Notes pour l'allocution de l'honorable Greg Sorbara, ministre des Finances, devant le Comité permanent des finances et des affaires économiques

LE 26 janvier 2004

Notes pour l'allocution
de l'honorable Greg Sorbara,
ministre des Finances,
devant le Comité permanent des finances et des affaires économiques

sous réserve de modifications

Merci, Monsieur le Président.

Bonjour à tous les membres du comité et aux personnes invitées.

Je suis très heureux d'être parmi vous ce matin au début du processus de consultations prébudgétaires, qui est extrêmement important à mes yeux. Vous apporterez une contribution essentielle aux plus vastes consultations qui auront lieu au cours des prochaines semaines.

Je suis persuadé que le travail que vous accomplirez facilitera beaucoup le mien, et je vous en remercie à l'avance.

Le budget de 2004 sera crucial pour l'avenir de la province. Il ne s'agit pas seulement du premier budget d'un nouveau gouvernement mais aussi du premier budget d'un nouveau genre de gouvernement. Ce document marquera le début d'une nouvelle ère caractérisée par la transparence, l'imputabilité et, par-dessus tout, l'engagement absolu de dispenser les services publics dont les Ontariens et Ontariennes ont le plus besoin et qu'ils désirent obtenir.

Ce que je souhaite faire pour vous ce matin, c'est de préparer le terrain pour les discussions que vous aurez avec la population des quatre coins de la province dans le cadre du processus de consultations. Je vais vous parler des priorités du gouvernement. Je vais vous brosser un tableau de la situation actuelle de la province. Je vais aussi vous décrire les mesures que nous avons prises, et celles que nous avons l'intention de prendre, en vue du budget de 2004 et par la suite.

Et soyons bien clairs : les mesures prises à la suite du budget sont aussi importantes que celles qu'il renfermera. Il arrive trop souvent que les gouvernements se concentrent sur une seule année et considèrent les budgets comme des exercices dont ils veulent sortir indemnes au lieu de les percevoir comme des outils servant à réaliser une vision à long terme.

Notre approche sera différente. Nous allons faire de ce budget la pierre angulaire de la nouvelle approche à long terme adoptée par le gouvernement, qui bénéficiera à tous les Ontariens et Ontariennes longtemps après que nous tous ici dans cette salle ne ferons plus partie de l'équation.

Alors, commençons par les priorités que nous avons en tant que gouvernement.

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Et bien, il s'agit simplement des priorités des gens qui nous ont élus.

L'automne dernier, les citoyens de l'Ontario ont opté pour le changement. Ils ont demandé, en fait exigé, qu'une nouvelle approche soit adoptée parce que l'ancienne faisait défaut.

Ils ne recevaient pas les services dont ils avaient besoin.

Nous devons changer cette situation.

La population de la province désire que l'enseignement dispensé dans les écoles publiques soit d'excellente qualité. Les parents s'inquiètent énormément du nombre d'élèves que ne satisfont pas aux normes provinciales pour la lecture, l'écriture et les mathématiques, réalité qui devrait tous nous préoccuper.

Notre avenir repose sur la réussite de ces jeunes.

Les Ontariennes et Ontariens veulent le genre de système de santé qui faisait autrefois l'orgueil de la province. Il n'y a pas de quoi être fiers des pénuries de médecins, des pénuries d'infirmières, ni des périodes d'attente pour le traitement des cas de cancer. Ce sont plutôt des problèmes auxquels nous devons nous attaquer.

Les citoyens de la province sont désireux de vivre dans des collectivités propres. Il faut donc faire quelque chose pour enrayer le smog qui tue 2 000 Ontariennes et Ontariens par année.

Les Ontariennes et Ontariens désirent qu'on réduise les embouteillages. Cela signifie que nous devons améliorer et élargir les transports en commun.

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La population de l'Ontario veut que nous réalisions notre potentiel économique en veillant non seulement à ce que nos taux d'imposition soient concurrentiels mais aussi que notre main-d'ouvre soit la plus qualifiée en Amérique du Nord. Voilà comment nous livrerons une concurrence en vue d'obtenir les meilleurs emplois et les mieux rémunérés.

