Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario
CHAPITRE III : TENDANCES EN EMPLOI

INTRODUCTION

Les pressions économiques liées à la mondialisation et aux progrès technologiques ont transformé le marché du travail et la nature de l’emploi. Il est quasiment certain que les progrès technologiques se poursuivront, mais la mondialisation n’aura peut-être pas autant de répercussions que par le passé. Malgré les défis, il faut également reconnaître que le marché du travail continue de bien fonctionner pour la plupart des gens. L’économie de l’Ontario a généré 76 400 nouveaux emplois nets en 2016, dont près des trois quarts sont des emplois typiques à plein temps. Les gains constants en emploi réalisés depuis la récession mondiale de 2008-2009 ont contribué à la baisse continue du taux de chômage de l’Ontario, qui a affiché son niveau le plus bas en huit ans, soit 6,5 % en 2016.

Le présent chapitre décrit les principales forces et pressions économiques qui influent sur l’emploi. Il met en lumière les changements qui se produisent ainsi que les occasions et les défis qui se présentent. Il comprend également une analyse des initiatives du gouvernement qui permettent de s’attaquer à certains de ces défis.

Voici les principales tendances qui ont été établies :

  • Divergence entre la croissance économique et les indicateurs du mieux-être;
  • Passage de l’emploi des industries productrices de biens, en particulier du secteur de la fabrication, aux industries productrices de services;
  • Baisse de la proportion de professions moyennement qualifiées et moyennement rémunérées et hausse de la part de professions hautement spécialisées et bien rémunérées et d’emplois manuels non répétitifs faiblement rémunérés;
  • Hausse d’autres formes d’emploi, dont beaucoup sont involontaires et atypiques;
  • Diversification de la main-d’oeuvre.

La mondialisation des marchés, conjuguée aux progrès technologiques, a contribué à accroître considérablement la concurrence, notamment pour les biens et les services, ainsi que les risques et l’incertitude chez les employeurs. Ceux-ci ont réagi en restructurant leurs activités, et en recourant davantage à l’externalisation et à la délocalisation des emplois.

Beaucoup d’employeurs ont réorganisé leur mode de rémunération et la gestion de leur personnel. Certains ont transféré leurs risques et leur incertitude à leurs employés, en sabrant dans les avantages sociaux et les régimes de retraite et en remplaçant des emplois typiques qui étaient relativement stables et sûrs par des emplois atypiques, qui sont fonction des besoins à un moment déterminé, et par d’autres formes d’emploi.

Certains grands employeurs ont restructuré leurs activités et sous-traitent et externalisent maintenant des parties de leur production de biens et de services à des groupes concurrents formés de petits employeurs1. La forte concurrence que se livrent les petits employeurs réduit les coûts et se solde fort probablement par une baisse des salaires et des avantages sociaux.

Le gouvernement s’emploie à créer les conditions et à établir les soutiens nécessaires pour faire face au changement de la nature de l’emploi, notamment en examinant comment moderniser les lois régissant l’emploi et le travail en Ontario2, accroître l’accès à des services de garde d’enfants abordables et de qualité, bonifier la sécurité du revenu, encourager le gouvernement fédéral à procéder à un examen du régime d’assurance-emploi (a.-e.), investir dans le soutien des travailleurs pendant les périodes de transition entre deux emplois et améliorer la sécurité au travail.

Pressions économiques concurrentielles

Mondialisation

La mondialisation des marchés des produits et des marchés du travail a eu des répercussions importantes sur l’emploi en Ontario. Elle a été facilitée par des accords de libre-échange, comme l’Accord de libre-échange nord-américain, qui ont réduit et éliminé les tarifs et favorisé l’augmentation du commerce. Pour l’Ontario, la hausse des échanges internationaux, surtout avec les États-Unis, s’est faite beaucoup plus rapidement que dans le cas du commerce interprovincial. Dans ce contexte, les entreprises de l’Ontario doivent livrer concurrence aux entreprises des États-Unis et d’autres nations, qui sont assujetties à des cadres réglementaires et financiers différents, ce qui les oblige à réduire les coûts.

Outre la libéralisation accrue des échanges, la mondialisation est aussi le fait de réductions dans les coûts du transport attribuables à la conteneurisation et à d’autres développements logistiques, et de baisses des coûts d’information et de communication. La mondialisation se mesure notamment par la rapidité de la croissance des échanges mondiaux par rapport à la taille de l’économie mondiale. De 1980 à 2015, les échanges mondiaux se sont accrus de 5,4 % environ par année, tandis que le produit intérieur brut (PIB) mondial a augmenté d’environ 3,5 % par an. Comme le montre le graphique 3.1, le Fonds monétaire international prévoit que la croissance des échanges dépassera légèrement la croissance du PIB mondial au cours des cinq prochaines années.

La mondialisation apporte d’autres changements, dont la mobilité accrue du capital, l’accroissement de la production par chaîne d’approvisionnement, la mobilité accrue des travailleurs hautement spécialisés, et la plus grande circulation transfrontalière de la technologie et des idées.

Progrès technologiques

Les progrès technologiques constituent un facteur essentiel à l’augmentation de la productivité et de la croissance économique. Comme le montre le graphique 3.2, depuis que la première révolution industrielle a débuté il y a plus de 250 ans, il y a eu deux périodes supplémentaires de changements industriels majeurs. Certains croient qu’une quatrième révolution industrielle est en cours et, comme chacune des révolutions antérieures, celle-ci devrait donner lieu à des bouleversements majeurs dans le domaine de l’emploi et à des défis au chapitre du recyclage professionnel et de la réembauche des travailleurs3.

Les progrès technologiques des quelques dernières décennies ont été le moteur de la mondialisation et de l’intégration des marchés grâce au développement et à l’utilisation d’ordinateurs toujours plus puissants et de logiciels de haute technicité. Ils comprennent également l’Internet, l’automatisation et la numérisation accrues, la communication machine à machine ainsi que l’évolution de l’intelligence artificielle. Les changements technologiques ont aussi contribué à la croissance de l’économie de partage, notamment par l’émergence d’entreprises comme Airbnb et Uber.

Ces percées ont contribué à déplacer des travailleurs, surtout ceux qui occupaient des emplois comportant des tâches manuelles répétitives. Par ailleurs, les progrès technologiques ont créé de nouvelles occasions pour les travailleurs hautement qualifiés ayant des habiletés en résolution de problèmes abstraits ainsi que pour les travailleurs moins qualifiés occupant des emplois qui nécessitent une grande interaction humaine. Cette tendance a contribué à la polarisation des emplois entre les professions les mieux rémunérées et les moins rémunérées au Canada, en Ontario et dans la plupart des économies avancées4.

Il y a beaucoup de spéculation actuellement sur les effets que les tendances actuelles des progrès technologiques auront sur l’avenir du travail. Une publication récente analyse l’expansion du travail virtuel5 et ses possibles ramifications6. D’autres ont examiné des scénarios, comprenant une plus grande automatisation et l’accélération de l’arrivée des technologies perturbatrices qui toucheraient fort probablement les emplois répétitifs, administratifs et orientés vers les services7. Ces publications mettent en relief la menace que ces changements auront sur les relations employeurs-employés traditionnelles ainsi que leurs répercussions sur les filets de sécurité sociale.

Bien que ces changements se produisent, comme le mentionnent les publications, personne n’en connaît la magnitude ni le rythme. Les données disponibles actuellement donnent à penser que ces changements n’ont pas encore eu d’incidence visible sur les grandes statistiques relatives au marché du travail. Par exemple, on prévoit que la montée du travail virtuel produira une hausse du travail autonome et que la croissance de l’économie à la demande se traduira par une augmentation des emplois à temps partiel8. Cependant, ni le travail à temps partiel ni le travail autonome n’ont connu une croissance plus rapide que l’emploi total au cours des deux dernières décennies (voir le graphique 3.12).

On remarquera aussi que les vastes effets négatifs de l’automatisation sur les emplois ne sont pas apparents dans le taux de chômage ni dans les statistiques sur la productivité. En fait, la productivité économique mesurée s’est accrue très lentement au cours de la dernière décennie, ce qui donne à penser que le rythme de changement dû à l’automatisation n’a pas été aussi rapide qu’on le suppose9. De même, dans la mesure où la croissance de la population active ralentira en raison du vieillissement de la population, l’automatisation et la hausse de la productivité contribueront à l’ajustement.

La peur que l’automatisation et les robots déplacent des travailleurs est répandue et différentes études donnent des estimations du nombre d’emplois à risque à cause de ces tendances10. Il est difficile de bien comprendre ces estimations puisque le marché du travail ne cesse d’évoluer et que le roulement du personnel est constant chaque année, les travailleurs commençant et quittant leur emploi, et de nouveaux emplois étant créés et d’autres, éliminés. Par exemple, en Ontario, en 2016, quelque 600 000 personnes âgées de 25 à 64 ans ont commencé un emploi tandis qu’environ 320 000 personnes ont perdu leur emploi11. Environ 100 000 personnes ont quitté leur emploi pour cause de maladie ou de handicap ou pour entreprendre d’autres activités comme les études ou la retraite. Au cours de la période de 2003 à 2013, le taux d’embauche des adultes âgés de 18 à 64 ans en Ontario s’établissait en moyenne à 18,4 %, tandis que le taux de congédiement était en moyenne de 4,7 %12. Bien que les études mettent l’accent sur le nombre de personnes à risque de perdre leur emploi, elles ont peu à dire sur le grand nombre de personnes qui trouveront de nouveaux débouchés.

