: Allocution du ministre des Finances de l’Ontario, Dwight Duncan, devant le Canadian Club,
le vendredi 5 mars 2010

Allocution du ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, devant le Canadian Club

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Merci et bonjour!

Je vais vous parler aujourd’hui des perspectives économiques de la province et du plan de notre gouvernement pour appuyer une nouvelle ère de croissance et la création de nouvelles possibilités en Ontario.

Je vais aussi vous parler de certains des défis auxquels nous faisons face et du plan du gouvernement McGuinty pour accroître l’emploi et favoriser la croissance à court et à long terme.

Perspectives économiques

Nous venons de connaître une grave récession dont les effets se sont fait sentir dans tous les coins de la planète. La vitesse et l’ampleur de ce ralentissement économique ont pris le monde au dépourvu.

Aux États-Unis, huit millions d’emplois ont disparu durant la récession. Autrement dit, 6,1 pour 100 de tous les emplois dans ce pays se sont évanouis.

Pour chaque nouvel emploi créé aux États-Unis, il y a six personnes qui cherchent activement du travail.

L’Ontario, quant à lui, a perdu près de 250 000 emplois.

Le gouvernement de l’Ontario a connu une diminution des rentrées d’impôt des sociétés de 50 pour 100 en une seule année.

Mais, il y a de bonnes nouvelles. En effet, des signes de reprise économique se pointent à l’horizon.

Tous les principaux indicateurs économiques en Ontario ont progressé par rapport aux creux affichés durant la récession.

Le PIB réel de l’Ontario s’est amélioré pendant deux trimestres consécutifs. Il a augmenté de 0,5 pour 100 pendant le troisième trimestre de 2009 et il semble que la croissance sera encore plus vigoureuse durant le quatrième trimestre de 2009.

Depuis juin 2009, 85 000 emplois nets ont été créés.

Le commerce de détail a repris beaucoup de terrain et récupéré près de 85 pour 100 de ce qu’il avait perdu.

Une bonne partie de la faiblesse économique enregistrée résultait, bien sûr, de la diminution des ventes d’automobiles, qui ont chuté de 32,9 pour 100 entre janvier 2008 et décembre 2008.

Les reventes de logements sont reparties à la hausse dans l’ensemble de la province. Depuis janvier dernier, les ventes ont augmenté de 62 pour 100 et les prix, selon le service interagences, en Ontario ont progressé de 19,5 pour 100.

Nous ne sommes pas pour autant au bout de nos peines.

Comme Mark Carney l’a indiqué dernièrement, la reprise s’est amorcée, mais il ne faut pas encore crier victoire.

L’économie de l’Ontario et celle du Canada se trouvent à la frontière d’une période importante d’adaptation.

Et n’oublions pas qu’un trop grand nombre de nos concitoyens sont sans travail. Nous avons l’obligation économique et morale d’aider plus de personnes à trouver du travail.

Ce sont les mesures que nous prenons maintenant qui influeront sur notre capacité à sortir rapidement de la situation dans laquelle nous nous trouvons et à faire face aux défis croissants que pose la mondialisation de l’économie.

L’un des premiers défis qui se pose à nous est l’inconstance du rythme de la reprise.

Dans l’ensemble, nos progrès sont supérieurs à ceux qu’enregistrent certains de nos voisins américains.

Par contre, l’ampleur de la reprise varie dans la province. La guerre des enchères a repris de plus belle à l’égard de bien des maisons à Toronto, mais des maisons identiques à Windsor et ailleurs restent longtemps sans trouver preneur.

L’emploi est à la hausse dans certains secteurs, mais il n’est pas revenu aux pics enregistrés avant la récession.

Dans certains secteurs d’activités, la situation de l’emploi ne s’est pas du tout améliorée.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire avant que les niveaux d’emploi reviennent à ce qu’ils étaient avant la récession.

Les statistiques de l’emploi ne veulent pas dire grand-chose quand un membre de votre famille a perdu son travail.

C’est pourquoi nous avons mis sur pied une initiative de stimulation pour créer des emplois.

Comme d’autres grands gouvernements, nous avons dû adopter des mesures de création d’emplois pour atténuer les incidences de la récession.

