (2013 à 2017) et de 70 milliards de dollars d’ici 2030.

Non seulement la conservation d’énergie permet aux familles et aux entreprises d’économiser, mais elle allège également les pressions sur le système d’électricité et contribue à réduire les émissions de GES. La province entend compenser la majeure partie de la hausse de la demande d’électricité d’ici 2032 par la mise en oeuvre de programmes et l’application de meilleurs codes et normes.

  • L’Ontario élargira ses programmes d’intervention en fonction de la demande pour réaliser une réduction de 10 % de la demande de pointe d’ici 2025, ce qui équivaut à environ 2 400 MW dans les conditions d’aujourd’hui ou deux fois la demande moyenne combinée de Hamilton et de Kitchener.
  • Le gouvernement travaillera aussi à la création d’outils de financement destinés aux consommateurs, et dont la mise en oeuvre aura lieu dès 2015. Ainsi, les consommateurs pourront économiser de l’argent sur leur facture d’électricité et, au fil du temps, contribueront à rembourser les investissements en matière de conservation d’énergie dont ils reçoivent les avantages.

L’Ontario entreprendra également la remise à neuf des centrales nucléaires de Darlington et de Bruce qui devrait débuter en 2016. Il intégrera graduellement les énergies éolienne, solaire et bioénergétique, afin de parvenir à 10 700 mégawatts en ligne d’ici 2021. D’ici 2025, environ la moitié de la capacité de production installée de l’Ontario proviendra de sources renouvelables.