Au lieu de mettre l’accent sur les emplois qui risquent de disparaître, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est concentrée sur les tâches qui peuvent être automatisées et les professions transformées par les changements. Ce faisant, l’OCDE a constaté que seulement 9 % des emplois au Canada risquent de disparaître à cause de l’automatisation13.

Le risque de l’automatisation pour les emplois dans les pays de l’OCDE
Une analyse comparative

Dans une étude de 2013, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a examiné la question des emplois qui risquent de disparaître à cause de l’automatisation et de la numérisation. D’autres études ont été menées en suivant une démarche fondée sur les professions instaurée par Frey et Osborne (2013)14, qui supposaient que les professions globales plutôt que des tâches spécifiques sont automatisées par la technologie. Dans leur étude, Frey et Osborne ont constaté que 47 % de toutes les professions aux États-Unis risquaient fortement d’être perdues à cause de l’automatisation au cours des 10 à 20 prochaines années. Une étude semblable pour le Canada révèle que le risque était élevé pour 42 % de toutes les professions15.

L’étude de l’OCDE soutenait que la méthodologie de Frey et Osborne pouvait donner lieu à une surestimation parce que certaines des professions jugées à risque élevé peuvent comporter des tâches qui sont difficiles à automatiser. L’étude a utilisé une démarche fondée sur les tâches pour estimer le nombre d’emplois qui risquent d’être perdus à cause de l’automatisation et l’a appliquée à 21 pays membres. L’étude a révélé qu’environ 9 % des emplois au Canada et 9 % aux États-Unis risquaient d’être automatisés. Elle soutenait en outre que les obstacles juridiques et éthiques peuvent ralentir le rythme du remplacement de la main-d’oeuvre et que les travailleurs pourront s’adapter en exécutant d’autres tâches.

Croissance économique et indicateurs du mieux-être

La croissance économique a longtemps servi d’indicateur substitutif du mieux-être en raison des liens historiques entre le PIB par habitant et le niveau de vie mesuré par les salaires réels ou les revenus moyens. Ce lien semble s’être atténué au cours des trois dernières décennies, la croissance économique ayant poursuivi sa tendance à la hausse, le niveau de vie semblant prendre du retard, comme l’illustre le graphique 3.4. Depuis 1976, le PIB réel par habitant s’est accru de 57 % tandis que le revenu médian réel après impôts rajusté a augmenté grosso modo de la moitié de ce montant16. En Ontario, pour ce qui est du revenu médian rajusté, la divergence semble avoir débuté au début des années 1990.

Cette divergence semble en grande partie attribuable à la mondialisation et aux progrès technologiques qui remodèlent la société et la nature de l’emploi. Les changements technologiques réduisent la demande dans le cas des emplois qui peuvent être automatisés et augmentent l’offre de main-d’oeuvre en facilitant la mondialisation. Par ailleurs, les changements accroissent la demande d’emplois hautement spécialisés et créent plus de marchés où le gagnant emporte tout. Cela a donné lieu à une hausse des salaires et des revenus du travail pour les personnes à revenus élevés et à la stagnation du revenu chez les personnes à revenus faibles ou moyens. Il en découle que le lien entre la croissance économique et le niveau de vie est beaucoup plus ténu aujourd’hui que par le passé.

Il est devenu évident aussi que la société valorise de nombreux autres aspects qui sont mal saisis par la croissance économique, dont la santé, l’éducation, l’environnement et la sécurité. Un certain nombre d’organismes ont publié des indicateurs du mieux-être qui comprennent notamment ces aspects.

Mentionnons à titre d’exemple une étude récente menée dans le cadre de l’Indice canadien du mieux-être. Elle montre que la divergence entre la croissance économique et le niveau de vie est bien amorcée pour les indicateurs généraux et qu’elle semble se poursuivre aujourd’hui17. De 1994 à 2014, le PIB par habitant du Canada a augmenté de 38,0 %, mais l’indice du mieux-être de l’étude s’est accru de 9,9 % seulement pendant cette période. Selon l’étude, cet écart s’explique, en partie, par l’augmentation du travail atypique et les inquiétudes concernant la hausse des coûts, comme les coûts du logement et les frais de scolarité.

Une autre étude récente, menée par l’Institute for Competitiveness and Prosperity, compare l’Ontario à 10 territoires de compétence équivalents du monde relativement à 11 aspects différents du mieux-être18. L’étude révèle que l’Ontario excelle dans plusieurs domaines, en particulier la santé, la sécurité et l’accès aux services, mais qu’il tire de l’arrière par rapport aux autres territoires de compétence pour ce qui est des emplois et de la croissance du revenu. Dans l’ensemble, l’Ontario se classe au cinquième rang quant à la mesure composite du mieux-être, ce qui est relativement plus élevé que pour sa croissance économique.

L’importance de l’emploi pour la qualité de vie d’une personne est mise en relief dans les différents indicateurs du mieux-être. Le travail ne fait pas seulement partie des facteurs qui influent directement sur les indicateurs, mais il touche également d’autres aspects comme le revenu, le logement, les loisirs et la communauté. Le travail est en mutation à cause des différentes pressions auxquelles font face les marchés des produits, le marché du travail et les employeurs, tel qu’indiqué dans la section précédente.

Changement dans la composition industrielle

La composition industrielle de l’Ontario et de la plupart des autres économies avancées se transforme radicalement depuis quelques décennies. Le nombre d’industries structurées pour le travail manuel répétitif, principalement dans les industries productrices de biens comme le secteur de la fabrication, a diminué. Les industries qui exigent un travail non répétitif ont pris de l’expansion. Ces industries se retrouvent surtout dans le secteur de services et comportent soit des emplois hautement spécialisés qui exigent des habiletés en résolution de problèmes, soit des emplois manuels moins spécialisés, mais non répétitifs. Les industries productrices de biens en Ontario représentaient 35,4 % de l’emploi total en 1976, un taux qui a chuté et a été ramené à 20,3 % en 2016. La part du secteur de la fabrication à elle seule a diminué de plus de la moitié, passant de 23,2 % de l’emploi total en 1980 à 10,7 % en 2016.

En revanche, le secteur des services a pris de l’expansion, passant de 64,6 % de l’emploi total en 1976 à 79,7 % aujourd’hui. Les industries des services comme les services professionnels, scientifiques et techniques, les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien, les soins de santé et l’assistance sociale, l’hébergement et les services de restauration ont connu la croissance la plus importante de 1976 à 2016.

Les industries productrices de biens offraient traditionnellement des salaires supérieurs à la moyenne, leurs travailleurs étaient généralement syndiqués et elles étaient plus susceptibles d’être protégées par des tarifs. Les emplois qu’on y retrouvait étaient plus susceptibles de comporter d’autres genres de rémunération, comme des prestations pour soins de santé et des régimes de retraite, que les emplois du secteur des services. Ces industries avaient tendance à employer des personnes ayant au plus un diplôme d’études secondaires et à leur fournir une formation en entreprise. Grâce aux salaires supérieurs à la moyenne et à leurs avantages sociaux, elles offraient une source d’emploi attrayante aux travailleurs moins scolarisés.

La diminution de l’emploi dans les industries productrices de biens et son expansion dans le secteur des services sont deux facteurs qui ont contribué à la baisse du taux de travailleurs syndiqués. Le taux de syndicalisation en Ontario est passé de 35 % en 1981 à 25 % en 2016. Cette tendance à la baisse est entièrement attribuable à la diminution du taux de syndicalisation dans le secteur privé. Dans le secteur public, le taux de syndicalisation est passé de 66 % en 1981 à 69 % en 2016, tandis que dans le secteur privé, il est passé d’environ 29 % en 1981 à 13 % en 201619. Environ 40 % de cette baisse est attribuable au passage d’industries et de professions où le taux de syndicalisation était relativement élevé à des industries et professions où les travailleurs ne sont pas syndiqués, comme le passage du secteur de la fabrication à celui des services professionnels, scientifiques et techniques.

La croissance de l’emploi dans le secteur des services a également entraîné une baisse du taux d’employés bénéficiant de formes de rémunération autres que les salaires, comme des prestations pour soins de santé et des régimes de retraite.

