: Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
CHAPITRE 5 : LA PRODUCTIVITÉ EN ONTARIO : DÉFIS ET POSSIBILITÉS

INTRODUCTION

La croissance de la productivité est un moteur clé de la prospérité économique et du niveau de vie1. En Ontario, les gains de productivité de la main-d’oeuvre du secteur des entreprises et de ses principaux sous-secteurs ont ralenti de façon considérable au cours de la dernière décennie. En outre, l’écart de productivité entre l’Ontario et les États-Unis, son principal partenaire commercial, a continué de s’élargir.

En raison du vieillissement de la population et du ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre ontarienne qui en résulte, les gains de productivité seront particulièrement importants pour la prospérité future de la province. L’un des principaux défis sera d’orienter les politiques gouvernementales pour qu’elles appuient les occasions de développement du secteur privé et favorisent ainsi la croissance de la productivité à l’avenir.

La productivité n’est pas le seul facteur déterminant du bien-être économique. Les termes de l’échange ont aussi une incidence sur ce dernier2. De même, la façon dont chaque citoyen participe à la production économique dépend de la distribution des revenus et des politiques d’imposition et de transfert. En outre, la mesure du produit intérieur brut (PIB), la « production », est imparfaite et ne tient pas compte de facteurs négatifs, tels que l’effet de la pollution, et de facteurs positifs, tels que le plaisir gratuit que procurent les parcs et les espaces naturels. La productivité est néanmoins importante et une incapacité à suivre les autres territoires dans ce domaine aura une incidence négative sur la compétitivité de l’Ontario et sur la capacité de ses citoyens à maintenir leur niveau de vie.

La partie 1 du présent chapitre donne un aperçu des tendances historiques en matière de productivité en Ontario. La partie 2 décrit la croissance de la productivité ontarienne relativement à des territoires comparables. Dans la partie 3, il sera question des causes possibles du retard qu’accuse l’Ontario sur le plan de la croissance de la productivité. La partie 4 se concentre sur les initiatives actuelles en matière de politiques et sur les secteurs de politique qui pourraient peut-être favoriser la croissance de la productivité à l’avenir. La partie 5 cerne des moyens que le secteur des entreprises pourrait employer afin de renforcer la productivité à long terme.

1. Tendances historiques en Ontario en matière de productivité

L’analyse de tendances en matière de productivité doit être réalisée à long terme puisque les taux annuels de croissance de la productivité ont tendance à être influencés par les cycles économiques. En décomposant la croissance du PIB réel en deux parties, soit l’augmentation du nombre d’heures travaillées et la croissance de la productivité du travail (c’est-à-dire la production par heure travaillée), on peut comparer les contributions relatives de chacune d’entre elles. Cela permet de mettre en évidence un certain nombre d’éléments importants ayant trait à la période de 1984 à 2011 (graphique 5.1)3 : 

  • De manière générale, le facteur ayant contribué le plus à la croissance du PIB réel depuis 1984 est l’augmentation du nombre d’heures travaillées.
    • Au cours des années 1980, le nombre d’heures travaillées suivait de près le PIB réel, ce qui s’est traduit par un fléchissement de la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre pendant cette période.
    • Au début des années 1990, la productivité de la main-d’oeuvre a augmenté de façon soutenue tandis que le nombre d’heures travaillées a diminué, ce qui a découlé des pertes d’emploi qui ont eu lieu pendant les récessions qui ont eu lieu de 1991 à 1993.
    • Pendant la deuxième moitié des années 1990, la productivité de la main‑d’oeuvre et le nombre d’heures travaillées ont beaucoup augmenté, ce qui a entraîné une forte croissance du PIB réel.
    • Au cours de la dernière décennie, la productivité de la main-d’oeuvre a atteint un plateau, tandis que le nombre d’heures travaillées a augmenté graduellement.

2. Croissance de la productivité en Ontario comparativement à d’autres territoires

La croissance de la productivité au Canada et en Ontario a pris du retard sur celle des autres pays du G7 pendant la période de 1984 à 2011 (graphique 5.2). Pendant cette période, le Japon, l’Allemagne et les pays du G7 ont affiché une croissance de la productivité supérieure à celle des États-Unis, alors que l’Ontario et le Canada ont pris un retard considérable à ce chapitre comparativement à leurs voisins des États-Unis.

Au cours de la dernière décennie, la productivité de l’Ontario et du Canada a atteint un plateau, ce qui a contribué à l’élargissement des écarts en matière de productivité avec les autres économies avancées. Bien que de telles comparaisons internationales présentent des défis en raison de problèmes de mesure, elles révèlent ce fait important : la productivité en Ontario et au Canada a pris du retard au cours des trois dernières décennies, si on la compare aux autres principales économies avancées.

Les économies de l’Ontario et du Canada sont fortement intégrées à celle des États-Unis, ce qui fait des États-Unis un repère clé pour effectuer diverses comparaisons entre pays. L’Ontario et le Canada ont connu un élargissement de l’écart de productivité et une baisse de la croissance de la productivité par rapport aux États-Unis (graphique 5.3).

  • De 1985 à 2000, la productivité du secteur des entreprises a augmenté en moyenne de 1,3 % par année en Ontario et au Canada, contre 2,1 % aux États‑Unis.
  • Depuis 2001, l’écart de productivité a continué de s’élargir, en raison notamment du ralentissement de la croissance de la productivité du secteur des entreprises, qui a représenté un taux annuel de 0,4 % en Ontario et de 0,8 % au Canada. En revanche, ce taux annuel a augmenté pour passer à 2,4 % aux États‑Unis.

Le Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques4 a estimé qu’en 2012, le retard pris par la productivité ontarienne était responsable de la majeure partie de l’écart de prospérité de la province (calculé en fonction du PIB par habitant, comparativement à la médiane de 16 concurrents d’Amérique du Nord5). Si la productivité de l’Ontario n’avait pas pris de retard, cela aurait pu donner lieu à une augmentation de la consommation personnelle, à davantage d’investissements privés ou publics, ou encore à des services publics supplémentaires.

3. Causes possibles du retard accusé par la productivité en Ontario

La présente section se penche sur la croissance de la productivité en Ontario sur le plan de l’industrie et fait état du rôle que jouent la main-d’oeuvre, les investissements, l’innovation et d’autres facteurs dans la croissance de la productivité en Ontario.

Le ralentissement de la croissance de la productivité dans l’ensemble du secteur des entreprises en Ontario peut être attribuable à une plus faible croissance de la productivité au sein des secteurs individuels ainsi qu’à un déplacement de l’activité économique des secteurs à forte productivité vers les secteurs à faible productivité. Comme l’indique le graphique ci-dessous, l’Ontario a connu une réduction de la croissance de la productivité dans plusieurs importants secteurs à forte productivité, notamment dans les secteurs de la fabrication, des services publics et des mines6.

La part qu’occupe le secteur de la fabrication à forte productivité de l’Ontario dans l’économie a diminué comparativement au reste de l’économie au cours de la dernière décennie (graphique 5.5). Au sein du secteur de la fabrication, notamment, la taille relative des industries du matériel de transport et des produits chimiques, des secteurs à très forte productivité, a beaucoup diminué (graphique 5.6). Dans le secteur de la fabrication de matériel de transport, les forces structurelles mondiales sont vraisemblablement celles qui ont contribué à cette diminution de manière plus notable que tous les autres facteurs spécifiques liés aux entreprises ou aux usines7.