Tableau 2.3 Principales variables économiques de l’Ontario (scénario de référence)
Croissance moyenne (en pourcentage) (Données historiques) (Projection)
  1982-2013 2014-2017 2018-2022 2023-2027 2028-2032 2033-2035 2014-2035
Produit intérieur brut réel 2,6 2,5 2,1 1,9 2,1 2,1 2,1
Dépenses de consommation finales 2,7 1,7 2,1 1,8 2,0 2,1 2,0
Formation brute de capital fixe 3,3 2,1 2,8 2,3 2,3 2,5 2,4
Exportations 3,3 3,5 2,7 2,2 2,3 2,5 2,6
Importations 4,0 2,5 2,7 2,2 2,3 2,5 2,4
Produit intérieur brut nominal 5,3 4,2 4,1 3,8 4,0 4,1 4,0
Autres indicateurs économiques              
Mises en chantier de logements (en milliers) 66,1 63,5 71,2 73,9 73,7 71,8 71,1
Revenu primaire des ménages 5,1 4,3 4,4 3,8 4,1 4,0 4,1
Marché du travail              
Taux d'activité 67,5 66,2 65,8 64,8 63,7 63,4 64,8
Main-d'oeuvre 1,5 1,0 0,9 0,7 0,8 1,0 0,9
Emploi 1,5 1,4 1,0 0,8 0,8 1,0 1,0
Taux de chômage 7,7 6,7 5,7 5,3 5,1 5,1 5,6
Productivité              
PIB réel par heure 1,2 1,0 1,1 1,1 1,2 1,1 1,1
Prix              
Indice des prix à la consommation 3,0 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0
Nota : Les projections pour la période 2014-2017 reposent sur les hypothèses de planification actuelles du gouvernement.
Tableau 2.4 Principales hypothèses concernant l’économie de l’Ontario (projections de référence)
  Projection (moyenne)
  2014-2017 2018-2022 2023-2027 2028-2032 2033-2035
PIB réel du reste du Canada (variation en pourcentage) 2,5 2,2 2,2 2,1 2,1
Déflateur du PIB du reste du Canada (variation en pourcentage) 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0
PIB réel des É.-U. (variation en pourcentage) 2,9 2,4 2,2 2,2 2,2
Déflateur du PIB des É.-U. (variation en pourcentage) 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0
Dollar canadien (cents par $US) 93 94 96 97 99
Taux des bons du Trésor de 90 jours (%) 2,1 4,1 4,2 4,2 4,2
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada (%) 3,7 5,1 5,2 5,2 5,2
Taux des bons du Trésor américains de 90 jours (%) 1,5 3,9 4,1 4,1 4,1
Taux des obligations de 10 ans du gouvernement américain (%) 3,9 5,0 5,1 5,1 5,1
Prix du pétrole WTI américain ($US le baril) 97 108 127 149 170
Prix du gaz naturel américain ($US par million de BTU) 4,1 4,4 5,2 6,1 6,9
Nota : Les projections pour la période 2014-2017 reposent sur les hypothèses de planification actuelles du gouvernement.
Tableau 2.5 Principales variables économiques de l’Ontario (forte productivité)
Croissance moyenne (en pourcentage) (Données historiques) (Projection)
  1982-2013 2014-2017 2018-2022 2023-2027 2028-2032 2033-2035 2014-2035
Produit intérieur brut réel 2,6 2,5 2,4 2,3 2,5 2,7 2,5
Dépenses de consommation finales 2,7 1,7 2,4 2,0 2,3 2,4 2,2
Formation brute de capital fixe 3,3 2,1 3,7 3,0 2,9 3,3 3,0
Exportations 3,3 3,5 3,0 2,7 2,8 3,0 3,0
Importations 4,0 2,5 3,0 2,4 2,6 2,8 2,6
Produit intérieur brut nominal 5,3 4,2 4,6 4,3 4,5 4,6 4,4
Autres indicateurs économiques              
Mises en chantier de logements (en milliers) 66,1 63,5 73,1 79,7 81,0 79,8 75,6
Revenu primaire des ménages 5,1 4,3 4,9 4,2 4,5 4,5 4,5
Marché du travail              
Taux d'activité 67,5 66,2 65,8 64,9 63,9 63,7 65,0
Main-d'oeuvre 1,5 1,0 1,0 0,9 1,0 1,1 1,0
Emploi 1,5 1,4 1,1 0,9 1,0 1,2 1,1
Taux de chômage 7,7 6,7 5,5 5,3 5,0 5,1 5,5
Productivité              
PIB réel par heure 1,2 1,0 1,3 1,4 1,6 1,4 1,4
Prix              
Indice des prix à la consommation 3,0 1,9 2,2 2,0 2,0 2,0 2,0
Tableau 2.6 Principales variables économiques de l’Ontario (faible productivité)
Croissance moyenne (en pourcentage) (Données historiques) (Projection)
  1982-2013 2014-2017 2018-2022 2023-2027 2028-2032 2033-2035 2014-2035
Produit intérieur brut réel 2,6 2,5 1,8 1,4 1,6 1,6 1,8
Dépenses de consommation finales 2,7 1,7 1,9 1,6 1,8 1,9 1,8
Formation brute de capital fixe 3,3 2,1 1,9 1,7 1,8 1,8 1,9
Exportations 3,3 3,5 2,5 1,7 1,8 1,9 2,2
Importations 4,0 2,5 2,4 1,9 2,1 2,3 2,2
Produit intérieur brut nominal 5,3 4,2 3,6 3,3 3,5 3,6 3,6
Autres indicateurs économiques              
Mises en chantier de logements (en milliers) 66,1 63,5 69,4 68,1 66,5 64,0 66,6
Revenu primaire des ménages 5,1 4,3 3,8 3,4 3,6 3,6 3,7
Marché du travail              
Taux d'activité 67,5 66,2 65,8 64,7 63,5 63,1 64,7
Main-d'oeuvre 1,5 1,0 0,8 0,6 0,7 0,8 0,8
Emploi 1,5 1,4 0,9 0,7 0,7 0,9 0,9
Taux de chômage 7,7 6,7 5,9 5,2 5,1 5,1 5,6
Productivité              
PIB réel par heure 1,2 1,0 0,9 0,8 0,9 0,7 0,9
Prix              
Indice des prix à la consommation 3,0 1,9 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0

1 Les hypothèses concernant l’économie mondiale et les régions proviennent d’Oxford Economics. Les hypothèses sur les États-Unis proviennent des Blue Chip Economic Indicators et du Congressional Budget Office. Les hypothèses sur le Canada proviennent du ministère des Finances de l’Ontario.

