: Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
CHAPITRE 6 : SÉCURITÉ DU REVENU DE RETRAITE

INTRODUCTION

Des études démontrent que, de nos jours, une importante proportion de la population en âge de travailler n’épargne pas suffisamment pour s’assurer un revenu suffisant pour maintenir son niveau de vie à la retraite. Si rien n’est fait, ce problème risque de s’aggraver avec le temps.

Le fait que les gens vivent plus longtemps explique en partie pourquoi l’épargne-retraite est devenue insuffisante. Même si l’accroissement de la longévité témoigne d’un niveau de vie supérieur et de meilleurs résultats en matière de santé, il n’en demeure pas moins que l’épargne personnelle et les régimes de retraite sont de plus en plus sollicités pour assurer un revenu suffisant pendant une période de retraite qui peut s’étendre sur plusieurs décennies. La diminution de la couverture des régimes de retraite d’employeur, les économies personnelles faibles et l’endettement élevé des ménages, ont aggravé le problème de l’épargne-retraite. Par conséquent, le risque d’épuiser ses économies avant la fin de sa vie est devenu un sujet de préoccupation pour beaucoup de futurs retraités.

Ce risque est plus grand chez les personnes à revenu moyen qui sont moins en mesure d’épargner et d’accumuler la richesse nécessaire pour toucher un revenu de retraite sûr et prévisible pour la vie.

Les plus jeunes travailleurs ont également un défi à relever : s’assurer un revenu de retraite suffisant. Cela s’explique par différents facteurs tels que l’arrivée tardive sur le marché du travail, la faible couverture des régimes de retraite d’employeur, des formules de travail non standard et le fait d’occuper beaucoup d’emplois au cours de sa carrière ne comportant pas nécessairement de régimes de retraite.

Trois tendances, à savoir l’insuffisance des revenus de retraite chez les futurs retraités, le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la main-d’oeuvre, pourraient contribuer à créer plus de pressions sur les programmes destinés aux personnes âgées et occasionner un transfert encore plus important des ressources de la population jeune et en âge de travailler. Le transfert supplémentaire de ressources de la population en âge de travailler vers les retraités pourrait avoir, en retour, des effets négatifs sur les investissements qui contribuent à l’augmentation de la productivité et à la croissance économique.

Des économies personnelles suffisantes, des placements rentables et un meilleur accès à des régimes de retraite permettront aux Ontariennes et aux Ontariens d’être financièrement prêts pour leur future retraite. En vue d’assurer un meilleur revenu de retraite aux retraités de demain, le gouvernement prend des mesures pour renforcer le système de revenu de retraite pour tous les Ontariens et Ontariennes.

L’ampleur du problème de l’insuffisance de l’épargne-retraite

Des recherches menées par différents instituts de politiques publiques et les gouvernements donnent à penser qu’un nombre important de ménages en âge de travailler n’épargnent pas assez pour toucher un revenu suffisant à la retraite qui leur permettra de maintenir leur niveau de vie.

En général, les retraités ont besoin de moins d’argent pour maintenir le même niveau de vie que pendant qu’ils travaillaient parce que leurs dépenses comme l’hypothèque, les études des enfants et les coûts liés au travail, tendent à diminuer. Qui plus est, il n’est plus nécessaire d’épargner pour la retraite. C’est pourquoi beaucoup d’experts en régimes de retraite recommandent que les personnes prévoient des revenus représentant de 50 à 70 % de leur revenu avant retraite pour avoir un niveau de vie semblable.

Déterminer si les gens épargnent suffisamment pour atteindre ces objectifs suggérés est complexe. Il existe des données sur les cotisations aux régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) et sur la couverture des régimes de retraite. Cependant, il y en a peu sur les actifs et les investissements que les gens utiliseront pour générer des revenus à la retraite, et sur l’endettement des ménages. Pour déterminer si ceux-ci auront des revenus suffisants dans l’avenir, il faut des hypothèses sur les gains futurs, les habitudes d’épargne, l’accumulation et le remboursement des dettes, le rendement des investissements et la longévité.

Différentes études révèlent qu’environ 20 à 50 % des ménages auront un revenu de remplacement insuffisant pour maintenir un niveau de vie semblable à la retraite, même après que le revenu possible tiré de l’avoir propre foncier est pris en compte (voir graphique 6.1). Même si les gens peuvent s’adapter, une baisse significative du niveau de vie après la retraite peut créer des pressions considérables pour les particuliers et leur famille, l’économie de l’Ontario et les finances de la province.

Les conclusions de ces études concordent avec une analyse du ministère des Finances de l’Ontario qui donne à penser que, dans l’ensemble, plus de 35 % des ménages n’auront pas épargné suffisamment pour maintenir un niveau de vie semblable pendant leurs années de retraite.