Changements dans les tâches et les compétences requises

Les pressions économiques concurrentielles auxquelles font face les employeurs et le marché du travail ont donné lieu à des changements connexes dans les professions ainsi que dans les tâches et les compétences requises des emplois. De 1987 à 2016, l’emploi total en Ontario s’est accru de 43 %, mais il y a d’énormes variations entre les professions. Les grands secteurs où l’emploi a connu une croissance beaucoup plus rapide que la moyenne pendant la période comprennent les sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés (120 %); le secteur de la santé (122 %); l’enseignement, le droit et les services sociaux, communautaires et gouvernementaux (107 %); les arts, la culture, les sports et les loisirs (101 %); la vente et les services (59 %). Les secteurs où la croissance de l’emploi a été beaucoup plus lente que la moyenne comprennent les suivants : métiers, transport, machinerie et domaines apparentés (9 %); ressources naturelles, agriculture et production connexe (14 %); fabrication et services d’utilité publique, où l’emploi a réellement diminué de 20 % pendant la période.

Les professions peuvent entrer dans deux catégories : celles dont les tâches sont répétitives et, en principe, peuvent être automatisées, et celles dont les tâches ne sont pas répétitives et peuvent difficilement être automatisées. On peut aussi les diviser selon que les tâches sont manuelles ou cognitives. La première catégorie comprend les emplois relativement peu spécialisés et peu rémunérés tandis que la seconde englobe les professions plus spécialisées et mieux rémunérées20, 21.

Le déclin de l’emploi dans les industries productrices de biens, et en particulier dans le secteur de la fabrication, signifie la perte de beaucoup d’emplois répétitifs moyennement spécialisés. La croissance de l’emploi dans le secteur des services s’est traduite par la création d’emplois hautement spécialisés nécessitant des habiletés en pensée abstraite et en résolution de problèmes et dans les professions moins spécialisées faisant intervenir des interactions en personne.

On peut voir les répercussions pour le marché du travail ontarien dans le graphique 3.9. Depuis 1987, l’emploi dans les professions non répétitives cognitives et manuelles a augmenté de 94 % et de 64 % respectivement. Par contre, l’emploi dans les professions répétitives a augmenté de 13 % seulement.

Ce changement a modifié la part de l’emploi que détient chaque catégorie dans la main-d’oeuvre de l’Ontario. Les professions répétitives représentaient environ 59 % de la main-d’oeuvre en 1987; en 2016, cette part n’était plus que de 47 % environ. En revanche, la part de l’emploi des professions non répétitives cognitives a augmenté, passant de 31 % en 1987 à 42 % en 2016. La part des emplois manuels non répétitifs est passée de 10 % en 1987 à 11 % au total en 2016.

Emploi selon le niveau de compétence

Une autre façon d’évaluer les changements qu’a connus le marché du travail consiste à examiner les professions par niveau de compétence. Emploi et Développement social Canada classe toutes les professions en cinq niveaux de compétence22.

  • Niveau de compétence A (gestion) : une formation universitaire caractérise habituellement les professions de ce niveau qui comprend les gestionnaires.
  • Niveau de compétence A (professionnels) : une formation universitaire caractérise habituellement les professions de ce niveau qui comprend les professionnels.
  • Niveau de compétence B : une formation collégiale ou un programme d’apprentissage ou de formation semblable caractérise habituellement les professions de ce niveau.
  • Niveau de compétence C : une formation de niveau secondaire ou une formation spécifique à la profession, ou les deux, caractérisent les professions de ce niveau.
  • Niveau de compétence D : une formation en cours d’emploi caractérise les professions de ce niveau.

Le graphique 3.10 montre la répartition de l’emploi entre les cinq niveaux de compétence. Depuis 1987, l’emploi dans les professions du niveau de compétence A connaît la plus forte croissance, ayant affiché une hausse de 145 %. Pour les professions du niveau de compétence B, l’emploi a augmenté de 42 %. Dans les professions des niveaux C et D, qui demandent le moins de compétences, l’emploi s’est accru de 12 % et 35 %, respectivement, pendant la période. L’emploi dans les professions du niveau de compétence A (gestion) s’est accru de 26 % pendant cette période. Le niveau de compétence A (professionnels) est le seul à avoir connu une augmentation de sa taille relative, la part de l’emploi total qu’occupaient les professions de ce niveau étant passée de 13 % en 1987 à 22 % en 2016.

Augmentation des salaires selon le niveau de compétence

Les salaires augmentent selon le niveau de compétence. Ainsi, en 2016, le salaire horaire moyen le plus élevé se situait dans les professions du niveau de compétence A (gestion), à 44,10 $ l’heure, suivi des professions du niveau de compétence A (professionnels), qui était en moyenne de 37,00 $ l’heure, tandis que le salaire le plus bas se trouvait au niveau de compétence D, à 14,60 $ l’heure. La croissance des salaires réels a été la plus rapide dans les professions du niveau de compétence supérieur, en particulier dans les catégories du niveau de compétence A (gestion), et la plus lente dans les professions des niveaux de compétence inférieurs. Cette situation a contribué à la hausse de l’inégalité salariale. Ces données indiquent également que la demande de main-d’oeuvre hautement spécialisée s’est accrue plus rapidement que l’offre, malgré l’augmentation importante du nombre de travailleurs spécialisés pendant cette période. Les changements technologiques continus donnent à penser que cette tendance se poursuivra probablement à court terme. Les salaires aux niveaux de compétence inférieurs (C et D) étaient stables ou ont diminué. Cela s’explique en partie par le fait que l’offre de travailleurs à ces niveaux a été plus forte que la demande.

Passage à d’autres formes d’emploi

Au cours des quatre dernières décennies, les formes de travail se sont transformées, passant des emplois rémunérés à temps plein assortis d’un horaire régulier, souvent appelés emplois typiques23, à d’autres formes, dont l’emploi à temps partiel, l’emploi temporaire, le cumul d’emplois et le travail autonome. Pour beaucoup d’Ontariennes et d’Ontariens, ces formes d’emploi comportent des heures de travail irrégulières et une paie incertaine. On craint que certains de ces emplois soient de qualité très inférieure aux emplois typiques.

Ces changements sont représentés dans le graphique 3.12. La part du travail à temps partiel en Ontario est passée de 13,5 % de l’emploi total en 1976 à 19,0 % en 2016. Pendant la même période, le travail autonome a connu une croissance, passant de 10,5 % à 15,7 %, et le cumul d’emplois a plus que doublé, passant de 2,2 % à 5,4 %. La part des emplois temporaires a aussi augmenté, passant de 4,7 % en 1989 à 10,7 % en 201624.

La plupart des différentes autres formes d’emploi ont enregistré des hausses avant 2000, et leur part de l’emploi total s’est stabilisée depuis, sauf le travail temporaire dont la part de l’emploi total a continué d’augmenter jusque vers 2005, pour ensuite se stabiliser. Ces autres formes d’emploi représentent actuellement environ 40 % de l’emploi total en Ontario25.

Certains travailleurs qui occupent une autre forme d’emploi préféreraient sans doute une relation plus traditionnelle avec leur employeur. Cependant, il y a aussi des personnes qui préfèrent une autre forme d’emploi alternative et tirent parti de la disponibilité et de la variété de tels emplois. Malheureusement, il n’y a pas de données sur ces préférences.

Hausse de l’emploi atypique

Pour certaines autres formes d’emploi, le travailleur n’a pas de lien à temps plein continu avec l’employeur et peut avoir à travailler des heures irrégulières ou incertaines et toucher un salaire irrégulier ou incertain. La section qui suit présente des estimations concernant certains sous-ensembles d’autres formes d’emploi qui sont jugés indésirables par les travailleurs ou ont des éléments de précarité. C’est ce qu’on appelle un emploi atypique dans le présent document26.

L’emploi atypique n’est pas facile à mesurer puisque les enquêtes statistiques actuelles ne recueillent pas de données sur bon nombre d’aspects possibles. Étant donné les contraintes que présentent les enquêtes statistiques actuelles, l’emploi atypique désigne ici le travail temporaire, comprenant le travail à contrat, saisonnier, occasionnel et d’autres formes d’emplois temporaires, le travail à temps partiel involontaire, le travail autonome sans employés et le cumul d’emplois faiblement rémunérés27.

Le travail à temps partiel volontaire est exclu de la définition d’emploi atypique pour plusieurs raisons. Les personnes qui travaillent à temps partiel volontairement peuvent choisir cette forme de travail parce qu’elles sont aux études, sont semi-retraitées, sont un gagne-pain secondaire dans la famille ou prennent soin d’enfants ou d’une personne âgée. Les femmes en particulier sont surreprésentées dans ces situations. Si les conditions changeaient, par exemple, et si des services de garde d’enfants plus abordables étaient disponibles, elles pourraient alors préférer obtenir un emploi à temps plein. Par ailleurs, d’autres personnes qui travaillent à temps partiel indiquent qu’elles veulent et peuvent travailler plus d’heures. Ces travailleurs sont inclus dans l’emploi atypique parce qu’ils préféreraient un emploi à temps plein, mais qu’ils ne peuvent pas en trouver un.

Le cumul d’emplois a plus que doublé au cours des 25 dernières années, passant de 2,2 % de l’emploi total en 1976 à 5,4 % en 2016. Ce qui est préoccupant, c’est que les personnes qui cumulent plus d’un emploi ont besoin de tous ces emplois pour joindre les deux bouts. Par ailleurs, il y a plus de professionnels hautement spécialisés en demande qui occupent plus d’un emploi. Comme les préoccupations concernent les travailleurs du premier groupe, la définition d’emploi atypique comprend le cumul d’emplois lorsque le salaire des travailleurs en question est inférieur au salaire médian.