2  Pour une analyse des raisons pour lesquelles la productivité de l’Ontario et celle du Canada sont inférieures à celle des États-Unis, voir le chapitre 5, La productivité en Ontario : Défis et possibilités.

3 Oxford Economics : Global Economic Databank.

4 Les CVM désignent le « dégroupage » du processus de production en activités (p. ex., R-D, conception et assemblage) exécutées dans différentes parties du monde. Chacune ajoute de la valeur aux biens ou aux services produits.

5 L’avantage Ontario, Conseil pour l’emploi et la prospérité, 2012.

6 Le « reste du Canada » désigne les provinces canadiennes autres que l’Ontario.

7 On entend par valeur tendancielle du taux de chômage, le taux de chômage associé à un taux d’inflation stable.

8 W. Gu et R. MacDonald, « The Impact of Public Infrastructure on Canadian Multifactor Productivity Estimates », (No au catalogue : 15-206-X), Statistique Canada, 2009.

9 H. Kharas, « The Emerging Middle Class in Developing Countries », OECD Development Centre Working Paper 285, 2010, p. 28.

10 Les autres scénarios de croissance commencent dès 2019 à tenir compte de la plus forte incertitude qui règne au-delà des hypothèses actuelles de planification du gouvernement.

11 P. Antunes et J. Palladini, The Economic Impact of Ontario’s Infrastructure Investment Program, Le Conference Board du Canada, avril 2013.

12 Institute for Catastrophic Loss Reduction, Telling the Weather Story, document préparé par le Bureau d’assurance du Canada, juin 2012.

Description des graphiques

Graphique 2.1 : Croissance prévue du PIB réel : 2014 à 2035

La mappemonde de ce graphique montre le taux de croissance annuelle moyenne prévue du produit intérieur brut réel de certains pays entre 2014 et 2035.

Les taux de croissance sont les suivants : Total mondial 3,1 %, Canada 2,2 %, États-Unis 2,4 %, Ontario 2,1 %, Mexique 3,1 %, Brésil 3,1 %, Argentine 2,5 %, Union européenne 1,6 %, Allemagne 1,2 %, Royaume-Uni 2,4 %, France 1,3 %, Italie 0,8 %, Turquie 4,0 %, Afrique du Sud 3,0 %, Arabie saoudite 3,5 %, Russie 2,8 %, Inde 5,5 %, Chine 6,5 %, Japon 0,7 %, Corée du Sud 2,7 %, Indonésie 5,2 %, Australie 2,5 %.

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Graphique 2.2 : PIB réel des États-Unis

Ce graphique linéaire simple montre les projections du  produit intérieur brut réel des États-Unis entre 2001 et 2035 pour le scénario de référence ainsi que pour les scénarios de forte croissance et de faible croissance. Les scénarios reposent sur la moyenne du premier et du dernier décile des prévisions à long terme présentées dans Blue Chip Economic Indicators.

Entre 1982 et 2013, le produit intérieur brut réel des États-Unis a affiché une croissance de 2,8 %. Au cours de la période de 2014 à 2035, le produit intérieur brut réel des États-Unis devrait augmenter de 2,4 % par année selon le scénario de référence, de 2,8 % selon le scénario de forte croissance et de 2,0 % selon celui de faible croissance.

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Graphique 2.3 : Proportion du PIB mondial

Deux graphiques à secteurs comparent le produit intérieur brut réel de certains pays à la production mondiale en 2013 et en 2035, ces résultats étant exprimés en dollars ajustés selon le taux de change PPA.