Selon de nombreux experts, la baisse relative subie par le secteur de la fabrication est attribuable à la surévaluation du dollar canadien et à l’accroissement de la concurrence mondiale au sein des principaux marchés, tels que les États-Unis. Toutefois, d’autres facteurs y auraient également contribué, notamment de faibles investissements dans les machines et le matériel, en particulier dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC), de faibles dépenses en recherche‑développement (R-D), une adoption lente d’innovations par les entreprises et des obstacles réglementaires, particulièrement entre les provinces.

Le rôle que joue la main-d’oeuvre dans la croissance de la productivité

Tributaire de l’éducation et de la formation, la qualité de la main-d’oeuvre joue un rôle essentiel dans l’économie sur le plan de la croissance de la productivité et de l’augmentation du niveau de vie. En Ontario, d’importants investissements ont été réalisés dans les connaissances et les compétences de la population, à partir de la maternelle et du jardin d’enfants à temps plein jusqu’à l’éducation postsecondaire. Ces investissements ont déjà donné des résultats positifs. Le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires dans la province est passé de 68 % en 2003‑2004 à 83 % en 2011‑2012. En outre, 71 % des enfants inscrits en 3e et en 6e année atteignent la norme provinciale en littératie et en numératie, ce qui représente une augmentation depuis 2002‑2003, où ce taux était de 54 %. Grâce à un taux d’obtention de titre ou de diplôme d’études postsecondaires s’élevant à 66 % en 2013, l’Ontario continue de bénéficier de l’une des mains‑d’oeuvre les plus instruites au monde.

Parallèlement, l’Ontario doit faire face à un certain nombre de défis relatifs au marché du travail.

Plusieurs segments de la population ont toujours de la difficulté à intégrer le marché du travail, dont les jeunes, les nouveaux immigrants, les Autochtones et les personnes handicapées.

Certains employeurs et groupes de l’industrie s’inquiètent aussi du fait qu’il existe un déséquilibre des compétences, autrement dit que les qualifications des chercheurs d’emploi ne répondent pas aux besoins des employeurs. Cela laisse entendre que les gouvernements, les employeurs et les établissements d’enseignement doivent collaborer pour veiller à ce que les travailleurs aient les compétences nécessaires pour occuper des emplois à haute productivité.

Il importe tout autant de s’attaquer à la question de l’insuffisance de la formation en milieu de travail offerte par les employeurs. Des études démontrent qu’au Canada, les organisations dépensent moins pour la formation en milieu de travail que celles qui sont établies aux États-Unis, et qu’en Ontario, elles dépensent moins dans ce domaine que celles qui sont établies dans la plupart des autres provinces8.

Compétitivité des coûts

La compétitivité des coûts de l’Ontario s’est amoindrie au cours des dernières années, car les coûts unitaires de main-d’oeuvre9 ont considérablement augmenté (graphique 5.8). Les coûts de main‑d’oeuvre par unité de production en Ontario ont augmenté de 69 % au cours des 13 dernières années alors que ces coûts n’ont augmenté que de 28 % aux États-Unis10. Les principaux facteurs ayant contribué à la hausse substantielle des coûts unitaires de main‑d’oeuvre en Ontario sont la faible croissance de la productivité de la main‑d’oeuvre et l’appréciation considérable du dollar canadien11.

Investissements des entreprises et croissance de la productivité

De faibles investissements dans les machines et le matériel, en particulier dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC), ont probablement contribué au retard qu’accuse l’Ontario sur le plan de la croissance de la productivité.

Les investissements dans les machines et le matériel jouent un rôle crucial dans la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre, non seulement parce qu’ils augmentent le volume de capital par travailleur, mais surtout parce qu’ils permettent d’implanter de nouvelles technologies dans le milieu de travail. L’adoption rapide de nouvelles technologies favorise l’innovation, les gains d’efficience et la hausse de la compétitivité, donnant lieu à un accroissement de la production.

Comparativement à la taille de l’économie, les investissements de l’Ontario dans les machines et le matériel sont restés depuis 1981 à un niveau inférieur à ceux réalisés aux États-Unis et ont considérablement diminué depuis 1998 (graphique 5.9).

Au Canada, les investissements dans les technologies de l’information et des communications (TIC) ont été également insuffisants (graphique 5.10). L’insuffisance de l’investissement dans les TIC (mesuré en calculant les investissements nominaux par travailleur dans les TIC) au Canada par rapport aux États‑Unis se fait le plus ressentir sur le plan des logiciels. La différence entre les montants investis dans les logiciels par travailleur au Canada et aux États-Unis, notamment, représentait 85 % de l’écart global sur le plan des montants totaux investis dans les TIC par travailleur en 2012.

Sur le plan du stock de capital en TIC nominal par travailleur, l’écart entre le Canada et les États-Unis est lui aussi considérable; il représente une différence d’environ 55 % (graphique 5.11). Dans l’ensemble, cet écart a été réduit quant aux ordinateurs, mais il est plus prononcé dans le domaine des communications et des logiciels.

Innovation et autres facteurs

En plus des investissements de capitaux et de ceux liés à la main‑d’oeuvre, un certain nombre d’autres facteurs jouent des rôles importants dans la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre12. Parmi ces facteurs, l’innovation est l’un des plus cruciaux.

Innover, c’est ce que font les entreprises pour générer de la valeur économique en créant ou en améliorant des produits, des procédés, des méthodes de marketing ou des pratiques organisationnelles.

Les entreprises canadiennes comptent beaucoup sur les États‑Unis depuis longtemps, ce qui est peut-être à l’origine d’une certaine complaisance (équilibre précaire en matière d’innovation) caractérisée par des marges bénéficiaires acceptables, une forte croissance de l’emploi, un dollar canadien faible et une position en amont au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales13. Cette complaisance a peut-être limité l’adoption d’innovations par les entreprises dans le cadre de leur stratégie d’affaires, ce qui a contribué à une faible croissance de la productivité.

L’économie de l’Ontario devrait être dotée d’une grande capacité d’innovation. Comme il est indiqué précédemment, la province jouit d’une main-d’oeuvre instruite : 66 % de la population a fait des études postsecondaires. L’Ontario bénéficie également d’un système d’enseignement postsecondaire fortement axé sur la recherche, qui compte 22 universités, 24 collèges et 24 hôpitaux universitaires. En outre, plus de 530 000 scientifiques et ingénieurs étaient employés en Ontario en 2013, ce qui représente 40 % du nombre total de scientifiques et d’ingénieurs au Canada. L’Ontario propose aux entreprises un régime d’imposition concurrentiel, qui comprend des taux effectifs marginaux d’imposition inférieurs à ceux relevés aux États-Unis et aux moyennes affichées par les membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que de généreux crédits d’impôt pour la recherche‑développement (R‑D). De plus, le gouvernement offre un ensemble de programmes de commercialisation bien rodés qui permettent aux entrepreneurs de transformer leurs idées en produits et en services destinés aux marchés mondiaux.

Malgré cette capacité d’innovation, le bilan de l’Ontario en matière d’innovation des entreprises laisse à désirer. Cela se constate dans les dépenses en R-D des entreprises, l’un des indicateurs d’activité en innovation dans le secteur privé. Les dépenses en R-D des entreprises, en pourcentage du PIB, sont restées inférieures en Ontario par rapport aux États-Unis au cours de la dernière décennie (graphique 5.12), et ce, malgré l’octroi de généreux incitatifs fiscaux et de soutien financier. Cet écart s’est accru depuis 2005, ce qui s’explique en grande partie par une baisse de la R-D dans le secteur de la fabrication en Ontario. La diminution des dépenses en R-D dans la province au cours de la dernière décennie s’observe surtout dans le secteur de la fabrication de matériel de communication14.