Beaucoup de personnes peuvent vendre leur logement pour financer leur retraite, mais le fait d’être propriétaire n’empêche pas nécessairement une baisse du niveau de vie à la retraite. La plupart des recherches sur l’épargne‑retraite citées dans le graphique 6.1 et l’analyse du ministère des Finances tiennent compte de la possibilité d’utiliser son avoir propre foncier comme source de revenu de retraite. Ces études et l’analyse du ministère concluent qu’une proportion importante de ménages n’épargne pas suffisamment, même lorsque l’avoir propre foncier est pris en compte.

Facteurs qui contribuent au problème de l’insuffisance de l’épargne

L’insuffisance de l’épargne-retraite procède de plusieurs facteurs économiques et démographiques, dont les plus importants sont les suivants :

  • la plupart des gens ne bénéficient pas de régime de retraite d’employeur;
  • les cotisations aux régimes d’épargne volontaire sont insuffisantes et le rendement des investissements est imprévisible;
  • les prestations versées actuellement dans le cadre du Régime de pensions du Canada sont insuffisantes;
  • les gens vivent plus longtemps.

La plupart des gens ne bénéficient pas de régime de retraite d’employeur

Une partie importante du revenu de retraite de beaucoup d’Ontariennes et d’Ontariens provient traditionnellement des régimes de retraite d’employeur. De nombreux régimes ont accusé un déficit de solvabilité au cours des dernières années, en raison notamment des taux d’intérêt à long terme qui demeurent faibles, du rendement médiocre des investissements et des pressions démographiques. Certains employeurs suivent une tendance mondiale et passent de régimes à prestations déterminées à des régimes à cotisations déterminées1 dans le but de sécuriser les coûts des régimes.

La plupart des travailleurs de l’Ontario ne participent pas à des régimes de retraite d’employeur, soit parce que leur employeur n’en offre pas, soit parce qu’ils sont travailleurs autonomes. Comme le montre le graphique 6.2, seulement 34 % des travailleurs de la province participaient à un régime de retraite d’employeur à prestations ou à cotisations déterminées en 2012; ce taux était de 42 % au début des années 19902.

Les cotisations aux régimes d’épargne volontaire sont insuffisantes et le rendement des investissements est imprévisible

Comme la plupart des Ontariennes et des Ontariens ne participent pas à un régime de retraite d’employeur, ils doivent compter dans une plus grande mesure sur les économies personnelles accumulées grâce aux REER et d’autres économies et actifs pour compléter les prestations versées dans le cadre de la Sécurité de la vieillesse du gouvernement fédéral et du Régime de pensions du Canada (RPC).

Les faibles taux d’intérêt, qui perdurent depuis des années, et le rendement imprévisible des marchés financiers ont contribué à la faible accumulation des économies personnelles, à la baisse du rendement des épargnes existantes et aux niveaux élevés d’endettement des particuliers, particulièrement d’endettement hypothécaire. Par exemple, entre 2002 et 2012, la dette hypothécaire des ménages canadiens, exprimée en pourcentage du revenu personnel disponible, est passée de 68 % à 103 %3. Les faibles taux d’intérêt peuvent également avoir incité de nombreuses personnes à déplacer leurs économies à long terme de produits financiers à faible risque, comme les certificats de placement garanti, à des placements plus risqués qui peuvent offrir un taux de rendement supérieur, mais qui peuvent être plus instables. Par exemple, le repli des marchés survenu en 2008 a eu un effet négatif sur les économies accumulées et, selon certaines estimations, il aura fallu trois années aux ménages « pour retrouver leurs niveaux de richesse d’avant la récession »4. Cela a été particulièrement difficile pour ceux qui venaient tout juste de prendre leur retraite ou qui étaient sur le point de le faire à ce moment-là.

Ces facteurs peuvent également expliquer pourquoi les travailleurs n’utilisent pas entièrement les véhicules d’épargne-retraite mis à leur disposition. En 2011, les droits de cotisation à un REER inutilisés s’établissaient à environ 680 milliards de dollars au Canada, dont 260 milliards de dollars en Ontario seulement.

Pour ceux qui réussissent à épargner régulièrement, les véhicules de placement traditionnels comme les fonds communs de placement peuvent être assortis de frais de gestion élevés, ce qui peut gruger considérablement la croissance des économies, quel que soit le taux de rendement réel des investissements. Le graphique 6.3 illustre l’incidence que les frais de gestion ont sur l’épargne-retraite avec le temps pour une personne qui fait des cotisations annuelles de 6 000 $ à un REER. Comparativement à la valeur possible d’un portefeuille d’épargne sans frais de gestion, sur une période de 40 ans, des frais de gestion de 2,4 % pourraient réduire la valeur possible du portefeuille de plus de 44 %. Cependant, si les frais étaient bas (1 %), la valeur possible du portefeuille diminuerait de moins de 25 % pendant la même période.

Bâtir un régime d’épargne-retraite efficace et rentable demande du temps et une certaine expertise pour réaliser une croissance constante et adéquate sur de nombreuses années. En outre, la grande variété d’instruments, de véhicules et de modes d’épargne disponibles ainsi que de ratios de frais de gestion a de quoi rendre perplexes même les personnes qui ont des connaissances en investissement.

