Notes pour l'allocution de l'honorable Greg Sorbara, ministre des Finances, devant le Economic Club of Toronto

Le 1er octobre 2004

Notes pour l'allocution
de l'honorable Greg Sorbara,
ministre des Finances,
devant le Economic Club of Toronto

version non définitive

Bonjour! Et merci d'être venus si tôt en ce vendredi matin.

Je me doute que vous anticipez le week-end avec impatience par un aussi beau matin ensoleillé.

Mais j'espère que vous ne pensez pas que je suis sur le point de vous le gâcher avec toutes sortes d'histoires pessimistes. Ce n'est certes pas mon intention.

J'ai passé une bonne partie de l'année dernière à présenter des mauvaises nouvelles, à mettre en garde contre les défis et les embûches qui se présenteraient.

Mais j'ai toutes les raisons de croire que ces jours finiront par s'estomper.

Bien des défis nous attendent, mais vous, plus que n'importe qui, savez en quoi ils consistent.

Et vous ne vous gênez pas pour me le dire.

Mais il y a de l'espoir car nous avons mis en ouvre un plan visant à rétablir un nouveau niveau de responsabilité et de transparence dans les finances publiques de l'Ontario.

L'économie de l'Ontario est en bonne posture, et lorsque notre plan financier sera pleinement opérationnel d'ici les quatre prochaines années, l'Ontario sera prêt à dominer l'Amérique du Nord en termes de croissance économique.

Il y a un an, bon nombre d'entre vous avez été les premiers à reconnaître dans quelle détresse se trouvaient les finances de la province.

Ma première année au poste de ministre des Finances a été rudement mise à l'épreuve.

L'expérience a été tout aussi enrichissante que difficile, mais je suis fier des décisions que nous avons prises.

Demain marque le premier anniversaire de notre victoire aux élections.

Nous avons franchi des jalons importants et avons fait beaucoup pour freiner le déclin des services publics.

Nous instaurons aussi d'importantes transformations dans le secteur de l'énergie.

Nous créons de nouveaux partenariats avec nos villes et nos villages.

1 100 nouveaux enseignants et enseignantes ont été embauchés cet automne, réduisant ainsi la taille des classes des premiers niveaux du palier élémentaire.

Des enseignants principaux spécialement formés en littéracie et en numéracie sont maintenant en poste dans toutes les écoles.

Un nouveau fonds d'infrastructure a été instauré pour la réfection des écoles en piteux état.

Les travaux ont commencé dans le cadre d'une initiative visant à ajouter 7 000 places à des programmes d'apprentissage au cours de notre mandat.

Nous nous appliquons à combler la pénurie d'infirmières et infirmiers.

Nous effectuons des investissements dans le but de créer 2 400 postes d'infirmières et infirmiers à temps plein - dans la poursuite de notre objectif d'embauche de 8 000 nouvelles infirmières et nouveaux infirmiers.

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Notre premier budget permettra à 95 000 autres Ontariennes et Ontariens de profiter de soins à domicile.

Il sanctionnera la formation de 150 nouvelles équipes de santé familiale, afin d'aider ceux et celles qui n'arrivent pas à trouver un médecin de famille.

Nous instaurons graduellement un programme de vaccination gratuite des enfants contre les infections à pneumocoques, la varicelle et la méningite.

Cette initiative contribuera à sauver des vies tout en permettant aux familles d'économiser jusqu'à 600 $ par enfant.

Nous avons freiné le déclin dans le secteur des services publics qui représentaient une menace évidente à la qualité de vie des Ontariennes et des Ontariens.

Et nous avons déposé un budget qui constitue un carnet de route pour la santé financière de l'Ontario.

Aujourd'hui, je suis ici pour vous rassurer et vous confirmer que nous entendons poursuivre notre plan financier.

Je suis ici pour vous parler d'une initiative primordiale que j'entreprends afin de veiller à ce que nous parvenions à atteindre nos objectifs.

Le budget de mai dernier exposait une stratégie échelonnée sur quatre ans, visant à équilibrer le budget par un mélange de différentes sources de production de recettes, de mesures de compression des coûts et d'initiatives de croissance économique.

On a beaucoup parlé de cette mesure génératrice de recettes - la contribution-santé de l'Ontario.

On a aussi beaucoup parlé de nos investissements dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

Mais on n'a pas beaucoup insisté sur nos initiatives de compression des coûts.

Mais ces initiatives - qui ont pour but de stabiliser la croissance des dépenses - occupent une place centrale dans notre plan.