L’innovation des entreprises dépend dans une grande mesure de la qualité des équipes de gestion. Le Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques a constaté que les gestionnaires ontariens avaient tendance à être, en moyenne, moins diplômés que leurs homologues américains15. Une étude approfondie portant sur un échantillon de plus de 10 000 entreprises établies dans 20 pays a révélé que la qualité des équipes de gestion constitue un facteur ayant une grande incidence sur le rendement global des entreprises et sur leur productivité16.

L’un des grands points forts du secteur privé en Ontario est sa collaboration avec les établissements d’enseignement postsecondaire, qui constitue un indicateur clé de la coopération et une source potentielle de transfert technologique. Parmi les pays du G7, l’Ontario jouit de l’un des taux les plus élevés d’activités de R-D effectuées dans des établissements d’enseignement postsecondaire qui sont financées par des entreprises. En outre, selon des données du bureau américain des brevets et des marques de commerce, l’intensité du dépôt de brevets par des entreprises ontariennes dépasse celle des entreprises de toutes les autres provinces canadiennes et des pays du G7, à l’exception du Japon et des États-Unis. Il y a néanmoins peu de preuves que ces activités se sont traduites par une augmentation proportionnelle de biens et de services novateurs mis sur le marché par les entreprises ontariennes.

Les entreprises en démarrage tirent souvent profit de possibilités technologiques ou commerciales que d’autres entreprises mieux établies auraient ignorées, ce qui a une incidence positive sur la croissance de la productivité à long terme. La disponibilité de capital de risque est souvent liée à la croissance des entreprises qui font preuve d’entrepreneuriat. L’Ontario dispose d’un solide marché du capital de risque. Parmi les pays du G7, l’Ontario n’a du retard que sur les États-Unis sur le plan des investissements en capital de risque par rapport au PIB. Afin d’encourager davantage la croissance des entreprises qui font preuve d’entrepreneuriat en Ontario, il serait peut-être nécessaire de renforcer les liens entre les entreprises, les milieux universitaires et le gouvernement pour accroître l’innovation.

Les investissements dans des actifs incorporels augmentent dans de nombreux pays et régions développés, y compris en Ontario. Les actifs incorporels, qui n’ont pas d’existence physique, mais qui offrent des avantages futurs, dont les logiciels, la R-D, les compétences en matière de gestion et la structure organisationnelle ainsi que le marketing et la promotion de l’image de marque, contribuent considérablement à la croissance de la productivité et de l’économie. En outre, les investissements dans le capital incorporel sont essentiels pour conférer à la province un avantage comparatif sur le plan du commerce international, pour percer les segments de marchés à forte valeur ajoutée des chaînes de valeur mondiale et pour réaffecter efficacement des ressources au profit d’entreprises innovantes.

En Ontario, les investissements dans des actifs incorporels sont une composante importante de la production du secteur des entreprises. On estime qu’en 2008, les investissements dans des actifs incorporels représentaient 10,4 % de la production totale en Ontario17, ce qui représente un taux plus élevé qu’en Allemagne (7,2 %), en France (7,9 %), en Italie (5 %) et en Espagne (5,5 %)18, mais moins élevé qu’au Royaume-Uni (10,5 %), aux États-Unis (11,5 %)19et au Canada (13,2 %)20.

Un autre facteur notable qui pourrait expliquer une plus faible croissance de la productivité en Ontario est la concentration relativement forte de petites et moyennes entreprises. Les grandes entreprises sont généralement plus productives que les petites. Selon de récentes études de Statistique Canada21, il y a une plus grande proportion de grandes entreprises aux États-Unis qu’au Canada. L’écart en matière de productivité entre les petites et les grandes entreprises s’explique notamment par les facteurs suivants : économies d’échelle, coûts des capitaux et différences sur le plan de l’efficacité des gestionnaires. De plus, en 2008, environ 70 % des heures travaillées au Canada étaient attribuables aux petites et aux moyennes entreprises22(contre 56 % aux États-Unis). Cependant, la productivité des petites et des moyennes entreprises canadiennes correspondait à 47 % de la productivité des grandes entreprises tandis qu’aux États-Unis, ce taux s’élevait à 67 % cette année-là.

Des experts attribuent à la plus lente croissance de la productivité au Canada les obstacles entravant l’accès aux marchés et freinant la concurrence, notamment dans les secteurs clés suivants : transports, télécommunications, services financiers et services professionnels. Parallèlement, plusieurs pays ont pris des mesures afin d’éliminer des obstacles freinant la concurrence dans les principaux secteurs de leur économie, favorisant une plus grande innovation et une réduction des prix au profit des consommateurs.

L’expansion des exportations contribue à renforcer la productivité et la compétitivité, ce qui alimente la croissance de l’économie (graphique 5.14)23. Les entreprises qui exportent deviennent plus productives à mesure qu’elles réalisent des économies d’échelle, qu’elles apprennent de leur expérience afin de s’adapter à la concurrence mondiale et qu’elles adoptent des pratiques exemplaires. Par exemple, une étude de 2012 de Statistique Canada a montré que la productivité des fabricants canadiens qui sont entrés sur des marchés d’exportation entre 1990 et 2006 avait augmenté de 2,3 % par an, ce qui est bien supérieur au 0,3 % affiché par les fabricants ayant continué leur activité.

4. Des politiques visant la hausse de la productivité

Le gouvernement de l’Ontario a mis en oeuvre un certain nombre de politiques visant à accroître la productivité et à rendre les entreprises plus compétitives.

Le gouvernement a mis en place un régime d’imposition des entreprises concurrentiel, allégé la réglementation, et amélioré la sécurité et l’efficience des marchés financiers. Par exemple, depuis 2009, le taux effectif marginal d’imposition sur les nouveaux investissements faits par les entreprises a été réduit de moitié. Toutefois, dans bien des cas, les investissements faits par les entreprises dans les technologies qui rehaussent la productivité et l’innovation, comme la R-D, de nouvelles machines et des logiciels, continuent d’être insuffisants.

L’Ontario collabore avec d’autres paliers de gouvernement, avec des entreprises et avec différents groupes afin de rehausser le système d’innovation en améliorant les cadres réglementaires, en faisant des investissements stratégiques dans l’infrastructure, en appuyant l’efficacité et la flexibilité du marché du travail et en mettant en oeuvre des politiques d’expansion du commerce.

L’Ontario a adopté trois principes fondamentaux pour favoriser l’amélioration de la productivité des entreprises et pour permettre aux Ontariennes et aux Ontariens d’accéder à de bons emplois :

  • investir dans les gens;
  • investir dans une infrastructure moderne;
  • instaurer un climat d’affaires dynamique et propice à l’innovation.

Dans son rapport de 2012 24, le Conseil pour l’emploi et la prospérité a déterminé un certain nombre de politiques qui pourraient contribuer à optimiser les possibilités d’exportation de la province, dont organiser des missions commerciales, mettre à profit les relations entre la population multiculturelle de l’Ontario et les économies des marchés émergents, perfectionner les connaissances en gestion et améliorer les capacités d’exportation des petites et moyennes entreprises.