Nous avons fait des investissements, et des investissements considérables, dans divers programmes d’infrastructure à l’échelle de la province.

Nous avons fait des investissements dans le secteur de l’automobile pour protéger les emplois.

Nous avons pris la décision délibérée de suivre les conseils du FMI et d’investir de 2 à 3 pour 100 de notre PIB dans des programmes de stimulation de l’économie. Ces mesures, nous les avons prises pour protéger et créer des emplois.

Nos investissements de 32,5 milliards de dollars dans l’infrastructure sont en train de créer plus de 300 000 emplois. Ajoutons que ces investissements nous permettent aussi d’améliorer les voies publiques, les ponts et les transports en commun.

Malgré tous les déboires du secteur de l’automobile, l’Ontario continue de fabriquer davantage de véhicules que toute autre compétence territoriale en Amérique du Nord.

Le soutien que nous avons accordé au secteur de l’automobile, y compris l’aide financière versée à General Motors et à Chrysler, a permis de protéger des milliers d’emplois dans une industrie qui donne du travail à quelque 400 000 personnes.

Nous avons aussi pris des mesures pour protéger les importants services publics qui assurent la réussite de l’Ontario, à savoir l’éducation et les soins de santé.

Nous avons devancé de deux ans la mise en oeuvre intégrale de la Prestation ontarienne pour enfants afin d’aider les familles dans le besoin à faire face à la tourmente économique.

Nous avons fait des investissements pour aider les gens à retourner sur le marché du travail et à faire carrière dans des industries de création récente.

Notre programme inédit Deuxième carrière aide plus de 26 000 Ontariennes et Ontariens à suivre une formation pour entreprendre une nouvelle carrière.

Le plan McGuinty donne des résultats. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Défis financiers

Pendant la récession, nous avons dû mettre l’Ontario sur la voie de la création d’emplois. Nous poursuivons nos efforts en ce sens, mais nous devons maintenant aussi mettre l’Ontario sur la voie d’une croissance soutenue à long terme.

M. Flaherty a présenté son plan hier. Le budget qu’il a déposé maintient le cap.

Le gouvernement fédéral fait face aux mêmes défis que les gouvernements du monde entier.

Nous sommes heureux de constater que les Transferts canadiens en matière de santé et de programmes sociaux ont été prolongés d’un an. Toutefois, nous nous préoccupons du fait que le financement des programmes de formation professionnelle et de garderie prendra fin.

En Ontario, nous avons adopté un plan équilibré et responsable pour gérer nos finances de façon prudente.

Nous savons que si nous voulons maintenir de bons services publics et attirer des investissements, et nous le voulons, les assises financières de l’Ontario doivent être solides.

Rappelons-nous quelle était notre situation il y a quelques années à peine :

L’Ontario a hérité d’un déficit du gouvernement conservateur précédent.

Nous avons éliminé ce déficit et affiché un budget équilibré pendant trois années consécutives.

Puis la grande récession est survenue.

À l’instar des gouvernements du Canada et d’autres pays, l’Ontario a accusé un déficit afin de créer des emplois et de protéger les services publics.

Toutefois, on ne peut se permettre de ne pas avoir de plan pour mettre un terme aux déficits.

Sur le plan démographique, nous faisons face à une situation explosive.

Nous, les enfants du baby boom, avons grandi avec Mickey Mouse, puis nous sommes devenus des enfants-fleurs et des hippies.

Nous sommes ensuite devenus des YUPPIES et, à partir de cette année, nous deviendrons des personnes âgées.

Le vieillissement de la population aura une incidence considérable sur les coûts des services de santé et les régimes de revenu de retraite.

La possibilité – certains diront la probabilité – que les taux d’intérêt augmentent pose un risque important pour l’Ontario et les autres gouvernements.

Les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas et les emprunts du gouvernement n’ont jamais été aussi élevés.

Chaque hausse de 1 pour 100 des taux d’intérêt prévus entraîne une hausse de 520 millions de dollars des frais d’intérêts de l’Ontario.

Chaque dollar utilisé pour payer les frais d’intérêts ne peut être affecté aux services de santé ou à l’éducation.

C’est pourquoi, dans notre prochain budget, nous présenterons un plan visant à rétablir l’équilibre budgétaire.