Elles sont absolument essentielles à la prospérité future de notre province.

Et elles doivent s'accompagner d'un nouveau niveau de transparence et de responsabilité.

Si Enron et le budget du précédent gouvernement nous ont enseigné quoi que ce soit, c'est que la transparence et la responsabilité sont des valeurs impératives.

Lundi, le gouvernement a déposé ses états financiers consolidés et son rapport annuel pour 2003-2004.

Je sais que ceux et celles d'entre vous qui travaillez pour des sociétés cotées en bourse serez plutôt étonnés - comme je l'ai été moi aussi - de savoir que lorsque le gouvernement de l'Ontario publie son bilan financier de fin d'exercice, l'événement ne suscite pas beaucoup d'intérêt de la part des médias.

Mais ces états financiers méritent toute notre attention.

Ils tirent un trait sur le gouvernement précédent et font ressortir certains cas particulièrement graves d'une mauvaise gestion financière de sa part.

Le déficit réel pour 2003-2004, tel que vérifié par le Vérificateur provincial, était de 5,5 milliards de dollars - 5,5 milliards de dollars de plus que ce qui avait été annoncé dans leur budget.

Le chef de l'opposition a enfin admis qu'en raison des répercussions du SRAS, de la maladie de la vache folle et de la méga-panne, il aurait été impossible pour son gouvernement d'équilibrer le budget en 2003-2004.

Mais il refuse de reconnaître que les prévisions des recettes établies par le gouvernement conservateur étaient trompeuses ou tout simplement fausses.

Sur le plan des recettes tirées de l'impôt sur le revenu des particuliers, les projections étaient faussées de 1,6 milliard de dollars car ils avaient assumé que les traitements et salaires versés en Ontario augmenteraient de 6 pour cent - alors que cette augmentation n'a été que de 2,7 pour cent.

Quant aux recettes engendrées par la taxe de vente au détail, elles étaient également faussées de 0,6 milliards de dollars car ils avaient supposé que les ventes au détail s'accroîtraient de 5,5 pour cent - alors qu'elles n'ont augmenté que de 2,8 pour cent.

Et dans le cas le plus aberrant de déclaration trompeuse sur la question des recettes, ils avaient prévu tirer 1,7 milliard de dollars de plus de la vente d'actifs que ce qu'ils ont effectivement obtenu.

Bien entendu, il leur fallait surestimer la situation car il était évident, même à leurs yeux, que les recettes réelles de la province ne pouvaient soutenir le volume de dépenses envisagé dans le budget de 2003.

Au bout du compte, les recettes réelles se sont avérées de 5,7 milliards de dollars inférieures à ce qui avait été annoncé dans le budget de 2003. Permettez-moi de répéter - 5,7 milliards de dollars de moins.

Au cours des quatre dernières années, les dépenses ont grimpé de 29 pour cent alors que les recettes n'ont augmenté que de cinq pour cent.

Et si on tient compte uniquement des trois dernières années, les recettes ont en fait baissé de 0,7 pour cent.

En bref, l'ère des Conservateurs s'est soldée par un grave déficit structurel.

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Mais le côté positif dans tout cela, c'est que nous avons disposons enfin d'un tableau financier bien clair.

Nous savons ce que nous avons à faire.

Les décisions sont difficiles, mais la logique est évidente et directe.

Nous devons transformer les dépenses, nous devons équilibrer nos livres, nous devons nous en tenir à notre plan sinon nous risquons de compromettre la prospérité future de notre province.

Mais nombre d'entre vous demanderont peut-être : comment la situation peut-elle être si désastreuse?

  • Vous venez d'accroître les revenus.
  • ? Vous avez reçu de l'argent du gouvernement fédéral pour le système de santé.
  • ? Ralph Goodale parle de tout l'argent dont dispose Ottawa.

C'est un fait, les choses sont déjà plus encourageantes pour l'Ontario - n'est-ce pas?

Oui et non. Et je m'explique.

Il serait certainement très agréable de nous retrouver dans la même situation que le fédéral.

On parle beaucoup ces temps-ci de l'abondance des fonds du Trésor fédéral.

On parle aussi beaucoup du déséquilibre fiscal qui règne entre Ottawa et les provinces - mais ce serait là le sujet d'une toute autre allocution.

Si l'Ontario avait enregistré des surplus réels et affiché une croissance des recettes pendant sept années consécutives, nous serions très certainement en bonne posture.