Plusieurs initiatives en matière de politiques pourraient renforcer à long terme la croissance de la productivité et la compétitivité en Ontario en contribuant à la rationalisation de la réglementation, à l’expansion du commerce, au renforcement du marché du travail, au renforcement de l’innovation, à l’appui d’investissements productifs et d’un système financier stable et efficient, au renforcement de la compétitivité et à l’investissement dans l’infrastructure publique.

Rationaliser la réglementation

L’initiative L’Ontario propice aux affaires du gouvernement continue de rendre la province plus intéressante pour le développement des affaires tout en protégeant l’intérêt public. Cette initiative a réduit le nombre de règlements de plus de 17 % sur trois ans, allégeant ainsi la charge imposée aux entreprises et aux intervenants.

Favoriser l’expansion du commerce

La province est déterminée à étendre et à diversifier sa base commerciale. La stratégie d’expansion commerciale Visées mondiales élargira la portée du commerce de l’Ontario, notamment vers les marchés émergents en expansion rapide, et profiterait grandement aux secteurs suivants : fabrication de pointe (p. ex., télécommunications, aérospatiale et machinerie); services financiers, services aux entreprises et d’ingénierie; agroalimentaire; matières premières. Cette stratégie aidera les entreprises ontariennes, et plus particulièrement les petites et moyennes entreprises, à accroître leur réussite à exporter vers des marchés internationaux.

Les ententes commerciales augmentent la concurrence au sein des marchés ontariens. Cela avantage les consommateurs et encourage les entreprises à innover et à se livrer une concurrence féroce.

L’Ontario collabore avec le gouvernement fédéral pour mettre la touche finale à un accord de commerce et d’investissement historique avec l’Union européenne. Cet accord se traduirait par un accès accru aux marchés européens pour les fabricants et fournisseurs de services de l’Ontario, par une augmentation des ventes de biens et services et, conséquemment, par une hausse de la création d’emplois. La province élargit également la portée des exportations ontariennes vers les économies émergentes à forte croissance. Elle collabore entre autres avec le gouvernement fédéral pour conclure de nouvelles ententes commerciales visant à accroître l’accès aux marchés à l’étranger, dont le Partenariat transpacifique, qui compte actuellement 12 nations, et un accord commercial entre le Canada et le Japon. Pour ce qui est de l’accord de libre-échange Canada-Corée, qui a été conclu récemment, l’Ontario demande que soit créé un groupe de travail chargé de surveiller la mise en oeuvre de cet accord et de préparer des rapports sur les barrières non tarifaires imposées par la Corée du Sud afin de déterminer si elles défavorisent les automobiles fabriquées au Canada.

Renforcer le marché du travail

Au cours des dix dernières années, l’Ontario a réalisé d’importants investissements pour faire en sorte que ses travailleurs possèdent les compétences et l’adaptabilité nécessaires pour réussir dans l’économie d’aujourd’hui et de demain. Si on disposait de plus de renseignements sur le marché du travail pour soutenir l’adéquation de l’offre et de la demande d’emploi, cela pourrait améliorer le rendement économique de l’Ontario en contribuant à relier les gens aux emplois et aux employeurs. Des renseignements fiables sur le marché du travail pourraient aider les étudiants, les employeurs et les chercheurs d’emploi à prendre des décisions plus éclairées qui sont plus en phase avec les besoins du marché du travail et de l’économie.

Stimuler l’innovation

Le gouvernement de l’Ontario a mis en oeuvre un grand nombre de politiques et de programmes visant à favoriser l’innovation des entreprises au sein de l’économie de la province. Par exemple, la province a réduit les impôts sur le revenu des sociétés et a réduit les exigences réglementaires imposées aux entreprises. En outre, elle offre d’importantes mesures de soutien à l’innovation par l’entremise de généreux crédits d’impôt pour la R-D, d’investissements en R-D en milieu universitaire et un large éventail de programmes visant à stimuler l’innovation.

Les investissements dans l’innovation permettent aux entreprises d’introduire sur le marché mondial des produits et des services nouveaux ou améliorés, ou d’en réduire les coûts afin de mieux répondre aux besoins de leurs clients. Le gouvernement continuera d’encourager et de soutenir l’innovation pour aider à améliorer la croissance de la productivité en Ontario.

Appuyer des investissements productifs

Une hausse des investissements peut aider les entreprises à devenir plus concurrentielles, tout en contribuant à l’accroissement de la productivité en Ontario. Le gouvernement, en collaboration avec des partenaires de groupes industriels, pourrait aider les entreprises à mesurer leurs investissements dans l’innovation, la formation et la technologie, et à présenter des rapports à ce sujet afin de savoir où elles se situent par rapport aux pratiques exemplaires mondiales, ce qui aiderait les gestionnaires à cerner les domaines qu’il serait possible d’améliorer. Une autre façon d’accroître les investissements productifs des entreprises serait d’avoir recours à des incitatifs fiscaux qui récompenseraient l’augmentation des dépenses en R-D, dans le capital physique et dans la formation des travailleurs.

Appuyer un système financier stable et efficient

Un secteur financier solide, résilient et efficace joue un rôle important pour la croissance à long terme du PIB et la productivité. Non seulement il procure des fonds à des fins d’investissements, mais il favorise aussi la répartition efficiente du capital et de la richesse en plus d’assurer des opérations financières modernes et efficaces, au service de la productivité. Le secteur financier de l’Ontario est toujours solide et stable. Il regroupe les banques les plus sûres au monde et une bourse, la Bourse de Toronto, qui se classe au septième rang internationalement sur le plan de la capitalisation boursière.

Les marchés des capitaux de l’Ontario sont bien réglementés et favorisent les investissements sûrs, stables et intéressants. Le gouvernement a toujours à coeur de moderniser les lois sur les valeurs mobilières et le cadre réglementaire pour assurer la solidité et l’efficacité des marchés. L’Ontario est un champion de longue date de la création d’un organisme commun de réglementation des valeurs mobilières au Canada, élément essentiel au maintien et à la croissance de l’industrie des services financiers au pays. En 2013, l’Ontario, la Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral ont annoncé qu’ils avaient conclu un accord de principe visant à mettre en place un régime coopératif en matière de réglementation des marchés financiers, qui devrait être en activité d’ici le 1er juillet 2015. Ce régime protégera mieux les investisseurs, favorisera l’efficience des marchés financiers et gérera des risques systémiques.

Renforcer la compétitivité

Comme on l’a indiqué, une partie du ralentissement de la productivité peut être attribuée à une situation concurrentielle inadéquate dans l’économie canadienne, notamment dans les secteurs de réseaux réglementés comme les transports, les télécommunications et les services financiers, ce qui a des répercussions dans l’ensemble de l’économie25. Un rapport de l’OCDE de 2012 sur le Canada souligne qu’il existe aussi des obstacles dans le secteur des services professionnels, notamment au niveau interprovincial26. Des mesures destinées à renforcer la compétitivité inciteraient les entreprises de ces secteurs à innover davantage et à commercialiser leurs produits, ce qui stimulerait la productivité27.

Investir dans l’infrastructure publique

Les investissements dans une infrastructure moderne améliorent la qualité de vie de la population ontarienne et constituent un moteur clé de la croissance économique et de la prospérité. Depuis 2003, la province a investi presque 100 milliards de dollars dans l’infrastructure publique en vue de remédier à plusieurs décennies de sous‑investissement.