En plus de ces désirs, les Ontariennes et Ontariens ont une exigence :

Ils exigent que nous vivions selon nos moyens.

Les citoyens de la province comprennent qu'un déficit n'est pas simplement un effrayant concept économique abstrait.

Si vous dépensez plus d'argent que vous n'en gagnez, votre dette augmente. Vos paiements d'intérêt s'accroissent. Et, tout à coup, vous vous retrouvez avec moins de fonds pour payer les services que vous essayiez de protéger à l'origine.

Les Ontariennes et Ontariens savent que pour bien vivre, il faut vivre selon ses moyens. Ils nous ont dit que c'est ce que nous devons faire.

C'est ce que nous ferons.

Maintenant, avant que je passe aux objectifs visés, laissez-moi vous parler brièvement de notre situation actuelle. Je dois dire que nous nous trouvons en bien meilleure position qu'il y a quatre mois.

L'Ontario est sorti d'une période de ralentissement économique pour passer à une période de forte croissance.

Nous rendons publics aujourd'hui les Comptes économiques de l'Ontario pour le troisième trimestre, c'est-à-dire pour la période allant de juillet à septembre 2003.

Il n'est de secret pour personne ici dans cette salle que l'Ontario a fait face à une série de problèmes extraordinaires, à commencer par la flambée du SRAS au printemps dernier. Il y a eu ensuite les problèmes à la frontière avec les États-Unis en raison de la guerre en Iraq et l'incidence de la maladie de la vache folle. Le tout a été couronné par la grande panne d'électricité au mois d'août.

Voilà les principaux facteurs qui expliquent le ralentissement économique du trimestre allant de juillet à septembre. Le PIB réel de l'Ontario a alors diminué de 0,6 pour 100. Nous nous attendons à ce que le PIB réel pour toute l'année soit inférieur au pourcentage estimatif de 1,6 pour 100 établi par consensus.

Vous comprendrez que la faiblesse économique de ce trimestre et du trimestre précédent est en partie responsable du défi financier de taille auquel nous faisons face, soit le déficit de 5,6 milliards de dollars dont nous avons hérité du gouvernement précédent.

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Il y a cependant une bonne nouvelle. En effet, les nouveaux renseignements au sujet du troisième trimestre n'ont pas entraîné d'augmentation du déficit prévu pour 2003-2004.

C'est grâce à la relance de l'économie, comme je l'ai dit auparavant, que cela s'est produit. L'économie a rebondi à la suite du troisième trimestre et les plus récentes données obtenues indiquent qu'elle a repris sa croissance au quatrième trimestre de 2003. Cette reprise indique notamment que nous avons surmonté les graves problèmes avec lesquels nous avons été aux prises plus tôt dans l'année.

Il y a certains indices que l'économie a commencé à croître et qu'elle continuera sur cette voie. En décembre, 35 000 emplois nets ont été créés en Ontario et le taux de chômage a été de 6,7 %, le taux le plus bas en neuf mois. De plus, le marché du logement est demeuré très dynamique au cours des derniers mois de 2003.

Les reventes de logements ont atteint un niveau record et les mises en chantier de logements n'ont pas été aussi nombreuses depuis 14 ans. Toutefois, notre devise s'est appréciée considérablement face au dollar américain. Cette augmentation sans précédent représente un défi de taille pour les entreprises ontariennes qui évoluent sur le marché mondial.

C'est sans doute une des principales raisons pour laquelle les exportations internationales réelles de l'Ontario ont diminué de 1,1 pour 100 en octobre et de 1,9 pour 100 en novembre.

Il y a des aspects positifs à la hausse du dollar canadien. Elle contribuera à maintenir la faiblesse des taux d'intérêt; elle réduit les coûts d'importation des biens d'équipement qui stimuleront la productivité des entreprises; et elle rend les biens importés plus abordables pour les consommateurs.

Je suis confiant que les entreprises ontariennes sauront relever le défi que pose la hausse du dollar. La plupart des économistes sont du même avis. Bien que certaines prévisions aient été revues à la baisse récemment, les économistes prévoient toujours que la croissance se raffermira en 2004 et en 2005. Des membres du personnel fourniront plus de renseignements sur la situation économique et les prévisions ce matin.