Certains spécialistes estiment que le rendement des investissements futurs n’atteindra pas les niveaux élevés qu’il a connu par le passé5. Cela représente des défis pour les investisseurs qui cherchent à obtenir des rendements suffisants pour atteindre leurs objectifs d’épargne à long terme sans prendre de risques accrus. En outre, le rendement futur inférieur accroît encore plus l’importance des efforts à déployer pour diminuer les frais d’investissement et accroître la transparence concernant l’incidence que les frais ont sur les rendements à long terme.

Les prestations versées actuellement dans le cadre du Régime de pensions du Canada sont insuffisantes

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada a actuellement l’un des taux de pauvreté chez les personnes âgées les plus faibles. Cela s’explique en grande partie par les programmes universels de revenu de retraite, à savoir les programmes fédéraux de Sécurité de la vieillesse (SV) et de Supplément de revenu garanti (SRG), et les programmes provinciaux complémentaires, comme le Régime de revenu annuel garanti de l’Ontario.

Ces programmes font en sorte que les personnes âgées admissibles aient un revenu de base à la retraite et que les travailleurs à faible revenu aient un taux élevé de remplacement du revenu à leur retraite. L’OCDE constate que le taux de remplacement pour les personnes à faible revenu du Canada est d’environ 80 % à la retraite, comparativement à 71 % en moyenne dans tous les pays de l’OCDE6.

Cependant, les programmes de prestations de retraite du Canada ne fournissent pas un revenu de remplacement suffisant aux personnes à revenu moyen ou élevé, et n’ont jamais été conçus à cette fin. C’est donc dire que la plupart des personnes âgées canadiennes doivent compter sur d’autres sources de revenus pour leur retraite. Ainsi, selon l’OCDE, la part du revenu total des personnes âgées fournie par les régimes de retraite ou les programmes de sécurité du revenu publics est d’environ 40 % seulement au Canada, comparativement à une moyenne de près de 60 % pour l’ensemble des pays de l’OCDE.

Le revenu limité que procurent les prestations de retraite des régimes publics s’explique surtout par la nature modeste du RPC. En effet, ce régime ne remplace que 25 % des gains ouvrant droit à pension accumulés pendant une carrière, et les travailleurs ne peuvent pas y cotiser pour les revenus supérieurs à 52 500 $ (2014). Ces limites signifient qu’actuellement, la prestation annuelle maximale versée dans le cadre du RPC n’est que d’environ 12 500 $ par année. Cependant, la prestation annuelle moyenne est bien inférieure à ce montant, s’établissant à environ 6 400 $ pour le Canada et à 6 800 $ pour l’Ontario7.

Deux facteurs expliquent l’écart important entre la prestation maximale et la prestation moyenne du RPC. Premièrement, beaucoup de travailleurs choisissent de toucher leurs prestations du RPC avant 65 ans, l’âge normal de la retraite. Dans ce cas, le niveau des prestations du RPC est réduit pour tenir compte des années supplémentaires au cours desquelles les prestations seront versées. En outre, les prestations reposent sur les revenus qu’un travailleur touche pendant toute sa vie professionnelle. Or, ceux-ci peuvent varier considérablement, en particulier au début et à la fin d’une carrière. En outre, le maximum des gains ouvrant droit à pension de 52 500 $ (2014) signifie que, pour beaucoup de personnes, il est impossible de compenser les années où leurs revenus sont plus faibles par les années où ils sont plus élevés.

En raison des paramètres actuels du RPC, les prestations de retraite administrées par le régime public sont très modestes. Par exemple, dans le cadre du programme de sécurité sociale des États-Unis, le maximum des gains ouvrant droit à pension est de 117 000 $ (2014) et le taux de remplacement du revenu est d’environ 40 %8. Les prestations moyennes de la sécurité sociale aux États-Unis étaient d’environ 15 200 $ en 2013 tandis que la prestation maximale était de 30 400 $. Ces montants se comparent à ceux des retraités de l’Ontario qui ont reçu, en moyenne, environ 13 000 $ en 2013 des programmes de Sécurité de la vieillesse et de Supplément de revenu garanti combinés, dont la prestation maximale est d’environ 19 000 $.

Le RPC étant tellement modeste, la plupart des gens doivent compléter leurs revenus de retraite avec d’autres formes d’épargne comme les régimes de retraite d’employeur et l’épargne personnelle. Par exemple, comme le montre le graphique 6.4, les personnes ayant des revenus de 40 000 $ ou de 75 000 $ ont un écart important à combler pour toucher à la retraite un revenu représentant 70 % de leur revenu d’avant retraite.

Les gens vivent plus longtemps

Comme l’espérance de vie après 65 ans a augmenté considérablement, les régimes de retraite et l’épargne personnelle sont plus sollicités pour assurer aux retraités un revenu adéquat pendant leurs années de retraite.