Des investissements soutenus sont nécessaires pour contribuer au développement, à l’entretien et à la rénovation de l’infrastructure. Les Ontariennes et Ontariens s’attendent à ce que l’offre actuelle en matière d’infrastructure publique se maintienne et que les investissements dans l’infrastructure soient en mesure de répondre à une plus grande demande de services, qu’ils favorisent la croissance économique et qu’ils permettent de s’adapter aux tendances à long terme. La province continuera de faire d’importants investissements dans l’infrastructure, dans le secteur des transports, des soins de santé et de l’éducation, conformément à Construire ensemble, le plan d’infrastructure à long terme de l’Ontario.

Faisant fond sur son engagement de réaliser la planification de l’infrastructure à long terme, la province a déposé en novembre 2013 le projet de loi 141, Loi de 2013 sur l’infrastructure au service de l’emploi et de la prospérité. Si elle est adoptée, cette loi, qui traite de la planification à long terme de l’infrastructure, contribuera à harmoniser davantage la planification de l’infrastructure avec les tendances économiques et démographiques afin de maximiser la valeur des investissements dans l’infrastructure provinciale.

Des investissements stratégiques dans l’infrastructure du transport, notamment dans un réseau routier efficace, soutiennent le transport des biens le long des principaux corridors. Les investissements réalisés dans les transports en commun améliorent la mobilité dans les centres urbains, où l’on prévoit que la croissance démographique sera la plus rapide au cours des 20 prochaines années. Les investissements dans les transports en commun améliorent la qualité de vie des Ontariennes et des Ontariens en contribuant à réguler la congestion routière et en mettant à leur disposition plus de choix en matière de transports pour les aider à se rendre à l’école, à l’hôpital ou au travail. Ces investissements ont aussi des retombées économiques considérables en permettant aux entreprises d’accéder à un plus large éventail de travailleurs et de clients, et contribueront à faire des villes des endroits plus attrayants où investir.

Reconnaissant le problème croissant de la congestion dans la région du grand Toronto et de Hamilton, la province a créé Metrolinx en 2006, chargé de la coordination et de l’instauration d’un plan de transport pour cette importante région, Le grand projet. Les principaux projets définis dans ce plan sont en voie de construction à différents endroits de la région. Le gouvernement continuera d’investir dans l’infrastructure des transports en commun afin de donner aux usagers davantage d’options en matière de transports en commun.

Les investissements réalisés dans l’infrastructure de la santé, dans les écoles et dans les établissements d’enseignement postsecondaire soutiennent l’offre de soins de santé de grande qualité et permettent de procurer aux Ontariennes et aux Ontariens des milieux plus propices à l’apprentissage. La province continue d’investir dans des installations et du matériel ultramodernes dans le secteur de la santé au profit de collectivités de l’ensemble de l’Ontario dans le but de transformer la prestation des soins aux patients. En outre, la province soutient les partenariats entre les collèges, les universités et les chefs de file de l’industrie afin de former la prochaine génération de travailleurs dans le secteur de la fabrication de pointe.

La province continue d’explorer des moyens novateurs de moderniser l’infrastructure publique. Par exemple, elle tire profit de l’expertise du secteur privé grâce aux modèles de diversification des modes de financement et de l’approvisionnement (DMFA). De plus, la Stratégie pour l’infrastructure municipale de la province améliore la manière par laquelle les municipalités planifient leurs besoins d’une part et par laquelle elles établissent les priorités en matière d’infrastructure d’autre part. Grâce à cette stratégie, la province offre un soutien à la planification de la gestion des actifs municipaux et aux projets essentiels dans les municipalités dont la situation financière est difficile.

5. Le rôle des entreprises dans l’amélioration de la productivité

Afin de soutenir et d’accroître la prospérité, l’Ontario doit améliorer la croissance de sa productivité. Des données indiquent que la faible croissance de la productivité du secteur des entreprises a été causée par :

  • de faibles investissements dans les machines et le matériel, en particulier dans les technologies de l’information et des communications;
  • une incapacité à mettre l’innovation au coeur de leur stratégie d’affaires en faisant des investissements en R‑D et dans des activités novatrices connexes.

Il apparaît aussi que le secteur des entreprises n’a pas fait suffisamment d’investissements dans les domaines de l’innovation et du capital humain afin d’accroître la productivité. Au cours des dix dernières années, le gouvernement a beaucoup fait afin d’améliorer le climat d’affaires en Ontario. Les entreprises doivent saisir ces occasions.

Sous-investissements de la part des entreprises

Un certain nombre d’économistes soutiennent que l’un des principaux défis consiste actuellement à transformer une culture d’affaires caractérisée par le manque de désir de prendre des risques et la complaisance28. D’autres économistes émettent l’hypothèse que de nombreuses entreprises canadiennes pourraient être touchées négativement par les perceptions irréalistes qu’elles ont de leurs investissements dans la productivité et l’innovation.

Dans une étude de 2013, Deloitte a interrogé les hauts dirigeants de presque 900 entreprises canadiennes. Plus d’un tiers de ces entreprises pensaient qu’elles étaient aussi concurrentielles que leurs pairs, alors qu’elles faisaient moins d’investissements susceptibles d’augmenter la productivité que leurs concurrents29.

Le Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques a souligné dans quelle mesure l’accent mis sur les objectifs à court terme pourrait menacer la viabilité à long terme de nombreuses entreprises canadiennes30. Les entreprises sont souvent motivées par le besoin de maximiser la rentabilité à court terme afin de répondre aux attentes des actionnaires. Ce faisant, elles pourraient négliger de faire des investissements clés visant à accroître la productivité. Une étude récente a révélé que les entreprises privées investissaient pratiquement deux fois plus que les sociétés homologues cotées en bourse31.

Les faits montrent qu’il existe des défis particuliers à l’Ontario, notamment la formation en milieu de travail et l’innovation, des domaines dans lesquels les entreprises doivent s’engager à investir davantage. Les entreprises de l’Ontario n’investissent pas suffisamment dans l’apprentissage en milieu de travail comparativement aux pays concurrents comme les États-Unis, ainsi qu’à la plupart des autres provinces. Les investissements dans la qualité de la main-d’oeuvre contribuent de façon importante à l’accroissement de la productivité.

En outre, les dépenses des entreprises ontariennes en R-D ont affiché une baisse en valeur réelle au cours des dix dernières années, tandis que ces dépenses ont affiché des augmentations rapides dans des pays en développement comme la Chine. Dans le contexte d’une économie mondiale caractérisée par une technologie en constante évolution, il est essentiel que les entreprises ontariennes investissent dans l’innovation et la R-D pour rester concurrentielles.

Les entreprises de l’Ontario sont bien placées pour renverser la tendance en ce qui concerne la productivité en augmentant les investissements dans la croissance durable à long terme. Elles ont renforcé leur situation financière malgré la conjoncture économique mondiale difficile. La Banque du Canada, entre autres, a souligné que les entreprises canadiennes affichent généralement de solides bilans et a conclu que le secteur des entreprises est en mesure d’investir davantage en vue d’améliorer l’innovation et la productivité. De même, la demande croissante provenant des marchés émergents présente un grand potentiel pour les entreprises ontariennes. Augmenter la part des exportations réalisées par l’Ontario au-delà de l’Amérique du Nord stimulerait la croissance économique future.