Mais je tiens à préciser aujourd'hui que, bien que la situation économique semble s'améliorer, on ne peut en dire autant de notre situation financière.

La croissance ne suffira pas à faire disparaître le déficit. Loin de là.

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Le déficit est attribuable à huit années de déséquilibre chronique entre les recettes et les dépenses. Il est structurel. Les dépenses ont augmenté très rapidement au cours des dernières années alors que les recettes fiscales ont stagné.

Nous avons adopté le projet de loi 2 afin de rétablir nos sources de recettes, mais cela ne suffira pas à rétablir l'équilibre budgétaire.

Aux membres du Comité, je dis ceci : nous n'éliminerons pas le déficit en fermant les yeux et en souhaitant de tout cour qu'il disparaisse.

Nous y parviendrons en prenant des mesures décisives et énergiques, tout en tenant compte des priorités que nous avons en commun avec la population de l'Ontario.

Nous n'adopterons pas de solutions miracles comme des réductions aveugles des dépenses. Cette façon de faire n'a plus sa place et nous savons tous ce qu'elle laisse dans sa foulée.

Des services publics réduits et un déficit inacceptable.

Avec tout le respect dû au gouvernement précédent, les solutions miracles comme des réductions aveugles des dépenses représentent un échec au chapitre de la gestion financière et un manque d'imagination.

Notre gouvernement optera plutôt pour l'amélioration des services et des changements positifs réels en Ontario. C'est ni plus ni moins la raison pour laquelle nous avons été élus.

Nous savons donc où nous en sommes et où nous voulons en arriver. Il suffit maintenant de trouver les moyens d'y parvenir.

La situation financière pourrait nous obliger à revoir notre calendrier de mise en ouvre des améliorations que nous voulons apporter, mais elle n'affecte en rien notre engagement de les apporter.

En fait, nous nous sommes déjà attelés à la tâche.

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Nous avons adopté le projet de loi 2 afin d'annuler les réductions d'impôt qui endommageaient nos services publics. Cette mesure représentera des économies de trois milliards de dollars à compter du prochain exercice.

Nous avons également pris des mesures afin que les organismes que nous finançons soient aussi vigilants que nous le serons dans le but d'améliorer les services et de les rendre plus abordables.

Les modifications à la Loi sur la vérification autoriseraient le vérificateur de l'Ontario - qui s'appellerait désormais le vérificateur général - à effectuer des vérifications de l'optimisation des ressources auprès de tous les organismes qui reçoivent une aide financière importante du gouvernement provincial.

Seraient visés par cette mesure les hôpitaux, les conseils scolaires, les établissements de soins de longue durée, les collèges et universités, sans oublier Hydro One et Ontario Power Generation.

Nous avons également demandé l'aide de nos fonctionnaires dévoués. Nous avons demandé à ces personnes, qui sont les travailleurs de première ligne dans un grand nombre de secteurs où nous entendons apporter des améliorations, de nous faire part de leurs idées.

Jusqu'à maintenant, nous avons reçu plus de 2 000 suggestions portant sur des moyens de faire mieux avec les ressources financières à notre disposition.

Car, bien entendu, c'est ce que nous devons faire.

Ce qui importe, ce n'est pas les montants dépensés ou non dépensés, c'est d'obtenir les résultats souhaités.

Pour protéger nos services publics et y apporter des améliorations durables, nous devons examiner de près les résultats obtenus en fonction des fonds que nous y consacrons. Nous devons ensuite examiner ces résultats à la lumière des priorités que nous avons établies.

C'est ce que nous faisons en ce moment.

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Nous réévaluons dans les moindres détails la façon dont nous faisons les choses et la nature de nos activités.

Cela signifiera un remaniement en profondeur du gouvernement.

Nous examinerons les programmes gouvernementaux à la lumière des priorités que nous avons définies lors de la campagne électorale et pour lesquelles les Ontariennes et Ontariens ont voté. Cela comprend les divers programmes fournis grâce au régime fiscal.

Nous allons mettre l'accent sur les attentes prioritaires de la population à l'endroit du gouvernement et définir notre stratégie budgétaire en conséquence.

Cela pourrait nous amener à faire certaines choses différemment.