À partir de cette définition et de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, une série uniforme de données sur les tendances en matière d’emploi atypique est présentée pour la période allant de 1997 à 2016 (voir le graphique 3.13). La part de l’emploi atypique est passée de 23,1 % de l’emploi total en 1997 à 26,4 % en 2016, la majeure partie de la hausse étant attribuable à une augmentation de l’emploi temporaire.

La hausse de l’emploi atypique s’est surtout produite avant 2005 et la tendance est stable depuis 2009, s’établissant à environ 26 ou 27 %. Cela pourrait vouloir dire que le marché du travail s’est stabilisé et a atteint l’équilibre, le quart des emplois créés environ étant atypiques. De même, il pourrait y avoir d’autres formes d’emploi atypique qui prennent de l’ampleur et ne sont pas mesurées comme il convient actuellement.

Main-d’oeuvre de plus en plus diversifiée

La main-d’oeuvre de l’Ontario s’est diversifiée au fil des ans et cette tendance se poursuivra. Le vieillissement de la population, le rôle des femmes, l’immigration de même que l’emploi des personnes handicapées ont transformé la main d’oeuvre et continueront de le faire.

Travailleurs âgés

Le vieillissement de la population touche les travailleurs, créant une main-d’oeuvre plus mûre et plus âgée. Il y a des indications que les travailleurs plus âgés continuent à travailler plus longtemps que par le passé. Par exemple, le taux d’activité chez les personnes âgées de l’Ontario a plus que doublé, passant de 6,7 % en 2000 à 14,4 % en 2016. Les personnes âgées des deux sexes ont accru leur participation au marché du travail, comme le montre le graphique 3.14. L’âge médian de la retraite en Ontario est passé de 61,1 ans en 2000 à 64,8 ans en 2015.

Dans la mesure où les personnes âgées préfèrent des horaires plus souples et plus d’autonomie, cela pourrait se traduire par une augmentation du travail à temps partiel, du travail autonome et d’autres formes d’emploi. Le départ à la retraite des baby-boomers créera plus de débouchés pour les nouveaux venus sur le marché du travail.

Les femmes et le marché du travail

La hausse spectaculaire du taux de participation des femmes au marché du travail au cours des dernières décennies, qui est passé de 57,4 % chez les femmes âgées de 25 à 54 ans en 1976, à 80,8 % en 2016, a stimulé la croissance de la population active et contribué à la création de débouchés plus intéressants pour les femmes et à leur autonomie financière. Même si cette croissance semble avoir atteint un plateau, le rôle des femmes sur le marché du travail continue d’évoluer. Le pourcentage de femmes âgées de 25 ans et plus qui ont un grade universitaire se rapproche de celui des hommes, et plus de femmes (15 à 24 ans) sont inscrites à l’université aujourd’hui (55 %) que d’hommes (45 %)28. Malgré ces progrès, les femmes demeurent moins bien payées que les hommes, en moyenne, et elles sont largement sous-représentées dans les rangs de la haute direction et dans les conseils d’administration.

La participation accrue des femmes sur le marché du travail a contribué à faire augmenter le nombre de couples où les deux conjoints sont soutiens de famille, ont un emploi rémunéré et font du travail non rémunéré, comme celui de soignant. Ce changement dans la division de travail payé et non rémunéré a mis en relief la difficulté de concilier travail et famille, en particulier dans les familles où se trouvent de jeunes enfants lorsque le temps et le coût de la garde peuvent être élevés.

Immigrants

L’Ontario compte l’une des populations les plus diversifiées du monde en raison du grand nombre d’immigrants et de résidents temporaires que la province attire depuis toujours, et cette tendance devrait se poursuivre. L’origine de la majorité des immigrants a changé avec le temps, passant de l’Europe et des États-Unis à l’Asie. En 2015, les quatre principaux pays d’origine des immigrants en Ontario étaient l’Inde (19 %), les Philippines (17 %), la Chine (7 %) et le Pakistan (7 %).

La diversification de la main-d’oeuvre est un atout qui relie l’Ontario au reste du monde, mais elle représente également des défis pour ce qui est de l’information requise et de la compréhension des droits et des responsabilités29. Cela est particulièrement préoccupant vu que beaucoup d’immigrants récents occupent des emplois atypiques.

Les immigrants récents ont également de la difficulté à s’intégrer au marché du travail et touchent généralement des revenus plus bas. En 2016, le taux de chômage des immigrants (arrivés au cours des cinq dernières années) était de 11,4 %, soit presque le double du taux de chômage des personnes nées au Canada (6,3 %). Le taux de faible revenu30 en 2014 pour les immigrants récents était de 34,7 %, soit environ trois plus que le taux global qui était de 13,2 %.

Pour de plus amples renseignements sur les moyens que le gouvernement de l’Ontario met en oeuvre pour aider les immigrants admissibles à progresser sur le marché du travail, voir le chapitre 1, Tendances et projections démographiques.

Jeunes

Certains jeunes retardent leur arrivée sur le marché du travail, beaucoup souhaitant poursuivre leurs études et acquérir plus de formation. Cette tendance est positive, car le marché du travail génère des emplois hautement spécialisés. Cependant, certains jeunes ne sont ni en emploi, ni aux études, ni en formation (les jeunes NEET). En Ontario, le taux des jeunes NEET (15 à 29 ans) était généralement à la baisse, passant de 16,2 % en 1976 à un creux de 9,9 % en 1999. Le taux a augmenté de nouveau en 2016, passant à 11,1 %, fort probablement à cause de la récente récession. Eu égard à la disparition de nombreux emplois aux tâches répétitives, il est devenu plus difficile pour les jeunes et d’autres nouveaux venus sur le marché du travail, comme les immigrants récents, de trouver un emploi.

Impacts pour les travailleurs de l’Ontario

La mondialisation de l’économie a créé de nouvelles possibilités pour un grand nombre d’Ontariennes et d’Ontariens hautement qualifiés ou qui tirent profit des diverses formules de travail offertes de plus en plus. Pour bien d’autres, cependant, les changements qui se sont produits sur le marché du travail ont entraîné la baisse et le manque de prévisibilité de leurs revenus, réduit l’accès à des avantages sociaux fournis par l’employeur, et accru la tension pour les travailleurs et leur famille.

Évolution des horaires de travail et des pratiques en matière de rémunération

La forte concurrence sur les marchés de produits, qui exige que des biens et des services nouveaux et améliorés soient offerts, exerce de la pression sur les employeurs pour qu’ils accélèrent la livraison et répondent plus rapidement à l’évolution de la demande. Pour faire face aux fluctuations de la demande, les employeurs optent pour une main-d’oeuvre plus souple constituée d’un noyau d’employés permanents et d’un groupe périphérique de travailleurs occasionnels, d’entrepreneurs autonomes et de travailleurs à temps partiel. Par exemple, le travail à temps partiel est passé de 13,5 % en 1976 à 19,0 % en 2016.

Les pratiques en matière de rémunération ont aussi changé au fil des décennies, les employeurs ayant davantage recours à des arrangements tels que les options d’achat d’actions, les primes, la rémunération au rendement et d’autres formes de rémunération31. Cela a contribué à accroître les inégalités et est probablement un des facteurs qui a donné lieu à un écart entre la croissance du PIB par habitant, d’une part, et les salaires, les revenus et d’autres mesures du mieux-être, d’autre part.

Augmentation du nombre de travailleurs à faible revenu

Depuis les années 1990, on a constaté une augmentation du nombre de travailleurs de l’Ontario dont le revenu est inférieur à la Mesure de faible revenu (MFR). En 2014, 9,0 % des Ontariennes et des Ontariens occupant un emploi, soit 644 000, faisaient partie d’un ménage dont le revenu était inférieur à la MFR. Ce pourcentage était de 5,9 % en 1996. L’écart est grand entre les types de travailleurs. En effet, le pourcentage de travailleurs occupant un emploi atypique faiblement rémunéré est de trois à quatre fois plus élevé que pour les autres travailleurs. Bien que les taux de faible revenu soient volatils, il semble qu’ils tendent à être à la hausse pour les travailleurs occupant un emploi atypique et plus stables pour les autres travailleurs. Pour les travailleurs à faible revenu, en raison des faibles taux de rémunération ou des heures de travail insuffisantes, ou de ces deux facteurs, il est difficile de gagner un revenu d’emploi adéquat et de gérer les coûts liés au travail, tels que les frais de garde d’enfants.

Réduction de l’accès aux prestations de santé et aux régimes de retraite offerts par les employeurs

À l’évolution du marché du travail au cours des 20 dernières années, dont on a traité auparavant, s’est greffée une réduction de l’accès aux prestations de santé et aux régimes de retraite offerts par les employeurs.