Mais malheureusement, au cours des neuf dernières années, l'Ontario s'est permis des réductions d'impôt inabordables tout en affichant une baisse des recettes.

D'autres pressions entrent également en ligne de compte.

On pense par exemple aux pressions exercées sur le système de santé qui, si aucune mesure n'est prise, entraîneraient une hausse des coûts d'environ 7 pour cent par année.

Les coûts des médicaments augmentent d'environ 15 pour cent pour année.

Les hôpitaux clament haut et fort qu'ils font face à un accroissement des coûts de 10 pour cent par année.

Tous ces paramètres augmentent bien plus rapidement que notre capacité à en assumer les frais.

Il ne se passe pas un jour ces temps-ci où l'on ne parle pas en première page des journaux de la hausse des prix du pétrole.

Conjuguée à la montée du dollar canadien, la poussée soudaine des prix du pétrole s'est durement répercutée sur notre secteur manufacturier, en particulier les entreprises axées sur les exportations.

On estime que chaque augmentation de 10 $ US du baril de pétrole retranche 0,3 pour cent à la croissance de notre PIB.

Nous ressentons encore les effets du SRAS, de la méga-panne, et de la crainte de la maladie de la vache folle qui a eu une incidence néfaste sur nos éleveurs de bétail.

Les coûts d'indemnisation et les règlements salariaux sont des générateurs de coûts importants et exercent un impact considérable sur les finances du secteur public de l'Ontario.

Une augmentation d'un pour cent des frais d'indemnisation dans le secteur public élargi entraîne des coûts additionnels de l'ordre de 350 millions de dollars.

Nous continuons de faire face à d'importantes pressions à ce chapitre.

Et je ne vous présente ici qu'une liste abrégée des nombreux risques et facteurs de pression!

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Mais en dépit de ces défis, l'économie ontarienne demeure vigoureuse.

Les facteurs économiques fondamentaux sont rassurants, et je prévois qu'ils se consolideront de plus en plus, au fur et à mesure que notre gouvernement rétablira la confiance à l'égard de notre situation financière.

Les prévisions de croissance moyennes pour le secteur privé en Ontario sont stables à 2,6 pour cent, légèrement au-dessus du taux de croissance de 2,3 pour cent que nous avions prévu dans notre budget.

Au mois d'août, le taux de chômage s'élevait à 6,8 pour cent, soit un taux inférieur à la moyenne canadienne de 7,2 pour cent.

Jusqu'ici, les exportations sont en hausse de 6,1 pour cent par rapport à l'an dernier.

Et surtout, 78 000 nouveaux emplois ont été créés depuis notre entrée au pouvoir.

Ceci dit, une conjoncture économique favorable ne suffira pas à elle seule à résoudre notre problème structurel.

Elle n'atténuera pas les risques dont je parlais tout à l'heure.

Nous faisons face à des choix difficiles.

Notre plan financier nous place sur la bonne voie pour surmonter ces risques et rebâtir la province.

J'aimerais pouvoir vous dire que nous allons faire disparaître le déficit en un an, mais je ne peux dire cela.

Je peux cependant vous assurer que nous sommes fermement résolus à équilibrer le budget en quatre ans.

Le pessimisme suscité par le déficit s'estompera, mais seulement si nous demeurons sur la voie d'une meilleure gestion et d'une plus grande transparence au sein du gouvernement.

Nous pouvons atteindre un budget équilibré d'ici l'exercice 2007-2008, et c'est précisément ce que nous entendons faire.

Nous sommes déterminés à réaliser notre objectif.

La prospérité de l'Ontario en dépend.

Au cours des prochains mois, notre plan s'attaquera au déficit structurel de l'Ontario.

La première étape de notre plan consistait à uniformiser les budgets de 15 ministères et à nous appliquer à exercer un contrôle ferme sur l'augmentation annuelle moyenne des dépenses des programmes.

La prochaine étape est déjà bien entamée.

Le premier ministre m'a demandé de diriger cette prochaine étape - soit de procéder à un examen approfondi des programmes et de la stratégie de transformation du gouvernement, afin de veiller à ne pas nous éloigner de notre plan et à produire des résultats tangibles et mesurables dans les domaines qui importent le plus aux yeux des Ontariennes et des Ontariens.

Cet examen des programmes joue un rôle déterminant dans l'amélioration de nos finances. et l'amélioration de nos finances constitue à son tour le pivot d'une économie plus forte.

Pour ce faire, nous moderniserons le gouvernement afin d'optimiser pleinement, au bénéfice des Ontariennes et des Ontariens, les ressources des programmes et services qu'ils reçoivent.