Comme le montre le graphique 6.5, les hommes de l’Ontario âgés de 65 ans peuvent s’attendre actuellement à vivre 19 ans de plus. On prévoit que d’ici 2035, ils vivront, en moyenne, 23 ans de plus. Pour les femmes de l’Ontario âgées de 65 ans, l’espérance de vie est actuellement de 22 années de plus et devrait passer à 25 années de plus d’ici 2035. Même si ces projections sont des moyennes, une proportion importante de futurs retraités vivront beaucoup plus vieux que l’âge moyen estimé.

L’augmentation de la longévité dans l’avenir signifie que les gens devront mettre encore plus d’argent de côté pendant leurs années de travail pour financer les années supplémentaires de retraite.

Personnes les plus susceptibles de ne pas épargner suffisamment pour la retraite

Les personnes à revenu moyen et les plus jeunes travailleurs sont le plus à risque de ne pas épargner suffisamment.

Personnes à revenu moyen

Les travailleurs à revenu moyen représentent une proportion importante des travailleurs en Ontario. Par exemple, en 2011, environ 46 % de tous les travailleurs de l’Ontario touchaient des revenus totaux se situant entre 25 000 $ et 75 000 $9. Ils sont susceptibles d’avoir le plus de difficultés à épargner suffisamment pour s’assurer un revenu suffisant à la retraite.

Régimes de retraite d’employeur

Faute d’un régime de retraite d’employeur, les ménages à revenu moyen sont plus susceptibles d’avoir un revenu de retraite insuffisant10.

Les travailleurs à revenu moyen sont moins susceptibles de participer à un régime de retraite d’employeur que ceux qui ont un revenu élevé. En outre, la couverture des régimes de retraite dans le secteur privé, où la plupart des personnes à revenu moyen travaillent, tend à être plus faible.

Par exemple, en 2011, parmi les travailleurs du secteur privé, seulement le quart environ de ceux qui touchaient des revenus se situant entre 25 000 $ et 50 000 $ et seulement 45 % environ de ceux qui touchaient des revenus de 50 000 $ à 75 000 $ avaient cotisé directement ou indirectement à un régime de retraite d’employeur. La couverture des régimes de retraite a également diminué avec le temps pour les deux groupes.

Épargne personnelle pour la retraite

Les personnes à revenu moyen, particulièrement celles sans couverture de régime de retraite d’employeur, doivent avoir un plan d’épargne constant pour pouvoir accumuler assez d’argent pour leur retraite.

Cependant, la plupart des travailleurs à revenu moyen ne cotisent pas à des REER et ceux qui le font ne mettent pas nécessairement assez d’argent de côté. En 2011, environ le tiers des travailleurs ontariens des secteurs public et privé, y compris les travailleurs autonomes, ayant touché des revenus se situant entre 25 000 $ et 50 000 $ avaient cotisé à un REER. Les cotisations moyennes étaient de 2 700 $. Pendant la même année, environ la moitié des travailleurs ayant touché des revenus se situant entre 50 000 $ et 75 000 $ avaient fait des cotisations, qui s’élevaient en moyenne à 4 300 $. Les cotisations moyennes des travailleurs de ces deux groupes de revenus diminuent depuis quelques années.

Les travailleurs à revenu moyen qui n’ont pas accès à un régime de retraite d’employeur doivent compter davantage sur leurs économies personnelles. Cependant, en 2011, près de deux cinquièmes des travailleurs de l’Ontario dont les revenus se situaient entre 25 000 $ et 75 000 $ n’avaient cotisé ni à un régime de retraite d’employeur ni à un REER.

Beaucoup de personnes à revenu moyen risquent également d’arriver à la retraite, endettées ou aidant financièrement leurs enfants adultes qui fréquentent le collège ou l’université ou sont en transition vers un emploi. À cause de ces obligations continues, les personnes à revenu moyen auront encore plus de difficulté à se préparer efficacement à la retraite.

Les jeunes travailleurs

La plupart des études sur l’épargne-retraite mentionnées précédemment dans le présent chapitre (voir graphique 6.1) révèlent que les jeunes travailleurs d’aujourd’hui risquent particulièrement de ne pas épargner suffisamment comparativement aux cohortes précédentes du même âge. Plusieurs facteurs socioéconomiques ont amené les jeunes travailleurs à suivre des parcours professionnels différents. Ces facteurs contribuent à faire en sorte que ce groupe est moins préparé financièrement pour la retraite.

Le taux d’activité global des jeunes de l’Ontario âgés de 15 à 24 ans est en baisse depuis la fin des années 1980, ayant atteint un creux historique de 60,1 % en 2012 avant de remonter en 2013. Cela s’explique en partie par le fait que les jeunes adultes passent plus de temps à poursuivre des études postsecondaires. Certes, cela contribue à améliorer leurs revenus à long terme, mais ce faisant, ils entrent plus tard sur le marché du travail et peuvent être beaucoup plus endettés à la fin de leurs études.