L’accès à des prestations de santé offertes par des employeurs varie considérablement en fonction des caractéristiques des emplois. Les emplois dans de grandes entreprises, à salaire élevé, à temps plein et syndiqués sont plus susceptibles de donner droit à ces prestations. Comme le démontre le graphique 3.16, les travailleurs occupant des emplois atypiques sont beaucoup moins susceptibles d’avoir accès à des prestations offertes par des employeurs. Par exemple, en 2011, seulement 23 % de ces travailleurs bénéficiaient d’une assurance médicale ou de régimes de santé offerts par leur employeur, comparativement à 74 % pour les autres travailleurs.

Le nombre de travailleurs bénéficiant d’un régime de retraite d’employeur a aussi diminué en Ontario, passant de 42 % au début des années 1990 à 34 % aujourd’hui, en raison surtout du nombre réduit de régimes de retraite offerts dans le secteur privé. Comme pour les prestations de santé, les travailleurs occupant des emplois atypiques sont moins susceptibles que les autres de bénéficier d’un régime de retraite. En 2011, parmi les travailleurs ontariens sans régime de retraite d’employeur, environ le quart occupait plusieurs emplois et environ un autre quart était employé à temps partiel. En comparaison, parmi les travailleurs ontariens bénéficiant d’un régime de retraite d’employeur, seulement le dixième environ occupait plusieurs emplois et environ un autre dixième était employé à temps partiel32.

On opte désormais davantage pour des régimes de retraite à cotisations déterminées au détriment des régimes à prestations déterminées, particulièrement dans le secteur privé. Entre 1976 et 2015, le pourcentage de tous les travailleurs de l’Ontario qui avaient un régime à prestations déterminées est passé de 39 % à 23 %, tandis que la part de ceux dont le régime est à cotisations déterminées est passée de 3 à 6 %. En raison de cette nouvelle tendance, les employés doivent assumer divers risques, dont ceux qui sont liés aux investissements, ce qui peut avoir des répercussions importantes pour la sécurité des futurs revenus de retraite des travailleurs.

À cause de ces facteurs, il est plus difficile d’épargner en vue de la retraite. Selon une analyse récente effectuée conjointement par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, si aucune nouvelle mesure n’est prise, environ le quart des familles canadiennes n’auront pas suffisamment d’économies pour maintenir leur niveau de vie à la retraite. Cette même étude a révélé qu’environ la moitié des familles canadiennes à revenu moyen sans accès à un régime de retraite d’employeur risquent de ne pas avoir suffisamment d’économies pour leur retraite.

Accès aux soutiens offerts aux personnes qui ont perdu leur emploi

Selon un certain nombre d’études, les programmes de protection sociale instaurés il y a longtemps au Canada, tels que l’assurance-emploi (a.-e.), ne sont pas adaptés à l’évolution du marché du travail33. L’assurance-emploi a été établie dans les années 1940 en vue de fournir un soutien du revenu et des possibilités de formation aux Canadiennes et aux Canadiens se retrouvant au chômage. Cependant, à l’heure actuelle, le programme ne fournit pas de soutien à la plupart des Ontariennes et des Ontariens au chômage. Les travailleurs occupant des emplois atypiques, tels que ceux qui ont des emplois à temps partiel, plusieurs emplois ou à contrat, ne sont souvent pas admissibles à des prestations ordinaires d’a.-e. Dans l’ensemble, seulement 29 % environ des chômeurs de l’Ontario peuvent recevoir des prestations ordinaires d’a.-e., comparativement à 44 % en moyenne dans les autres provinces (voir le graphique 3.17).

Les lacunes du programme d’a.-e. quant à l’admissibilité aux prestations ordinaires limitent l’accès aux programmes de formation financés par le programme, car la plupart de ceux-ci ne sont offerts qu’aux bénéficiaires anciens ou actuels de l’a.-e.

Sécurité au travail

Les principales tendances en emploi dont il a été question précédemment, dont l’accroissement des différentes formes d’emploi, ont entraîné une modification de la relation employeur-employé. Elles ont aussi mené à l’augmentation du nombre d’entrepreneurs indépendants et d’autres types d’emplois autonomes. Il est important que toutes les parties connaissent leurs droits et leurs responsabilités en vertu des mesures législatives provinciales en matière de santé et de sécurité au travail. Le système de santé et de sécurité au travail doit aussi s’adapter aux changements qui se produisent quant à la nature de l’emploi.

Malgré les défis que présente le changement des milieux de travail dans la province, la sécurité au travail continue de s’améliorer et l’amélioration continue demeure une priorité. Par conséquent, l’Ontario enregistre moins de blessures au travail. Le taux déclaré de fréquence des lésions par tranche de 100 travailleurs d’employeurs tenus de cotiser a diminué pour passer de 2,37 % en 2000 à 0,85 % en 2015.

L’Ontario affiche également le plus faible taux de fréquence de lésions par 100 travailleurs d’employeurs tenus de cotiser par rapport à toutes les autres provinces et aux territoires34.

Stratégies pour faire face à l’évolution du marché de l’emploi

Face aux changements considérables que connaît le marché du travail, les programmes et les services s’adaptent afin de faire en sorte que les personnes continuent de pouvoir participer à l’économie et de réaliser leur plein potentiel. Le gouvernement déploie des efforts afin d’établir les conditions et les soutiens dont les travailleurs et les entreprises ont besoin pour faire face à la concurrence dans l’économie mondiale, tout en fournissant un solide filet de sécurité sociale à toute la population de l’Ontario, à toutes les étapes de la vie.

Examen portant sur l’évolution des milieux de travail

Les changements considérables qui se sont produits dans les milieux de travail au cours des dernières décennies ont fait ressortir la nécessité de mieux protéger les travailleurs tout en soutenant les entreprises. L’Ontario a entrepris l’Examen portant sur l’évolution des milieux de travail et nommé deux conseillers spéciaux chargés d’obtenir les commentaires de la population de l’Ontario sur la meilleure façon de moderniser les mesures législatives sur le travail et l’emploi de la province dans l’économie en évolution actuelle. Un rapport final renfermant des recommandations devrait être rendu public en 2017.

Accès à des services de garde d’enfants abordables

L’accès à des services de garde d’enfants de qualité et abordables est essentiel pour que les travailleurs participent pleinement au marché de l’emploi. Le manque de services de garde d’enfants abordables peut amener certains parents à quitter le marché du travail ou à opter pour un emploi à temps partiel même s’ils préféreraient travailler à temps plein. Puisque les femmes sont plus susceptibles de réduire leurs heures de travail pour s’occuper d’un enfant, le manque d’accès à des services de garde abordables est aussi un facteur qui contribue à l’écart salarial entre les sexes.

L’Ontario prend déjà des mesures pour établir un système accessible, abordable et de qualité pour l’éducation de la petite enfance et la garde d’enfants qui respecte les choix des parents et leur donne de la souplesse, tout en favorisant le développement sain des enfants. Le programme de maternelle et de jardin d’enfants à temps plein est offert à tous les enfants de quatre ans et de cinq ans en Ontario depuis septembre 2014. L’Ontario met aussi en place un système coordonné et renouvelé de centres de l’Ontario pour la petite enfance et la famille et travaille avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à l’élaboration d’un cadre national pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.

L’Ontario créera 100 000 nouvelles places en garderie agréée

En septembre 2016, le gouvernement a annoncé qu’il créerait 100 000 nouvelles places dans les garderies agréées au cours des cinq prochaines années pour aider plus de familles à trouver des places en garderie qui sont abordables et de qualité.

Salaire minimum

Le salaire minimum est un important moyen d’aider les travailleurs à faible revenu. Le gouvernement a aidé les travailleurs à faible revenu et leur famille en haussant le salaire minimum de 66 % depuis 2003. Les redressements annuels sont désormais liés à l’inflation, ce qui permet aux entreprises de planifier en vue de faire face à toute hausse.

Réforme de la sécurité du revenu et innovation

En raison des changements structurels que connaît le marché du travail, la capacité de certains travailleurs de gagner un revenu d’emploi adéquat est réduite, et une plus grande part de travailleurs se retrouvent dans une situation d’emploi précaire avec des revenus moins sûrs. Pour s’attaquer à ce problème, on pourrait rehausser les soutiens en milieu de travail pour les travailleurs à faible revenu. Ces soutiens ont le potentiel d’assurer un revenu plus stable aux personnes dont le revenu d’emploi est inadéquat et fluctuant.

Le Canada et l’Ontario ont déjà pris des mesures pour fournir des soutiens aux familles à revenu faible ou moyen par l’entremise de l’Allocation canadienne pour enfants et de la Prestation ontarienne pour enfants. Ces mesures contribuent à augmenter les revenus des familles avec enfants admissibles, dont celles qui travaillent.

Une autre solution, proposée par de nombreux experts et le gouvernement de l’Ontario, consisterait à ce que le gouvernement fédéral bonifie considérablement la Prestation fiscale pour le revenu de travail (PFRT). Cette prestation soutient les travailleurs à faible revenu de l’Ontario et est particulièrement importante pour les travailleurs sans enfants qui ne sont donc pas admissibles à des prestations pour enfants.