Nous ne compromettrons pas la croissance économique en effectuant des coupures trop profondes trop tôt, car cela mettrait en péril la création d’emplois et la croissance.

Par contre, nous ne dépenserons pas comme s’il n’y avait pas de déficit.

Nous continuerons de faire des choix responsables, mais parfois difficiles.

Nous agirons de façon juste et équilibrée.


Le plan : Ontario ouvert sur le monde

Roger Martin a signalé que, depuis 1990, nous accusons un certain retard par rapport aux territoires comparables pour ce qui est du PIB par habitant.

L’Ontario n’est pas aussi prospère qu’il pourrait l’être, ce qui a des conséquences réelles.

Nous devons donc nous concentrer sur les moyens de jeter de nouvelles assises qui assureront la croissance de l’économie ontarienne.

Notre rôle consiste à créer un milieu favorisant la compétitivité de l’économie, un milieu où l’Ontario pourra atteindre son plein potentiel.

C’est pour cette raison que le Discours du Trône de lundi mettra l’accent sur la croissance de l’économie de la province.

Et, pour assurer cette croissance, il faut que l’Ontario soit ouvert aux changements et aux nouvelles possibilités.

Nous estimons que l’Ontario doit être plus ouvert.

Plus ouvert au commerce international,
plus ouvert aux investissements,
plus ouvert aux nouvelles idées,
et plus ouvert aux gens.

Le plan Ontario ouvert sur le monde est un plan de cinq ans qui jette de nouvelles assises pour assurer la croissance de l’économie et la création d’emplois.

Nous avons déjà mis en oeuvre deux volets importants de ce plan : la modernisation du régime fiscal et l’énergie verte.

Notre plan fiscal pour stimuler la création d’emplois et la croissance a été très bien accueilli par les entreprises ontariennes, qui nous ont dit qu’il les aidera à faire des investissements et à créer des emplois.

Ainsi, comme il n’y aura qu’une taxe de vente et qu’elle sera simple, il sera plus facile pour les petites entreprises en particulier de l’administrer.

Selon un rapport récent de KPMG, notre plan fiscal améliorera considérablement la compétitivité de l’Ontario.

Par ailleurs, l’impôt sur le revenu des particuliers a été réduit le 1er janvier 2010.

De plus, le 1er juillet, nous réduirons l’impôt sur le revenu des sociétés et instaurerons la TVH. Toutes ces mesures contribueront à créer des emplois en Ontario.

Dans son rapport de recherche, Jack Mintz a déclaré que nos mesures fiscales auront une incidence remarquable. Elles allégeront considérablement le fardeau fiscal associé aux nouveaux investissements d’entreprises et hausseront les investissements dans les immobilisations de 47 milliards de dollars.

Ce rapport indique que le pourcentage d’augmentation du revenu des ménages pourrait atteindre 8,8 pour 100 d’ici 2020.

Et, plus important encore, M. Mintz estime que notre plan fiscal entraînera la création de près de 600 000 emplois nets en 10 ans.

Ce sont là de bonnes nouvelles pour toutes les collectivités de l’Ontario et toutes les familles de la province.

L’énergie verte, quant à elle, sera une source importante d’emplois à très court terme. En effet, notre programme créera 50 000 emplois en Ontario sur trois ans.

Al Gore a déclaré que notre programme était le meilleur programme d’énergie verte en Amérique du Nord.

Le partenariat que Samsung a formé avec l’Ontario pour produire de l’énergie propre à l’aide d’éoliennes et de panneaux solaires n’est qu’un début.

La semaine prochaine, dans le Discours du Trône, le gouvernement fournira des précisions sur d’autres volets du plan Ontario ouvert sur le monde.

D’ici là, permettez-moi de vous parler de notre approche.

Depuis notre arrivée au pouvoir, nous accordons une très grande importance à l’éducation.

Nous avons mis en oeuvre un programme d’apprentissage à temps plein pour les enfants de quatre et cinq ans qui les aidera à se préparer à commencer l’école.

Nous avons réduit la taille des classes et investi dans les écoles.

Dans le cadre de notre programme Vers des résultats supérieurs, nous avons fait les investissements les plus importants dans l’éducation postsecondaire en 40 ans.