En outre, la récente conjoncture économique a causé une hausse du taux de chômage chez les jeunes. En 2013, le taux de chômage chez les jeunes en Ontario s’établissait à 16,1 %, comparativement à 13,0 % en 2007. Cela a aussi retardé l’arrivée sur le marché du travail de beaucoup de récents diplômés.

Les jeunes travailleurs ont des revenus inférieurs et sont moins susceptibles d’avoir accès à un régime de retraite d’employeur à prestations déterminées que leurs aînés occupant le même genre d’emploi11. On prévoit que les jeunes travailleurs d’aujourd’hui changeront d’emploi plus souvent et auront des formules de travail moins formelles (p. ex., travail à contrat ou emplois temporaires).

Ces facteurs – arrivée tardive sur le marché du travail, changements fréquents d’employeur, accès limité aux régimes de retraite, revenus interrompus ou non constants – feront en sorte qu’il sera plus difficile pour les jeunes travailleurs d’épargner suffisamment pour financer leur future retraite en vertu des conditions actuelles du système de revenu de retraite.

Autres groupes à risque

L’analyse du ministère des Finances de l’Ontario montre qu’en plus des travailleurs à revenu moyen et des jeunes travailleurs, les locataires, les personnes ayant une hypothèque, les chefs de famille monoparentale, les immigrants récents et les personnes ayant une faible scolarité sont plus susceptibles de ne pas épargner suffisamment comparativement à d’autres familles ayant des niveaux de revenu semblables.

Insuffisance de l’épargne-retraite et changement démographique

En Ontario, le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la population active s’accélèrent. On prévoit que d’ici 2035, la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans) de la province représentera 60,5 % de la population, comparativement à 68,6 % en 2013. Ces deux facteurs pourraient ralentir la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Ontario.

Futurs revenus de retraite et dépenses gouvernementales

Aujourd’hui, les personnes âgées représentent 15 % de la population de la province; d’ici 2035, cette proportion devrait atteindre 23,8 %. Le vieillissement de la population et la lente croissance de la population active ont des répercussions sur un certain nombre de secteurs de dépenses gouvernementales, comme les prestations et les soins de santé pour les personnes âgées.

Les coûts des soins de santé et les autres coûts associés au vieillissement de la population s’accéléreront probablement dans les années 2020 lorsqu’un grand nombre de baby-boomers deviendront septuagénaires. Par ailleurs, ceux qui n’auront pas de revenu suffisant provenant de régimes de retraite ou d’épargnes personnelles devront compter davantage sur les programmes et services gouvernementaux, intensifiant les pressions sur les dépenses du gouvernement.

L’insuffisance de l’épargne-retraite pèsera lourd sur les ressources fédérales et provinciales. Plus précisément, cela pourrait comprendre des dépenses encore plus élevées au titre des prestations versées aux personnes âgées dans le cadre de programmes gouvernementaux, comme la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti du gouvernement fédéral et le Régime de revenu annuel garanti de l’Ontario, mais également au titre de services comme les soins de longue durée, ainsi que les services sociaux et communautaires, tous financés principalement par la province.

Équité intergénérationnelle

Le vieillissement de la population et la lente croissance de la population active au cours des prochaines décennies, conjugués à la baisse possible des revenus chez les retraités, auraient probablement des effets négatifs sur la répartition de la richesse et des revenus entre les générations.

Si une proportion importante de futurs retraités n’ont pas de revenus suffisants, les cohortes plus jeunes en assumeront le coût, soit en payant des taxes et des impôts plus élevés pour soutenir les programmes destinés aux personnes âgées, soit en fournissant un soutien financier direct aux membres plus âgés de leur famille. En outre, la baisse du niveau de vie des personnes plus âgées de la société pourrait entraîner une baisse généralisée du niveau de vie de la population active.

Inégalité des revenus

L’insuffisance de l’épargne-retraite à l’heure actuelle pourrait également amplifier l’inégalité des revenus à long terme. Comme il en a été question précédemment, les personnes à revenu moyen risquent le plus de ne pas épargner suffisamment pour leur retraite, et ce risque semble s’accentuer avec le temps. L’insuffisance des épargnes pourrait se traduire par une baisse du niveau de vie à la retraite pour beaucoup de travailleurs à revenu moyen, poussant certains d’entre eux dans la catégorie des personnes à faible revenu.

En revanche, les personnes à revenu élevé sont plus à même d’accumuler des actifs et de consacrer plus de ressources à l’épargne et à la planification en vue de la retraite. Par conséquent, ces personnes sont beaucoup plus susceptibles d’accumuler une richesse suffisante à long terme que les personnes à revenu moyen.

Un plus grand écart quant aux futurs revenus de retraite pourrait signifier un accroissement des inégalités des revenus entre les personnes âgées.

Une hausse de l’épargne-retraite aurait des avantages économiques

En plus d’assurer aux futurs retraités un revenu suffisant pour l’avenir, augmenter l’épargne-retraite maintenant aurait d’importants avantages économiques à long terme.