L’Ontario va de l’avant et met aussi en oeuvre le Projet pilote portant sur le revenu de base de l’Ontario, annoncé dans le budget de 2016, qui visera à savoir si un revenu de base offrirait un soutien du revenu plus constant et plus prévisible eu égard au marché du travail actuel. Ce projet pilote orientera l’élaboration d’un plan pluriannuel visant la réforme de l’aide sociale dans le contexte du système global de sécurité du revenu.

Des stratégies innovatrices seront peut-être aussi nécessaires pour que les familles aient accès à des programmes de médicaments ou à d’autres prestations de santé lorsque ceux-ci ne sont pas offerts par leur employeur. Des études ont démontré les défis auxquels font face certaines familles à faible revenu lorsqu’elles doivent payer de leur poche des médicaments sur ordonnance35. Pour faire face à ces préoccupations, plusieurs observateurs ont demandé au gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces pour établir un régime national touchant les médicaments délivrés sur ordonnance.

La province a mis en oeuvre le programme Beaux sourires Ontario, qui permet aux familles à faible revenu d’obtenir des prestations pour les soins dentaires des enfants et des jeunes âgés de 17 ans et moins.

Lorsque des travailleurs perdent leur emploi, il est important qu’ils puissent avoir accès à des soutiens du revenu et à des programmes de formation pour les aider à se remettre sur pied rapidement. C’est la raison pour laquelle l’Ontario fournit un certain nombre de services d’emploi et de formation par l’entremise d’Emploi Ontario et du système d’aide sociale. Toutefois, comme cela est indiqué auparavant dans le présent chapitre, de nombreux travailleurs au chômage en Ontario ne sont pas admissibles aux prestations d’a.-e. ni à la formation offerte dans le cadre de l’a.-e., y compris certains programmes offerts par Emploi Ontario.

Le gouvernement fédéral a apporté récemment quelques améliorations à l’a.-e. pour faire en sorte qu’il soit plus facile pour les personnes entrées depuis peu sur le marché du travail, y compris les jeunes et les nouveaux immigrants en Ontario, d’avoir droit à des prestations d’a.-e. si elles se retrouvent au chômage. Il est cependant nécessaire d’effectuer un examen exhaustif du programme d’a.-e. en vue d’envisager d’autres réformes qui permettraient de mieux adapter ce programme au marché du travail en évolution. Dans le cadre de cet examen, on devrait envisager des programmes innovateurs, notamment la possibilité de mettre à l’essai un régime d’assurance du revenu, d’étoffer les dispositions actuelles en vue de mieux appuyer les personnes occupant plusieurs emplois et de mettre à l’essai de nouvelles formes d’aide pour les personnes occupant un emploi atypique qui n’ont généralement pas droit à des prestations ordinaires d’a.-e. si elles se retrouvent au chômage.

Formation inclusive et efficace

L’Ontario continue à investir dans les mesures de soutien pour la transition au marché du travail afin d’aider les travailleurs de la province à trouver un emploi au sein de l’économie en évolution rapide. Le gouvernement reconnaît que les Ontariennes et Ontariens s’inquiètent de leur place dans la nouvelle économie et des défis que celle-ci comporte. La province s’emploie à prendre des mesures pour faire face à ces préoccupations, maintenant et dans l’avenir.

La province investit plus de 1 milliard de dollars par année dans les programmes et les services relatifs à l’emploi, à la formation et au marché du travail par l’entremise d’Emploi Ontario, qui sert plus de un million d’Ontariennes et d’Ontariens, dont des jeunes, des personnes handicapées et des personnes âgées.

Des investissements supplémentaires sont aussi faits dans le système d’aide sociale pour fournir un éventail de services qui aident les personnes faisant face à de plus grands obstacles à l’emploi et qui ont besoin de plus de mesures de stabilisation de la vie et de services préalables à l’emploi dans le cadre de leur cheminement vers l’employabilité.

Compte tenu des défis auxquels font face les jeunes de l’Ontario en matière d’emploi, la province continue de mettre l’accent sur les mesures de soutien à l’emploi pour ce groupe. En 2013, l’Ontario a mis en oeuvre la Stratégie d’emploi pour les jeunes et l’a renouvelée en 2015, en investissant 250 millions de dollars de plus sur deux ans pour aider un plus grand nombre de jeunes à trouver un emploi et faire en sorte que les employeurs puissent embaucher les travailleurs qualifiés dont ils ont besoin pour prospérer au sein de l’économie en évolution.

En 2016, l’Ontario a annoncé le remaniement du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario et la mise en oeuvre de la Subvention ontarienne d’études (SOE). En plus de rendre le financement plus prévisible, la SOE permettra aux étudiants de familles dont le revenu est inférieur à 50 000 $ d’être exonérés des frais de scolarité moyens de leurs études collégiales ou universitaires.

L’Ontario offre aussi des mesures de soutien à l’emploi spécialisées aux personnes handicapées. Par exemple, le volet Soutien de l’emploi du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) offre de la formation, des services de recherche d’emploi, de l’encadrement en cours d’emploi et d’autres mesures de soutien de l’emploi aux personnes handicapées. En 2016, l’Ontario s’est engagé à élaborer une stratégie d’emploi provinciale pour les personnes handicapées de l’Ontario afin de leur permettre d’avoir accès à un continuum de services d’emploi et de formation.

En outre, la province continue de moderniser, de transformer et d’intégrer les programmes et les services d’emploi et de formation à l’échelle du gouvernement pour aider les Ontariennes et Ontariens à trouver le programme de soutien de l’emploi dont ils ont besoin. Dans le cadre de la transformation, le gouvernement a lancé Compétences+ Ontario à l’automne 2016, un projet pilote axé sur des secteurs jumelant les personnes qualifiées qui cherchent un emploi aux employeurs des secteurs pertinents. Ce programme aidera les Ontariennes et Ontariens à mieux s’y retrouver au sein de l’économie actuelle, où la nature de l’emploi évolue.

Amélioration de la santé et de la sécurité au travail

Les programmes de santé et de sécurité au travail portent sur le mieux-être des employés dans l’exercice de leurs fonctions.

La Loi sur la santé et la sécurité au travail procure le cadre juridique et les outils permettant d’assurer la santé et la sécurité au travail. Elle décrit les droits et les devoirs de toutes les parties sur les lieux de travail. Elle établit les procédures à suivre lorsqu’il y a des dangers sur les lieux de travail et assure l’exécution de la loi lorsque les parties sur les lieux de travail ne s’y conforment pas volontairement. Les initiatives du gouvernement en matière de santé et de sécurité au travail mettent l’accent sur la prévention par l’entremise du directeur général de la prévention.

Le gouvernement de l’Ontario continue de faire des progrès quant à la santé et à la sécurité au travail. En plus d’avoir apporté un certain nombre de modifications réglementaires, il a mis en oeuvre pratiquement toutes les recommandations prioritaires faites par le Comité consultatif d’experts de la santé et de la sécurité au travail, dont la formation obligatoire axée sur la sensibilisation aux droits et aux responsabilités des travailleurs, des superviseurs et des employeurs en matière de santé et de sécurité et l’instauration d’exigences liées à la formation pour les personnes travaillant dans les hauteurs. L’exécution de la Loi sur la santé et la sécurité au travail continue de mettre l’accent sur les travailleurs les plus vulnérables en effectuant, par exemple, des inspections ciblées en milieu de travail pour les travailleurs qui sont nouveaux et jeunes.

Le gouvernement a aussi mis en oeuvre une stratégie axée sur la prévention pour s’attaquer à l’état de stress post-traumatique (ESPT) pour les premiers intervenants, tels que les policiers, les pompiers et les ambulanciers paramédicaux. Cette stratégie met l’accent sur l’augmentation de la sensibilisation à l’ESPT parmi les premiers intervenants, sur l’accès des employeurs à des ressources permettant d’améliorer les soutiens en matière de santé mentale pour les premiers intervenants, sur la promotion de la recherche qui appuie la prévention de l’ESPT et sur la tenue d’un sommet annuel des leaders.

Pour s’attaquer à l’ESPT en milieu de travail, le gouvernement a adopté la Loi de 2016 d’appui aux premiers intervenants de l’Ontario (état de stress post-traumatique), qui modifie la Loi de 1997 sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail et la Loi sur le ministère du Travail. En vertu des modifications, on suppose que l’ESPT diagnostiqué chez les premiers intervenants, au sens de la loi, est lié au travail. Cette mesure permet d’accélérer l’accès aux prestations et aux ressources de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) et aux traitements.

Amélioration de la sécurité du revenu de retraite pour les travailleurs actuels

Comme cela est indiqué précédemment dans le chapitre, en raison de la diminution du nombre de personnes participant à un régime de retraite d’employeur et de l’accroissement de la longévité, il sera difficile pour les travailleurs actuels d’économiser suffisamment pour bénéficier d’une retraite confortable. Ces changements signifient également que la plupart des travailleurs doivent gérer leurs propres économies, ce qui les amène à devoir prendre des décisions complexes en matière d’investissement et comprendre les risques que comporte la longévité.