Les entreprises pourraient collaborer afin d’améliorer le rendement collectif du secteur de l’industrie, ce qui profiterait à l’économie. Les entreprises devraient rechercher notamment des mécanismes pour mesurer les investissements dans l’innovation, la formation et la technologie, en faire rapport et mettre en vedette les entreprises les plus performantes en fonction de critères de référence internationaux. S’il existe des obstacles dans la loi ou les règlements qui entravent cette coopération entre concurrents, le gouvernement est prêt à collaborer avec le secteur de l’industrie afin d’y remédier.

Le défi des entreprises

Même si la province s’est engagée à collaborer avec les entreprises, la responsabilité d’agir incombe principalement au secteur des entreprises. Comme l’a fait remarquer l’économiste Don Drummond, « malgré le fait que la majeure partie du programme de politique publique proposé qui visait l’amélioration de la productivité ait été mis en oeuvre, la croissance de la productivité au pays a en fait diminué depuis 2000. Cela semble indiquer que la part de responsabilité du secteur privé dans le malaise lié à la productivité au Canada est plus grande qu’on ne le pensait »32.

Face à de tels défis et à la concurrence accrue de la part des économies émergentes, il reste beaucoup à faire pour s’assurer que l’économie de l’Ontario continue à croître et à créer des emplois. Le secteur ontarien des entreprises peut faire davantage pour saisir les occasions d’expansion sur les marchés d’exportation. Il peut profiter des faibles taux d’imposition de l’Ontario, d’un accès à une main-d’oeuvre compétente et d’un système de santé abordable pour faire plus d’investissements favorisant la productivité. Le gouvernement a pour rôle d’établir un environnement favorable dans lequel les entreprises et les entrepreneurs peuvent prendre des risques, faire des investissements, créer des emplois et stimuler l’innovation.

1 La productivité se définit comme la relation entre la production et les intrants ou facteurs de production. La productivité de la main‑d’oeuvre, le sujet de ce chapitre, se définit comme le rapport entre la production et le facteur travail.

2 On définit les termes de l’échange comme le ratio du prix des exportations au prix des importations.

3 Ce chapitre utilise des données relatives au Canada et à l’Ontario de la base de données des Comptes canadiens de productivité de Statistique Canada qui couvrent la période allant de 1984 à 2011. Statistique Canada a révisé en novembre 2013 sa série de données sur la productivité du travail dans le secteur de l’industrie, mais ces données ne couvrent que les années 2007 à 2012. Statistique Canada recommande d’ailleurs d’employer l’« ancienne » série de données à plus long terme jusqu’à la parution, plus tard cette année, de la nouvelle série révisée qui inclura des données remontant à 1997.

4 Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques, Course Correction: Charting a New Road Map for Ontario, The Institute for Competitiveness & Prosperity, novembre 2013.

5 L’écart de productivité de l’Ontario représentait 8 300 $ des 8 000 $ de l’écart de prospérité (compensé en partie par l’« avantage relatif à l’effort de travail », estimé à 300 $).

6 Au cours des dix dernières années, les effets de la récession de 2008‑2009 sur la croissance de la productivité ont été plus marqués, notamment dans le secteur de la fabrication, que lors des récessions qui ont eu lieu de 1985 à 2000.

7 En fait, la baisse subie par l’industrie du matériel de transport s’est produite même si on estime que les usines canadiennes de montage d’automobiles sont plus productives que celles qui sont établies aux États-Unis ou au Mexique. Voir, par exemple, J. Stanford, Productivity in the North American Auto Assembly Industry, 1998–2007, Travailleurs canadiens de l’automobile, janvier 2009.

8 Selon une étude de 2011 du Conference Board du Canada, entre 2006 et 2010, les organisations canadiennes ont dépensé en moyenne 64 cents pour chaque dollar dépensé par employé par les organisations américaines à des fins d’activités d’apprentissage et de perfectionnement professionnel. Une autre étude publiée par le Conference Board du Canada en 2009 indiquait que les organisations ontariennes ont affecté chaque année 1,5 % de leur masse salariale à des fins de formation, d’apprentissage et de perfectionnement professionnel de 2004 à 2008, ce qui est inférieur à ce que dépensent à cette fin les autres provinces, mises à part les provinces de l’Atlantique.

9 Le coût unitaire de main-d’oeuvre correspond au coût moyen de la main-d’oeuvre par unité de production. On le calcule en divisant le coût total de la main-d’oeuvre (la rémunération) par la production réelle ou encore en divisant le coût moyen de la main‑d’oeuvre pour chaque unité d’intrants de production par la productivité de la main-d’oeuvre (production par unité d’intrants de production).

10 La dernière année pour laquelle des données de l’OCDE sont disponibles pour le Canada est 2010. Pour cette raison, cette année a été utilisée pour tous les pays figurant dans ce graphique.

11 Quand on les exprime en devises nationales, les coûts unitaires de la main-d’oeuvre ont augmenté en Ontario de 26 % pour la période de 1997 à 2010, ce qui est inférieur à l’augmentation de 30 % qu’a connue le Canada et à l’augmentation de 28 % qu’ont connue les États-Unis.

12 En général, on parle de productivité multifactorielle (PMF) pour se référer aux autres facteurs. La PMF constitue un « reliquat » du calcul de la croissance du PIB, qui tient compte, entre autres, de facteurs difficiles à quantifier comme les améliorations et l’innovation technologiques, la taille de l’entreprise et le roulement des employés, les connaissances entrepreneuriales, la qualité de l’équipe de gestion, l’infrastructure publique, le carcan réglementaire et les actifs incorporels. L’incidence relative des investissements de capitaux et de la PMF sur la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre fait l’objet de discussions. Selon les conclusions de plusieurs études menées par Statistique Canada, l’incidence de la PMF au Canada a été faible comparativement aux États-Unis et la croissance de la PMF au Canada a ralenti au cours des dix dernières années. Cependant, d’autres études, notamment celle de Diewert et Yu (2012), ont conclu que le rendement de la PMF a été raisonnablement satisfaisant au Canada et que l’incidence des capitaux a été faible.

13 Présentation de P. Nicholson lors d’un atelier (Rotman School of Management, Toronto, 2013) : http://www.economics.mcmaster.ca/productivity/Nicholson%20Presentation.pdf. Voir aussi Paradoxe dissipé : Pourquoi le Canada est fort en recherche et faible en innovation, Conseil des académies canadiennes, 2013.

14 Le secteur de la fabrication de matériel de communication, secteur fortement marqué par la R-D, a connu une chute de la production économique après avoir atteint des sommets en 2000.

15 Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques, A Push for Growth: The Time Is Now, Institute for Competitiveness & Prosperity, novembre 2012.

16 N. Bloom, C. Genakos, R. Sadun et J. Van Reenen, « Management Practices across Firms and Countries », Academy of Management Perspectives, février 2012.

17 T. Muntean, Intangible Assets and Their Contribution to Productivity Growth in Ontario, 2013. À paraître au printemps 2014 dans International Productivity Monitor. Les données provinciales de 2008 sont les plus récentes dont on dispose.

18 Données de 2006. B. Van Ark, J. Hao, C. Corrado et C. Hulten, « Measuring Intangible Capital and its Contribution to Economic Growth in Europe », European Investment Bank Papers, no 1, 2009.

19 Ibid.

20 Données de 2008, J. R. Baldwin, W. Gu et R. Macdonald, « Immobilisations incorporelles et croissance de la productivité au Canada », La revue canadienne de productivité, Statistique Canada, 2012.