Le débat public concernant la préparation à la retraite porte surtout sur les répercussions à court terme sur l’économie d’une épargne accrue obligatoire. Par exemple, certaines personnes s’opposent à la bonification du RPC, car elles sont préoccupées par la part de responsabilité assumée par les employeurs en ce qui a trait à ce régime, en particulier lorsque certaines entreprises font face à des difficultés économiques. Certains redoutent les effets possibles qu’une hausse des cotisations au RPC aurait sur l’emploi et l’économie.

Cependant, un préavis et la mise en oeuvre graduelle de la hausse du taux de cotisation atténueraient tout effet négatif immédiat sur l’économie en donnant aux entreprises et aux travailleurs le temps de s’adapter. En outre, la politique monétaire pourrait également neutraliser d’éventuels effets négatifs à court terme.

Des épargnes supérieures en vue de la retraite auraient à plus long terme un effet positif sur les économies ontarienne et nationale. Une hausse de l’épargne-retraite par les ménages se traduirait par une augmentation du taux d’épargne nationale, contribuant du coup au relèvement des investissements et au renforcement de la croissance économique à long terme12.

Des épargnes plus élevées par les ménages aujourd’hui contribueraient à hausser le capital disponible à des fins d’investissement, notamment dans les machines, le matériel et l’infrastructure. Des investissements accrus donneraient lieu à une hausse de la productivité et, partant, au renforcement de la croissance économique et à la création d’emplois, ce qui contribuerait à accroître le niveau de vie en Ontario aussi bien pour les travailleurs que pour les retraités.

Une épargne-retraite supérieure pourrait également contribuer à rééquilibrer les investissements des ménages, amenant ceux-ci à investir dans les actifs financiers (comme ceux que détiennent les régimes de retraite) plutôt que dans le logement.

Des épargnes plus élevées maintenant se traduiraient également par une hausse des revenus et des dépenses à la consommation plus tard, contribuant à améliorer la qualité de vie des futurs retraités et à réduire la dépendance envers les programmes et services gouvernementaux. En outre, plus de richesse entre les mains des futures personnes âgées aiderait les familles et l’économie de l’Ontario à mieux faire face au vieillissement de la population. Cela pourrait avoir pour effet d’éviter d’augmenter les taux d’imposition des futurs travailleurs et de réduire la nécessité des transferts intergénérationnels des travailleurs aux retraités.

Comme il en a été question précédemment, la taille de la population active par rapport à la population en général devrait diminuer considérablement au cours des décennies à venir. Plus les travailleurs d’aujourd’hui tardent à épargner davantage et à se constituer un patrimoine pour l’avenir, plus le défi à relever sera grand pour le gouvernement et tous les Ontariens et Ontariennes.

Améliorer la préparation à la retraite

Les efforts déployés pour accroître l’épargne-retraite devraient s’accompagner de politiques qui favorisent de meilleurs résultats sur le marché du travail, car celles‑ci ont également un effet positif sur l’ensemble de l’épargne et la préparation à la retraite.

Littératie financière

Bien planifier sa retraite signifie habituellement une démarche systématique à long terme en matière d’épargne qu’il peut être difficile de respecter. Le défi est encore plus grand pour les personnes qui n’ont pas accès à un régime de retraite d’employeur et doivent compter sur leurs propres économies la retraite venue.

Le marché de l’épargne-retraite est vaste et comprend de nombreux fournisseurs de services, produits et stratégies parmi lesquels choisir. Les investisseurs individuels doivent être à même d’étudier les options et de bien comprendre quels effets différents facteurs (p. ex., coûts de transaction, frais de gestion et impôts) ont sur leur rendement global à long terme. Les personnes ayant des revenus élevés peuvent obtenir des conseils de professionnels qui les aideront à faire leur planification à long terme. Cependant, beaucoup de personnes n’ont pas les moyens de procéder ainsi et doivent se fier à leur propre jugement ou aux recommandations des médias.

De meilleures connaissances financières acquises à un jeune âge, notamment une compréhension de la budgétisation, des approches à long terme en matière d’épargne-retraite et de l’incidence des impôts et des frais sur les économies accumulées, aideraient les gens à mieux planifier leur retraite et assureraient des épargnes personnelles systématiques à long terme.

Pour aider les particuliers à faire des choix éclairés en matière d’épargne et d’investissement, le gouvernement de l’Ontario fait la promotion de la littératie financière par l’entremise d’organismes comme la Commission des services financiers de l’Ontario, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) et le Fonds pour l’éducation des investisseurs, un organisme sans but lucratif mis sur pied par la CVMO.

Le site Web du Fonds pour l’éducation des investisseurs contient l’information financière la plus populaire du genre au Canada. Son contenu, qui est axé sur les consommateurs, propose des outils uniques qui renseignent les investisseurs de l’Ontario pour qu’ils puissent prendre de meilleures décisions sur la retraite, l’épargne-éducation, l’investissement, les frais ainsi que le remboursement des dettes.