Et nous nous appliquerons à vivre selon nos moyens en veillant à ce que les coûts des programmes et services demeurent proportionnels aux recettes.

Les décisions en matière de dépenses seront fondées sur les résultats positifs qu'elles produisent pour les familles ontariennes.

Les investissements cibleront les programmes qui sont essentiels à notre prospérité à long terme et à notre qualité de vie. On pensera notamment à :

  • un accès plus facile aux universités, collèges et programmes de formation comme les programmes d'apprentissage,
  • une infrastructure améliorée des municipalités et des réseaux de transport,
  • un meilleur système d'éducation publique,
  • davantage d'infirmières et infirmiers, de médecins, d'enseignantes et enseignants,

Inévitablement, nous allons devoir carrément abolir certaines choses pour pouvoir investir dans les domaines prioritaires qui revêtent le plus d'importance.

Nous élaborerons de nouvelles façons de rendre les programmes et services existants plus efficaces.

Au-delà de ces mesures, nous procédons présentement à un examen exhaustif des actifs de la province.

Comme je l'ai dit auparavant, nous ne chercherons pas à vendre des actifs pour financer le fonctionnement soutenu du gouvernement.

Mais comme toute grande organisation, l'ensemble des actifs de la province devrait produire le meilleur rendement possible, au bénéfice de la population ontarienne.

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Comment tout cela sera-t-il orchestré?

Comment communiquerons-nous nos résultats?

Je passerai une bonne partie de mon temps attablé avec d'autres ministres à examiner ligne par ligne chacun des programmes et services. La situation est à ce point critique.

Les résultats de cet examen seront par la suite communiqués à l'Assemblée législative mais ils se refléteront en majeure partie dans le budget de l'an prochain.

Et bien entendu, les journalistes arriveront peut-être de temps à autre à me soutirer un bref rapport d'étape - malgré tous mes efforts.

Un autre élément essentiel de notre engagement à rétablir le bon fonctionnement de l'Ontario repose sur la responsabilité.

Nous sommes déterminés à assurer la transparence de notre administration et à appliquer de bonnes habitudes d'affaires - notre avenir en dépend.

L'un des documents législatifs dont notre gouvernement est le plus fier jusqu'ici est la Loi sur la transparence et la responsabilité financières.

Cette loi fera en sorte que le gouvernement actuel. et ses successeurs, présentent des prévisions à long terme de leurs recettes et leurs dépenses, et divulguent précisément l'origine de ces prévisions.

Elle obligera également le gouvernement à publier un rapport financier préélectoral validé par le vérificateur provincial.

Au fond, c'est en toute franchise que nous nous adressons à la population de l'Ontario.

J'aimerais conclure en vous expliquant ce que je considère comme le fondement de mon travail. l'établissement d'un climat de confiance. de confiance auprès des contribuables, auprès des marchés et auprès des employeurs.

Il y a un an, les Ontariennes et les Ontariens ont exprimé leur manque de confiance à l'endroit d'un gouvernement qui leur avait promis collectivement des réductions d'impôt, plus d'argent pour les secteurs de la santé et de l'éducation, et un budget équilibré.

Nous savons que la confiance est à la base d'une économie prospère.

Cette confiance suscitera une nouvelle génération d'investissements qui façonneront l'économie future de l'Ontario.

Je suis immensément fier de ce que nous avons accompli jusqu'ici.

Je suis fier du rôle de leadership que notre premier ministre a joué le mois dernier lors du sommet sur la santé.

Je suis fier que nous ayons eu le courage de corriger notre cap et de reconnaître - malgré les retombées - que sans une augmentation des recettes, l'Ontario ne pouvait que poursuivre sa chute vertigineuse dans l'abîme de la dette.

Je suis fier que nos choix budgétaires aient accordé la priorité à l'éducation, à la santé, aux personnes âgées et aux personnes les plus vulnérables de l'Ontario.

Et je suis fier du mandat que nous nous sommes donnés.

Soit de nous hisser au rang de chef de file en Amérique du Nord sur le plan :

  • de la gestion financière
  • de la qualité et de l'efficacité de nos services; et,
  • de la vigueur de notre économie.

Et dans trois ans, j'entends bien être fier de la nouvelle architecture de notre gouvernement.

De la nouvelle santé de notre bilan. Et de la nouvelle confiance des Ontariennes et des Ontariens à l'égard de leur gouvernement.

Merci

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