21 D. Leung et L. Rispoli, La répartition du produit intérieur brut et du nombre d’heures travaillées entre les catégories de taille d’entreprise au Canada et aux États-Unis, Statistique Canada, mars 2014; J. R. Baldwin, D. Leung et L. Rispoli, Écart entre la productivité du travail au Canada et aux États-Unis selon les catégories de taille d’entreprise, Statistique Canada, janvier 2014.

22 Dans les études de Statistique Canada, les petites entreprises sont celles qui comptent 499 employés ou moins (et les grandes entreprises sont celles qui comptent 500 employés ou plus). Cependant, de nombreux analystes considèrent les entreprises qui comptent 499 employés ou moins comme des petites et moyennes entreprises.

23 La même étude a aussi démontré que les exportations réalisées par des fabricants vers d’autres provinces canadiennes avaient généré des gains de productivité comparables.

24 Conseil pour l’emploi et la prospérité, L’avantage Ontario, 2012.

25 Voir G. Bishop, Competition Matters, Canada 2020, janvier 2013 et M. Carney, « La productivité : une vertu dans un monde impitoyable », discours prononcé devant l’Ottawa Economics Association, 24 mars 2010.

26 Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Étude économique du Canada 2012.

27 Bishop, 2013 et Carney, 2010.

28 Conseil des académies canadiennes, Innovation et stratégies d’entreprise : pourquoi le Canada n’est pas à la hauteur, 2009.

29 Deloitte, L’avenir de la productivité : L’heure du réveil pour les entreprises canadiennes, juin 2013.

30 Groupe d’étude sur la compétitivité, la productivité et les progrès économiques, A Push for Growth: The Time Is Now, Institute for Competitiveness & Prosperity, novembre 2012.

31 J. Asker, J. Farre-Mensa et A. Ljungqvist, « Corporate Investment and Stock Market Listing: A Puzzle? », document de travail, Stern School of Business, New York University, 27 janvier 2014.

32 D. Drummond, « Confessions of a Serial Productivity Researcher », International Productivity Monitor, no 22, Centre d’étude des niveaux de vie, automne 2011.

Description des graphiques

Graphique 5.1 : Productivité du travail en Ontario, production et heures travaillées

Ce graphique linéaire simple présente une ventilation sectorielle de la croissance du produit intérieur brut réel en deux parties : l’augmentation du nombre d’heures travaillées et la croissance de la productivité du travail (c’est-à-dire la production par heure travaillée). Le graphique couvre la période allant de 1984 à 2011 (indice 1984 = 100).

Au cours de cette période, le facteur ayant contribué le plus à la croissance du PIB réel a été l’augmentation du nombre d’heures travaillées. Notamment, (i) au cours des années 1980, le nombre d’heures travaillées suivait de près le PIB réel, ce qui signale un fléchissement de la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre; (ii) au début des années 1990, la productivité de la main-d’oeuvre a augmenté de façon soutenue tandis que le nombre d’heures travaillées a diminué, ce qui a découlé des pertes d’emploi qui ont eu lieu pendant les récessions de 1991 à 1993; (iii) pendant la deuxième moitié des années 1990, le nombre d’heures travaillées, la productivité de la main-d’oeuvre et le PIB réel ont beaucoup augmenté; (iv) au cours de la dernière décennie, la productivité de la main‑d’oeuvre a atteint un plateau, tandis que le nombre d’heures travaillées a augmenté graduellement.

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Graphique 5.2 : Productivité de la main-d’oeuvre en Ontario, comparativement à d’autres économies avancées

Ce graphique linéaire simple compare la productivité de la main-d’oeuvre de l’ensemble de l’économie de l’Ontario avec celle de certaines économies avancées (indice 1984 = 100). La productivité de la main-d’oeuvre correspond à la production réelle par heure travaillée (en dollars américains de 2005, sur la base de la parité des pouvoirs d’achat). Le Japon, le G7, l’Allemagne, les États-Unis, le Canada et l’Ontario figurent sur ce graphique qui couvre la période allant de 1984 à 2011.

La croissance de la productivité au Canada et en Ontario a pris du retard sur celle des autres pays du G7 pendant la période de 1984 à 2011. Pendant cette période, le Japon, l’Allemagne et les pays du G7 ont affiché une croissance de la productivité supérieure à celle des États-Unis, alors que l’Ontario et le Canada ont pris un retard considérable à ce chapitre comparativement à leur voisin, les États-Unis.

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Graphique 5.3 : Productivité de la main-d’oeuvre en Ontario, au Canada et aux États-Unis

Ce graphique linéaire simple compare la productivité de la main-d’oeuvre (c’est-à-dire la production réelle par heure travaillée) dans le secteur des entreprises de l’Ontario, du Canada et des États-Unis, couvrant la période allant de 1984 à 2011 (indice 1984 = 100). Le tableau indique la croissance moyenne de la productivité de 1985 à 2000 et de 2001 à 2011.

L’Ontario et le Canada ont connu un élargissement de l’écart de productivité et une baisse de la croissance de la productivité par rapport aux États-Unis. Notamment, (i) de 1985 à 2000, la productivité du secteur des entreprises a augmenté en moyenne de 1,3 % par année en Ontario et au Canada, contre 2,1 % aux États-Unis; et (ii) depuis 2001, l’écart de productivité a continué de s’élargir en raison notamment du ralentissement de la croissance, qui a représenté un taux annuel de 0,4 % en Ontario et de 0,8 % au Canada. En revanche, ce taux annuel a augmenté de 2,4 % aux États-Unis.

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Graphique 5.4 : Croissance de la productivité de la main-d’oeuvre par secteur en Ontario

Ce graphique à barres montre la variation annuelle en pourcentage de la productivité de la main-d’oeuvre dans le secteur des entreprises (c’est-à-dire la production réelle par heure travaillée) pour la période allant de 1985 à 2000 et pour la période allant de 2001 à 2011. Il indique que l’Ontario a connu une réduction de la croissance de la productivité dans plusieurs importants secteurs à forte productivité, notamment dans les secteurs de la fabrication, des services publics et dans le secteur des mines, du pétrole et du gaz.

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Graphique 5.5 : Niveau de la productivité de la main-d’oeuvre par secteur en Ontario

Ce graphique à barres horizontales montre le niveau de la productivité de la main‑d’oeuvre (c’est-à-dire le PIB réel par heure travaillée, en dollars de 2002) dans certains secteurs de l’Ontario. La barre grise correspond à 2000 et la barre plus claire correspond à 2011.

La colonne de gauche indique la variation annuelle moyenne de la productivité (en pourcentage) et la colonne de droite indique la variation des parts du PIB nominal (en points de pourcentage).

Les secteurs à forte productivité (notamment les secteurs des services publics, des mines et de la fabrication) ont affiché des baisses notables de la croissance de la productivité pendant la période de 2001 à 2011 (-0,4 %, -6,0 % et 0,2 %, respectivement), comparativement à la période de 1985 à 2000 (1,2 %, 0,4 % et 2,7 %, respectivement), comme l’indique le graphique 5.4. La taille du secteur de la fabrication à forte productivité de l’Ontario a diminué considérablement de 2002 à 2011, comparativement à l’ensemble de l’économie (-9,3 points de pourcentage).

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Graphique 5.6 : Niveau de la productivité de la main-d’oeuvre par secteur en Ontario

Ce graphique à barres horizontales indique le niveau de la productivité de la main‑d’oeuvre (c’est-à-dire le PIB réel par heure travaillée, en dollars de 2002) dans certains secteurs de fabrication de l’Ontario. La barre grise correspond à 2000 et la barre plus claire correspond à 2011. La colonne de gauche indique la variation annuelle moyenne de la productivité (en pourcentage) et la colonne de droite indique la variation des parts du PIB nominal (en points de pourcentage).