Transition vers la retraite

L’augmentation de l’espérance de vie et une meilleure santé pour les personnes âgées permettent à celles qui le désirent de travailler plus longtemps, ce qui procure aux ménages des revenus pendant plus d’années et atténue un tant soit peu la nécessité de puiser dans ses épargnes de retraite.

Des données indiquent que beaucoup de personnes âgées choisissent de demeurer sur le marché du travail plus longtemps. L’âge moyen de la retraite en Ontario a augmenté d’environ trois ans au cours de la dernière décennie, passant de 61 ans en 2002 à 64 ans en 2013. En outre, entre 1998 et 2013, le taux de participation au marché du travail des personnes âgées entre 65 et 69 ans a plus que doublé, passant de 12,5 à 27 %13.

Les politiques qui aideraient les travailleurs plus âgés à demeurer volontairement sur le marché du travail plus longtemps comprennent ce qui suit : réduction graduelle du temps de travail tout en accumulant des cotisations aux régimes de retraite; horaires de travail plus souples, par exemple, diverses possibilités de travail à temps partiel; investissement accru des employeurs dans la formation continue; promotion de la santé et du bien-être de tous les travailleurs en milieu de travail.

Emploi des jeunes

De meilleures occasions d’emploi pour les jeunes travailleurs permettraient à ceux-ci d’épargner davantage et plus régulièrement pour leur retraite pendant leur carrière, par l’entremise soit de régimes de retraite d’employeur, soit de cotisations accrues à des véhicules d’épargne volontaire comme les REER. En outre, des emplois de meilleure qualité plus tôt dans la vie peuvent également donner accès à des prestations supérieures du RPC à la retraite.

La province investit dans des initiatives comme la Stratégie d’emploi pour les jeunes pour créer de meilleurs débouchés pour les jeunes travailleurs.

Approche de l’Ontario pour améliorer la sécurité du revenu de retraite

L’Ontario est résolu à améliorer la sécurité du revenu de retraite pour que les travailleurs d’aujourd’hui soient mieux préparés pour leurs années de retraite.

Le document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario de 2013 propose une stratégie à trois volets pour renforcer le système de revenu de retraite à l’intention des Ontariennes et des Ontariens qui n’ont pas de régime de retraite d’employeur, de ceux qui ont un régime d’épargne-retraite autogéré et de ceux qui ont un régime de retraite à prestations déterminées.

Pour les Ontariennes et Ontariens sans régime de retraite d’employeur, le gouvernement est déterminé à élaborer des modèles novateurs pour promouvoir l’accroissement de l’épargne-retraite. Pour les Ontariennes et Ontariens ayant un régime d’épargne-retraite autogéré, l’Ontario s’emploie à améliorer la stabilité et l’efficacité des marchés financiers afin d’aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers et de fournir aux particuliers les outils dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées sur leurs épargnes. Le gouvernement continue également de travailler avec les employeurs et les travailleurs pour accroître la viabilité des régimes de retraite à prestations déterminées.

Pour les Ontariennes et Ontariens qui n’ont pas de régime de retraite d’employeur, dans le cadre de sa stratégie, le gouvernement s’est engagé à conclure une entente avec les autres provinces et le gouvernement fédéral pour bonifier le RPC.

Le RPC est un régime de retraite public obligatoire qui est rentable et efficace et auquel cotisent à parts égales employeurs et salariés. Il fournit aux Canadiennes et aux Canadiens une pension sûre, prévisible, indexée à l’inflation et versée la vie durant. Il comporte également des prestations de survivant.

Étant entièrement transférable, le RPC permet aux travailleurs qui changent d’emploi fréquemment (p. ex., les jeunes travailleurs) de profiter de la couverture continue d’un régime de retraite. Il facilite également la transition graduelle vers la retraite en permettant aux travailleurs plus âgés de toucher des prestations tout en continuant de travailler et d’accumuler de futures prestations. En outre, il s’applique à pratiquement tous les travailleurs, y compris les travailleurs autonomes. Ces caractéristiques signifient que le RPC soutient, de par sa nature même, une main-d’oeuvre moderne et mobile.

Cependant, le caractère modeste du RPC l’empêche de fournir un revenu de remplacement décent à la retraite, particulièrement chez les personnes à revenu moyen qui comptent le plus sur lui. La bonification du RPC serait l’un des moyens les plus efficaces de faire en sorte que tous les travailleurs, et particulièrement les travailleurs à revenu moyen, aient un revenu adéquat à la retraite.

Pour l’heure, il semble peu probable qu’une entente sur la bonification du RPC puisse être obtenue. Cependant, l’Ontario demeure résolu à accroître la sécurité du revenu de retraite pour les travailleurs. La province va donc de l’avant avec une plan conçu en Ontario. L’Ontario est résolu à aider les travailleurs, et particulièrement ceux à revenu moyen, à maintenir un niveau de vie comparable à la retraite.