En 2013, la part réelle du produit intérieur brut mondial se répartissait comme suit parmi les pays : 19 % pour les États-Unis, 15 % pour la Chine, 6 % pour l’Inde, 5 % pour le Japon, 13 % pour la zone euro et 41 % pour les autres pays. En 2035, la part réelle du produit intérieur brut mondial devrait se répartir comme suit : 15 % pour les États-Unis, 27 % pour la Chine, 9 % pour l’Inde, 3 % pour le Japon, 8 % pour la zone euro et 39 % pour les autres pays.

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Graphique 2.4 : Indice des prix des produits de base de la Banque du Canada

Ce graphique à lignes multiples superposées illustre les valeurs proportionnelles de la production des produits de base canadiens suivants : pétrole brut, gaz naturel, métaux, agriculture, foresterie et autres.

Depuis 1972, la proportion de la production canadienne totale de produits de base revenant au pétrole brut a augmenté pour passer de 13 % à 50 %, la proportion revenant au gaz naturel a augmenté pour passer de 3 % à 9 %, la proportion revenant aux métaux a diminué pour passer de 21 % à 15 %, la proportion revenant à l’agriculture a diminué pour passer de 30 % à 14 %, la proportion revenant à la foresterie a diminué pour passer de 30 % à 9 % et la proportion revenant aux autres produits de base est demeurée stable à 3 %.

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Graphique 2.5 : Taux d’intérêt directeurs des banques centrales internationales

Ce graphique linéaire simple illustre la comparaison entre les taux d’intérêt directeurs des banques centrales du Canada, du Japon, des États-Unis et de la zone euro.

En réaction à la crise financière mondiale de 2008‑2009, les quatre banques centrales ont diminué leurs taux directeurs qui se situent maintenant à des creux historiques. La banque centrale du Japon maintient son taux directeur à un niveau exceptionnellement faible depuis la fin des années 1990.

Le Canada et les États-Unis devraient augmenter leurs taux directeurs relativement rapidement vers la fin de la présente décennie, les faisant passer à environ 4,5 %. Ce niveau devrait se maintenir jusqu’en 2035. On prévoit que, dans la zone euro, il faille attendre jusqu’à 2023 pour que le taux passe à 4,0 %. Enfin, le Japon devrait faire augmenter progressivement son taux d’intérêt directeur pour le faire passer à 2,3 % d’ici 2021.

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Graphique 2.6 : Dollar canadien

Ce graphique linéaire simple illustre le taux de change entre le dollar canadien et le dollar américain exprimé en cents américains.

Le taux de change de la devise canadienne a chuté pour passer d’une valeur autour de la parité avec la devise américaine en 1972 au creux de 64 cents américains en 2002, et ensuite remonter à nouveau vers la parité en 2011. Le ministère des Finances prévoit que le taux de change du dollar canadien baissera jusqu’à 91 cents américains en 2014, puis remontera à 94 cents américains d’ici 2017 pour atteindre 99 cents américains d’ici 2035. La zone hachurée entre la valeur de 90 cents américains et la parité correspond à l’intervalle dans lequel le ministère des Finances prévoit que le dollar se maintiendra.

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Graphique 2.7 : Croissance de la main-d’oeuvre ontarienne

Ce graphique à barres montre le taux de croissance annuelle moyenne de la main-d’oeuvre en Ontario entre 1982 et 2035.

La main-d’oeuvre ontarienne a enregistré une croissance moyenne de 1,5 % entre 1982 et 2013. Le ministère des Finances de l’Ontario prévoit que la main‑d’oeuvre ontarienne augmentera au taux annuel moyen de 1,0 % entre 2014 et 2017, de 0,9 % entre 2018 et 2022, de 0,7 % entre 2023 et 2027, de 0,8 % entre 2028 et 2032 et de 1,0 % entre 2033 et 2035.

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Graphique 2.8 : Investissements dans l’infrastructure publique en Ontario – Tous les secteurs

Ce graphique linéaire simple illustre le total des investissements qui ont été effectués dans l’infrastructure publique de l’Ontario par tous les secteurs en tant que pourcentage du PIB, de 1961 à 2012. Les sources de ces investissements sont le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et les administrations municipales, ainsi que les organismes du secteur parapublic.