Le graphique indique que la taille relative des industries du matériel de transport et des produits chimiques, deux secteurs à très forte productivité, a beaucoup diminué (-3,7 et -0,9 points de pourcentage) de 2002 à 2011.

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Graphique 5.7 : L’Ontario dispose d’une main-d’oeuvre très instruite comparativement aux pays de l’OCDE

Ce graphique montre la part de la population d’âge adulte (de 25 à 64 ans) qui a obtenu un titre ou un diplôme d’études postsecondaires, comparant l’Ontario aux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

En 2011, 64 % des adultes de la province avaient obtenu un titre ou un diplôme d’études postsecondaires. Il s’agit d’un taux plus élevé que dans tout pays de l’OCDE et beaucoup plus élevé que la moyenne de l’OCDE, qui s’élevait à 35 %.

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Graphique 5.8 : Coûts unitaires de main-d’oeuvre dans les économies avancées

Ce graphique à barres montre la variation, en pourcentage, des coûts unitaires de main‑d’oeuvre pour l’ensemble de l’économie dans certaines économies avancées entre 1997 et 2010. Les coûts unitaires de main-d’oeuvre dans chaque économie sont exprimés en dollars américains, aux taux de change du marché. On calcule les coûts unitaires de main-d’oeuvre en divisant le coût total de la main-d’œuvre (la rémunération) par la production réelle.

Ce graphique montre que les coûts unitaires de main-d’oeuvre ont considérablement augmenté en Ontario (69 %) et au Canada (75 %) tandis qu’aux États-Unis, ils n’ont augmenté que de 28 %.

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Graphique 5.9 : Investissements dans les machines et le matériel en Ontario comparativement au Canada et aux États-Unis

Ce graphique linéaire simple illustre les investissements dans les machines et le matériel, en pourcentage du PIB nominal, en Ontario, au Canada et aux États-Unis, pour la période allant de 1981 à 2013.

Le graphique montre que depuis 1981, les investissements dans les machines et le matériel de l’Ontario sont restés à un niveau inférieur à ceux réalisés aux États‑Unis comparativement à la taille de l’économie (en PIB nominal) et ont considérablement diminué depuis 1998.

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Graphique 5.10 : Investissements dans les TIC par travailleur au Canada comparativement aux États-Unis

Ce graphique linéaire simple illustre l’écart entre le Canada et les États-Unis en matière d’investissements dans les technologies de l’information et des communications (TIC) par travailleur. Le total de ces investissements se décompose en investissements réalisés dans les ordinateurs, dans les communications et dans les logiciels. On peut voir l’écart en matière d’investissements dans les TIC au sein du secteur des entreprises en dollars actuels, à parité des pouvoirs d’achat, pour la période allant de 1987 à 2012. Quand les points se situent sur la ligne des 100 %, cela signifie qu’il n’y a pas d’écart. Quand ils se situent au-dessus de la ligne des 100 %, cela signifie que les investissements réalisés au Canada dans les TIC par travailleur sont plus élevés que les investissements semblables réalisés aux États‑Unis et quand ils se situent au-dessous de cette ligne, cela signifie que les investissements canadiens sont moins élevés.

D’après ce graphique, les investissements dans les TIC réalisés au Canada étaient insuffisants comparativement à ceux réalisés aux États-Unis. L’écart est le plus marqué dans le domaine des logiciels.

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Graphique 5.11 : Stock de capital net en TIC par travailleur au Canada comparativement aux États-Unis

Ce graphique linéaire simple illustre l’écart entre le Canada et les États-Unis sur le plan du stock de capital net en technologies de l’information et des communications (TIC) par travailleur. Le total de ces investissements se décompose en investissements réalisés dans les ordinateurs, dans les communications et dans les logiciels. On peut voir l’écart sur le plan du stock de capital net en TIC au sein du secteur des entreprises en dollars actuels, à parité des pouvoirs d’achat, pour la période allant de 1987 à 2012. Quand les points se situent sur la ligne des 100 %, cela signifie qu’il n’y a pas d’écart. Quand ils se situent au-dessus de la ligne des 100 %, cela signifie que les investissements réalisés au Canada dans le stock de capital en TIC par travailleur sont plus élevés que les investissements semblables réalisés aux États‑Unis et quand ils se situent au-dessous de cette ligne, cela signifie que les investissements canadiens sont moins élevés.

D’après ce graphique, le stock de capital en TIC par travailleur au Canada correspond à environ 45 % de celui des États-Unis, ce qui sous-entend un écart d’environ 55 % pour le Canada sur le plan du stock de capital par travailleur. Dans l’ensemble, l’écart du Canada sur le plan des TIC a été réduit quant aux ordinateurs, comparativement aux États-Unis, mais il est plus prononcé dans le domaine des communications et des logiciels.

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Graphique 5.12 : Dépenses en recherche-développement en Ontario comparativement au Canada et aux États-Unis

Les entreprises de l’Ontario persistent à ne pas investir suffisamment dans des activités susceptibles d’augmenter la productivité comme la recherche-développement (R-D). Les dépenses en R-D des entreprises, en pourcentage du PIB, sont restées inférieures en Ontario par rapport aux États-Unis. De 2001 à 2011, le taux d’investissements des entreprises ontariennes dans la R-D, en pourcentage du PIB, est passé de 1,7 % à 1,2 %, tandis que ce taux est resté à 1,9 % aux États-Unis.

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Graphique 5.13 : Activités de R-D dans le domaine de l’enseignement supérieur financées par des entreprises ontariennes, comparativement à certains pays

L’Ontario affiche une plus grande proportion d’activités de R-D financées par les entreprises et effectuées dans des établissements d’enseignement postsecondaire, comparativement à la plupart des autres économies développées.

Les niveaux de financement par les entreprises d’activités de R‑D effectuées dans des établissements d’enseignement postsecondaire constituent une mesure clé de la coopération entre l’industrie et le monde universitaire et du transfert des technologies. En 2010, les entreprises ontariennes ont financé 7,6 % des activités de R-D effectuées dans les établissements postsecondaires. La proportion des activités de R-D effectuées dans des établissements postsecondaires qui sont financées par les entreprises en Ontario dépassait la moyenne enregistrée dans les pays membres de l’OCDE, aux États-Unis (5,2 %) et au Royaume-Uni (4,1 %). Parmi les pays du G7, seule l’Allemagne (13,9 %) dépassait l’Ontario pour ce qui est des activités de R-D effectuées dans des établissements postsecondaires qui sont financées par les entreprises.

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Graphique 5.14 : La croissance de la productivité est plus rapide chez les exportateurs

Ce graphique à barres montre la variation annuelle moyenne, en pourcentage, de la croissance de la productivité canadienne dans le secteur de la fabrication pour la période allant de 1990 à 2006. Il décompose les entreprises en trois catégories : celles qui ont commencé à exporter, celles qui ont continué d’exporter et l’ensemble de celles qui ont continué leur activité. Il montre que la productivité des fabricants canadiens qui sont entrés sur des marchés d’exportation entre 1990 et 2006 avait augmenté de 2,3 % par an, ce qui est supérieur au 1,7 % affiché par les fabricants qui ont continué d’exporter et bien supérieur au 0,3 % affiché par les fabricants ayant continué leur activité.

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