Avec les avis de M. Paul Martin, ancien premier ministre du Canada, d’experts en régimes de retraite et de participants d’autres provinces, le gouvernement provincial examine actuellement la structure possible, la faisabilité, les coûts et les avantages d’un plan conçu en Ontario.

1 Dans un régime de retraite à prestations déterminées, les prestations versées à la retraite sont fondées sur une formule pré-établie qui inclut la moyenne des gains et les années de service. Dans un régime à cotisations déterminées, les prestations à la retraite sont fonction des cotisations accumulées et du rendement des investissements.

2 Si l’on exclut les travailleurs autonomes, le taux de couverture des régimes de retraite parmi les travailleurs était d’environ 40 % en 2012, comparativement à 49 % au début des années 1990.

3 Statistique Canada, Les comptes du bilan national.

4 Comptables généraux accrédités, Les finances des ménages : mettre l’accent sur la richesse, 2013, p. 19.

5 R. Guay et L. Allaire Jean, Long-Term Returns: A Reality Check for Pension Funds and Retirement Savings, 2013. C.D. Howe Institute Commentary No. 395.

6 OCDE, Pensions at a Glance 2013, Canada, 2013, p. 2.

7 Emploi et Développement social Canada. Montant moyen versé dans le cadre du RPC en novembre 2013.

8 Site Web de l’administration de la sécurité sociale aux États-Unis.

9 Y compris les déclarants âgés de 15 à 65 ans touchant des revenus d’un emploi ou d’un travail autonome.

10 Selon l’analyse du ministère des Finances de l’Ontario, les ménages à revenu moyen qui n’ont pas de régime de retraite d’employeur risquent beaucoup plus que ceux qui bénéficient d’un tel régime de voir leur niveau de vie baisser à la retraite.

11 P. Gougeon, « Les pensions en transition », Perspective, mai 2009, Statistique Canada.

12 Les données des dernières décennies concernant les économies avancées tendent à démontrer qu’un taux d’épargne national plus élevé est fortement corrélé à des taux d’investissement nationaux. Voir le document à paraître de D. Dodge et R. Dion sur les aspects macroéconomiques de l’épargne-retraite, printemps 2014.

13 Statistique Canada.

Description des graphiques

Graphique 6.1 : Écart entre le revenu escompté à la retraite et l’épargne-retraite, par étude, selon certains résultats

Ce graphique montre les résultats de six études menées par des universitaires, des instituts de recherche et des institutions financières sur la suffisance de l’épargne-retraite au Canada. Selon certains résultats de ces études, entre 19 % et 50 % des ménages sont susceptibles de ne pas épargner suffisamment pour la retraite.

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Graphique 6.2 : Couverture des régimes de retraite en Ontario, 2012

Environ 34 % des travailleurs de l’Ontario avaient participé à un régime de retraite d’employeur en 2012, dont environ 25 % des travailleurs à un régime de retraite à prestations déterminées et 9 % à un régime à cotisations déterminées ou à d’autres genres de régime. Quelque 66 % des travailleurs ontariens ne participaient pas à un régime de retraite d’employeur en 2012.

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Graphique 6.3 : Incidence des frais de gestion sur l’épargne-retraite

Si un ratio de frais de gestion (RFG) de 2,4 % était appliqué, la valeur des économies personnelles après 40 ans serait de 434 872 $. Avec un faible RFG de 1 %, ces mêmes économies auraient une valeur de 605 689 $ après 40 ans. Dans un modèle sans frais de gestion, elles vaudraient 784 630 $.

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Graphique 6.4 : Objectifs de revenu de retraite et écarts possibles

Tous les exemples supposent un revenu constant en termes réels pendant une carrière étalée sur 40 ans. Une personne ayant touché un revenu de 20 000 $ aurait un revenu de retraite de 14 000 $, représentant un taux de remplacement cible de 70 %, grâce au RPC, à la Sécurité de la vieillesse et aux Supplément de revenu garanti. Il n’y a donc pas d’écart entre l’objectif de revenu et le revenu réellement touché. Dans le cas d’un revenu avant retraite de 40 000 $, la personne aurait besoin de 11 795 $ de plus par année en sus des prestations du RPC et de la Sécurité de la vieillesse pour obtenir un taux de remplacement du revenu de 70 %. Une personne dont le revenu avant retraite aurait été de 75 000 $ aurait besoin de 33 329 $ de plus pour atteindre cet objectif.

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Graphique 6.5 : Espérance de vie à 65 ans, selon le sexe, en Ontario

L’espérance de vie augmente constamment depuis la fin des années 1970. En 1979, les hommes de l’Ontario pouvaient espérer vivre 14 ans de plus, comparativement à 19 ans pour les femmes. En 2011, les hommes pouvaient s’attendre à vivre 19 ans de plus contre 22 ans de plus pour les femmes. Les projections montrent que cette tendance se poursuivra. En 2035, l’espérance de vie à 65 ans devrait être de 25 ans de plus pour les femmes et de 23 ans pour les hommes.

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