Pour faire face à ce défi, il faut une stratégie à volets multiples qui englobe le renforcement de la littéracie financière et des mesures de protection des consommateurs afin que les petits épargnants puissent obtenir des conseils judicieux et impartiaux en matière d’investissement et des renseignements clairs sur les frais associés à différents types d’investissement. La stratégie doit aussi porter sur l’amélioration de l’accès à des véhicules d’épargne en vue de la retraite, particulièrement pour les travailleurs qui occupent un emploi atypique, et sur le renforcement et la modernisation des régimes de retraite d’employeur en place.

L’Ontario a déjà réalisé des progrès considérables en vue de sécuriser la retraite. Ces progrès englobent la conclusion d’un accord historique sur la bonification du Régime de pensions du Canada entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Grâce à cette bonification, tous les travailleurs, dont ceux qui occupent un emploi atypique, obtiendront une augmentation appréciable de leur futur revenu de retraite, qui sera prévisible, versé à vie et entièrement indexé à l’inflation.

En vue d’augmenter les possibilités d’épargne-retraite, l’Ontario a instauré les régimes de pension agréés collectifs, un outil d’épargne innovateur offert à peu de frais, géré par des professionnels et transférable d’un employeur à l’autre.

Pour les petits épargnants et investisseurs, l’Ontario déploie des efforts pour renforcer la protection des consommateurs en examinant le cadre réglementaire pour la planification financière et les services de conseillers. Il envisage notamment des moyens d’aider les travailleurs qui participent à un régime à cotisations déterminées à gérer leurs investissements et à planifier leur retraite.

L’Ontario continuera à prendre des mesures pour moderniser le cadre réglementaire des régimes de retraite d’employeur en place, notamment en examinant les règles de capitalisation du déficit de solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées, en élaborant un cadre pour les régimes de retraite interentreprises à prestations cibles et en renforçant la surveillance.

Notes

1 Pour de plus amples renseignements, voir Morley Gunderson, Changing Pressures Affecting the Workplace and Implications for Employment Standards and Labour Relations Legislation, 2015, et les sources qui s’y trouvent.

2 Voir Examen portant sur l’évolution des milieux de travail – Rapport intérimaire des conseillers spéciaux, ministère du Travail, 2016. Le rapport aborde également le changement de la nature du travail.

3 Par exemple, voir www.weforum.org/agenda/2016/01/the-fourth-industrial-revolution-what-it-means-and-how-to-respond.

4 David A. Green et Benjamin M. Sand, « Has the Canadian Labour Market Polarized? » Canadian Journal of Economics, vol. 48, no 2 (mai 2015), p. 612-646.

5 Les plateformes de travail en ligne permettent aux travailleurs de faire connaître leurs habiletés et de trouver des emplois à court terme chez des employeurs du monde entier. C’est ce qu’on appelle le travail virtuel.

6 Horizons de politiques Canada, Le Canada et le changement de la nature du travail, gouvernement du Canada, 2016.

7 Sunil Johal et Jordan Thirgood, Working without a Net: Rethinking Canada’s Social Policy in the New Age of Work, Mowat Centre, novembre 2016; Creig Lamb, The Talented Mr. Robot: The Impact of Automation on Canada’s Workforce, Brookfield Institute for Innovation and Entrepreneurship, juin 2016.

8 L’économie à la demande désigne l’économie dans laquelle des exploitants indépendants travaillent à des projets à court terme.

9 Voir également James Manyika et coll., Harnessing Automation for a Future that Works, McKinsey Global Institute, janvier 2017.

10 Voir Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, The Future of Employment: How Susceptible Are Jobs to Computerization? Université d’Oxford, 2013, et Brookfield, 2016.

11 Calculs fondés sur l’Enquête sur la population active de 2016.

12 Wen Ci, René Morissette et Grant Schellenberg, Embauches et mises à pied dans les régions économiques du Canada : estimations expérimentales, 2003 à 2013, Statistique Canada, 2016.

13 Melanie Arntz, Terry Gregory et Ulrich Zierahn, « The Risk of Automation for Jobs in OECD Countries: A Comparative Analysis », Documents de travail de l'OCDE sur les questions sociales, l'emploi et les migrations, no 189, OECD Publishing, Paris (2016).

14 Voir Frey et Osborne, 2013, et Brookfield, 2016.

15 Brookfield Institute for Innovation and Entrepreneurship, 2016.

16 Le revenu médian après impôts rajusté est un indicateur plus général du niveau de vie que les salaires, car il comprend d’autres revenus marchands (comme les revenus de placements) et les transferts des gouvernements. Le concept de revenu par « équivalent-adulte » est utilisé ici, c’est-à-dire que chaque particulier de l’Ontario, y compris les enfants, est représenté par les revenus de son ménage rajustés pour tenir compte de la taille du ménage.

17 Indice canadien du mieux-être, How Are Canadians Really Doing? The 2016 CIW National Report, Indice canadien du mieux-être et Université de Waterloo; Indice canadien du mieux-être, How Are Ontarians Really Doing? A Provincial Report on Ontario Wellbeing, Indice canadien du mieux-être et Université de Waterloo, 2014. Pour l’Ontario, le PIB réel par habitant a augmenté de 24,1 % de 1994 à 2010, alors que l’indice du mieux-être s’est accru de 7,3 % pendant cette période.

18 Institute for Competitiveness and Prosperity, Looking Beyond GDP: Measuring Prosperity in Ontario, Working Paper 27, octobre 2016.

19 Les taux de syndicalisation désignent le nombre d’employés membres d’un syndicat par rapport au nombre total de salariés. On les utilise plutôt que les taux de couverture syndicale pour pouvoir présenter une série de données sur une plus longue période. Les taux de couverture syndicale sont en gros de 1 à 3 points de pourcentage plus élevés que les taux de syndicalisation.

20 Voir David H. Autor, Frank Levy et Richard J. Murnane, « The Skill Content of Recent Technological Change: An Empirical Exploration », Quarterly Journal of Economics (novembre 2003); et Anton Cheremukhin, « Middle-Skill Jobs Lost in US Labor Market Polarization », Dallas Fed Economic Letter, vol. 9, no 5 (mai 2014).

21 Ce classement est en fait une classification professionnelle à deux chiffres. On remarquera que certains groupes de professions cadrent mal avec ces catégories, car ils peuvent comprendre des tâches répétitives et non répétitives ou encore des tâches cognitives et non cognitives. Les conclusions sont présentées ici pour donner une idée des tendances générales.

22 Voir le site Web d’Emploi et Développement social Canada à http://occupations.esdc.gc.ca/sppc-cops/l.3bd.2t.1.3ls@-fra.jsp?.

23 L’emploi typique désigne généralement un emploi dont le titulaire a un seul employeur chez qui il travaille toute l’année et à plein temps, jouit d’importants avantages sociaux et de droits prévus par la loi, et s’attend de conserver son emploi indéfiniment. Voir Cynthia Cranford, Leah Vosko et Nancy Zukewich, « Precarious Employment in the Canadian Labour Market: A Statistical Portrait », Just Labour, vol. 3 (2003), p. 6-22.

24 Les données sur le travail temporaire sont disponibles seulement depuis l’Enquête sur la population active de 1997. Elles sont également disponibles dans les Enquêtes sociales générales pour certaines années.

25 Il se peut qu’une forme d’emploi ait deux caractéristiques ou plus. Il est donc impossible d’additionner les chiffres pour déterminer la taille du secteur des autres formes d’emploi. (Par exemple, une personne peut avoir un emploi temporaire à temps partiel et cumuler plus d’un emploi.)

26 Malheureusement, il n’y a pas de terminologie normalisée et d’autres publications parlent d’emplois alternatifs, non standard et précaires pour décrire des concepts semblables.

27 Voir aussi Leah F. Vosko, Nancy Zukewich et Cynthia Cranford, « Le travail précaire : une nouvelle typologie de l’emploi », L’emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, 2003.

28 Council of Ontario Universities, données sur les effectifs, cou.on.ca/numbers/multi-year-data/enrolment.

29 Gunderson, 2015.

30 Fondé sur la Mesure de faible revenu (MFR) de Statistique Canada. La MFR représente 50 % du revenu médian des ménages, rajusté selon la taille des ménages pour tenir compte des besoins.

31 Voir Gunderson, 2015.

32 Les travailleurs étaient âgés de 18 à 64 ans et excluaient les travailleurs autonomes et ceux dont les revenus annuels étaient inférieurs à 3 500 $.

33 Making it Work: Final Recommendations of the Mowat Centre Employment Insurance Task Force, Mowat Centre, 2011.

34 Ministère du Travail de l’Ontario, Santé et sécurité au travail en Ontario : Rapport annuel 2014-2015, novembre 2015.

35 D. Locker, J. Maggirias et C. Quiñonez, « Income, Dental Insurance Coverage, and Financial Barriers to Dental Care among Canadian Adults », Journal of Public Health Dentistry, vol. 71, no 4 (2011), p. 327-334; Claudia Sanmartin, Deirdre Hennessy, Yuqian Lu et Michael Robert Law, Tendances des frais de soins de santé non remboursés au Canada, selon le revenu du ménage, de 1997 à 2009, Statistique Canada, 2014.