Nous pourrions décider de cesser carrément certaines activités dont nous n'avons plus besoin et que nous ne pouvons plus nous permettre afin de maintenir celles jugées prioritaires par la population.

Il ne fait aucun doute que ce choix est préférable à des coupures dans tous les secteurs visant uniquement à réduire les coûts.

Nous ne ferons pas ce choix seuls.

Au cours des prochaines semaines, nous consulterons les Ontariennes et Ontariens comme aucun gouvernement ne l'a fait auparavant.

Nous allons leur donner l'heure juste et leur demanderons de faire de même.

Nous nous entendons tous sur la nécessité d'équilibrer le budget. Dans notre document d'automne, nous avons inclus des prévisions à moyen terme et indiqué les modifications à apporter aux dépenses pour équilibrer le budget d'ici un an, deux ans ou trois ans. Comme je l'ai mentionné à l'époque, il ne s'agit pas d'options, mais d'un point de départ pour nos consultations.

Dans ce contexte, nous demandons aux Ontariennes et Ontariens de tous les milieux - pas seulement les gens d'affaires et les groupes d'intérêt - de nous dire ce qu'ils veulent voir dans le budget et désirent par la suite.

Nous allons leur demander d'examiner leurs priorités. de trouver un juste équilibre entre ce dont ils ont besoin et ce qu'ils ont toujours tenu pour acquis.

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Je ne peux vous dire que ces discussions auront lieu sans difficultés. Ce ne sera pas le cas.

Je ne peux vous dire qu'il sera facile de faire des choix. Ce ne sera pas le cas.

Mais ce que je peux vous dire, c'est que le processus se déroulera de façon intègre et honnête. Il portera uniquement sur les changements qui reçoivent l'appui de la population et qui répondent à un besoin. Au bout du compte, ce processus contribuera largement aux changements souhaités.

Nous ne demandons pas aux Ontariennes et aux Ontariens de faire notre travail. Nous leur demandons de nous aider à mieux travailler pour eux.

Comme je l'ai dit au début, le dépôt du premier budget de notre gouvernement sera un événement marquant dans la province.

Il constituera une nouvelle façon de procéder et célébrera le fait qu'il n'est plus nécessaire de suivre les méthodes du passé.

Il sera le fruit d'un exercice de consultation et de coopération et il reposera, comme toujours, sur les priorités que nous avons en commun avec les personnes que nous avons l'honneur de servir.

Les travaux du Comité font partie intégrante des efforts qu'il faut déployer pour communiquer avec les Ontariennes et Ontariens et comprendre leurs priorités et leurs aspirations. Ils se greffent à mes propres consultations prébudgétaires, que je commencerai bientôt, et aux autres consultations entreprises par le gouvernement.

Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de faire ces quelques réflexions. J'espère qu'elles vous aideront à vous acquitter de cette tâche extrêmement importante.

Le premier ministre a indiqué très clairement que notre priorité est de protéger et d'améliorer les services publics dont la population de l'Ontario a besoin et qu'elle mérite. Il m'a demandé de trouver les ressources nécessaires pour accomplir cette tâche.

Donc, je me permets de vous demander de ne jamais oublier pourquoi nous sommes ici.

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Ce n'est pas simplement pour faire des calculs, bien que ce soit une partie importante du travail.

Ce n'est pas simplement pour surveiller nos résultats financiers, bien que ce soit une partie importante du travail.

Nous sommes ici pour améliorer nos écoles et nos hôpitaux. pour veiller à ce que nos collectivités soient propres et sûres. et pour bâtir la meilleure main-d'ouvre et la meilleure économie en Amérique du Nord. Et nous voulons que la population nous dise comment nous pourrons déterminer dans quatre, cinq ou six ans si nos efforts ont été couronnés de succès.

Faire cela tout en mettant de l'ordre dans les finances de la province, ce n'est pas seulement une partie importante du travail, c'est la nature même de notre travail.

Vous avez tous une perspective unique en ce qui concerne les espoirs et les attentes de la population de l'Ontario. Vous apporterez une contribution fort précieuse au processus.

Je serai heureux de prendre connaissance de votre rapport et de collaborer avec vous en prévision et au-delà du budget de 2004.

Merci, Monsieur le Président.

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