La ligne descend graduellement du sommet de 5,8 % en 1963 à 3,0 % en 1979. Pendant les années 1980 et 1990, la droite est plutôt stable, fluctuant entre 2,7 % et 3,7 %. La hausse graduelle commence en 2001 pour atteindre un sommet de 5,4 % en 2010, puis redescend pour s’établir à 4,8 % en 2012.

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Graphique 2.9 : Croissance du PIB réel de l’Ontario : facteurs liés à l’offre

La croissance du produit brut intérieur réel devrait ralentir pour passer de 2,6 % par année entre 1982 et 2013 à 2,1 % par année entre 2014 et 2035.  Entre ces deux périodes, la croissance annuelle moyenne de la population source devrait enregistrer un ralentissement, passant 1,6 % à 1,1 %, la variation annuelle moyenne du taux d’activité devrait diminuer pour passer de -0,1 % à ‑0,2 %, la variation annuelle moyenne du taux de chômage passerait de ‑0,1 % à 0,1 % et la croissance annuelle moyenne de la productivité de la main‑d’oeuvre devrait ralentir pour passer de 1,2 % à 1,1 %.

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Graphique 2.10 : Croissance du PIB réel de l’Ontario

La croissance du produit brut intérieur réel devrait ralentir pour passer de 2,6 % par année entre 1982 et 2013 à 2,1 % par année entre 2014 et 2035. Entre ces deux périodes, la croissance annuelle moyenne des dépenses de consommation finale devrait diminuer pour passer de 2,7 % à 2,0 %, la variation annuelle moyenne de la formation brute de capital fixe devrait ralentir pour passer de 3,3 % à 2,4 %, et la variation annuelle moyenne des exportations devrait ralentir pour passer de 3,3 % à 2,6 %, enfin, la variation annuelle moyenne des importations devrait ralentir pour passer de 4,0 % à 2,4 %.

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Graphique 2.11 : PIB réel de l’Ontario par habitant

Ce graphique linéaire simple illustre le niveau du produit intérieur brut réel de l’Ontario par habitant entre 1981 et 2035, exprimé en dollars constants de 2007. Le produit intérieur brut réel par habitant a progressé de 31 700 $ en 1981 à 46 000 $ en 2013. Le ministère des Finances prévoit que le produit intérieur brut réel par habitant augmentera pour s’établir à 57 600 $ d’ici 2035.

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Graphique 2.12 : Emploi en Ontario

Ce graphique à barres illustre le niveau d’emploi et le taux de chômage en Ontario entre 2008 et 2035.

Le niveau d’emploi en Ontario s’établissait à 6 695 et le taux de chômage s’élevait en moyenne à 7,9 % entre 2008 et 2013. Le ministère des Finances prévoit que le niveau d’emploi augmentera pour passer à 7 113 entre 2014 et 2017, à 7 490 entre 2018 et 2022, à 7 825 entre 2023 et 2027, à 8 131 entre 2028 et 2032 et à 8 435 entre 2033 et 2035. Le ministère des Finances prévoit que la moyenne du taux de chômage s’établira à 6,7 % entre 2014 et 2017, à 5,7 % entre 2018 et 2022, à 5,3 % entre 2023 et 2027 et à 5,1 % entre 2028 et 2035.

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Graphique 2.13 : Conséquences des taux de croissance de la productivité (forte croissance et faible croissance)

Ce graphique linéaire simple illustre l’incidence du scénario de forte croissance et du scénario de faible croissance sur le niveau du produit intérieur brut réel de l’Ontario entre 2007 et 2035.

D’ici 2035, le produit intérieur brut réel de l’Ontario devrait s’élever à 993 milliards de dollars (en dollars de 2007). Selon le scénario de forte productivité, le produit intérieur brut réel devrait atteindre 1 071 milliards de dollars (en dollars de 2007), tandis que selon le scénario de faible productivité, le produit intérieur brut réel devrait augmenter pour s’établir à 920 milliards de dollars (en dollars de 2007).

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