Description des graphiques

Graphique 3.1 : PIB réel mondial et échanges mondiaux, estimations et projections, 1980 = 100

Depuis 1980, le PIB réel mondial augmente constamment. Cependant, les échanges mondiaux de biens et de services ont connu une croissance plus rapide que le PIB et on prévoit qu’ils continueront de croître rapidement jusqu’en 2021.

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Graphique 3.2 : Évolution des progrès technologiques

Infographie démontrant les quatre révolutions industrielles comme suit : la première révolution industrielle qui faisait intervenir la machine à vapeur et les machines-outils. La deuxième révolution industrielle comprenait l’électrification des usines, la production de masse et l’automobile. La troisième révolution industrielle marquait le début de la numérisation et la quatrième s’appuie sur la communication machine à machine et la technologie infonuagique.

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Graphique 3.3 : Taux d’embauche et de mise à pied en Ontario, personnes de 18 à 64 ans

Les taux d’embauche et de mise à pied, exprimés en pourcentage de l’emploi total, ont tous deux été relativement stables entre 2003 et 2013, mais le taux d’embauche a chuté en 2009. Le taux d’embauche s’établissait en moyenne à 18,4 % et le taux de mise à pied à 4,9 % de l’emploi total.

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Graphique 3.4 : Divergence entre la croissance économique et le revenu médian, année de base 1976

Entre 1976 et 2015, le PIB par habitant a connu une croissance de 57 %, beaucoup plus rapide que la hausse du revenu médian après impôt, laquelle a été de 27 %. La majeure partie de la divergence s’est produite pendant la période entre les années 1990 et le début des années 2000.

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Graphique 3.5 : Tendance divergente entre la croissance économique et le mieux-être, année de base 1994

Entre 1994 et 2014, le PIB par habitant s’est accru de 38 % tandis que l’Indice canadien du mieux-être a augmenté de 10 % seulement.

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Graphique 3.6 : Emploi dans les industries productrices de biens en pourcentage de l’emploi total

Ce graphique montre l’emploi dans les secteurs des ressources, des services publics, de la construction et de la fabrication exprimé en pourcentage de l’emploi total. Dans le secteur de la fabrication, qui représente la plus grande part, l’emploi a connu une baisse, passant de 23 % de l’emploi total en 1975 à 11 % en 2016. Dans le secteur des ressources, l’emploi a chuté également, passant de 4,6 % à 1,6 % de l’emploi total. Dans d’autres industries, l’emploi a été plus stable, ayant affiché une légère hausse dans le secteur de la construction et fléchi légèrement dans le secteur des services publics.

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Graphique 3.7 : Industries des services où la croissance a été la plus rapide, en pourcentage de l’emploi total

Les quatre industries où la croissance de l’emploi a été la plus rapide sont les suivantes, en ordre selon la taille de l’industrie en 2016 : soins de santé et assistance sociale, services professionnels, scientifiques et techniques, hébergement et services de restauration, et services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien. La croissance de l’emploi dans ces quatre industries a été constante entre 1976 et 2016.

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Graphique 3.8 : Taux de syndicalisation par secteur, 1981 et 2016

Entre 1981 et 2016, le taux de syndicalisation dans tous les secteurs a diminué, passant de 35 % à 25 %. Dans le secteur privé, le taux de syndicalisation a diminué, passant de 29 % à 13 %, tandis que dans le secteur public, il s’est accru et est passé de 66 % à 69 %.

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Graphique 3.9 : Changement de l’emploi selon le type de profession en Ontario, année de base 1987

Entre 1987 et 2016, l’emploi dans les professions répétitives s’est accru lentement, augmentant de 13 % pendant la période. Les emplois manuels non répétitifs se sont accrus de 64 %, et ce sont les professions cognitives non répétitives qui ont connu la croissance la plus rapide, augmentant de 94 %.

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Graphique 3.10 : Croissance de l’emploi selon le niveau de compétence, année de base 1987

Entre 1987 et 2016, le niveau de compétence ayant connu la croissance la plus rapide a été le niveau de compétence A, où l’emploi s’est accru de 145 % pendant la période. L’emploi dans les professions du niveau de compétence A (gestion) a augmenté de 26 %, dans le niveau de compétence B, de 42 %, et dans le niveau de compétence D, de 35 %. C’est dans le niveau de compétence C que l’emploi a affiché la croissance la plus faible à 12 %.

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Graphique 3.11 : Salaire horaire réel par niveau de compétence, 1997 et 2016

Les salaires les plus élevés se retrouvent dans les professions du niveau de compétence A (gestion) à 44,10 dollars l’heure, suivies des professions du niveau de compétence A (professionnels) à 37,00 $ l’heure, des professions du niveau de compétence B à 25,30 $ l’heure, et des professions du niveau de compétence C à 19,10 $ l’heure. Les professions du niveau de compétence A (gestion) ont enregistré la hausse des salaires réels la plus élevée depuis 1997, suivies des professions du niveau de compétence A (professionnels). Les professions des niveaux de compétence B et C ont affiché de très faibles hausses des salaires réels et les salaires dans les professions du niveau de compétence D ont légèrement diminué.

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Graphique 3.12 : Autres formes d’emploi exprimées en pourcentage de l’emploi total

Entre 1976 et 2016, le travail à temps partiel est passé de 13,5 % à 19,0 % de l’emploi total, le travail autonome est passé de 10,5 % à 15,7 % de l’emploi total, et le cumul d’emplois est passé de 2,2 % à 5,4 % de l’emploi total. Entre 1989 et 2016, le travail temporaire est passé de 4,7 % à 10,7 %.

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Graphique 3.13 : Décomposition de l’emploi atypique, en pourcentage de l’emploi total

Au total, la part de l’emploi atypique, soit le nombre de travailleurs ayant au moins une caractéristique de travail atypique, est passée de 23 % en 1997 à 26 % en 2016. Quatre pour cent des travailleurs occupent un emploi comportant au moins deux éléments atypiques. Parmi les travailleurs qui occupent un emploi ayant une seule caractéristique atypique, les éléments de travail atypique les plus importants sont le travail temporaire et le travail autonome sans employés. Chacune de ces catégories représentait environ 9 % de l’emploi en 2016. Les catégories plus petites sont le travail à temps partiel involontaire (3 % en 2016) et le cumul d’emplois faiblement rémunérés (2 % en 2016).

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Graphique 3.14 : Taux d’activité selon le sexe et par groupe d’âges

Le taux d’activité est le plus élevé chez les hommes âgés de 25 à 54 ans, mais il a diminué, passant de 96,1 % en 1976 à 90,4 % en 2016. Chez les femmes du même groupe d’âge, le taux d’activité s’est accu et est passé de 57,4 % en 1976 à 80,8 % en 2016, la majeure partie de l’augmentation étant survenue avant 1990. Chez les hommes et les femmes de plus de 65 ans, le taux d’activité a augmenté constamment depuis 2000. En 2016, les taux d’activité chez les hommes et les femmes de plus de 65 ans étaient de 18,3 % et de 11,1 % respectivement.

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Graphique 3.15 : Prévalence des travailleurs sous la Mesure de faible revenu après impôt

Entre 1996 et 2014, le pourcentage de travailleurs se situant sous la Mesure de faible revenu s’est accru constamment, passant de 5,9 % en 1996 à 9,0 % en 2014.

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Graphique 3.16 : Pourcentage des travailleurs ayant des avantages sociaux et des régimes de retraite fournis par l’employeur, emplois typiques et atypiques, Ontario, 2011

En 2011, 74,3 % des travailleurs occupant un emploi typique et 23,0 % de ceux qui occupaient un emploi  atypique avaient une assurance médicale ou un régime de soins médicaux; 75,7 % des travailleurs occupant un emploi typique et 22,8 % de ceux occupant un emploi atypique avaient une assurance-soins dentaires; 68,1 % des travailleurs occupant un emploi typique et 17,5 % de ceux occupant un emploi atypique avaient une assurance-vie ou une assurance-invalidité; 53,8 % des travailleurs occupant un emploi typique et 16,6 % de ceux occupant un emploi atypique bénéficiaient d’un régime de retraite de l’employeur.

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Graphique 3.17 : Part des chômeurs ontariens qui touchent des prestations ordinaires d’assurance-emploi

En 1976, 68 % des chômeurs ontariens touchaient des prestations ordinaires d’assurance-emploi. Ce chiffre était de 29 % en 2015 et est relativement stable depuis 1997, à l’exception d’une brève pointe en 2009 et 2010. La majeure partie de la baisse s’est produite entre 1990 et 2000.

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Graphique 3.18 : Taux de lésions avec interruption de travail (par 100 travailleurs d’employeurs tenus de cotiser)

La fréquence des lésions par 100 travailleurs d’employeurs tenus de cotiser a diminué, passant de 2,4 % en 2000 à 0,9 % en 2015.

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