La preuve n’est plus à faire qu’une main-d’oeuvre bien instruite constitue un avantage concurrentiel pour l’Ontario, la clé de la prospérité de l’Ontario et la clé de la création d’emplois en Ontario. 

Un des secteurs dans lesquels l’Ontario commence à se démarquer est l’industrie de l’eau propre. Ce secteur fait désormais l’objet d’une forte demande mondiale.

Le Conference Board du Canada estime que le marché international de la technologie de l’eau représente plus de 400 milliards de dollars et qu’il pourrait afficher une croissance de 15 pour 100 par année. 

L’autre facteur qui joue vraiment en notre faveur est la vigueur de notre secteur des services financiers.

Notre secteur des services financiers a survécu à la tempête économique mondiale et nos institutions financières sont désormais perçues comme étant les plus fiables au monde.

En Ontario, ce secteur est synonyme d’un grand nombre d’emplois et de création de richesse.

Et il n’a pas encore exploité toutes les possibilités en matière d’innovation et de création d’emplois.

Le Nord de l’Ontario a beaucoup plus à offrir au monde.

La première mine de diamants de l’Ontario a été ouverte en 2008.

Les gens parlent maintenant de la « ceinture de feu », une découverte extraordinaire près de la baie d’Hudson.
 
Il pourrait s’agir du plus important gisement de chromite au monde.

La chromite est le métal qui donne à l’acier inoxydable son lustre. Le magazine Forbes a qualifié cette découverte de ruée vers l’or accidentelle.

La chromite et les diamants sont tous deux des atouts importants pour notre industrie minière et pour les collectivités à proximité des mines. Nous devons les aider à créer des emplois dans la région.

Avant de conclure, je désire aborder un dernier point :

Comme nombre d’entre vous en ont entendu parler, nous procédons à un examen exhaustif des actifs des entreprises publiques afin de déterminer si nous pouvons faire plus pour qu’elles stimulent la création d’emplois et la croissance.

Le Discours du Trône et le budget ne serviront pas à annoncer la vente de certains de nos actifs.

Nous continuerons à examiner nos entreprises publiques pour déterminer si elles pourraient générer des emplois et offrir des possibilités économiques aux familles de la province. 

Il existe de nouveaux modèles pour maximiser les actifs qui protègent et assurent l’intérêt public.

Il est possible d’augmenter considérablement les revenus et de maintenir un contrôle réglementaire.

La question que nous nous posons est de savoir si nos actifs sont utilisés de façon à maximiser les avantages pour toute la population de l’Ontario.

Notre examen et nos recherches d’options sont fondés sur un certain nombre de principes :

La réglementation par le gouvernement et la protection des services dispensés à la population de l’Ontario sont cruciales.
 
Tout changement apporté à la structure de nos actifs doit stimuler l’emploi et la croissance. 

L’objectif visé est simple : veiller aux intérêts à long terme de toute la population de la province.

Dans le Discours du Trône qui sera prononcé lundi, vous en apprendrez davantage sur notre plan Ontario ouvert sur le monde.

Au cours des prochaines semaines, nous donnerons de la substance à ce plan et établirons dans le budget un plan visant à éliminer notre déficit.

Nous avons tous le devoir de retrousser nos manches et de nous mettre à la tâche.

Je considère que ma tâche première est de positionner l’Ontario de façon à stimuler l’emploi et favoriser la prospérité tout en gérant les finances avec prudence.

L’Ontario a ce qu’il faut pour miser sur ses forces en tant qu’innovateur international et compétiteur clé sur le marché mondial.

Nous sommes un chef de file parmi les provinces;
nous sommes un chef de file parmi les États qui nous font concurrence; dans le contexte actuel, nous devons maintenant être un chef de file à l’échelle mondiale.

Les portes de l’Ontario doivent être ouvertes : 
ouvertes au commerce;
ouvertes aux étudiants;
ouvertes sur le monde.

L’Ontario est de bien des façons un chef de file dans le secteur minier,
dans les services financiers,
dans le secteur de l’éducation,
dans les services de santé,
mais nous pouvons faire encore mieux.

Nous avons ce qu’il faut pour être les meilleurs.
Notre plan Ontario ouvert sur le monde nous aidera à y arriver.
Nous pouvons y arriver en unissant nos efforts.

Merci

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